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Saint-Julien-sur-Cher (41320)

 
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MessagePosté le: Dim 30 Jan - 21:45 (2011)    Sujet du message: Saint-Julien-sur-Cher (41320) Répondre en citant

Eglise

Eglise Saint-Julien

L'église est située à l'écart du bourg en haut d'un coteau. L'abside, actuellement sacristie, était encore voûtée en cul-de-four à la fin du XIXe siècle, date du XIe, comme le mur nord du choeur. L'arc triomphal, entre la nef et le choeur, et la travée est de la nef sont ajoutés au 15e siècle. Au XVIIe, la nef est rallongée de 5 m (vers 1633 et 1653?) et l'actuelle façade est construite. Le porche de la façade sud est postérieur au XVIIe.
Le clocher date du XIXe; il devait y avoir un clocheton, puisqu'en 1824, un écrit indique que la cloche de l'église est felée et préconise de la remplacer par celle de la Chapelle-Montmartin, ce qui ne fut pas fait; vers 1829, la cloche est refondue. Pourtant, un rapport de 1846 indique que la commune n'a pas de clocher et que 1000 F ont été alloués pour sa construction. Enfin, une pièce de 1887 indique que la cloche est à nouveau felée depuis plusieurs mois.
Les sols, enduits, baies et vitraux sont restaurés en 1809, 1836, 1866, la toiture est refaite en 1890 après qu'une tempête l'ait endommagée le 22 janvier; le plafond de la nef en 1903. Des fresques ont été redecouvertes il y a peu et remises en état. C'est la seule église du canton à être encore flanquée de son cimetière, au sud.

L'église est attestée avec son presbytère comme prieuré de l'abbaye Notre-Dame de Vierzon en 1648; cet ancien presbytère, situé au nord de l'église, est constitué de deux bâtiments en retour d'angle. A la Révolution, la paroisse de la Chapelle-Montmartin, dont l'église tombait en ruines, est réunie à saint-Julien, ce qui ne manqua pas de poser quelques problèmes car l'église de saint-Julien s'avéra trop petite pour les deux villages. Cet état de fait dura jusqu'en 1844, date à laquelle l'église de la Chapelle-Montmartin fut sommairement réparée et érigée en succursale.

Les Mémoires de la société des Antiquaires du Centre relatent une lourde querelle de préséances, comme il en eut un grand nombre au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Ici, ce ne sont pas plusieurs familles nobles qui se disputent tel banc d'honneur, emplacement d'un vitrail armoirié ou droit d'enfeu (droit d'enterrer ses morts dans une chapelle privée, en l'église), mais un sire qui veut s'arroger une place d'honneur dans le choeur, réservée au seigneur fondateur de l'église et à ses descendants, ce droit étant motivé par des titres écrits, allant jusqu'aux voies de fait contre le curé et le choeur. La violence des actions du sieur de Laverdin a deux raisons : ce droit de place d'honneur le distingue du commun des habitants et constitue une importante prérogative seigneuriale et hiérarchique; de plus, il est le seul seigneur de la paroisse, bien qu'il ne soit en rien le seigneur fondateur (patron) de l'église.

<< Louis de Patoufleau, écuyer, sieur de Laverdin et de la Roche d'Anjoin, Chevalier de l'ordre du roi et gentilhomme de sa chambre, avait acheté, le 14 janvier 1638, de Jacques de Launay, maréchal des logis de la compagnie de la reine, demeurant à Saint-Aignan, et de Marie Allaire, son épouse, la métairie de la Charbonnière et Sinsonnière, en la paroisse de Saint-Julien-sur-Cher. Prenant immédiatement possession de cette modeste gentilhommière, il s'arrogea, de sa propre autorité, le droit d'occuper, à l'église de Saint-Julien, une place d'honneur. A l'office, il s'emparait de tout le choeur, ayant en mains un pistolet et une arquebuse et laissait placer auprès de lui sa femme , son enfant et un valet armé. Le 14 mars 1638, le prédicateur avait dû interrompre son sermon, par la fierté de Madame de Patoufleau qui s'était placée tout près de l'autel. Dès le lendemain, le curé fort alarmé de cette intrusion armée, écrivait au bailli de Graçay: " Il n'y a plus moyen de faire aucun service de dimanche. Le sieur de Laverdin est si outrecuidant, que ce matin, étant en ma place ordinaire pour entendre les confessions, ayant une femme à mes pieds et d'autres qui attendaient, il est entré à l'église le pistolet à le main, et s'est venu mettre au lieu où j'étais, tellement qu'il a fallu tout quitter."

Le bailli fit aussitôt défense à toute personne, de quelque qualité qu'elle fut, de troubler les cérémonies, de mettre sans permission en l'église de Saint-Julien ou autres, aucun banc, selle, ni siège, notamment aux endroits où se placent d'habitude le prieur, ses clers et les autres personnes qui l'assistent dans la célébration du service divin. Cette ordonnance, publiée par le sergent, ne fit qu'exciter le dédain du sieur de Laverdin.

Notre gentilhomme ne se désista pas de ses extravagances, et le dimanche 22 mars, la messe était chantée jusqu'au credo, quand il arriva. Voyant que le clerc ne voulait ni bouger, ni s'interrompre, quelque commandement qu'il lui fit de retirer son pupitre, il posa son chapeau sur le livre de plain-chant, en disant:" Ote ton engin de là." En même temps, il poussa lui-même le lutrin jusques au bas du choeur, pour disposer à son aise de la place qu'il entendait occuper. Sa femme et son fils s'installèrent sur une grande selle, à main gauche. La messe chantée jusque-là, fut achevée basse, et depuis lors, le sieur de Laverdin ne cessait de menacer de mort le curé ainsi que frère Robert, qui venait d'Olivet tous les dimanches pour prêcher. Bien plus, quatre jours après, il rossa le chantre avec tant de violence que celui-ci fut contraint de garder le lit.

Il paraissait indispensable de mettre fin à tant de désordre, et l'orgueilleux seigneur fut cité, le 27 mars, à comparaître à l'audience de Graçay. Le chapitre de la Saint-Chapelle, prenant fait et cause pour son prieur-curé, fit présenter le récit de ces troubles intérieurs; mais l'inculpé se borna à faire répondre par son procureur qu'il n'avait placé aucun banc dans l'église, ni causé aucun empêchement et que d'ailleurs on n'avait [intenté] aucune action contre lui. On s'étonne que la justice se soit ainsi montrée désarmée, car il n'en continua pas moins, lorsqu'il allait à l'église, à s'asseoir au plus haut du choeur, du côté droit, un pistolet à la main, tournant le dos à l'autel, la face vers la grande porte, excepté pendant l'élévation du Saint-Sacrement
. >>

Dans l'église, les autels et retables, hormis celui du maître-autel, datent du XIXe. Le grand Christ en croix date des XVIIe et XVIIIe siècles. Une statue de Saint-Julien date du XVIIe.
Dossier de l'Inventaire Régional du Patrimoine (historiques, plans et coupes, photos N/B intérieures et extérieures) : http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00012769/inde…

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Julien
Siécle de l'édifice: XIe-XVe-XVIIe-XIXe
Forme du clocher : pavillon
Position du clocher : sur le faîte du toit, entre nef et choeur
Clocher en péril : non

Photos (7) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade à l'ouest
coté nord
accès direct au clocher

abside
baie axiale
coté sud


Chapelle privée

Chapelle privée de la Charbonnière (XVIIe)

La Charbonnière est attestée comme fief en 1660 et comme fief et métairie en 1733. Les deux bâtiments, en retour d'angle, et le pigeonnier carré solognot datent du XVIIe. La chapelle se trouve à l'extrémité sud-est. Orientée d'ouest en est, elle se distingue par son pignon saillant et son grand toit à deux pans, qui fait constraste avec les murs relativement bas. Vendue comme bien national à la Révolution, la Charbonnière devient une simple ferme et la chapelle, une grange.

Dossier de l'Inventaire régional des Monuments Historiques (photos N/B, plan) : http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00012774/inde…

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : de la Charbonnière
Siécle de l'édifice: XVIIe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non


Abbaye

Abbaye d'Olivet, sur la route de Saint-Loup sur Cher.

L'abbaye d'Olivet, de l'ordre de Citeaux, fut fondée en 1146, par Etienne, sire de Graçay, en expiation de l'incendie de l'abbaye Saint-Satur; les premiers religieux viennent de la Cour Dieu, près d'Ingrannes, dans le Loiret. La forêt seigneuriale a été défrichée jadis pour faire place à cette communauté. L'église, dressait encore fièrement ses pignons pointus au milieu des ronces peu avant 1850, lorsqu'elle fut complètement rasée. Cet édifice se composait de deux nefs; l'une au Nord, était de la deuxième moitié du XIIe, tandis que la seconde, au Sud, ne fut bâtie qu'au XVème siècle. Près de là, se trouvait l'ancien cloître, lourde construction du XIIIème siècle, décorée de légères colonnettes accouplées. Une grande chambre renfermait une haute cheminée du XVIIIème siècle. La salle capitulaire fut restaurée en 1957 par RANJARD.

De riches boiseries, oeuvres des frères eux-mêmes, si l'on en croit la tradition, ornaient le choeur de la chapelle et ne sont pas du moins entièrement perdues. Elles ont été partiellement transférées dans l'église voisine de Saint Loup sur Cher, où l'on peut encore admirer ces gracieuses stalles de la renaissance. le dossier de ces sièges porte dans quatre panneaux: Sainte Véronique, l'Ecce Homo, la résurrection de Lazare, la décollation de Saint Jean Baptiste: le devant des stalles représente Saint Georges et Saint Martin. Le fauteuil pastoral est composé des débris de cette merveilleuse menuiserie; enfin l'église possède, en outre, un groupe charmant de la Vierge et de Saint Anne, qu'elle doit aussi à la ruine de l'abbaye d'Olivet.

Le domaine de Bourdaloue était redevable envers l'abbaye d'Olivet d'un chapon et de sept sols six deniers d'argent, sur une pièce de six septerées de terre (c'est à dire donnant six septiers de blé), close de haies de trois côtés et qui porte encore, sous le n° 447 du cadastre de Langon, le nom caractéristique de lac aux moines. Ce fut là sans doute l'emplacement où les bons religieux venaient dresser leurs filets (ou lacs) et se livrer aux délices de la chasse à la haie au Moyen-Age.

Un procès qui a lieu au XVIIe au sujet d'un moulin est un bon reflet de l'enchevêtrement des limites territoriales de l'Ancien Régime, et de leur respect coutumier et pointilleux. Le 27 novembre 1449, Jean Ponton, bourgeois de Graçay, fait foi et hommage au chapitre de la Sainte-Chapelle, comme baron de Graçay, à raison d'un terrain situé au port de Saint-Julien-sur-Cher. Charlotte d'Argouges du Moulin, dame de Lyot en la paroisse de Langon, fit rebâtir tout à neuf un moulin sur cet emplacement, et le 16 juin 1530, Vincent du Puy, seigneur de Vatan , son gendre, en fit pour elle foi et hommage au chapitre.

Encore près d'un siècle et demi s'écoula sans apporter de trouble à cette paisible possession, lorsque, le 4 septembre 1673, Charlotte Bruslart de Sillery, dame du Lyot, veuve de François d'Estampes, marquis de Maulny, passa bail à rente à son meunier Macé Girault, de ce moulin du port de Villefranche et de Saint-Julien assis sur la rivière du Cher. Girault en porta son hommage à Graçay, le 27 juin 1682. Les officiers du comté de Blois s'aperçurent seulement alors que la roue, dépassant du fil de l'eau, se trouvait en Blésois. Ils produisirent l'extrait d'un vieil aveu de 1344, rendu au château de Romorantin par les anciens seigneurs du Lyot qui possédaient la moitié du moulin, îles, bois et pêcheries situés entre le fil du Cher et Villefranche. Saisie féodale du Moulin fut opérée le 18 décembre 1683, par le domaine de Romorantin, faute de foi et hommage.

Le chapitre essaya de défendre ses droits, en invoquant les hommages successifs qu'il avait reçu; il ne réussit qu'à justifier de sa bonne foi et fut contraint, le 22 mars 1686, de donner pouvoir à Pierre Gallus, avocat à Romorantin, de comparaître à l'audience du baillage de cette ville pour consentir en son nom à ce que la roue du moulin et dépendances situées en Blésois, soient attribuées au domaine du Roi. En conséquence, le 2 mai 1686, M. de Lestrée, grand maître des eaux et forêts au département d'Orléans, ordonna que Macé Girault, acquéreur du moulin, aurait à rendre foi et hommage au roi et au duc d'Orléans pour la moitié de ce moulin et ses dépendances situées entre le Cher et Villefranche; l'autre moitié , du côté de Saint Julien, relevant en fief de MM. de la Sainte-Chapelle de Bourges, barons de Graçay.

L'emplacement de cette contestation féodale a maintenant bien changé de face, et se trouve placé à trois cents mètres de la rivière, depuis que le Cher, perdant peu à peu ses innombrables îles, a concentré toutes ses eaux dans un seul lit. Si bien que du moulin, comme des comtes de Blois et des barons de Graçay, il ne reste plus que le souvenir.
Source : Mémoires de la société des antiquaires du Centre."Edition 1868-1945 vol.8

Dossier des Monuments Historiques (historique, descriptions anciennes, plans, élévations, photos N/B) : http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00012776/inde…


Note : La tradition attribue à Saint-Julien l'existence d'une autre ancienne église, dédiée à saint-Saffier, et située au hameau de Valette. Les monuments Historiques n'ont pu trouver aucun document attestant de son existence.


Liens sur Saint-Julien :

- Une page sur la commune : http://www.lemaire1957.net/rubrique,saint-julien-sur-cher,361954.html

- Une page sur le Cher et le canal latéral (photos) : http://www.lemaire1957.net/rubrique,cher-le-canal-des-nuages,373018.html


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    MessagePosté le: Dim 30 Jan - 21:45 (2011)    Sujet du message: Publicité

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