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Bourgueil (37140)

 
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MessagePosté le: Mar 21 Déc - 01:47 (2010)    Sujet du message: Bourgueil (37140) Répondre en citant

Eglise

Eglise Saint-Germain, dans le bourg (XIe-XIIIe-XIXe)

L'église remonte à la fin du XIe, sa dédicace a lieu en 1115. Le choeur est reconstruit dans le style angevin au XIIIe. C'est un rectangle dont les voûtes reposent sur quatre colonnes monolithes. Les clés de voûte sont ornées de bas-relief et de peinture.
Bourgueil, à mi-chemin entre Angers et Tours, a fait partie de l'Anjou jusqu'à la Révolution. Voilà les circonstances de cette séparation et du rattachement du pays de Bourgueil à l'Indre-et-Loire. Le 11 novembre 1789, l'Assemblée Constituante ordonne aux députés des anciennes provinces de se concerter, afin de mettre en place un réseau de nouveaux départements d'environ 324 lieues carrées, soit 6 561 km² actuels. Des réunions se tiennent dans l'hôtel du duc de Choiseul-Praslin, député de la noblesse de la sénéchaussée d'Angers. Une trentaine de députés (des trois provinces constituant la généralité de Tours : Anjou, Maine et Touraine) envisagent de rétrocéder des territoires au Poitou et de subdiviser le domaine restant en quatre départements, autour des capitales traditionnelles, Tours, Angers et Le Mans, et autour de la ville de Laval, qui récupérerait des terres du Maine et de l'Anjou.
Le 12 novembre 1789, les représentants de Saumur se dissocient de cette décision. Les Saumurois plaident en faveur d'un département de Saumur situé au carrefour des trois provinces de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou, avec Loudun pour le partage des pouvoirs. Ils accusent les représentants d'Angers de s'entendre avec leurs collègues du Maine et de Touraine pour le dépeçage de la sénéchaussée de Saumur. Ils les accusent également d'abandonner à la Touraine vingt-quatre paroisses anciennement angevines (autour de Château-la-Vallière et de Bourgueil).
Le mécontentement grandit, la population de Bourgueil manifeste pour son maintien dans l'Anjou et se solidarise avec Saumur.

Le 14 janvier 1790, l'Assemblée constituante de 1789 décrète que « Saumur et le Saumurois feront partie du département de l'Anjou ». L'Assemblée Constituante entérine cette structure le 22 juin 1790 et le roi le 25 juin 1790. Le pays bourgueillois est détaché du Saumurois et séparé de l'Anjou, pour intégrer le tout nouveau département de l'Indre-et-Loire.

Carte de l'ancienne province d'Anjou et de son partage en 1790

A la Révolution, Bourgueil comptait deux paroisses, Saint-Germain dans le bourg et Saint-Nicolas, à 1 km au SO. Saint-Nicolas devient une commune séparée, mais son église, bâtie au XIIe, se trouve encore sur le territoire communal de Bourgueil et il faudra attendre 1830 pour établir un périmètre communal clair et distinct entre les deux entités. En outre, en 1791, le curé de Bourgueil refuse la Constitution Civile du Clergé (ce que le Martyrologe français du Clergé, paru en 1840, nomme le "serment schismatique" puisque l'Eglise de France se trouve asservie à l'Etat) et est exécuté en 1793.


L'église connut de multiples transformations au XIXe : l'ancienne nef du XIe fut rebâtie en 1888, tandis que les bas-cotés et la façade ont été surélevés dans les années 1850-1860.

Dans les Recherches historiques et archéologique sur les églises romanes en Touraine, parues en 1869, Jean-Jacques Bourassé et Casimir Chevalier écrivent : <<L'église paroissiale de Saint-Germain de Bourgueil n'a aussi conservé qu'une portion de sa construction primitive [...] fort intéressante : c'est sa façade à pignon surbaissé, bâtie en petit appareil réticulé avec une grande élégance, et malheureusement remaniée pour la transformation de la toiture. Le porche actuel, en plein cintre, à trois archivoltes, a été évidemment ajouté après coup. Les murs latéraux de la nef ont disparu pour létablissement de deux bas-cotés sans caractère. Le choeur a été reconstruit avec magnificence dans la seconde moitié du XIIe>>.

La même année, dans le 35e volume du tome 5 de la 4e série du Bulletin Monumental, édité par M. Arcisse de CAUMONT, paraît une Lettre à M. de Caumont sur une Excursion en Touraine, par M. de Cougny, Inspecteur divisionnaire de la Société Française d'Archéologie, membre de l'Institut des Provinces. L'auteur indique que l'église paroissiale dédiée à Saint-Germain a été construite un peu plus d'un siècle après la fondation de l'abbaye, pour la population nouvelle qu'elle a attiré auprès d'elle. Le porche de la façade date du XIIe. Suit une longue description du choeur, que nous ne reproduirons pas ici; toutefois, il signale que "les voutes sont, à leur sommet et à la rencontre de toutes les nervures, revêtues à profusion de la riche ornementation du style angevin. Ce ne sont pas seulement les personnages isolés que l'on aperçoit d'ordinaire au point de jonction de toutes les nervures principales ou intermédiaires et destinés à en dissimuler le point de suture. Ici, en maints endroits, ils sont disposés par groupes et figurent de véritables sujets historiés." L'auteur indique que, généralement, les personnages sculptés sur les chapiteaux disparaissent à partir du XIIe, pour être remplacés par de l'ornementation végétale (ex. feuilles d'acanthe), sauf "en Anjou où ils n'émigrent pas complètement de la basilique chrétienne, ils ne font que changer de place : au lieu de rester fixés au sommet des colonnes, ils les abandonnent pour gravir le long des nervures, pour se cramponner aux voûtes, et ils y demeurent encore tout le long du XIIIe". L'auteur indique ensuite avoir reconnu dans le bas-coté gauche une représentation de Saint-Nicolas, "avec les trois jeunes gens placés dans une cuve", où il fait allusion à la légende des trois enfants, découpés par un boucher, ressuscités par le saint sept ans après.
Enfin, M. de Cougny finit sur les ajouts modernes à l'église : "Le sanctuaire est éclairé par un oculus percé dans le chevet. Dans chaque travée des bas-côtés, s'ouvrent de longues fenêtres où l'on a posé dans les derniers temps des vitraux représentant des personnages de haute dimension. Ces vitraux ne sont point en rapport avec le style de l'église. Pour atténuer la faute, on dira peut-être qu'ils proviennent de dons particuliers [...] Ce n'est point à mon avis une excuse suffisante. En pareil cas, MM. les curés et membres des fabriques doivent insister auprès des donateurs pour qu'ils se conforment au style de leurs églises. Songent-ils toujours à le faire? J'avoue que j'en doute un peu".


Plan au sol de l'église (MH) :


Plan en coupe et en élévation (MH) :


Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Germain
Siécle de l'édifice: XIIe-XIIIe-XIXe
Forme du clocher : pavillon
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (14) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (4) :

façade
coté nord et clocher
chevet
coté sud

Intérieur (10) :

bas-coté gauche
grande nef
bas-coté droit

coté gauche du choeur
autel gauche
maître-autel
coté droit du choeur
autel droit

stalles
vue vers l'entrée


Dernière édition par Admin le Mer 22 Déc - 00:04 (2010); édité 7 fois
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MessagePosté le: Mar 21 Déc - 01:47 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 21 Déc - 01:54 (2010)    Sujet du message: Bourgueil (37140) Répondre en citant

Abbaye

Abbaye Saint-Pierre de Bourgueil (XIe-XIIe-XIVe-XVe-XVIIe)

L'abbaye est fondée en 990 par Emma, duchesse de Guyenne et comtesse de Poitou. Très rapidement, du Xe siècle au XVIIIe siècle, cette abbaye a sous sa dépendance 42 prieurés, 64 paroisses et 1 ermitage de l’Angoumois à l’Isle de France en passant par la Lorraine. Un des abbés, l'abbé Baudri de Bourgueil loue avec ses poèmes le vin que les moines contribuent à développer dans la région... Elle est aussi célèbre pour ses vastes jardins chantés par Ronsard. François Rabelais veut donner à son moine l'abbaye de Bourgueil, où ceux-ci développent la culture de la vigne et améliorent la qualité des cépages. L'abbaye devient une baronnie relevant du roi. Beaucoup de familles nobles ou non, viennent dans le Bourgueillois pour occuper une fonction liée à la présence de l’abbaye. Même les rois ou futurs rois, les reines séjournent à l’abbaye Saint-Pierre de Bourgueil-en-Vallée et y prennent des décisions importantes. En 1156, Henri II Plantagenêt y tient les États généraux de ses provinces. En 1208, le Pape Innocent III prend l’abbaye sous sa protection directe. Ravagée par les Grandes compagnies et les Anglais, pendant la guerre de Cent Ans, détruite en partie par des Huguenots, voulant se venger des crimes de l’un de ses abbés, Saint-Pierre est à plusieurs reprises, pendant les 801 ans de son existence, reconstruite en partie, agrandie, restaurée... Au XVIe siècle, elle est mise en commende. À la révolution l'Assemblée Nationale, disposant des biens ecclésiastiques, chasse en 1791 les moines. L'abbaye de Bourgueil est ruinée par les destructions qui s’ensuivent, mais il reste néanmoins encore trois groupes de bâtiments datant d’avant 1789.

Bourgueil est l’un des mansiones (gîte d'étape pour dignitaires officiels) placés sur la grande voie romaine allant d’Angers à Tours. D’autres voies romaines arrivent à Burgolium. Avant 977, ces terres appartiennent à Thibaut le Tricheur, comte de Blois. Il les donne en dot à sa fille Emma. Avant 977, des moines sont déjà établis à Bourgueil dans un prieuré. Emma de Blois fonde en 990 cette abbaye non loin du château de Chinon. Il y a tout lieu de penser que c’est elle aussi qui, prenant sur ses biens venus de son oncle, Herbert III d'Omois, mais surtout d’un grand nombre de domaines qu'elle avait reçus de son mari. C’est le cas pour Brolium, Longua-Aqua, Oziacum , Vendeia... Le Breuil, Longève, Gazais et La Vendée en Poitou[3]. Son mari, Guillaume IV de Poitiers, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, et son fils Guillaume V (969-1030) peuvent eux aussi être considérés comme des fondateurs de cette abbaye. C’est une grosse et riche fondation, qui sert aussi à affirmer le pouvoir politique des comtes de Blois, qui s'opposent au même moment au roi Hugues Capet. Elle comprend de grands domaines, des terres et prés et une grande forêt, avec les eaux de la Loire et de grands droits seigneuriaux et féodaux qui lui donneront par la suite le titre de baronnie. L'abbaye est fondée pour les bénédictins, qu'Emma envoie quérir à l’abbaye de Saint-Julien de Tours, dont l'abbé, appelé Gaubert ou Guibert, est parent de la duchesse. La fondatrice meurt le 1er août 1004 et est enterrée dans le choeur de l'église abbatiale, consacrée en 1001. Cette première église est flanquée d'une tour de sept niveaux munie d'un carillon de neuf cloches.

En 996, Emma, comtesse du Poitou, donne le domaine de Longueville, à Saint-Pierre-d'Autils, à l'abbaye Saint-Pierre de Bourgueil-la-Vallée, lors de sa fondation. L'abbaye y établit le prieuré Saint-Pierre de Longueville. Elle l'échange ensuite contre le prieuré de Tourtenay, possédé jusque là par l'abbaye de Jumièges. Dans la charte d'échange entre Bernon, abbé de Bourgueil, et Robert, abbé de Jumièges, la terre est appelée Longavilla, in Normannia. Guillaume V de Poitiers et Richard III de Normandie, duc de Normandie du 23 août 1026 au 6 août 1027, autorisent cet échange en 1027. Teudon, 3e abbé de 1012 à 1045, ancien moine de l’abbaye de Saint-Julien de Tours, obtient une bulle du pape Benoît VIII qui confirme à cette abbaye tous les biens et privilèges qu’elle possède, notamment la viguerie et la justice du château de Chinon. Il meurt à Bourgueil, en janvier 1045. En 1067, Jourdain de Chabanais et son fils Ainard donnent l'église de La Péruse aux religieux de Saint-Pierre de Bourgueuil.

En 1068, Joscelin II de Parthenay, entré en religion, devient trésorier de l'abbaye Saint-Hilaire de Poitiers, puis archevêque de Bordeaux. Il accorde à Raymond, abbé de Bourgueil, la faveur d’édifier une église en dehors du château existant. Il déclare aussi qu’après son achèvement, l’église appartiendra à perpétuité au monastère. Il donne aussi, la chapelle existante à l'intérieur du château, un four dans le bourg, une masure et demie de terre, soit 40 hectares, le droit de pêche dans un vivier (étang), la faculté de couper du bois et, sept arpents pour planter des vignes. Joscelin II de Parthenay promet à tous ceux qui viendraient construire leur habitation autour de la nouvelle église, une immunité fort recherchée, celle de ne pas être justiciable de la juridiction baronniale, mais uniquement de la justice des moines, plus douce et plus intelligente (Bélissaire Ledain, XIXe). L’abbaye est ravagée par un incendie le 19 septembre 1061. Les libéralités des seigneurs des environs permettent de la reconstruire rapidement. Au XIIe, la première église de l'abbaye est démolie, puis reconstruite.

Vers la fin du XIIIe, l'ermitage et la Chapelle de Bermont, témoin de l'épopée de Jeanne d'Arc, appartiennent à l'abbaye de Bourgueil, qui y entretient un religieux. Or Bermont, situé au nord de Domrémy-la-Pucelle, est fort éloignée du monastère de Bourgueil et plus onéreuse que profitable à ce dernier ; aussi les Bénédictins jugent-ils avantageux de s'en défaire et c'est ce qu'ils font en faveur de Geoffroy de Bourlemont le lundi avant la Saint-André en l'an de grâce 1263.

Prieurés et cures de l'abbaye de Bourgueil :


Le 30 avril 1361 l’abbaye et la ville sont incendiées. En conséquence de cela, le roi Charles V de France donne l’ordre de fortifier l’abbaye. Une nouvelle église abbatiale, plus monumentale est mise en chantier (le chœur comportait 70 stalles) ; elle demeurera inachevée. Autour de son église, l’abbaye comprend un château abbatial, un cloître, une galerie, des dortoirs de moines, des ateliers, l’hôtellerie, l’infirmerie, l’ancienne cuisine (semblable à celle de Fontevraud), les écuries, le chenil, sans oublier greniers et celliers flanqués de tourelles circulaires (chapelle actuelle), et le moulin du monastère, les jardins, en particulier les vignes du prieur et de l’abbé. En 1370 des lettres du roi Charles, adressées à son frère, le duc d'Anjou, précisent que l'abbaye et les religieux de Bourgueil ont toujours été sous la protection immédiate des rois de France, et que l'abbé ne doit serment qu'à lui. En conséquence, il lui enjoint de demander à ses officiers de ne point obliger les religieux à des choses auxquelles ils ne sont point astreints. Matthieu Gautier, ancien conseiller du Roi, devient abbé en 1372 et prête serment au Roi. Cet abbé donne quatre cloches pour l'abbatiale. Jean Reversé, 30e abbé de 1418 à 1425 reçoit du pape l’autorisation de porter la mitre. De son temps a lieu l’inauguration de la nouvelle église. Ses armes (deux cloches et une clé) sont sculptées au-dessus de l’autel. Il meurt le 17 décembre 1425, affligé des désordres dûs aux occupations militaires. Pendant deux ans, 200 cavaliers occupent la ville et l’abbaye et y font beaucoup de dégâts. Ne pouvant les payer, leur chef Pierre de Culant leur conseille de voler les paysans, les possédants et les religieux dans toute la région. Il est inhumé dans la chapelle Saint-Thibault. Son sucesseur Eustache de Maillé fait relever la flèche de l'abbatiale et donne deux orgues à l'abbaye en 1439. Louis Rouault de Gamaches, (35e abbé de 1455 à 1475), est nommé abbé, cette fois-ci commendataire, de Bourgueil en 1468. Il répare les dortoirs et fait bâtir une partie du cloître en 1472, où l’on voit ses armoiries De sable à deux léopards d’or, l’un sur l’autre. L’abbé reçoit Louis XI du 13 au 16 août 1469. Il donne sa démission en 1475.

L’abbaye est fortifiée. Les habitants des villages aux alentours doivent venir y monter la garde. Malgré ses défenses, en 1562, les protestants ravagent de nouveau le bourg et l’abbaye, notamment les deux églises et ils brûlent les reliques. Leur chef emporte les vases sacrées. À cette époque, l’abbé de Bourgueil nomme les curés des villages environnants et il échappe à l’autorité de l’évêque d’Angers. L’abbaye est une fondation royale et une baronnie. Bien entendu, elle rend la haute, moyenne et basse justice sur ses hommes, vassaux et sujets. Le jardin Renaissance est créé par Philippe Hurault de Cheverny et embelli par la suite par Léonore d'Estampes de Valençay. Ces vastes jardins en terrasse jardins suspendus sont très célèbres à cette époque et jusqu’en 1789 pour leur exceptionnelle beauté. Ronsard, neveu de l’abbé Charles de Pisseleu (40e abbé, de 1539 à 1564), qui séjourne très souvent à l’abbaye, les chante dans ses œuvres. Lors de la troisième guerre de Religion (1568-1570), l'abbaye est à nouveau prise par les protestants, qui démolissent la nef de l'abbatiale; elle ne sera point rebâtie.

Un incendie en 1612, déclenché par un orage, provoque de graves destructions. Léonor d'Estampes de Valençay, 50e abbé de 1622 à 1651, démolit plusieurs bâtiments vétustes et reconstruit le château abbatial. Il installe aussi en 1630 les religieux réformés de Saint-Maur. Les 52e et 53e abbés, de 1678 à 1718 sont deux des fils du ministre Louvois. Le 54e abbé, de 1719 à 1723, est Guillaume Dubois, principal ministre de la Régence.

Au milieu du XVIIIe, une notice décrit l'abbaye en ces quelques mots : <<Ce monastère est fort bien situé dans un air fort serein et tempéré, fertile en bon fruits, bien que son principal terrouer soit assez ingrat n’étant qu’une terre sablonneuse ; et ce lieu est fort propre pour la chasse, abondant pour le gibier, principalement en bêtes fauves, comme cerfs, biches et sangliers, qui font de grands dégâts dans les biens des pauvres laboureurs. Ce monastère n’est pas un des moindres des provinces d’Anjou et de Touraine, soit que l’on considère la seigneurie de Bourgueil qui porte le titre de baronnie, la situation du lieu, la qualité des habitants qui sont assez bien partagés pour les dons du corps et d’esprit et fort portés à la piété ; soit que l’on considère les bâtiments du dit monastère dont l’église est fort belle avec des voûtes fort larges et élevées, à laquelle pour la rendre complète il ne manque qu’une nef. Les lieux réguliers qui l’accompagnent lui donne de lustre, car il y un beau cloistre, un beau chapitre bien voûté, accompagné d’un beau dortoir et d’un grand réfectoire bien percé et fort bien lambrissé, avec un petit jardin à fleurs, au bout duquel il y a un grand jardin avec un petit bosquet de charmes et de sycomores et un clos de vigne. Mais ce qui donne la perfection aux lieux et bâtiments du dit monastère et y donner le dernier lustre, sont les appartements du logis abbatial qui consistent en de magnifiques bâtiments au-devant desquels il y a deux grandes cours avec porte cochère et une belle entrée de monastère, avec pont-levis et au derrière un beau parterre, de beaux jardins, une grande galerie sur un canal de 500 pas de long et une vigne au bout d’un pré, et à côté un beau parc fermé d’un côté de murailles et de l’autre d’un canal à mettre du poisson... toutes les susdites choses si bien compartées et divisées qu’elles rendent le logis abbatial le plus accompli des deux provinces d’Anjou et de Touraine. (rapportée par Jacques Xavier Carré de Busseroles, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire, 1878>>.

1782 voit l'avènement du dernier abbé de Bourgueil, César-Guillaume de la Luzerne. Les temps changent. Sur les droits d’usage, un procès oppose les habitants de la commune à différents propriétaires, entre autres l’abbaye de Bourgueil de 1781 à 1786. En 1791, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé et s'exile en Suisse, Autriche, puis à Venise.

Aujourd'hui, l'Association de l'Abbaye, grâce au bénévolat, permet de restaurer et d'animer l'abbaye. Elle propose une kermesse annuelle, la vente de travaux manuels, le cinéma... Il est aussi possible de visiter les différents monuments ainsi que le musée. Dans l'enceinte de l'abbaye, trois groupes de bâtiments subsistent encore : - Au nord, les communs du XVIIIe siècle et la grange des Dîmes, Au sud, l'ancien château duXVIIe siècle, actuellement communauté religieuse (les Sœurs de Saint-Martin), et les bâtiments du cellier du XIIIe siècle. L'église n'a plus de clocher (effondré en 1626) mais une cloche est installée sous un auvent au coté nord de l'église.
Fondées en 1824 à Tours par un groupe de Tertiaires du Carmel, les Sœurs de Saint-Martin viennent s’installer en 1828 à l’Abbaye de Bourgueil dans les restes des bâtiments des XIII e et XVII e siècles. Leur but : «Se donner totalement à Dieu dans la prière et le service des pauvres.» Avec la Révolution de 1830, de grosses difficultés surgissent ; elles mènent une vie de grande pauvreté. C’est la détresse matérielle et spirituelle. En 1834, pour les sauver, L’Evêque de Tours leur donne de nouvelles constitutions et change leur nom. Les filles de Notre-Dame du Mont Carmel vont désormais s’appeler : "Sœurs de Saint-Martin".


Photos (MH, 1960, N/B) : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE…

Type d'Edifice: Abbaye
Nom de l'Edifice : Saint-Pierre de Bourgueil
Siécle de l'édifice: XIe-XIIe-XIVe-XVe-XVIIe
Forme du clocher : lanternons (2)
Position du clocher : sur le bâtiment de la communauté
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Pierre
Siécle de l'édifice: XIIe-XIXe
Forme du clocher : autre
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (10) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

entrée de l'abbaye
bâtiments de la communaut (17e)

façade de l'église
coté nord
clocher improvisé
coté sud

mur d'enceinte de l'abbaye
communs et grange dimière


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