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Authon-la-Plaine (91410)

 
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MessagePosté le: Mar 27 Oct - 01:20 (2009)    Sujet du message: Authon-la-Plaine (91410) Répondre en citant

Eglise

Eglise Saint-Aubin

L'église et la mairie

Construite sur la base d’un temple païen, l’église d’Authon la Plaine pourrait remonter à l’an 800. Elle fut reconstruite et agrandie au 12ème siècle puis à la fin du 15ème début du 16ème . Les soubassements de l’église primitive ont servi d’assise à la partie romane de l’édifice actuel. Elle est placée sous le vocable de Saint Aubin. Originaire de Vannes, Saint Aubin (469-554) devint moine et abbé de Tincillac (entre Angers et Saumur) puis évêque d’Angers. Ce saint homme combattit véhémentement la tradition franque des mariages entre frères et soeurs, la fête de ce saint est fixée au 1er mars. En 1146, la paroisse devient la propriété de l’abbaye de Saint Benoît sur Loire jusqu’à la période révolutionnaire.

De nos jours, on distingue au moins deux époques de construction bien distinctes dans l’église d’Authon la Plaine. A l’emplacement de l’actuelle nef, une église fut élevée au 12ème siècle mais devant l’augmentation de la population notamment vers la fin du 15ème début du 16 ème , une seconde église fut élevée, agrandissant ainsi considérablement le premier édifice en y ajoutant le choeur à chevet plat et les bas-côtés nord et sud. Plusieurs indices dans l'actuelle construction indiquent la volonté des constructeurs de poursuivre le rehaussement de la nef : harpages (amorces grossières en vue sur les murs extérieurs), départs de nervures au nord et au sud. La nef du XIIe a déjà été surelevé par la suite, comme on peut le voir par l'emplacement des corbeaux sur le mur nord et les traces sur le pignon occidental.

La façade ouest comprend deux travées : la première construite au 12ème siècle avec un contrefort bas en pierres appareillées et un portail à arc en plein cintre surmonté d’une baie à arc plein cintre (la grande nef). La deuxième , construite à la fin du 15ème début du 16ème , est délimitée par un contrefort. Elle comprend une porte à un seul vantail : au dessus, deux piédroits supportent un entablement surmonté d’un arc orné de vases. Les murs extérieurs nord et sud ont gardé une corniche à modillons qui est la trace de départ de la toiture de l’église primitive (12ème siècle). Le clocher carré en pierres appareillées est percé de baies jumelées avec abat-son, le toit en batière est recouvert de tuiles plates, une tourelle hors-oeuvre (réalisée en 1742-1743) inclut l’escalier d’accès au premier niveau. Situé après le clocher, le choeur est de la fin du 15ème début du 16ème et sa hauteur est plus importante que la nef, des contreforts en pierres appareillées maintiennent des arcs-boutants qui soutiennent les hauts murs du choeur que dépasse à peine le clocher. Ce bel édifice comporte ainsi deux niveaux de toitures laissant apparaître sur les pignons des arêtiers couronnés par des sculptures (chiens ou lions). La première marche de la porte d’entrée de la sacristie côté sud semble être une ancienne pierre tombale récupérée.
A l’intérieur de l’église, la nef qui se compose de trois travées délimite l’emplacement de l’édifice primitif du 12ème siècle. L’éclairage est assuré par deux fenêtres en plein cintre. On remarque les restes d’une peinture murale difficilement identifiable, que l'on daterait du XIIe, et qui est située à gauche en entrant. La fenêtre de la façade ouest est nettement désaxée par rapport à la voûte de la nef. Le choeur construit à la fin du 15ème se compose de trois travées égales voûtées sur croisées d’ogives. Il se termine par un chevet plat percé d’une belle fenêtre de style flamboyant, partiellement obturée en 1768-69 lors de la pose des boiseries et du retable du choeur, son éclairage est assuré par six fenêtres hautes et on remarque deux grotesques (figures de personnages ou d’animaux fantastiques) probablement du 16ème siècle. Le bas côté nord possède trois travées et le bas côté sud six travées, certaines clefs de voûte sont ornées de blasons. Au nord, la sacristie fut ajoutée au XVIIIe, comme la tour d'escalier menant au 1er niveau du clocher. L'absence de chaînage à l'extérieur indique bien l'ajout.
La cloche en bronze date de 1618, et mesure 0,90 mètres de haut et 1 mètre de diamètre, une deuxième cloche nommée Marie fut descendue puis fondue à la Révolution. Trois dalles funéraires sont visibles mais trente trois personnes furent inhumées dans l’église au 18ème siècle, le sol du choeur étant réservé aux seigneurs tandis que les autres personnes étaient inhumées dans la nef. Près de la porte de l'escalier du clocher, deux pierres tombales ont été remontées face à face sur des piliers : l'une, blanche, est celle d'un prêtre inhumé au XVIe, l'autre, en marbre noir, est celle de Jacques le VAVASSEUR, conseiller du Roy, mort en 1765. Le cimetière entourait l’église jusqu’en 1844 et c’est en 1842 que le cimetière actuel fut créé.
Les bancs du 18ème siècle existent encore de nos jours. Il ont procuré un revenu à la paroisse grâce à leur location. Le banc d’œuvre (18ème), à l'entrée dans la nef de droite, était réservé aux marguilliers. On remarquera la chaire à prêcher du 18ème avec ses jolies moulures à thème eucharistique et l’évangéliste Saint Marc, mais aussi l’Enfant Jésus en bois polychrome (18ème), les fonts baptismaux ovales, à gauche avant le choeur, et surtout à l'entrée à gauche, d'anciens fonts baptismaux du XVIe inventoriés par erreur par les Monuments Historiques comme bénitier, alors même que ceux-ci ne sont que très rarement octogonaux; sur l'un de ses cotés l'on peut voir un écusson mis à l'envers, la pointe vers le haut, et des traces de polychromie.

Questions et faits intéressants sur l'église d'Authon-la-Plaine : http://www.sendspace.com/file/8ka0k5 (cliquez sur Download, en bas de la page)

Mais cette très belle et étonnante église est en péril. La grande nef a été voutée au XVIe d'une voûte à nervures en bois, peinte en blanc. Celle-ci, reprise en sous-oeuvre au XIXe, s'est fragilisée au cours des ans. Il y a quelques années, un morceau est tombé au-dessus de la chaire. C'est en montant le réparer que l'on a constaté que plus rien ne tenait dans l'église. Des fissures ravinent les murs coté sacristie, au nord, et dans le choeur. L'ensemble des boiseries de l'église, notamment au niveau du clocher sont à refaire. Des gouttières ont existé sur les murs de l'église, sans doute posées à la fin du XIXe ou au début du XXe mais elles ont été retirées sur les conseils avisés d'architectes des Monuments Historiques. Depuis, comme pour l'église des Granges-le-Roi, l'humidité s'infilitre à la base des murs et fragilise leur structure. Les peintures du XIXe, au bout de la basse nef droite, sont fortement dégradées. Le seul élément restauré et en bon état est la grande baie du chevet, remise en état en 1990. Depuis, des devis sont établis, des travaux préparatoires ont été menés, dont la réfection des marches en bois de l'escalier du clocher par l'entreprise DUBOSCQ en 2008, travaux au cours desquels un linteau de porte a été découvert dans le mur entre la tourelle d'escalier et le clocher. On peut enfin espèrer que la commune assurera le reste du financement, la région Ile de France, qui finance par ailleurs de nombreux projets de restauration de patrimoine religieux, notamment aux Granges-le-Roi ou à Congerville, s'étant montrée disponible.

Le deuxième danger vient du volatile le plus présent dans les églises : le pigeon. S'il y a un exemple à montrer pour ceux qui ne savent pas ce qu'est une église (un clocher en l'occurence) dégradée par des pigeons, alors le voici : le clocher de l'église d'Authon-la-Plaine (photos ci-dessous). Pour y monter, il faut venir en compagnie de M. CHAUVEAU, qui tient la chambre d'hôtes du village et qui est président de l'association pour la sauvegarde de l'église. C'est donc lui qui a les clés de l'église et du clocher. La porte se trouve à coté de la sacristie, dans un renfoncement. En ouvrant la porte, sur les marches de l'escalier, deux cadavres de pigeons annoncent la couleur. D'autres se dessèchent sur l'escalier, en remontant. Il faut monter à la torche, l'escalier n'est pas éléctrifié. L'on débouche au 1er étage. Le sol est formé de 15 cm de terres, de platras et de plumes de pigeons. D'autres pigeons mourant dans les coins. A gauche, derrière une palisse de bois, le trou où passaient les cordes des cloches et peut-être des matériaux de construction. Devant, sous les échelles, une porte mène au vide sous le toit à coté du bas-coté de la sacristie. Un haut mur sépare cet espace du vide au-dessus de la nef. L'on y accède de manière plus acrobatique. En revenant au 1er niveau du clocher, l'on voit devant soit deux (!) échelles pour monter à la chambre des cloches. L'ancienne ne suffisant peut-être plus, elle a du être remplacée à une époque indéterminée par une échelle de deux mètres et demi montant à une petite plateforme en bois sur laquelle est calée une courte échelle de presque deux mètres. Avec le temps et les pigeons, cette petite plateforme servant d'appui pour le changement d'échelles est devenue support d'un tas continu de plumes, de gravats et d'os de pigeons, glissant comme un tas de savon. Il faut donc s'accrocher à un barreau de l'échelle au-dessus (attention, l'un d'eux est un simple barreau de fer non bloqué et glissant librement entre les montants!) et passer au petit bonheur la chance, difficilement en montée, dangereusement en descendant. Mais il y a mieux encore : à deux mètres de la première échelle, presque hors d'atteinte, s'ouvre une grande percée dans le mur donnant accès à l'espace au-dessus de la voûte en bois sinistrée. On arrive difficilement à l'atteindre, puis à circuler sur des planches vermoulues coincées entre les jambages par l'architecte... ces jambages ne tiennent plus eux-mêmes que par l'action du Saint-Esprit... dispense d'éternuer à cet endroit précis.

La deuxième échelle du 1er niveau donne accès au niveau de l'horloge, couvert de fientes et de poussières. A droite dans l'armoire poussièreuse se trouve l'horloge, qui n'est pas plus protégée des déjections corrosives des pigeons. Elle a été réalisée par SCHMIDT de Dourdan, sans doute au XIXe et est complètement rouillée. De là une échelle glissante de fientes fraîches (attention!) monte au dernier niveau, celui de la cloche unique, où s'ébattent joyeusement une dizaine de pigeons. Et là l'on comprend enfin la cause de cet état déplorable du clocher : tous les grillages anti-pigeons posés sur les ouvertures ont été écartés en bas des bords des ouvertures, soit par le vent, soit par la rouille, soit par les pigeons eux-mêmes qui les battent à coups de becs furieux. La cloche de 1618 est couverte de fientes, ses inscriptions illisibles. Enfin ais-je tout de même réussi à la photographier après 10 mn de combat avec des pigeons déchainés. Les bords des baies sont remplis par des fientes, le plancher du beffroi s'effondre (notamment un trou juste au débouché de l'échelle). Triste état du clocher qui aurait besoin d'une REFECTION IMMEDIATE et TOTALE.

Sources partielles : mairie d'Authon, diocèse d'Evry. Merci à M. CHAUVEAU qui m'a fait visiter l'église et le clocher.
La messe est encore assurée dans le choeur de l'église, une fois par mois. Mais cela fait nul doute que cette continuité du culte n'est que provisoire et que l'état de l'église va bientôt nécessiter son verrouillage jusqu'à ce que la mairie prenne conscience des dégâts et fasse faire les travaux nécessaires et minimaux de sécurisation (grillages à pigeons du clocher, retrait de la voûte en bois de la grande nef, nettoyage intégral de la tour et remplacement des échelles).

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Aubin
Siécle de l'édifice: XIIe-XVe-XVIe-XVIIIe
Forme du clocher : bâtière
Position du clocher: clocher latéral
Clocher en péril : oui

Photos (38) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (4) :

façade à l'ouest
coté sud, le beau coté de l'église

façade et clocher
coté nord, clocher et sacristie

Intérieur (21) :

la nef du XIIe
charpente sinistrée

anciens fonts devenus bénitier
écusson sur le bénitier
fragment de fresque XIIe

première fenêtre de la grande nef
état du mur de façade

basse nef droite
banc d'oeuvre 18e
fissures dans le mur sous voûte

la chaire et l'amorce du bas-coté nord
monument aux morts et fonts du 18e

vue du choeur
grande verrière
autel du bas-coté et peintures du XIXe

bas-coté nord vers le clocher
porte de la sacristie
armoire contre l'annexe de la sacristie

plaque funéraire d'un prêtre du 16e
pierre tombale de 1765

vue de l'église depuis le choeur


Clocher et charpentes (12) :

entrée de l'escalier du clocher
pigeons morts au 1er niveau
vide sous charpente, bas-coté nord

état désastreux de la charpente de la grande nef

échelles d'accès à la chambre des cloches
charpente du beffroi
bas des baies du clocher

cloche
horloge

NB : Malheureusement, les photos ne retransmettent que mal l'état désastreux du clocher et la nécéssité de chasser les pigeons - maîtres en leur demeure élevée et à l'abandon. Pour s'en rendre compte, il faut vraiment y être...


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MessagePosté le: Mar 27 Oct - 01:20 (2009)    Sujet du message: Publicité

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