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Douvres-la-Délivrande (14440)

 
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MessagePosté le: Jeu 13 Aoû - 23:40 (2009)    Sujet du message: Douvres-la-Délivrande (14440) Répondre en citant

Sous-commune : Tailleville, annexée en 1973.


Eglises

Basilique Notre-Dame de la Délivrande

Pour revenir aux sources de l'histoire de Notre Dame de la Délivrande, il faut puiser dans les traditions et légendes liées à l’apparition du Christianisme en France. Cela remontrait à l'époque gallo-romaine comme le prouvent de sérieux indices découverts lors de la construction de la basilique, près de l'ancienne chapelle. Succédant au culte païen à la déesse de la fertilité, Déméter, on attribue la fondation du pèlerinage à Régnobert, évêque de Bayeux mort en 627. La statue de la Délivrande fut aussi célèbre au Moyen-Âge que le Mont Saint Michel. Le roi Louis XI y vint en pèlerin en 1470 et 1473. Une première chapelle a été détruite par les Vikings vers 830, et la statue a été perdue. Elle a été retrouvée vers la fin du 1er millénaire par Beaudouin de Reviers, vicomte de Douvres et propriétaire de la Baronnie. De la chapelle construite vers 1150, il ne reste que 2 arcs romans en plein cintre décorés de zigzags et de frettes crénelées. Ces vestiges furent un moment conservés dans les bois de la maison des missionnaires puis replacés dans les murs de l'enceinte vers 1960 (visibles aux feux tricolores).

Cette chapelle ancienne est décrite ainsi par Arcisse de CAUMONT dans sa Statistique Monumentale du Calvados, en 1846 : " L'architecture des parties les plus anciennes de la chapelle annonce le XIIe plutôt que le XIe; telles sont les arcatures que l'on voit à l'ouest et au nord. Une grande partie a été reconstruite. Des deux chapelles qui forment le transept, l'une vers le midi fut fondée par Pierre LEGENDRE trésorier-général de France, et bâtie en 1523, l'autre dans le siècle suivant aux frais du chapitre. Le chapitre de Bayeux exerçait la juridiction spirituelle sur la chapelle de la Délivrande, comme il l'exerçait sur la chapelle de Douvres."

La Vierge Noire de la Délivrande a effectivement le teint noir, sans doute plus à cause du courant marial des XIe et XIIe siècles (cf . les Vierges Noires en Auvergne) qu'en raison de la fumée des cierges. La statue actuelle que l'on vénère n'est plus celle d'origine, détruite dans les guerres de religion et remplacée en 1580. En 1793, la chapelle est fermée et la statue est cachée à Caen quelques années. Mais le pélérinage reprend vie et se dévéloppe à partir de 1823 et de l'installation d'un groupe de chapelains. En 1826, Mme de JUMILLAC est subitement guérie d'un mal réputé incurable, au cours d'une messe célébrée dans la chapelle. En action de grâce, la miraculée fonde en 1831 la Congrégation des soeurs de la Vierge Fidèle pour l'accueil et la formation des orphelines. En 1832, une procession exceptionnelle le 15 août dans les rues de Douvres, avec la statue, arrête brusquement l'épidémie de choléra. En 1834, l'archevêque de Paris vint réclamer la conversion de Talleyrand. L'ayant obtenue, il revient remercier publiquement la Vierge.

Construite à partir de 1853, l'actuelle basilique est finie en 1878. Les vitraux posés en 1881 ont été détruits lors du débarquement et remplacés progressivement. Le maître-autel, en marbre polychrome et bronze doré, a obtenu la médaille d'or à l'exposition universelle de 1878. C'est en 1885 que sont posés les stalles en bois de chêne sculpté ainsi que le pavage du sanctuaire en marbre blanc de Maubeuge avec incrustations de couleurs. Le grand orgue a été inauguré en 1886. En 1872, le pape Pie IX accorda à la Vierge Noire le privilège du couronnement puis Léon XIII l'érigea en basilique mineure en 1895 et consacrée le 22 août de cette année.

Le nom même de la Délivrande est difficile à expliquer. L'hypothèse traditionnelle accolle le mot delle (portion de terre labourable, origine scandinave) à un mot composé d'origine celtique YV (eau) + RAND (frontière) : une frontière entre les Viducasses (Vieux) et les Bajocasses (Bayeux) qui passe par un cours d'eau (la Douvette). L'autre hypothèse conteste l'ajout du mot delle : YVRANDE serait devenue l'Yvrande puis De Lyvrande et enfin DELLYVRANDE au XVIIe, pour arriver à l'actuelle forme au féminin, si semblable au mot délivrance. Cette explication est corroborée par d'autres agglutination du l', du de ou de la en Normandie.

À une époque qu'il est difficile de préciser, on a pris l'habitude de vêtir d'une robe et d'un manteau d'apparat les statues de la Vierge qui étaient l'objet d'une vénération importante. La statue de Notre-Dame de La Délivrande est donc " habillée " ; plusieurs fois par an, on change sa robe et son manteau. Au total, sa " garde-robes " atteint la vingtaine de vêtements. Des pèlerins les ont offerts au cours des ans ; certains sont de très belles œuvres d'art. Le " Musée des manteaux de la Vierge ", ouvert en juillet et août, en présente la collection. Depuis le lourd vêtement en drap d'or du Couronnement (1872) jusqu'au manteau de la Merci-Dieu (1992), en passant par celui qui est sorti de l'atelier de Nina Ricci (1960)…En plus de ces robes et de ces manteaux, les vitrines du Musée contiennent des vêtements liturgiques (chapes et chasubles) de très belle facture, ainsi que des objets du culte, offerts à la Basilique de La Délivrande.

L'actuelle église est formée d'une nef unique, avec deux bas-cotés formés par l'adjonction de trois chapelles à pans de chaque coté, communiquant par des arcades et abritant sur les murs de chaque coté un Chemin de Croix peint. A gauche, la première est occupée par l'accueil, les autres abritent des autels du XIXe et des ex-votos. dans la deuxième et la troisième chapelles à droite, à partir de l'entrée, des bateaux ex-votos sont posés sur les autels. Au mur à gauche se trouve une plaque de marbre rappellant la consécration de l'église en basilique mineure. Dans les transepts, les autels en pierre sont remarquablement dentelés; celui où l'on adore la Vierge Noire est dans le transept nord. Les murs y sont couverts d'ex-votos. Le choeur à cinq pans est entièrement pourvu de vitraux bleutés qui lui confèrent une ambiance toute particulière. Au-dessous des vitraux, le bas des murs est décoré par des baies gothique en remplage, groupées par trois dans l'abside et continue ailleurs, dans lesquelles est tendu du tissu bleu fleurdelysé, en mémoire du roi Louis XI, pélerin à Douvres.

A gauche et à droite du choeur, dans les boiseries, s'ouvrent deux portes menant sur deux escaliers en colimaçon. Celui de la tour sud monte à la chambre des cloches, domiciliée dans cette tour. Ici nous verrons des photos de la tour nord, qui n'a pas de cloches, ce qui permet d'y accèder à tout moment. L'escalier montant à la tour nord descend aussi dans une crypte à trois nefs, dont la voute presque plate est supportée par de grosses colonnes rondes. A coté de l'autel, un escalier accède au-dehors et passe à coté de la galerie surmontant cet autel. Au fond, dans la chapelle latérale droite, près d'un antiphonaire et d'un dais doré se trouve un groupe sculpté de 2 m 25 de haut, en bois doré et argenté, l'Assomption. Il n'avait pu trouver place dans la sculpture de la nouvelle basilique et avait été mis de coté. En 2000 il fut trouvé très dégradé et restauré par M. Bertrand GHERRAK. En remontant l'escalier, nous ignorerons une sacristie située dans le prolongement de l'étage du bas et un petit local avec des vitres en verres qui abrite désormais la poubelle. L'escalier en colimaçon passe près de la porte qui donne accès à l'orgue de choeur et non loin de l'imposante machinerie de cet orgue.

Au-dessus de cet endroit, l'éléctricité ne marche plus et il faut sans cesse s'appuyer à l'axe en bois de l'escalier pour monter, dans le noir complet. On ne revient à la Lumière que sur le plafond en bois de la chambre des cloches, éclairée de tous cotés par des abat-sons. Sur le sol se trouve le support d'une cloche, entre deux niveaux, mais dont le principal attrait - j'ai nommé la cloche - a été démonté. On monte alors au-dessus, sur un niveau poussièreux éclairé par les parties supérieures trilobées des baies des abat-sons et on prend un escalier de bois installé dans le départ de la fléche pour accèder au niveau suprême, à la hauteur des 4 lucarnes ouvertes au nord, sud, est et ouest de la flèche. D'ici, au pélerin attentionné qui parviendra à déverrouiller les trois verrous de chaque porte en zinc et à sortir sur le tout petit balcon en pierre, s'offriront des vues splendides : à l'ouest, sur la toiture de la nef et la route de Courseulles, mais aussi à droite sur le collège de la Maîtrise Notre-Dame; au nord, sur des champs verdoyants, le Luc et la mer, ainsi que le couvent des Missionnaires à droite; à l'est sur le couvent de la Sainte-Famille à droite, sur celui de la Congrégation de la Vierge Fidèle plus loin et au fond, sur Cresserons et Plumetot; enfin au sud la vue porte jusqu'au clocher de l'église du Vieux-Douvres.

Type d'Edifice: Basilique
Nom de l'Edifice : Notre-Dame de la Délivrande
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme des 2 clochers : de type kreisker
Position du clocher : de part et d'autre du chevet
Clocher en péril : non

Photos (27) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (3) :

façade occidentale
coté sud et clochers
chevet au nord

Intérieur (9) :

vue de la nef vers le choeur
plaque rappelant la consécration de 1895

transept sud
verrière du transept nord

ex-votos du transept nord
autel de la VIERGE NOIRE

vues du choeur

vue depuis le maître-autel vers l'entrée

Crypte (4) :

vue vers l'autel
bas-coté gauche et escalier nord

chapelle latérale droite
groupe sculpté de l'Assomption (XVIIIe)

Clocher nord et accès (8) :

accès au niveau du choeur
escalier en colimaçon
escalier sous la chambre des cloches

ex-chambre des cloches
ancien portant de la cloche

dernier escalier
intérieur de la flèche
porte sud

Vues du clocher (3) :

vue vers l'ouest
vue vers le nord
vue vers l'est

Eglise Saint-Rémi (XIVe-XIXe-XXe), au Vieux-Douvres

Située dans le centre du village près de la Baronnie, cernée de maisons anciennes, l'église Saint Rémi de Douvres apparaît de loin dans un écrin de verdure. Le chœur gothique datant de la fin du XIVème début XVème s'ouvre sur deux collatéraux. Le nord de la nef, partant de la tour fut profondément remanié en 1835, mais le petit portail est primitif. Le sud de la nef avait la même hauteur que le chœur et était un bel ouvrage de pierres, fut détruit presque entièrement, reconstruit en 1832 puis, après un coup de foudre en 1932.

Le clocher comporte une tour et une flèche. La tour à l'origine était bâtie hors de l'église et est constituée de trois étages. La chapelle nord masque en partie la base de la tour. La flèche semble dater du XIIème siècle et est relativement peu élancée, ce qui a permis l'établissement de clochetons d'angle qui sont remarquables. La tour est romane et la flèche gothique. Le premier niveau, en bas, est presque aveugle. Au-dessus, des arcatures en lancettes verticales sont plaquées sur le mur, à raison de 5 par coté. Le niveau de la chambre des cloches est éclairé par deux fenêtres géminées de chaque coté, garnies d'abat-sons. Sur la flèche octogonale, les clochetons d'angles alternent avec les lucarnes dirigées, comme à Douvre, vers les 4 directions cardinales.

Aujourd'hui l'église a une nef du XIXe-XXe, qui ouvre au nord sur la chapelle latérale située sous le clocher et qui abrite l'escalier de la chaire. Le choeur a une voute lambrissée de bois. A gauche et à droite deux chapelles latérales gothiques de même hauteur lui sont accollées : celle de gauche, qui contient aujourd'hui l'orgue était jadis celle de saint-Rémi avec un retable en bois encadrant un tableau peint par Ledien en 1855, représentant le baptême de Clovis par saint Rémi (tableau exposé à Reims à l'occasion de la Commémoration du 15ème Centenaire de cet événement) et une statue de saint Regnobert du XVIIIe qui existe toujours face à l'orgue. Dans la chapelle sud se trouve un retable avec une toile peinte par Sellier en 1884 et représentant le martyr de Saint Laurent. Les trois chapelles du chevet était jadis éclairées par trois grand vitraux placés sur le mur plat : ils ont été obturés, la chapelle du nord restant aveugles et les deux autres seulement éclairées par de petites baies ogivales garnies de vitraux.

En 1846, Arcisse de CAUMONT, dans sa Statitique Monumentale du Calvados, vol. 1, décrit ainsi l'église de Douvres (à l'époque, le bourg de la Délivrande, où se trouve la basilique, était une dépendance du Vieux-Douvres) : la nef de l'église de Douvres appartient à l'architecture romane. Elle offre à l'intérieur, des arcades en plein cintre reposant sur des piliers et mettaient en communication la nef principale avec deux collatéraux; celui du nord a été supprimé et les arcades remplies à une époque [...] inconnue. La pyramdide terminale du clocher a malheureusement perdu les 4 clochetons situés aux coins. (nota : on les a rétabli à la fin du XIXe). La dime était collectée par le chapitre de la cathédrale de Bayeux, qui profitait aussi de la dîme depuis la donation du doyen Herbert de CHARMONT en 1243.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Rémi et saint-Laurent
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : de type kreisker
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (10) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (4) :

façade à l'ouest
coté sud
chevet à l'est
coté nord

Intérieur (6) :

vue de la nef
chapelle sous le clocher

chapelle de l'orgue
choeur
chapelle saint-Laurent

vue vers l'entrée

Photos de JiPR (2) :



Chapelle

Chapelle de l'Ancien prieuré de Tailleville (XVIIe)

La chapelle, dédiée à Saint-Martin date entièrement du XVIIe, sauf son clocher-mur, en haut du toit, qui date du XIIIe et est classé Monument Historique. Elle est orientée d'oues en est et se trouve au nord du village, près de la mairie annexe. La chapelle a servi d'église à l'ancienne commune de Tailleville, fusionnée avec celle de Douvres-la-Délivrande en 1973. Aujourd'hui, elle est aussi dite "chapelle des compagnons d'Emmaüs" car elle est rattachée au château qui appartient à la fondation Abbé Pierre et qui accueille des colonies de vacances.
Il fut un temps où Langrune-sur-Mer, Saint-Aubin et Tailleville, dans les terres (aujourd'hui sur la D35) ne formaient qu'une seule et même paroisse. Le prieuré était la possession de l'abbaye de TROARN par don de Guillaume de COLOMBIERES en 1096 et confirmation de son fils Henry de COLOMBIERES en 1103 mais la dîme profitait aussi aux abbayes d'AUNAY et de BLANCHELANDE. En réalité, le prieuré aurait été fondé par Durand 1er, abbé de Troarn du temps de l'évêque Odon (vers 1060) qui réédifia une ancienne chapelle en la dédiant à Saint-Martin.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : Saint-Martin
Siécle de l'édifice: XIIIe-XVIIe
Forme du clocher : clocher-mur
Position du clocher : sur le toit
Clocher en péril : non


Dernière édition par Admin le Jeu 19 Avr - 23:16 (2012); édité 6 fois
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MessagePosté le: Jeu 13 Aoû - 23:40 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 15 Aoû - 20:19 (2009)    Sujet du message: Douvres-la-Délivrande (14440) Répondre en citant

Couvents

Couvent de la Vierge fidèle (XIXe, Chapelle décorée par Lalique, MH)

La communauté de la Vierge Fidèle a été fondée le 26 février 1831 par Henriette d'OSSEVILLE, à Douvres-la-Délivrande, d'abord en tant qu'orphelinat, puis comme pensionnat de jeunes filles. Le parc est agrémenté de statues et fabriques dont la principale est le temple dédié à Saint-Joseph, construit en 1835, de style néo-grec, dont le modèle s'inspire du temple ionique du trésor des Athéniens à Delphes. Le gymnase possède une intéressante toiture hémi-circulaire à la Philibert de l'Orne.

Commencée en 1866, la construction de la chapelle fut longtemps interrompue : la nef tint lieu de chapelle jusqu'en 1929, séparée du choeur inachevé par un mur. A cette époque, en vu du centenaire de la congrégation en 1931, les religieuss firent achever les travaux par l'entreprise A. FABRE sous la direction de l'architecte caennais M. GUILLEMIN-TARAYRE, à partir du 17 janvier 1929. La constrction de fausses voûtes néo-gothiques en briques creuses enduites de stuco-pierre s'achève en mai. Le mur entre nef et choeur est abattu, les baies à meneaux fermées par du verre cathédrale, faute de moyen pour ériger les vitraux. La société CHAUVIERE de caen érige l'autel en un seul bloc de calcaire de Chauvigny dont les 4 piliers, tous diffèrents, symbolysent les 4 évangélistes. L'autel est placé dans l'axe de l'abside sur un emmarchement en mabre rouge des Flandres. Le choeur est fermé par une dalle de communion des établissements DORE de Caen, en chêne ciré de style Renaissance. La frise des trois sanctus et l'inscription de la date de consécration au revers sont sculptées dans la chapelle même, dans la nuit du 27 au 28 novembre 1929. Au petit jour, à 9 heures du matin, Monseigneur Suhard, évêque de Bayeux et de Lisieux bénit la chapelle et consacre l'autel.

Pour couronner la décoration de la chapelle, les religieuses souhaiteraient un grand crucifix en verre translucide, symbole de la fidélité. Le maître orfèvre parisien BRUNET les oriente vers RENE LALIQUE, orfèvre et verrier à Paris, dont la petite fille est au pensionnat. C'est pourquoi Lalique fait de crucifix a un prix et des délais bien moins exigeants que ce qu'il pratique habituellement. Séduit par la lumière des lieux, il va bien plus loin et imagine un décor entièrement nouveau, en verre, mais sans rien dévoiler de ses projets. Le 2 novembre 1929, Lalique dépose un brevet d'invention pour "un vitrail à armatures métalliques et éléments de verre susceptibles de se prêter à de multiples combinaisons de montage". Il conçoit ainsi des pavés de verre pour une utilisation modulaire. Au Salon d'Automne de 1930, Lalique expose son christ dans un écrin éclatant de lumière, fait de lys au naturel en demi-cristal blanc. Rien ne lui a été suggéré et il lance la fabrication sans même avoir de commande ferme : les modèles en plâtre pour la réalisation des moules sont remis au fabricant Franckhauser au cours de l'été 1930, la croix le 1er août, les panneaux de lys le 8 septembre et la porte du tabernacle le 15 septembre. Tout l'ensemble des verrières, du retable qui surmontait l'autelde la table de communion qui fermait le choeur et des deux colonnes lumineuses qui encadrent l'autel est constitué par 4 types de dalles de 20x17 cm assemblées et superposées : a) des pieds de tige verticale avec trois paires de feuilles; b) des tiges verticales avec quatre paires de feuilles, c)deux fleurs épanouies et deux paires de feuilles et enfin d) deux fleurs épanouies surmontées de quatre boutons.

Ces motifs sont en relief (jusqu'à 4 cm d'épaisseur) sur un fond de 2 cm d'épaisseur. La finition satinée est mate pour les fonds sablés et brillantes pour les motifs (par acide fluorhydrique). L'ensemble achevé comprenait 569 dalle sur près de 24 m². L'ensemble est installé dans la chapelle pour les fêtes de Pâques 1931 et est détaillé dans une circulaire à la congrégation en date du 3 avril : " L'artiste a voulu faire du choeur de notre chapelle un parterre de lys : le premier plan est la table de Communion, vient ensuite un rideau de 1,20 m environ, élevé en arrière de la table d'autel, engagé dans ce rideau se trouve le tabernacle qui occupe près de la moitié de la hauteur du rideau; dominant les lys s'élève un grand crucifix, de 1 m de haut, qui se détache sur la verrière du fond. Celle-ci est également décorée de lys superposés. Tous les ornements floraux sont exécutés en verre blanc etxrêmement pur et en relief; les montures sont en métal chromé, c'est à dire un métal blanc aux reflets d'argent [...] qui se fond particulièrement bien avec le verre; le Christ est en cristal très pur, épais et d'un poids respectable; l'ensemble a quelque chose de très siple, de très virginal[...]". La lampe du sanctuaire s'ajoute après ainsi qu'une nouvelle porte du tabernacle faite en 1933 par Lalique en remplacement de celle de 1930 donnée à un particulier.

La table de communion compte 114 dalles, juxtaposant 38 tiges de lys (motifs a, b, c) dans des montants en métal chromé. Elle faisait 0.70 m de haut sur 8 m 30. Les portes se trouvaient au milieu, entre deux parties fixes. Le retable était composé de 54 dalles en neuf colonnes. Les verrières ont été composées de 180 pavés (154 à motifs et 26 unis), chacune avec sept colonnes juxtaposées et trois lys superposées. Les dalles étaient empilées dans les glissières formées par les montants métalliques, avec des boules en cotons blancs entre elles comme joints d'amortissement. Les deux colonnes lumineuses, de plan carré, disposées de part et d'autre de l'autel, font 1 m 60 de haut pour 20 cm de large en 28 dalles chacune. Le Christ en croix est moulé d'une seule pièce et pèse 60 kg pour 97.5 cm de haut, 57.8 de large et 4.2 cm d'épaisseur. Le tabernacle, en bois, entièrement revêtu de plaques de verre dépoli de faible épaisseur, était situé sur le gradin au centre de l'autel devant le retable. Il avait 0.5 m de hauteur pour une largeur de 0.55 m et une profondeur de 0.40 m. La porte, qui seule subsiste (le reste a été brisé en 1979 par une femme de ménage) mesure 23.5x30cm. La porte originelle, en verre pressé moulé et qui représentait deux colombes accollées posées sur une coupe surmontée d'une gerbe d'épis n'a pas donné satisfaction, à la fois pour l'attitude trop profane des pigeons et parce que le Saint-Esprit, représenté par la colombe, est unique. La nouvelle porte réalisée par Lalique en 1933 a été réutilisée pour le tabernacle en pierre des établissements CHAUVIERE, fait en 1975 et placé au sud du choeur. Il y a aussi 7 chandeliers de 1 m 20 de haut en métal chromé se composant d'une base à cinq degrés, d'un fut et d'une bobèche à deux ressauts tous de forme octogonale. Sur ces chandeliers étaient vissés des cierges en métal chromé, également octogonaux, garnis de cierges en cire dont on en voyait que la flamme, légèrement au-dessus du retable, maintenue à cette hauteur par le système à ressorts des cierges métalliques. Lalique a aussi réalisé un petit crucifix mobile en métal chromé sur pied rectangulaire à deux ressauts, avec un Christ en ivoire; ce crucifix répondait aux exigences préconciliaires, parce qu'il fallait que le Christ et sa croix soient dissociables. Enfin, une lampe de sanctuaire a été réalisée en 1932, se présentant comme une vasque hémisphérique constituée de 6 éléments de verre moulé satiné, maintenus par une monture en métal chromé vissée. Haute de 22 cm et ayant un diamètre de 42 cm, son rebord est une couronne en fort relief formée par les fleurs de lys épanouies de chaque élément (J-L LIBOUREL). Elle était suspendue à 1 m 93 du sol pour ne pas gêner la vue du crucifix et équipée d'un éclairage éléctrique.

Lalique a aussi réalisé en même temps une chapelle funéraire à la Havane en 1931, dont on a perdu la trace et l'église Saint-Matthieu de saint-Hélier à Jersey en 1932 (voir ici : http://members.societe-jersiaise.org/artphoto/glasschurch.html ). Il est aussi l'auteur des verrières de l'église Sainte-Nicaise à Reims (voir ici : http://fr.structurae.de/structures/data/photos.cfm?id=s0034499) et de celles de la chapelle du Foyer de Notre-dame de Fidélité à Paris.

L'oeuvre de Lalique fut classée monument Historique en 1988. Les vitraux déposés entre 1962 et 1990, abîmés par les intempéries, les bombardements de 1944 et les réformes liturgiques furent restaurés jusq'en 2003. les élats furent dépolis et l'ensemble de l'oeuvres est visible aujourd'hui avec ses dalles originelles. Des vitraux d'accompagnement ont été réalisés par le maître-verrier Michel PETIT pour les baies latérales du choeur et de la chapelle latérale. Ils reprennent le rythme des verrières de Lalique (poli, satiné et mat).

Type d'Edifice: Couvent
Nom de l'Edifice : de la Vierge fidèle
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : flèche
Clocher en péril : non

Photos du couvent (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

vue du couvent depuis le clocher de la basilique

cour du cloître
grand bâtiment de l'internat

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : Notre-Dame de la Fidélité
Siécle de l'édifice: XIXe-XXe
Forme du clocher : pavillon octogonal
Position du clocher : à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos de la chapelle (9) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

vue extérieure de la chapelle

vue de la nef (fin XIXe)
reliquaire à droite du choeur
vue intérieure

le choeur de LALIQUE
rétable et Christ en croix
table de communion

oeuvres en verre de Lalique exposées
vitrail de M. PETIT posé en 2003

Couvent des missionnaires de la Délivrande (XIXe)

La congrégation des Missionnaires de la Délivrande, créée en 1862, a répandu le culte de la Vierge Noire de la Délivrande partout dans le monde. Depuis 1851, ND de la Délivrande est la sainte patronne de l'île du Morne Rouge en Martinique; depuis 1888, le sanctuaire national du Sénégal est celui voué à la Vierge Noire de la Délivrande, à Poponguine.

Type d'Edifice: Couvent
Nom de l'Edifice : des Missionnaires de la Délivrande
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : du couvent des Missionnaires de la Délivrande
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : lanternon
Position du clocher : sur le toit à l'ouest
Clocher en péril : non

Photos (4) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

le couvent vu du clocher de la basilique; à droite la chapelle

extérieur de la chapelle
vues intérieures de la chapelle

Couvent des soeurs de la Sainte-Famille (XIXe). Le couvent est aujourd'hui une maison de retraite. La chapelle a été reconstruite après la guerre, ainsi que l'un des bâtiments. L'ancienne sacristie a été réaménagée en petite chapelle chauffée par les soeurs. Sur la rue, l'on voit un clocher en pavillon, mais cette cloche est celle du couvent, et non de la chapelle. Pour la chapelle, une petite structure en fer forgé, hors oeuvre, supporte la cloche.

Type d'Edifice: Couvent
Nom de l'Edifice : des soeurs de la Sainte-Famille
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : pavillon
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : de la Sainte-Famille
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : campanile
Clocher en péril : non

Photos (7) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

vue du couvent de la Sainte-Famille depuis le clocher de la basilique; le C est la chapelle

coté nord de la chapelle
clocher
chevet
vue du couvent

chapelle des soeurs
intérieur de la grande chapelle

Ancienne chapelle

Ancienne chapelle Saint-Symphorien à la Baronnie

Située au cœur de Douvres près de l'église, la baronnie est constituée de deux bâtiments dans un enclos de trois hectares. C'est au XIème siècle que la Baronnie est unie à la manne épiscopale (possession de l'évêque). Il est mentionné dans les histoires que Douvres était le plus beau fief du chapitre. Le fief de Douvres prend le titre de baronnie en 1072 à l'époque de la promotion de Thomas de Douvre, puis devient manoir et maison de campagne de l'évêque de Bayeux. Le portail d'entrée datant du XIVème siècle a été consolidé au XIXème.
Le bâtiment principal est du XIIIème et XIVème siècle et a probablement remplacé un autre édifice à l'intérieur. Il comporte une ancienne cave voûtée, une salle avec une vieille cheminée et un escalier à vis comme on trouve dans le Bessin. Le second bâtiment est orné d'éléments datant du XIIIème siècle. Entre les deux bâtiments on peut voir les restes de la chapelle Saint Symphorien.
Affermée au XVIIIe a des métayers, le domaine fut vendu en 1794 comme bien national. Aujourd'hui, la commune de Douvres en est le propriétaire et organise des visites guidées.

Photo actuelle du domaine :


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A signaler aussi :

===> La Maîtrise (XVIIe) : Gilles Buhot, chapelain du Pèlerinage, entreprit en 1644 de fonder à la Délivrande le premier grand séminaire du diocèse. Le village était pieux, tranquille, il y avait de l'espace pour construire. En outre le chanoine possédait une fortune personnelle assez importante. Il était évident que l'humble maison des chapelains, qui continuait le chevet de la chapelle, ne pouvait suffire. La construction de cet important bâtiment en style Louis XIII commença donc à cette époque. Il en reste aujourd'hui une très belle façade qui sert actuellement de porche d'entrée du collège " Maîtrise Notre-Dame ".

Photos (2) :
façade de la Maîtrise

Le collège vu du clocher de la basilique, au fond à gauche le clocher de Bernières et dans l'axe celui de Langrune :


===> La pharmacie Lesage : La pharmacie (inscrite sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques, le 7 avril 1975) fut construite en 1901, par M. Georges Lesage, sur les plans de l'architecte caennais Rouvray, émule d'Hector Guimard. C'est une maison baroque de trois étages, dans le style composite du début du siècle : lucarnes de style Louis XIII, console de fenêtre Louis XIV, fenêtre romane, tour d'escalier de la façade arrière d'inspiration médiévale, tout cela allié au style contourné propre aux années 1900 dont Hector Guimard fut chef de file. Les ferronneries en particulier ainsi que la forme des fenêtres sont très représentatives de cet esprit. Le portail d'entrée est l'élément le plus pittoresque de cette construction, avec sa grille florale, sa vitrine dont le cintre est en forme de pétale, sa porte démesurément haute et étroite. Malheureusement, tous les vitraux de la façade ont disparu et ont été remplacés par des vitres ordinaires. A l'intérieur, subsistent la galerie supérieure avec balustrade en fer forgé, la cheminée de bois, le comptoir et le carrelage orné de motifs floraux et végétaux.

Photo (1) :


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:50 (2017)    Sujet du message: Douvres-la-Délivrande (14440)

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