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Caen (14000)

 
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MessagePosté le: Mar 4 Aoû - 16:55 (2009)    Sujet du message: Caen (14000) Répondre en citant

Caen est la ville principale et le chef-lieu du Calvados. Il n'y a pas de cathédrale, le diocèse porte le nom de Bayeux-Lisieux.

Eglises

Eglise Saint-Pierre, place saint-Pierre (endommagée en 1944)

Une église primitive s'élevait à l'emplacement de Saint-Pierre depuis très longtemps. Au Moyen-Age, l'église est nommée Saint-Pierre de Darnétal, nom d'origine germanique témoignant du peuplement par les saxons au IIIe ou au IVe. Plus tard, au VIIe, la tradition veut que saint Regnobert, évêque de Bayeux, ait créé 4 paroisse sur le site de la future ville de Caen : St Pierre, St Jean, Notre-Dame de Froide-rue et St Sauveur du Marché, surnommées au Moyen-Age St Pierre-le-Poissonnier, St Jean le Noble, Notre-Dame le Boucher et St Sauveur-l'Executeur. La paroisse St pierre ne comptait pas moins de 15 000 âmes aux XIVe et XVe et était divisé en plusieurs quartiers : St Pierre en Ile, St Pierre en Rive, St Pierre-en-Chatel et St Pierre du Valgueux (actuel Vaugueux). Une confrérie Notre-Dame des Changeurs s'y établit en 1338. Le clergé comprenait un curé, deux vicaires et douze chapelains "instruits dès leur plus jeune âge pour chanter aux services des dimanches et fêtes". Comme St Pierre était l'église principale de la ville, c'est là que paroisse et communautés de métiers se réunissaient pour les processions, réglées par ordonnances de 1509 à la Révolution. Depuis peu, St Pierre n'est plus une église proissiale mais un lieu d'accueil et de prière, emblème de la ville et du diocèse. Il n'y a pas de cathédrale à Caen, mais dans le coeur de beaucoup de Caennais, St Pierre est digne de l'être.

L'église de l'an Mil, à la charnière du pré-roman et du roman (fin Xe-début XIe) avait la même orientation que l'église actuelle (nord-ouest - sud-est) et comportait, comme celle-ci, de grandes arcades, un triforium (galerie courant au-dessus de la nef) et des fenêtres hautes. La nef avait sans doute la même largeur, car les fondations de la façade du XIIe ont été conservées en place par les constructeurs de la façade actuelle. Elles ont pu être observées lorsque les boutiques adossées à cette façade ont été détruites en 1860. L'édifice actuel fut construit entre le XIIIe et le XVIe siècle, dans toutes les nuances du gothique. Les travaux commencèrent par la travée sous le clocher, puis continuèrent par le chantier du choeur et du chevet plat construit au bord de l'Odon qui coulait alors au bord de l'église. La transformation fut entreprise simultanément par l'est et l'ouest. On éleva donc à la limite des deux chantiers un épais mur formant cloison afin que le choeur et le début de la nef, finis dès la fin du XIIIe, purent être livrés au culte sans interfèrer avec le chantier du restant de la nef. Lorsque celle-ci fut enfin finie et que le mur-cloison fut démoli, on constata que l'axe de la partie orientale n'était pas dans le prolongement de celui des 5 travées occidentales de la nef. On combla alors l'intervalle béant entre les deux chantiers, large de 0.80 m, par des dalles de pierre sur lesquelles un décor en caissons fut sculpté au XVIe.

En 1562, les Huguenots détruisirent le jubé, les statues et vitraux, le mobilier liturgique, dont les orgues. Tout cela sera plus ou moins rétabli avant la fin du XVIe. En 1636, une clef de voute tomba sur le crucifix et tua une jeune fille assistant à l'office. En 1740 fut vendue la tapisserie d'Aubusson réalisée en 1614 et qui contenait en 28 pièces la vie de "Monsieur Saint Pierre et Monsieur Saint Pol". Elle revêtait les piliers de l'église les jours de grande solennité. Le 13 mars 1791, les élécteurs y sont convoqués pour élire le premier évêque constitutionnel du Calvados, qui est le curé de Saint-Pierre Charles-René Gervais de la Prise, par 314 suffrages sur 411 votants, mais il déclina cet honneur peu après. En 1793, l'église devient Temple de la Raison, mais est rendue au culte à partir de 1802. De 1864 à 1871, les voûtes des chapelles et de la galerie de l'abside (déambulatoire) sont restaurées par l'architecte AUVRAY, le sculpteur CAUVIN et l'abbé HUGOT. En 1884 des paroissiens divisés lors d'une mission annuelle brisèrent les chaises et les bancs. En 1944, un obus de 420 mm tiré du cuirassé Rodney abat le clocher qui culminait à 72 m. En juillet 44 l'habitat urbain entre St Pierre et la place de la République est rayé de la carte. Le vitrail de l'Apocalypse rend mémoire à la mort sous les bombardements du chanoine RUEL et de son vicaire l'abbé POIRIER. En 1957, les travaux de réfection de la flèche et des voutes sont enfin terminés.

Tableau de William Fowler (1841) représentant le chevet de l'église Saint-Pierre, l'Odon et des fortifications, Musée des Beaux-Arts de Caen :


Admirons d'abord l'extérieur de l'église (XVe). L'étage bas est largement évidé par les baies qui éclairent les chapelles des bas-cotés comprises entre les culées des arcs-boutants. Cet étage est surmonté d'une galerie avec une balustrade ajourée. A l'étage supérieur, on voit les grandes fenêtres qui éclairent la nefpuis au-dessus à nouveau une balustrade ajoutée. On retrouve ce dispositif de style flamboyant dans les fenêtres du chevet. Au contraire, l'élévation extérieure des chapelles rayonnantes offre toutes les caractéristiques du style de la Renaissance italienne. L'actuelle sacristie est le rez-de-chaussée de l'ancien presbytère. Au chevet de l'église se dresse un pan de mur fortifié et une fondation de tour d'époque Renaissance. C'est là que se dressait le Châtelet qui abritait l'Hôtel de Ville.
En 1308, Nicolle l'Anglois, trésorier de la paroisse, permet par ses libéralités la construction de la tour, à droite de la façade. Cette tour, bientôt surmontée d'une flèche gothique, culmine à 75 m de hauteur et est la jumelle de celle de Notre-Dame de Froide-Rue. L'étage bas de la tour clocher, presque aveugle, date du XIIIe, de même que le porche latéral qui y donne accès et qui constitue aujourd'hui l'entrée de l'église. Couvert d'une voûte sur croisée d'ogives, il a été profondément restauré au XVIIe et c'est là que les criminels devaient se repentir de leurs crimes avant d'être exécutés place St sauveur. La tour carrée, aveugle presque à la base, comporte un nombre croissant d'ouvertures à mesure que l'on s'élève : longues baies jumelles encadrées de deux arcatures aveugles, longues colonnes amortissant les angles... cette verticalité et l'évidément progressif renforcent la stabilité de la tour. L'élan se prolonge par la flèche octogonale, percée de 48 grades étoiles pour offrir moins de résistance au vent. Il n'y a pas de rupture entre le carré et l'octogone, 8 clochetons d'angle. Cette pyramide octogonale, plusieurs fois reconstruite mais toujours à l'identique, s'inscrit dans la tradition normando-bretonne de clochers monumentaux (voir chapelle Notre-Dame du Kreisker en Bretagne).

Quand on entre dans l'église, après le porche latéral sous le clocher, on débouche dans la nef. Réservée aux fidèles, elle est constituée de 11 travées rectangulaire et manifeste bien la double origine de construction : les cinq premières travées sont simpplement recouvertes par des croisées d'ogives à clefs plates qui datent du début du XVe. Elles ont deux étages, des grandes arcades et des fenêtres hautes sous lesquelles court un triforium. Pour les 6 travées suivantes, elles sont agrémentées d'une clef de voute pendante et finement ouvragée, la plus étonnante d'entre elles se trouvant au-dessus du maître-autel et pseant 3 tonnes pour 3 mètres de hauteur. Elle supporte une statue de Saint-Pierre dont on peut admirer l'original dans le bas-coté droit. D'autres clef de voutes sont remarquables en Normandie, notamment à caudebec-en-Caux (Seine-Maritime), ancienne capitale du baillage de Caux, où la clef de voute pendante de la chapelle absidiale atteint 4 m 50 de haut. Dans la nef se trouvèrent jadis 6 tribunes réservées à l'Université, au Bailliage, à l'Election, au Bureau des Finances, aux Juges Consuls et à l'Hôtel de Ville encombrèrent longtemps cette nef. La première fut détruite en 1706 et les autres furent démolies dans la nuit du 19 juin 1780 par les trésoriers de l'Eglise St Pierre. Le choeur du XIIIe constitue le lieu privilégié de la liturgie. Il a aussi deux étages, des fenêtres hautes sous lesquelles court un triforium. L'orgue actuel du choeur est un Cavaillé-Coll qui a remplacé l'instrument construit par les Lefèvre de Caen. Aux XVe et XVIe, la balustrade du choeur fut remplacée par une autre de style flamboyant.

Le chevet plat du XIIIe et son grand vitrail étaient encore en place lorsque, le 16 mars 1520, une tornade détruisit le grand vitrail dont les morceaux tombèrent dans l'Odon. C'est alors que l'on commença la construction des chapelles rayonnantes du déambulatoire, sur une emprise faite sur la rivière en vertu des lettres patentes données à la délivrande par Louis XI. Le décor de sparties basses de plusieurs d'entre elles, jusqu'à 2 m 60, est gothique, le reste étant emprunté à la Renaissance italienne. L'ensemble, comme l'église toute entière et une grande partie des monuments de caen, est réalisé en Pierre de Caen, ou Calcaire du bathonien inférieur. Le travail fut achevé en 1545. Le sanctuaire, autrefois réservé aux célébrants, présente un autel polychrome du XVIIIe, dû à Largillière, artiste caennais, surmonté d'un tabernacle récemment rénové. Avec se deux anges décorateurs en bois doré, il est proche de l'autel Saint-Etienne de caen et s'inscrit dans le style Louis XVI, refusant délibérément toute extravagance et se souciant constamment de rester sobre. Autour du sanctuaire fut aménagé un déambulatoire sur lequel s'ouvrent des chapelles rayonnantes dédiées à la Mère de Dieu (chapelle axiale) et aux saints, souvent en relation avec une Confrérie. Au début, on trouve en effet, à gauche, la chapelle des Morts, avec des fémurs, bêches, cercueils et vases funéraires sculptés dans le rétable, puis la chapelle du Saint-sacrement, celle de la Mère de Dieu, celle de st Joseph et enfin celle de St Antoine, ajoutée au XIXe. Les quatre grosses piles séparant le sanctuaire du déambulatoire ont été retaillées vers 1780, pourvues de chapiteaux à feuilles d'acanthes. Entre les grandes arcades et les fenêtres hautes, le mur disparaît dans une décoration exubérante aussi présente sur les voûtes des chapelles, montées entre 1535 et 1550. celles-ci sont l'oeuvre d'un maître-maçon caennais, Hervé SOHIER, qui était paroissien de saint-Pierre, et de Jean MASSELIN.

Dans les bas-cotés, les chapelles latérales peu profondes furent ménagées dès la construction. Au XVe, les bas-cotés furent élargis d'1 mètre, les voutes des chapelles latérales surélevées et agrandies vers l'extérieur. Celle qui conduit à la sacristie, au nord du chevet, aurait été édifiée au XVIe par les soins et aux frais d'Etienne de Mondrainville dont on reconnait l'écusson deux fois répété. L'encadrement de la belle porte de la sacristie, en bois, montre bien le passage du style flamboyant au style Renaissance : le pilier de droite est gothique flamboyant alors que celui de gauche, torique, surmonté d'un chapiteau recherché, est de style Renaissance, tout comme le tympan rectangulaire figurant les amours du dieu Pan. Quant à la porte en bois, tout comme les stalles du choeur, elle vient de l'Abbaye d'Ardennes créée en 1121 par Youf du marché, seul assz riche parmi les bourgeois normands pour fonder et doter une abbaye. les huit motifs sculptés se lisent de bas en haut : Conversion, Baptême, épiscopat et théologie trinitaire de Saint-Augustin à droite; Conversion, prise de l'habit religieux, acceptation de la règle augustinienne et Vision de Marie pour St Norbert, fondateur de l'Ordre des Prémontrés auquel Ardennes se rattache en 1144. Cette porte exceptionnelle fut retrouvée au XIXe, servant de marchepied à l'un des autels de l'église. La chaire, dans le style du XVe, est ornée d'une profusion de statues réalisées par un artisan rennais, M. HERAULT. Les trois panneaux de devant représentent 3 événements clés de la vie de Saint-Pierre : le pouvoir des clés du Royaume de Dieu, le concile de Jérusalem, la Crucifixion. A noter que le 3e pilier de la nef, coté nord (XIVe) est formé d'une grosse pile cylinfrique flanquée de deux colonnes et deux faisceaux de colonettes. Les chapiteaux des deux colonnes sont sculptés de divers sujets. Trois sont empruntés au bestiaire divin, allégories du Christ : le Phénix renaissant de ses cendres (Résurrection), le Pélican nourrissant ses petits de son sang (Eucharistie, symbole de l'Eglise), la Licorne (symbole de l'Immaculée Conception et de la Passion) poursuivie par un chasseur et se réfugiant près d'une jeune fille. Deux autres motifs décrivent les épreuves des Chevaliers de la Table Ronde : Lancelot du lac traverse une rivière sur un pont constitué par une gigantesque épée, pour l'amour de Guenièvre qui l'attend dans la tour du palais de Méléagant, gardée par un lion; Gauvain qui dans le "lit périlleux" à roulettes et à 6 cloches se protége avec son bouclier des flèches tirées contre lui. Deux autres scènes représentent La mésaventure du poète Virgile, suspendu dans un panier et L'humiliation du philosophe Aristote, marchant à quatre pattes et portant sur son dos Campasque jusqu'au palais d'Alexandre. ces scènes étaient célèbres au Moyen-Age par les lais et récits populaires dont elles faisaient l'objet.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Pierre
Siécle de l'édifice: XIIIe-XIVe-XVe-XVIe-XIXe
Forme du clocher : clocher-porche de type kreisker
Position du clocher : latéral
Clocher en péril : non

Photos (4) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (5) :

l'église vue depuis le château

façade
côté nord
côté sud

Photos de l'intérieur Arrow http://lfdcnormandie.canalblog.com/albums/caen___eglise_saint_pierre/index.…


Eglise Saint-Jean, place St Ouen (endommagée en 1944)

Le premier lieu de culte, dédié à l'apôtre Jean, aurait été fondé au VIIe siècle sur le chemin haussé, voie romaine traversant les marais de la basse vallée de l'Orne ; cet axe reliant Augustodurum (Bayeux) à Noviomagus (Lisieux) est devenu par la suite la rue Exmoisine, actuelle rue Saint-Jean. En 1954-1956, des sarcophages monolithes en pierre de Caen ont été découverts lors de travaux dans l'église. Ils témoignent de l'existence probable d'une petite nécropole le long de la voie romaine et d'un oratoire fondé à proximité. De ce sanctuaire pré-roman, il n'existe plus rien. L'église est mentionnée pour la première fois en 1059 dans la charte de fondation de l'abbaye Saint-Martin de Troarn. À partir de cette date, on l'a retrouve dans les textes sous différents noms : Saint-Jean-des-Champs, Saint-Jean-de-l'Isle, Saint-Jean-le-Hiémois, ce dernier nom venant de l'archidiaconé du même nom, dont la capitale était Exmes, dans l'Orne et qui s'étendait jusqu'à Vaucelles et Troarn.
En 1153, Philippe de Harcourt, évêque de Bayeux, érige l'église en prébende de la cathédrale Notre-Dame de Bayeux. Cette fondation est confirmée par deux bulles pontificales d'Eugène III. Comme pour l'édifice qu'elle a remplacé, il existe peu de traces de l'église romane. Une base ancienne arasée découverte lors de travaux de consolidation de la base de la tour centrale pendant la Reconstruction à un mètre à l'ouest de la pile sud-est actuelle en serait peut-être l'ultime témoignage.

Très endommagée pendant la guerre de Cent ans surtout en 1417, l'église est reconstruite au XVe (portail, tour-porche et nef) et XVIe siècles (abside et chœur). Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, l'église était encore entourée par son cimetière. L'édit de 1783 ordonne le transfert des cimetières caennais hors-les-murs ; le nouveau cimetière Saint-Jean est aménagé dans une carrière remblayée de Vaucelles. Pendant la Révolution française, l'église sert de salpêtrière, puis elle est rendue au culte catholique en 1802. Après la bataille de Caen en 1944, l'église est l'un des rares édifices n'ayant pas été complètement détruit dans le quartier Saint-Jean et s'élève seule au milieu des ruines. Restaurée après la guerre, Saint-Jean est aujourd'hui l'une des églises de la paroisse de la Sainte-Trinité de Caen.

Cette église est la Tour de Pise de Caen ; il est en effet difficile de ne pas voir son air penché. La tour-porche s'incline en effet au nord-ouest (2,28m sur 46 m de hauteur) car l'église a été construite sur un sol marécageux. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle n'est pas terminée. L'élévation de la tour-porche, haute de 46 mètres, est assez proche de celle de l'église Saint-Pierre. La base, construite au XIVe siècle, est composée de murs aveugles scandés par une série d'arcatures en tiers-point. L'accès à l'église se fait depuis la rue Saint-Jean par un petit porche en saillie sur la façade ; au-dessus la façade est percée par une grande baie en ogive. Chaque façade de la partie supérieure, édifiée au XVe siècle, est composée de deux arcades en ogive, hautes et étroites, flanquées de deux arcatures sur mur aveugle ; ces baies sont ouvertes pour permettre à la sonnerie des cloches de mieux se diffuser. Au sommet de la tour, des niches abritent des statues des douze apôtres. La tour est coiffée par un simple toit en ardoise de faible hauteur entouré d'une balustrade en pierre ; il semble que l'église aurait dû être coiffée d'une flèche comme à Saint-Pierre, mais l'instabilité de l'ouvrage en a empêché la construction. Une autre caractéristique différencie la tour de Saint-Jean de la tour de l'église Saint-Pierre : elle se trouve dans l'axe de la nef et non pas sur le côté. Une tour-lanterne a été élevée au XVIe siècle au dessus du transept. À partir d'une base carrée, une tour octogonale devait être érigée, mais les travaux ont dû cesser après 1593 du fait de l'instabilité du terrain. Les arcades n'ont donc jamais été terminées et le niveau inférieur de la tour a été couvert par un simple toit en ardoise. Chaque angle est ponctué par un pinacle de style Renaissance.

En 1562 les protestants la dévastèrent avec l'église St Pierre et le couvent des Carmes. En 1563, l'amiral de Coligny, ayant envahi la ville avec son armée, fit célébrer la Cène et faire le prêche par Théodore de Bèze dans l'église à peine réparée. En 1944 l'église subit des vagues de terribles bombardements et resta seule debout parmi les ruines de tout un quartier. Les voûtes étaient en partie effondrées, la chapelle du transept nord écrasée, celle des fonts baptismaux coté sud et celle du transept sud fortement disloquées, la tour de façade béante et ouverte de tous cotés après l'incendie des grandes orgues et du beffroi. Toutes les fenêtres étaient brisées, mais cet édifice ébranlé de toutes parts fut sauvé grâce à la ténacité des architectes qui n'hésitèrent pas à couler du béton sous les fondations pour étayer la tour penchante. En 1954, la nef était rendue au culte; en 1959, le transept et enfin le choeur en 1964.

Des statues, du mobilier liturgique et des toiles ont été entreposés dans l'église. En 1812, l'ancien maître-autel de l'abbaye d'Ardenne, réalisé au XVIIIe siècle, a été installé à Saint-Jean. Il a été détruit à la fin du XIXe siècle, mais deux statues en bois polychrome représentant saint Norbert et saint Augustin ont été conservées et ont été classées monument historique au titre d'objet le 21 décembre 1908. D'autres statues ont été installées dans différentes parties de l'église : une statue de la Vierge du XVIIe siècle, également en bois peint, provenant de la porte Millet et baptisée Notre-Dame-de-Protection ; une statue de saint Jean-Baptiste en bois à l'origine polychrome ; une statue de Jean Soreth ; une statue baptisée le christ crucifié dans la souffrance de la cité, vestige calciné d'un christ en bois retrouvé dans les décombres de l'église après la bataille de Caen. Une crédence du XVIIIe siècle en bois taillé et doré a été classée le 18 février 1977. Après la Révolution, l'ancien maître-autel de Notre-Dame du Carme a été remonté dans le transept sud. Cette œuvre du XVIIe siècle, endommagée en 1944, a été classée au titre d'objet le 2 décembre 1975. Des statues sont posées de chaque côté de l'élévation du retable : à gauche, saint Joseph et à droite sainte Thérèse d'Ávila. Au centre, on trouve une statue de taille plus réduite représentant sainte Catherine. Le centre du retable est orné par une toile représentant l'Annonciation. Cette toile ne semble pas avoir été conçu pour ce retable. Alors que l'ensemble date de la fin du XVIIe siècle, il semble que le tableau soit antérieur à 1620.

D'autres tableaux ont été déposés dans l'église : l'Ecce Homo de Pieter Thys, restauré de mars à juin 2000 et classé le 7 février 2001 et l'Adoration des mages d'après un original de Jean Restout, classé le 8 juillet 1980. L’orgue Haepfer Hermann de l’église St Jean de Caen a été installé en 1969. Son prédécesseur au superbe buffet classique construit en 1770[8] a été détruit pendant la Seconde guerre mondiale. Le grand orgue actuel d’esthétique néoclassique se situe dans le transept Nord, la tribune n'ayant jamais été reconstruite. Il est à commande mécanique et peut donc servir la majorité du répertoire d’orgue de la musique ancienne aux musiques actuelles. Par ailleurs 3 cloches ont été refondues après 1944 et attendent d'être réinstallées dans le beffroi du clocher-porche; ces cloches sont entreposées dans l'élise Saint-Sauveur (Notre-Dame de Froide-Rue).

L'église adopte une forme en croix latine inversée : elle a quatre travées pour le choeur et trois pour la nef. Ces travées sont formée de deux arcades superposées et se terminent en ogive. Entre les deux arcades court une balustrade, de style flamboyant, décorée de rinceaux à la base et au sommet d'une double guirlande de feuillages. Sous la tour centrale, on peut admirer les dentelles de pierres sculptées à la Renaissance. Le manque d'élévation intérieure surprend, mais en fait le sol a été surelevé de plus d'un mètre au cours des siècles. Tout autour de l'église il y a des chapelles vides qui jadis étaient fieffées à des familles ou des confréries. Dans la chapelle St Honoré on distingue encore les traces de la confrérie des boulangers : des pains, des patés et des instruments de la profession sont sculptés et étaient jadis peints. L'église abrite la statue de Notre-Dame de Protection (XVIIe), jadis posée sur la Porte Millet par saint Jean-Eudes pour faire cesser la peste, en 1639. Elle a été transférée dans la chapelle de la Visitation en 1944 puis rapportée à Saint-Jean en 1954. Dans la chapelle des fonts se trouve le Christ St Jean, brûlé jusqu'au coeur en 1944 et retrouvé sous les décombres de cette chapelle. Il demeure le symbole de la souffrance (plus de 5000 morts à Caen entre le 5 juin et le 19 juillet 1944 mais aussi le symbole de l'amour du Sauveur, dont la Vie jaillit du coeur. Le chemin de croix fut peint en 1820 par le peintre caennais NOURY. les vitraux du transept sont de Max INGRAND, ceux du choeur, qui reprennent le motif du bâteau, de Danièle Perré.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Jean
Siécle de l'édifice: VIIe-XIIe-XVe-XVIe-XXe
Forme des 2 clochers : clocher-porche à pavillon et lanterne inachevée
Position des 2 clochers : clocher porche et à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos (4) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (5) :

clocher-porche
côté sud
chevet
côté nord
tour inachevée

Photos de l'intérieur Arrow http://lfdcnormandie.canalblog.com/albums/caen___eglise_saint_jean/index.ht…


Eglise Saint-Sauveur, ou Notre-Dame de Froide-Rue, place Pierre Bouchard

Selon la tradition populaire, l'église Notre-Dame de Froide-Rue aurait été fondée au VIIe siècle par saint Regnobert ; tous les ans, on célébrait la fête de l'ancien évêque de Bayeux comme étant le fondateur de la paroisse. De l'édifice roman primitif, il ne reste aucune trace. Il en va de même pour l'édifice roman construit au XIIe siècle. L'église dans sa configuration actuelle a été composée en trois étapes. Le clocher et la nef la plus à l'est, dédiée à Saint-Eustache, ont été érigés au XIVe siècle. Dans la troisième chapelle de cette nef, on aperçoit difficilement les restes d'une fresque du XVIe, très abîmée, qui repésente saint Ambroise et saint-Augustin. Après la sacristie, la chapelle est consacrée à la Sainte-Vierge. Dans la 6e travée existent encore les restes d'un petit monument funéraire avec une tête de mort sculptée sur le fronton.

Au XVe siècle, l'édifice a été transformé en église-halle par l'adjonction d'une deuxième nef prolongée par une abside à trois pans ouverts par des baies en arc brisé ; un grand arc en ogive de 16 mètres de portée a alors été percé et la base de la tour a été remaniée pour l'intégrer à l'intérieur de l'édifice. Le portail ouvrant sur la rue Froide et la porte en bois ciselé qui le clôt datent également de cette époque. Probablement ébranlée par la construction de la grande arche séparant les nefs, l'abside de la nef Saint-Eustache fut reconstruite au XVIe siècle ; les soubassements et les ouvertures en plein cintre témoignent de cette rénovation dans un style Renaissance, terminée en 1546. On l'attribue à SOHIER, le même artisan qui a créé les voûtes exubérantes des chapelles rayonnantes de l'église Saint-Pierre. Les 3 hautes fenêtres en plein cintre sont décorées de vitraux représentant la Vie de la Vierge. Elles sont entourées par les statues des 4 anges. Aujourd'hui, la superficie au sol de l'église est de 875 m² (presbytère compris). Dans la nef occidentale se trouve le tabernacle, placé en 1875. Sous les trois hautes fenêtres gothiques se trouvent trois petites fenêtres finement ciselées. Les vitraux se rapportent à la vie du Christ et sont entourés par les statues des 4 évangélistes. Le grand crucifix, autrefois polychrome, viendrait du Couvent des Carmes.

Sous le clocher, un groupe sculpté attribué à BRODON représente l'Education de la Vierge par sainte Anne. Les trois cloches refondues, à droite en entrant, attendent d'être remises en place à l'église Saint-Jean. Il ne reste que 3 tableaux dans l'église : une Pentecôte devant la sacristie, une Transfiguration sous le clocher et une Fuite en Egypte au-dessus des fonts baptismaux, placés devant l'arc séparant les deux nefs. La tribune, unique pour les deux nefs, a sans doute été reconstruite après 1944.

Lors de son passage dans la ville, Saint-Ouen aurait déposé à Notre-Dame les reliques de Saint Marcouf ; des inscriptions gravées dans une chapelle rappelleraient cet évènement. En 1153, l'église fut érigée en prébende de la cathédrale de Bayeux par l'évêque Philippe d'Harcourt ; le chanoine de Notre-Dame bénéficiait ainsi du patronage, de la collation et du déport de cette église. En août 1323, Philippe VI autorisa les paroissiens à se doter d'un lieu de sépulture propre, les corps des paroissiens étant jusqu'alors inhumés dans les cimetières des autres paroisses. Des maisons à proximité de l'église furent achetées et on aménagea à leur place un cimetière qui fut agrandi en 1393. Jusqu'à la Révolution, l'eau bénite était consacrée une fois par an dans les fonts baptismaux pendant la fête de l'Épiphanie ; cet usage, courant dans plusieurs églises orientales, avait pourtant été banni du culte catholique lors du concile de Rouen de 1072. Le 30 décembre 1775, un séisme frappe la ville de Caen. Des pierres tombent de l'église Notre-Dame et blessent deux personnes.

Supprimé lors de la Révolution, le culte a été rétabli en 1802 ; les paroisses Saint-Sauveur et Notre-Dame furent alors fusionnées au profit de cette dernière et l'église changea de nom pour devenir l'église Saint-Sauveur. La totalité du bâtiment est classée monument historique depuis 1840. L'église était autrefois entourée de maison sur deux côtés. Seule les façades sur la rue Froide et la rue Saint-Pierre étaient visibles. Pendant la bataille de Caen en 1944, les maisons cachant la nef Saint-Eustache furent détruites pendant les bombardements ; lors de la Reconstruction de Caen, on décida de laisser intacte la perspective sur l'édifice en créant la place Pierre-Bouchard.

Du côté de la rue Froide, où est érigé le clocher, un escalier intrigue les archéologues. Sa destination reste encore un mystère. Selon Henri Prentout, il ne donne accès ni à une tribune dédiée à de riches paroissiaux, ni à un oratoire privé pour les prêtres, ni à une chaire extérieure. Selon lui, il s'agit d'une monstrance qui servait à montrer des reliques surnommées « le Verdun », du nom de leur donateur. Mais cet usage n'a jamais été véritablement prouvé.

A coté de l'église se trouve, sur la place Bouchard, la Cour des Imprimeurs, dont les maisons ont été construites dans les premières années du XVIe pour le libraire Jean Macé. Elles ont abrité pendant des siècles l'une des plus grosses imprimeries de la ville. Encadrées d'un larmier pour les protéger de la pluie, les fenêtres à meneaux de la façade restaurée ont conservé leur ornementation gothique. Dans une profonde mouluration s'entremêlent feuilles de vignes et feuilles de choux frisé sous le vif regard d'une chauve-souris.

Cour des Imprimeurs

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Sauveur ou Notre-Dame de Froide Rue
Siécle de l'édifice: XIVe-XVe
Forme du clocher : flèche de type kreisker
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (14) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (4) :

les deux absides rue St Pierre
coté est place Pierre Bouchard
le clocher

le porche rue Froide

Intérieur (10) :

la nef orientale
les fonts baptismaux
la nef occidentale

les trois cloches pour le beffroi de St Jean

groupe sculpté au pied de l'arc entre les deux nefs (Vierge à l'Enfant?)

vue des chevets des deux nefs
vue de l'église depuis l'autel de la nef de l'est

accès à la sacristie

Eglise Saint-Michel, à Vaucelles, rue de l'église de Vaucelles

Le site de Vaucelles semble avoir été fréquenté depuis l'époque gallo-romaine. L'analyse de pierres utilisées pour la construction d'Aregenua montre que les carrières de Vaucelles étaient déjà utilisées à cette époque[1]. Toutefois, les traces d'occupations permanentes du site ne remontent qu'au VIIe-VIIIe siècles. Des fouilles effectuées dans les rues Eugénie et Victor Lépine ont permis de mettre à jour des sarcophages en pierre et des sépultures creusées à même la roche datant de cette époque.

Le site de Vaucelles bénéficie d'une position avantageuse. Au pied d'une butte appelée « Mont-Aigu » (rue de Montaigu), une petite vallée (vallis cella, déformé en Vaucellis, Vaucheulles ou Waucelles[2], puis Vaucelles[3]) relie la plaine de Caen à la vallée inondable de l'Orne, fleuve franchissable grâce à un gué, remplacé par un pont mentionné dès le IXe-Xe siècles[3]. Les marais sont progressivement asséchées et la ville de Caen de Caen se développe à partir du milieu du Xe siècle[4]. C'est également à cette époque que la paroisse de Vaucelles a probablement été fondée ; la première église dédiée à saint Michel est alors construite au sommet de la butte.

À partir du XIe-XIIe siècles, Vaucelles prend son essor en tant que faubourg de Caen. C'est la porte d'entrée méridionale de la cité fortifiée. Outre l'église mentionnée pour la première fois au XIe siècle, on trouvait à Vaucelles un système défensive (rue de la motte), des moulins appartenant à l'abbaye aux Hommes, des puits (rue du puits de Jacob) et un four à ban (qui se trouvait au n°5 rue du four). En effet le faubourg se trouvait à un croisement privilégié où les routes de Paris à Cherbourg (rue d'Auge), de Tours (rue de Falaise) et d'Angers (rue Branville) se rejoignaient au carrefour de la Croix de Vaucelles avant d'entrer dans la ville par le Pont Frileux (aujourd'hui Pont de Vaucelles) protégé par l'unique porte sud de la ville, la Porte Millet. Au XIIIe et XIVe siècles, des barrières d'octroi sont implantées rue d'Auge et rue de Vaucelles. Par la suite, les limites de l'octroi seront repouussées en suivant l'extension de Caen pour s'arrêter au milieu du XIXe sur la route de Louvigny (D212b), près de l'Odon. Une borne d'1 m 35 de haut, marquée LIMITE DE L'OCTROI y existe toujours sur le coté droit de la route (en allant vers Louvigny).

Jusqu'à la Révolution, Saint-Michel était le chef-lieu du doyenné de Vaucelles, circonscription de l'archidiaconé d'Exmes[8]. Ce doyenné était compris entre ceux de Troarn et du Cinglais ; il était limité, au nord et à l'ouest, par l'Orne et, à l'est, par la Dives[2]. En 1718, la paroisse de Sainte-Paix, anciennement sur la commune de Mondeville, est intégrée à Caen ; toutefois, cette paroisse est restée dépendante du doyenné de Troarn. Le quartier comptait de nombreuses carrières, plus ou moins à ciel ouvert, et des moulins le long de l'Orne. Après la Révolution, le quartier s'urbanise peu à peu : d'abord le nord, avec le transfert du cimetière de l'église Saint-Jean dans une ancienne carrière (Monument Historique), puis à l'est (la gare est inaugurée par Napoléon III), et enfin au sud, par divers lotissements créés dans les années 1910. Du fait de la proximité de la gare et des nombreuses usines du secteur, Vaucelles est le siège du PCF dont la permanence est presque face à l'église, passé le coin de la haute rue Montaigu.

La date de la fondation de l'église est incertaine. La dédicace semble toutefois orienter les recherches vers l'époque carolingienne, le culte de saint Michel s'étant développé en Normandie à partir du VIIIe-IXe siècle. La fondation de Saint-Michel de Vaucelles ferait donc partie du mouvement d'essor des paroisses urbaines de Caen caractéristique de la deuxième partie du Xe siècle et de la première partie du XIe siècle. Quoi qu'il en soit, l'église existait avant l'arrivée de Guillaume le Conquérant à Caen puisque ce dernier offre en 1082 le patronage et les revenus de la dîme de la paroisse à l'abbaye aux Hommes.

De l'éventuelle église pré-romane, il ne reste aucune trace. La partie la plus ancienne de l'édifice actuelle est le clocher roman qui date probablement du règne de Henri Ier Beauclerc (premiers tiers du XIIe siècle), époque où sont reconstruits la plupart des édifices religieux de Caen. L'église a ensuite été reconstruite plusieurs fois. Au XIVe siècle, le clocher a été coiffé d'une flèche pyramidale. Un siècle plus tard, le chœur est reconstruit et terminé par un chevet plat. La nef est profondément remaniée au XVIe siècle ; à cette époque, des collatéraux sont ajoutés au nord et au sud. Enfin en 1780, l'accès à l'église est modifié : l'ancien portail sur le collatéral ouest est transformé en chapelle et une nouvelle entrée est percée dans l'axe de l'église. La façade est alors refaite dans le style Louis XVI et un nouveau clocher est construit au-dessus du nouveau portail. C'est une tour octogonale dont la coupole est surmontée d'un lanternon.

A gauche en entrant, dans le bas-coté, se trouve la statue de l'archange St Michel, réalisée au XVIIIe. Il y a aussi la statue de Notre-Dame de la Paix, dans le bas-coté droit, statue ramenée de la chapelle Sainte-Paix reconstruite en 1950 rue d'Auge (actuel Foyer de la pouponnière, anciennement église des Capucins). A droite toujours, devant les panneaux explicatifs sur l'histoire de l'église, le carré surelevé est l'ancien emplacement des fonts. Si le bas-coté gauche n'aboutit pas sur un autel, le bas-coté droit en possède deux, dont un petit dédié à la Vierge, en remplacement de l'autel latéral gauche qui habituellement a cette fonction (à gauche : la Vierge, à droite : St Joseph, au milieu : la célébration du Christ par l'eucharistie au maître-autel); l'autre autel a été placé récemment pour les petites messes. Une niche polychrome du XIXe est aussi conservée, ainsi que les restes d'une dédicace, sans doute antérieure à 1800, à droite du choeur. On ajoute à cela l'autel du transept droit; le transept gauche abrite, lui, le monument aux morts de la paroisse.

L'église a été classée monument historique en deux temps. La tour du XIIe-XIVe siècles a été classée en 1886 et le reste de l'édifice a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1927.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Michel de Vaucelles
Siécle de l'édifice: XIIe-XIVe-XVe-XVIe-XVIIIe
Forme des 2 clochers : clocher-porche à dôme octogonal et flèche sur le coté sud
Position des 2 clochers : clocher-porche et coté droit
Clocher en péril : non

Photos (17) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (5) :

vue d'en bas, depuis la rue Montaigu

façade à l'ouest
coté nord
coté sud, clocher XIIe et chevet

Intérieur (12) :

vue de l'église vers le choeur

l'archange St Michel et son panneau informatif

transept gauche
transept droit

chevet du bas-coté gauche
vue du choeur
chevet du bas-coté droit

autel latéral droit
chapelle polychrome (fin XIXe)

fragment de dédicace (?) dans le choeur




Eglise Saint-Etienne-le-Vieux, ruinée, face à l'Abbaye aux Hommes (détruite en 1944)

L'église Saint-Etienne le Vieux est attestée en 1066 mais existait vraisemblablement avant cette date. L'épithète "le Vieux" lui aura été attribué lors de la création de l'Abbaye aux Hommes en 1065 dont l'église abbatiale est également dédiée à Saint-Etienne. L'église romane, dont il ne subsiste aucun élément en élévation, subit de plein fouet les sièges anglais de 1346 et 1417. Elle est reconstruite au lendemain de la Guerre de Cent-Ans, et les travaux financés par de nombreux bienfaiteurs ne sont pas encore achevés au début du XVIe siècle. Désaffectée à la Révolution, elle devient une écurie pour la caserne Lorge. Sauvée de la démolition par Arcisse de Caumont en 1847, elle est gravement endommagée par les bombardements de 1944. L'édifice conserve une tour lanterne octogonale de la première moité du XVème siècle et, adossée au chevet, une statue équestre du début du XIIIème siècle représentant l'empereur Constantin. Elle est laissée en l'état après 1944, comme un symbole pérenne du martyre de la ville anéantie par un tapis d'obus que l'on qualifiera, bien trop tard, de "folie militaire". Dans son chevet et sous sa tour-lanterne à peu près intacts se trouve le dépot lapidaire de la Société des Antiquaires Normands.

Carte postale de l'église avant 1944 : http://cards.geneanet.org/pics/carte/normal/t/thereseklein1105.jpg

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Etienne-le-Vieux
Siécle de l'édifice: XVe-XVIe
Forme du clocher : flèche octogonale
Position du clocher : à la croisée du transept
Clocher en péril : partiellement en ruines

Photos (2) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

coté sud et fragment de remparts
chevet et vue du chevet au nord

Eglise du Vieux Saint-Sauveur, place saint-Sauveur

L'église Saint-Sauveur, qui fut sans doute fondée à la fin de l’époque carolingienne, est un édifice dont les plus anciennes parties remontent à la fin du XIe siècle ou début du XIIe siècle (pour la tour notamment). On l'appelait dès 1130 St-Sauveur-du-Marché, ancien nom de la place où elle se trouvait. Elle fut remaniée à plusieurs reprises au cours des XIVe et XVe siècles ; un nouveau chœur fut bâti entre 1530 et 1546 dans le style gothique flamboyant. En 1698, le cimetière qui entourait l'église fut déplacée afin d'agrandir la place Saint-Sauveur ; la place laissée libre sur la rue de la Chaîne (actuelle rue Pasteur) et la rue Saint-Sauveur fut envahie par des maisons Quand la place Saint-Sauveur fut réaménagée en profondeur dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la façade du XVe siècle fut recouverte par un nouveau portail de style classique. La superficie au sol de l'église est de 754 m².

Fermée en 1791, elle ne fut jamais rouverte au culte. En 1802, les paroisses Notre-Dame et Saint-Sauveur furent fusionnées ; Notre-Dame-de-Froide-Rue prit alors le nom de Saint-Sauveur et l'ancienne église Saint-Sauveur devint le Vieux-Saint-Sauveur. Au XIXe siècle, cette dernière fut transformée en halle aux grains, puis en halle au beurre. Le 9 août 1837, la flèche construite au XVIe siècle fut abattue pour cause de vétusté malgré les protestations des Caennais de l'époque. Enfin elle est très endommagée en 1944 lors de la destruction de l’Université, le 7 juillet. Depuis la fin des années 1980, elle fait l'objet de nombreuses restaurations (arcs-boutants, chœur et dernièrement, croisillon du transept) et accueille occasionnellement des expositions artistiques avec la coopération de la mairie de Caen.

Depuis le Moyen Âge, la place Saint-Sauveur est un des principaux espaces publics de Caen. Le seul accès à la vieille ville pour la population de Bourg-l’Abbé, enserrée dans ses propres murailles, ou pour les personnes venant de l’ouest (Bessin, Cotentin, Avranchin ou Bretagne) se faisait par l’étroit pont-levis de la Porte Saint-Martin reliée à la place Saint-Sauveur par la rue Pémagnie, peu large et tortueuse ; la place se finissait en effet à l’ouest sur un cul-de-sac appelé le Coignet aux Brebis, secteur isolé au pied des remparts et peu recommandable qui servit notamment de cimetière pour les Huguenots qui devaient être inhumés nuitamment dans des lieux secrets suite à la révocation de l'Édit de Nantes en 1685. La place, alors nommée place du Pilori ou du Vieux Marché jusqu’en 1776, étaient bordée de maisons en bois bâties sur des porches formant des passages couverts. Comme le démontrent les différentes dénominations de la place, cet espace public remplissait plusieurs fonctions, outre celle de transit. S’y tenait un des plus anciens marchés de la ville. La proximité de l’université entre la rue de la Chaîne (rue Pasteur) et la rue Saint-Sauveur en faisait le lieu de prédilection pour les étudiants qui y logeaient et qui venaient s’y détendre après les cours. Elle était également utilisée pour des missions nettement moins heureuses : on y installait en effet l’échafaud et le pilori. Les prisonniers étaient sortis de la prison de la rue de Geôle, parcouraient la rue Saint-Pierre, se recueillaient place Belle-Croix (place Malherbe actuelle), puis remontaient la rue aux Fromages, surnommée rue Monte-à-Regret, pour finir leurs jours place du Pilori. De manière peut-être plus lugubre encore, on y exposait les cadavres des suicidés, pendus au gibet par les pieds. C'est pourquoi l'église du Vieux Saint-Sauveur était surnommée Saint-Sauveur l'Exécuteur.

A partir de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe, la foire de Caen connut un développement assez important et la population passa de 25 000 à 32 000 habitants ; la vielle ville se densifia encore un peu plus, on rajouta un étage, le plus souvent le quatrième, aux maisons existantes. Les problèmes de circulation se firent de plus en plus difficiles à gérer. Au XVIIIe, Caen était encore une ville à la physionomie héritée du Moyen Âge. Excepté le quartier de la Place Royale (actuellement place de la République) aménagé au XVIIe sur une ancienne prairie entre la Noë et Grand Odon, les Petits Prés, le reste de la cité était composé de rues étroites et de ruelles sinueuses, scindées par de nombreux cours d’eau (Noë, Petit et Grand Odon). La paroisse Saint-Sauveur ne faisait pas exception à ce tableau. En 1688, la rue Pémagnie fut en partie redressée et élargie. Dix ans plus tard, on déplaça le petit cimetière qui se situait devant et autour de l’église, mais des maisons envahirent rapidement l'espace laissé libre rue de la chaîne et rue Saint-Sauveur.

Mais au XVIIIe, la ville de Caen s’inscrivit dans le grand mouvement de renouveau urbanistique à l’œuvre en France. En 1735, une ordonnance des échevins de Caen ordonna le réaménagement de la place Saint-Sauveur ; on fit donc détruire les anciennes bâtisses médiévales pour permettre aux plus fortunés de construire de beaux hôtels particuliers sur un nouvel alignement. L’un de ces premiers fut l’Hôtel de Fouet (n°20 actuel), construit vers 1740. Derrière une apparence identique, on peut distinguer des différences dans les clés des baies et la présence (ou non) de portes cochères. Afin de respecter l’alignement, on n’hésita pas à élever une façade classique sur l’église du Vieux Saint-Sauveur en avant de l’ancien portail du XVe. Ce bel ensemble, caractérisitque de l'urbanisme de l'époque classique, a été rehaussé par l’installation dans les années 1960 d’une statue de Louis XIV réalisée par Louis Petitot en 1828 pour la Place Royale. Entre 1752 et 1775, le baron de Fontette, intendant de la Généralité de Caen, vint compléter ce réaménagement. Il fit raser une partie des remparts vers le Coignet aux Brebis, combler les fossés et perça une rue rectiligne depuis la place des Petites Boucheries à travers les jardins de l’Abbaye aux Hommes (dont les bâtiments conventuels étaient d’ailleurs en cours de reconstruction depuis 1704) ; au bout de cette nouvelle voie, la rue Saint-Benoît (actuelle rue Guillaume-le-Conquérant), on aménagea une place octogonale, nommée place Fontette à partir de 1763. Les rues Saint-Pierre et Écuyère furent également alignées et élargies afin de permettre un accès direct et rapide au centre de la ville. Un nouveau Palais de Justice, avec une façade gréco-romaine, fut élevé à partir de 1781 ; les travaux, interrompus par la Révolution, reprirent en 1809 et on acheva alors l’aile sur la place Saint-Sauveur. Jouxtant l’ancienne place du Pilori, la création du dispositif place Fontette–rue Saint-Benoît a permis de délester la vieille place d’une très grande partie du trafic qui l’encombrait et d’améliorer ainsi sensiblement la circulation à Caen.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : le Vieux-Saint-Sauveur
Siécle de l'édifice: XIe-XIIe-XIVe-XVe-XVIIe-XVIIIe-XIXe-XXe
Forme du clocher : pavillon
Position du clocher : à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos (12) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (5) :

place Saint-Sauveur d'est en ouest

portail XVIIIe de l'église
transept sud
coté sud et chevet
chevet

Intérieur (7) :

bas-coté gauche
grande nef
bas-coté droit

escalier à vis du clocher
clefs de voutes polychromes de la nef

vue vers l'entrée
restes de peintures sur voûtes, bas-coté droit

Eglise paroissiale Saint-Georges, dans l'enceinte du château (endommagée en 1944)

À l'emplacement de l'église actuelle, se trouvait un bâtiment de facture plus élémentaire dont on ne sait si il s'agit d'un lieu de culte préexistant ou d'une simple habitation. Orientées nettement plus à l'est, les fondations de cet édifice furent exhumées en 1964 par les archéologues du CRAM. L'église paroissiale dédiée à Georges de Lydda est construite dans la deuxième moitié du XIe siècle à l'emplacement de ce bâtiment. Les fouilles de 1964 ont permis de mettre à jour le chœur de l'église romane dont l'abside était semi-circulaire. Il s'agissait d'une église de village qui pouvait accueillir une centaine de paroissiens. L'église reste dans son état originel jusqu'au début du XVe siècle. Sévèrement touchée par les bombardements anglais lors du siège de 1417, elle est profondément remaniée dans la deuxième moitié de ce siècle. De l'église romane du XIe on conserve encore les murs de la nef, des fenêtres romanes encore ouvertes ou murées dans le mur nord, et le bel arc triomphal du XIIe s. La chapelle gothique au sud de la nef enferme une partie du mur roman mais on a conservé les modillons dont la présence surprend à l'intérieur de l'église. Les travaux commencent probablement pendant l'occupation anglaise ; la charpente recouverte de lambris couvrant la nef est sûrement dûe à un charpentier anglais. Les fenêtres romanes sont bouchées et on perce des grandes baies de style "modérément flamboyant". Le clocher que l'on observe sur les gravures du XVIIe siècle date sûrement de cette époque également. Fin XVe siècle - début XVIe siècle, le chœur est reconstruit dans le style gothique. Au sud de la nef, sont érigés une chapelle et le portail actuel.

À partir du XVIe siècle, les civils désertent le château. En 1779, les registres paroissiaux n'enregistrent plus qu'un enterrement par an dans le cimetière de 32 m² qui entoure l'église, ce qui permet d'évaluer la population à environ 25 personnes. L'église paroissiale est désaffectée pendant la Révolution. Du 3 au 28 mars 1793, on y enferme 230 personnes ayant manifesté contre l'enrôlement militaire. En 1799, l'église est transformée en magasin à poudre. En 1827, le service du Génie propose de détruire l'église afin de permettre la construction d'une prison militaire ; le projet est abandonné en 1832. Après que le château a été transformé en caserne, l'ancienne église sert un temps de salle d'armes.

Pendant la bataille de Caen en 1944, le château est à nouveau bombardé. Le presbytère et le pignon sud de la nef sont détruits. L'ancien lieu de culte est restauré. Pour rappeler ce passé cultuel, des stalles provenant de l'église Saint-Jean de Caen y sont installées et une table de pierre est disposée dans le chœur afin d'évoquer le souvenir de l'autel disparu. Les vitraux sont confiés à Max Ingrand dans le chœur et à Maurice Rocher dans la nef. Dans le cadre du projet de réaffectation du château à l'université, il est programmé que l'ancienne église soit occupée par l'aumônerie des étudiants. Cette proposition est abandonnée et Saint-Georges est converti en mémorial en souvenir des pertes civiles de la bataille de Caen en 1964. La dépouille d'une victime anonyme est inhumée dans l'ancien lieu de culte. Moins de vingt ans plus tard, le mémorial change d'affectation. En 1979, le corps de la victime inconnue est exhumé pour être inhumé de nouveau au chevet de l'ancienne église qui est utilisée à partir de 1980 par le musée de Normandie qui y organise des expositions temporaires.

On remarque dans cette église de nombreuses sépultures dans le chevet. Sur les murs, des inscriptions rappellent au visiteur la mémoire des illustres Anciens inhumés là. On remarque aussi des restes de polychromie sur les départs de voûtes et les parties supérieures des murs. L'église est souvent appelée à tort "chapelle Saint-Georges" par confusion avec la chapelle du palais ducal, qui était placée sous le même vocable.

Arrow Pour l'histoire du château de Caen, voir cet excellent article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Caen
Arrow Pour l'ancienne chapelle du palais ducal de Caen, voir Ancienne chapelle Saint-Georges, ci-dessous

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Georges
Siécle de l'édifice: XIIe-XVe-XVIe-XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photos (14) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (3) :

coté ouest
coté sud
chevet et coté nord

Intérieur (11) :

vues intérieures

épitaphe sur le mur nord et sépultures

pierre tombale au centre du chevet

des sépultures et une autre épitaphe sur le mur sud

restes de peintures à l'angle sud-est du chevet
vestiges de peinture sur les voûtes du chevet

Eglise Saint-Ouen de Villers (XIe-XVe), rue Saint-Ouen, près du Bon-Sauveur

Cette église est connue sous le nom de Saint-Barthélémy, Saint-Ouen-sur-Odon ou plus souvent Saint-Ouen-de-Villers. Fondée par Guillaume Le Conquérant en 1072 mais entièrement rebâtie au XVe, elle se compose d'une nef avec collatéral unique, au sud, au-dessus duquel s'élève une tour-clocher couverte par une bâtière, d'un transept communiquant sur son coté gauche, par une arcade, à une chapelle latérale ornée d'une croisée et possèdant un autel latéral de même facture que celui du collatéral sud. Sous le porche, est incrustée dans la muraille la pierre tombale de Bernardin Le Prevost, curé de la paroisse représenté revêtu de ses habits sacerdotaux mort de la peste en 1631. Il y a deux célébrités dans le petit cimetière entourant l'église : le baron Héron de Villefossé (savant minéralogiste, conseiller d'Etat) et Fauvelet de Charbonnières de Bourrienne (condisciple de Napoléon à l'Ecole militaire de Brienne et Ministre d'Etat).
Trébutien rapporte qu'il y avait sur la paroisse de Saint-Ouen un fief appelé "Pend-Larron" ; son possesseur était tenu de fournir un bourreau à la justice de Caen lorqu'elle en avait besoin. En 1366, après un long procès devant l'Echiquier entre le procureur du baillage de Caen et les moines de Saint-Etienne, possesseur du fief, le roi déchargea les moines d'une telle obligation moyennant une rente versée au domaine de la vicomté de Caen.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Ouen
Siécle de l'édifice: XIe-XVe
Forme du clocher : batière
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (18) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (8) :

façade sur la rue St Ouen
coté nord

coté sud et tour-clocher

sépulture de Louis-Antoine Fauvelet de BOURIENNE
deux dalles tumulaires anciennes

Intérieur (10) :

grande nef
collatéral sud

porte gothique du clocher
autel du collatéral sud

orgues dans la chapelle latérale nord
autel latéral nord et porte de la sacristie
liste des curés de la paroisse

le maître-autel et le chevet
grand vitrail du chevet

vue vers l'entrée

Eglise Saint-Nicolas (endommagée en 1944)

L'église Saint-Nicolas, parfois appelée Saint-Nicolas-des-champs, est une église fondée au XIe siècle dans le Bourg-l'Abbé de Caen par les moines de l'abbaye saint-Etienne. Les moines de Saint-Etienne avaient espéré une rapide croissance économique et démographique de leur faubourg dès l'achèvement de leur église en 1083. Mais celle-ci se fit attendre longtemps, jusqu'au début du XXe siècle. On abandonna donc à la fin du XIe siècle l'achèvement de l'originale façade à narthex (disposition que présentaient aussi l'abbatiale du Mont-Saint-Michel et la Trinité de Caen), et l'église échappa ensuite aux agrandissements et restaurations. Des deux tours qui auraient dû encadrer le narthex (grand porche à trois arcades ouvert sur l'extérieur), seule celle du sud fut finalement édifiée tardivement, au XVe siècle, sur une souche plus étroite. Refaite sans doute plus tardivement, elle prèsente aujourd'hui une bâtière surmontée d'une petite flèche ajoutée en son milieu. Au XIIIe, de hauts toits de pierres de forme conique coiffent le chevet. Au XVe, la nef, les collatéraux et le choeur voient leurs voûtes refaites. En 1791, la paroisse est supprimée et devient une succursale de l'abbatiale saint-Etienne. Aujourd'hui, l'église, désaffectée, sert occasionnellement à des manifestations culturelles. Son cimetière, désaffecté, est peu à peu envahi par les herbes et oublié.

Le plan est celui des abbayes bénédictines (croix latine, chevet à chapelles échelonnées, longue nef à collatéraux) qui était celui de Saint-Etienne avant la reconstruction du chœur gothique. L'élévation reprend les trois étages traditionnels mais superpose aux grandes arcades un niveau intermédiaire de baies étroites n'ouvrant que sur des combles. Le transept possède encore sa tribune dans le croisillon sud, à l'imitation de Saint-Etienne. Le chœur, peu profond selon la tradition, reproduit dans ses deux travées droites l'élévation de la nef mais l'étage médian comporte quatre baies par travée, au lieu de deux, inscrites dans des arcatures en plein cintre posées sur des colonnettes. Quant au rond-point, il superpose deux étages de grandes ouvertures : celles du bas, profondes, sont soigneusement moulurées d'un triple rouleau, celles du haut s'accompagnent d'une coursière normande prise dans l'épaisseur du mur. L'église a été voûtée d'arêtes, non seulement dans ses collatéraux, mais aussi dans le chœur, ce qui constitue une originalité étant donnée l'ampleur du vaisseau. Le décor de l'édifice est d'une sobriété toute monastique (chapiteaux à crochets et feuilles plates) et il est probable que l'abbé de Saint-Etienne ait imposé cette rigueur décorative. La nef comporte sept travées dont l’élévation latérale est à trois étages : de grandes arcades moulurées seulement aux trois dernières travées retombant sur des piles cruciformes, des chapiteaux très simples, un niveau intermédiaire comportant deux meurtrières non moulurées ouvrant sur les combles des bas-côtés, une grande fenêtre non ornée à l'étage supérieur. La croisée des transepts est surmontée d’une tour lanterne. Les bras du transept, large de 38 mètres comportent chacun une absidiole avec cinq arcatures au nord, trois au sud. Le niveau moyen de l’élévation du chœur est plus décoré (quatre étroites baies au lieu de deux, inscrites dans de courtes arcatures en plein cintre). L'élévation extérieure est d’un grand dépouillement, des fenêtres non moulurées sont inscrites dans de grands arcs en plein cintre. La tour centrale ne comporte qu’un étage percé de hautes baies en plein cintre. Le chœur est moins austère : il y a deux arcatures plaquées par travée à la base du chœur, les voussures des baies sont moulurées, des cordons de billettes décorent le niveau des archivoltes du second étage. La longueur totale de l'édifice est de 66 m, avec une nef longue à elle seule de 35 m et large de 10. Le choeur est profond de 19 m.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : St Nicolas
Siécle de l'édifice: XIe-XIIIe-XVe
Forme du clocher : flèche sur bâtière
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (5) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade à l'ouest et clocher
coté nord
coté sud
chevet

état déplorable du cimetière

Collégiale Saint-Sépulcre, au-dessus du Vaugueux

La collégiale du Saint-Sépulcre de Caen est une ancienne collégiale fondée au XIIIe siècle dans le quartier du Vaugueux à Caen. Le prêtre Guillaume Acarin, conseiller de Philippe Auguste et de son successeur Louis VII, fait vœu lors de son pèlerinage à Jérusalem de bâtir à Caen une église suivant les plans du Saint-Sépulcre. Le chapitre de Bayeux lui offre un terrain sur la colline faisant face au château de Caen et sur lequel se dresse une chapelle construite au XIIe siècle. En 1219, l'église du Saint Sépulcre est construite à l'est de la vieille chapelle dédiée à sainte Anne. Si l'on en croit les écrits, il s'acquitte généreusement de ses engagements et l'église est pour l'époque considérait comme une petite merveille. On y remarque surtout une chapelle dite « du Monument » parce qu'elle représente fidèlement le tombeau de Jésus-Christ. On y conservait un morceau de la Vraie Croix. Le dimanche des Rameaux, des processions partaient des différentes paroisses de la ville pour venir adorer cette relique. Une autre autre cérémonie très fréquentée se tenait le Vendredi saint. D'autres reliques étaient entreposées dans l'église, comme des meubles et des vêtements ayant appartenu à Thomas Becket. Le chapitre de chanoines était à l'origine composé de seize membres. Leur nombre fut ensuite plus important, avant qu'il ne se stabilise à 10 : un doyen et neufs chanoines qui tiraient leur revenu de la prébende. Le premier doyen est le fondateur de l'église, Guillaume Acarin. L'église est pillée lors de la prise de Caen en 1346. Comme l'église se trouve en dehors des fortifications de Caen, les chanoines reçoivent l'autorisation de se mettre en sureté en s'entourant de remparts et de fossés. En 1372, il est fait mention d'une enceinte défensive entourant l'église, son cimetière, ainsi qu'un jardin ; l'accès à l'ensemble se faisait par une porte à deux vantaux à claire-voie. Le fort était également protégé par cinq balistes. Mais ces fortifications, insuffisamment entretenues, ne permettent pas de résister à un assaut et disparaissent avant le XVIe siècle.

L'église du Sépulcre, insuffisamment protégée, tombe au pouvoir des Anglais en 1417. Ces derniers nomment un de leurs hommes, Jean Fane, comme doyen et emportent le morceaux de la Vraie Croix. Mais selon Charles de Bourgueville, ils rendent la relique aux chanoines suite à divers désastres que les conquérants interprètent comme des punitions divines. Les religieux font alors dresser une chapelle. Les huguenots dévastent à leur tour l'église lors du pillage de la ville en mai 1562. En août de la même année, Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon et gouverneur de Normandie, proche des calvinistes, fait démolir l'édifice à coup de canon au prétexte que cette position élevée pouvait être investie par les Protestants qui auraient ainsi inquiété la garnison du château de l'autre côté du vallon. Après la destruction de leur église, les chanoines du Saint-Sépulcre s'installent dans la modeste chapelle Sainte-Anne. En 1629, les chanoines font établir à leurs frais les degrés en granit qui conduisent encore, de la rue du Vaugueux à la place du Saint Sépulcre. Jusqu'au début du XVIIIe siècle, les chanoines disposent d'une chapelle d'environ 30 mètres sur 10. Vers 1740, on lui ajoute une sacristie avec des boiseries richement décorées. En 1761, le doyen charge l'architecte local, Jean Boisard de bâtir le clocher et deux chapelles formant l'ébauche d'un transept. En 1785, une nouvelle campagne d'agrandissement est menée par Laguillière afin d'harmoniser les différentes parties de l'église, mais les travaux sont interrompus par la Révolution française.

En 1791, la collégiale est dissoute. L'église est affectée en 1817 au service de l'artillerie. En février 1910, un projet de construction d'une école pour les filles est adopté par le conseil municipal. Il prévoit la destruction de l'église, alors inutilisée. Des associations de particuliers, relayés par le Préfet du Calvados, souhaite la conservation du clocher qu'un membre du conseil municipal qualifie en retour de « tour à pigeons ». Finalement, le conseil municipal décide en 1911 de modifier les plans de la nouvelle école pour conserver la tour recouverte de lierre, sauvée par son aspect « pittoresque » (rapport de Guerlin du Guer). Mais le projet traine jusqu'en 1913 car l'armée demande des indemnités en vertu de la convention passée en 1817. Le 25 juin 1914, la déclaration d'utilité publique est signée. Mais la Première guerre mondiale éclate en juillet et le projet est définitivement abandonné. En 1920, l'armée quitte les lieux qui sont désormais occupés par les archives départementales. La totalité de l'église est classée monument historique en 1934. Pendant la bataille de Caen, l'église est légèrement endommagée. Une toiture provisoire est posée en 1945 , puis la charpente est reconstruite. En 1962, l'édifice est cédé à la ville par le département. La Société des antiquaires de Normandie s'y installe en juillet-août 1963. Aujourd'hui, l'église est ouverte occasionnellement pour accueillir des manifestations organisées par la ville de Caen.

L'emprise au sol de l'église est de 674 m². Elle est longue de 53 mètres pour un maximum de 18 mètres de largeur. De la chapelle Sainte-Anne du XIIe siècle, il ne reste plus qu'un fragment de la façade incorporée au mur sud de l'église actuelle. Il s'agit de deux fenêtres séparées par un contrefort et surtout d'une porte murée dont le décor de frettes crénelées est caractéristique de l'architecture médiévale normande. On en retrouve des exemples au château de Caen (salle de l'Échiquier) ou à l'abbaye aux Dames (église abbatiale). Ces ouvertures ont été murées au XVIIIe siècle. Au-dessus d'une base carrée, la tour octogonale est surmontée d'un dôme à huit pans. Elle est typique de l'architecture de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, comme le clocher de l'église Saint-Michel de Vaucelles construit 20 ans plus tard. Le décor de l'abside, scandé par des colonnes d'ordre corinthien, offre également un bon exemple du classicisme français. Le toit de la nef est surmonté d'une contre-courbe assez aiguë.

Type d'Edifice: Eglise, ancienne collégiale
Nom de l'Edifice : St Sépulcre
Siécle de l'édifice: XIIe-XIIe-XVIe-XVIIIe-XXe
Forme du clocher : dôme octogonal
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (5) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

vue depuis le châtelet de la Porte des Champs, au château

le pignon nord-est, face au château
coté est
clocher et entrée de l'église
chevet au sud

Photos de JiPR : (3)




Eglise Notre-Dame de la Gloriette, rue Saint-Laurent

L'église Notre-Dame-de-la-Gloriette, anciennement appelée Sainte-Catherine-des-Arts, est un lieu de culte construit par les Jésuites à Caen à la fin du XVIIe siècle. Cette église fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 9 juillet 1909.

Par des lettres patentes du 6 décembre 1608, Henri IV, malgré la résistance des habitants de Caen, fait donation aux Jésuites du Collège du Mont, situé rue Saint-Étienne (actuelle rue Arcisse de Caumont). Pendant longtemps, cette maison ne possède pas d'église et doit se contenter d'une simple chapelle aménagée dans le collège. En 1667, les Jésuites achètent à la ville, moyennant une rente, des terrains dans le Pré aux Ébats situé dans l'île des Petits Près alors en cours d'urbanisation. C'est là qu'ils jettent, en 1684, les fondements de leur église, dont la première pierre est posée, par le poète Jean Regnault de Segrais, en qualité de premier échevin de la ville. Les travaux, dirigés par le père André, procureur des Jésuites, sont achevés en cinq ans et l'église est consacrée le 31 juillet 1689 sous le nom de Sainte-Catherine des Arts.

Après la suppression de l'ordre de Jésuites en 1762, l'église est donnée à l'université de Caen qui l'aurait louée à un marchand de farines. À partir de 1791, l'abbé Chenin y célèbre le culte constitutionnel ; puis à partir de 1793, elle devient le lieu de réunion des fêtes décadaires (dans le calendrier révolutionnaire, les semaines, ou décades, avaient 10 jours). À cette époque, on y entrepose également le mobilier confisqué dans les autres églises ; à tel point qu'on envisage de la transformer en musée quand la ville de Caen cherche un local pour ouvrir le musée des Beaux-Arts. Elle est finalement rendue au culte catholique en 1802 et devient paroissiale sous le nom de Notre-Dame, en remplacement de celle de Froide-Rue rebaptisée Saint-Sauveur. Le 6 mars 1884, les ossements de Jean Eudes, transférés de l'église des Très-Saints-Cœurs-de-Jésus-et-Marie à Notre-Dame en 1810[3], ont été déplacés dans la crypte qui se trouve sous le transept sud de l'église[4]. Au XIXe siècle, elle fait l'objet de quelques travaux de rénovation et d'embellissement. En 1909, la totalité de l'édifice est classée monument historique (CLMH, 09/07/1909[5]). Depuis plus d'une décennie, le diocèse de Bayeux et Lisieux prête l'église à la Maîtrise de Caen qui y tient une vingtaine d’auditions par an.

L'église fait 21 m de large au niveau de la façade, 23 dans les transepts, pour 48 m de long et 1163 m² de surface au sol. Elle n'a pas été endommagée par les bombardements de 1944, comme les aletours de la rue Saint-Laurent et du Bon-Sauveur, devenu le seul centre hospitalier de Caen après la destruction totale de l'Hôtel-Dieu. Voici son plan intérieur :


Comme la plupart des églises jésuites, la façade principale a fait l'objet d'un soin particulier et s'inspire de l'église du Gesù ; les portes secondaires et probablement les oculi au-dessus de ces ouvertures ont été percées en 1846-1847. A contrario, les autres façades de l'édifice sont restées nues. À cela, on peut apporter deux explications. L'une est pratique ; l'église a été érigée à proximité de la courtine complétant les remparts de Caen, construite dans les années 1590, et n'était donc pas visible de ce côté. L'autre raison est plus symbolique ; l'église est traitée comme un décor de théâtre, les Jésuites étant féru des arts de la scène dans leur enseignement, comme nous le démontre d'ailleurs la première dédicace de l'église. L'église a été construite sur un terrain marécageux au bord du Petit Odon, recouvert dans les années 1930 ; de ce fait, la façade penche légèrement vers la droite. Le parvis de Notre-Dame est délimité par une rangée d'arbres et séparé de la rue Saint-Laurent par des chaînes qui auraient servi autrefois à fermer la rue de l'université (actuelle rue Pasteur).

L'église est orientée à l'ouest. De plan basilical, la nef est encadrée par deux bas-côtés, surmontés de tribunes en 1846-1847, et le transept est très légèrement saillant ; l'abside semi-circulaire est aveugle et le cul-de-four du chœur fut décoré en 1876 d'une scène de l'Assomption, peinte par Perrodin. Les arcs doubleaux du chœur ont été ornés à la fin du XIXe siècle de symboles des Litanies de la Vierge (miroir, trône, vase, tour, château, église, porte, rose, bateau à voiles, étoile, ancre), œuvre de l'atelier Jacquier. Enfin en 1901, la coupole du transept fut revêtue d'une Glorification de Saint-Jean-Eudes par Henri Lerolle. De nombreux éléments de mobilier liturgique, dont la plupart sont classés monument historique au titre d'objet[6], sont entreposés dans l'église depuis le Consulat. Certains sont entrés dans les collections du musée des Beaux-Arts de Caen, d'autres sont restés dans l'église.

Dans l'abside, s'élève un maître-autel provenant de l'abbaye aux Dames et entreposé à Notre-Dame-de-la-Gloriette après la fermeture du monastère en 1790. L'autel est en marbre blanc. La partie inférieure date de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, mais a peut-être été réalisée ou restaurée après la reprise du culte en 1802. Elle est ornée d'un bas-relief représentant le buste de la Vierge inscrit dans un médaillon encadré de part et d'autre par des guirlandes de fleurs disposées symétriquement. De chaque côté du panneau central, trois balustres sont reliés par une tablette à hauteur d'appui. Dans la partie supérieure de l'autel, le tabernacle, réalisé dans la deuxième partie du XVIIIe siècle, est enchâssé dans un gradin. La porte en plein cintre en bronze doré est finement ciselée et encadré par des palmiers. Derrière l'autel, un groupe de statues dorées posé sur un socle en marbre de Vieux représente l'Enfant Jésus entouré à sa droite par saint Joseph et à sa gauche par la Vierge. Jésus est représenté nu dans un lit de paille devant lequel sont agenouillés ses parents. Cet ensemble datant de la première partie du XVIIIe siècle est librement inspiré de la crèche réalisée par Michel Anguier pour l'église du Val-de-Grâce et aujourd'hui exposée dans l'église Saint-Roch de Paris (1er arrondissement). L'ensemble est surmonté d'un baldaquin commandé en 1707 par Françoise Froulay de Tessé, abbesse de l'abbaye aux Dames, au moine architecte Guillaume de La Tremblaye. Ce dernier s'est très fortement inspiré du maître-autel de l'abbatiale de Saint-Germain-des-Prés réalisé quatre ans plus tôt par Gilles-Marie Oppenord. La réalisation de l'autel est attribuée à Guillaume Brodon ou ses fils André et Michel, architectes ayant participé à la construction. Il est formé d'une coiffe reposant sur six colonnes monolithes lisses corinthiennes. Les colonnes en marbre de Vieux reposent sur des socles en pierre de Caen sur lesquels on a appliqué du marbre vert. Les chapiteaux et la base des colonnes sont dorés. La coiffe en elle-même est composée de six branches en bois doré reposant sur un entablement en fer à cheval peint pour imiter le marbre et se rejoignant pour former une couronne surmontée d'un globe sur lequel est fixé d'une croix. La partie vide de l'entablement est occupée par une guirlande nuageuse sur laquelle reposent trois personnages : deux chérubins tiennent du raisin et des épis, alors qu'au milieu un ange presque grandeur nature et paraissant planer au-dessus de l'autel tient une banderole sur laquelle il est écrit IN EXCELSIS DEO (gloire à Dieu). Cet ensemble, classé monument historique au titre d'objet depuis le 16 décembre 1907, est aujourd'hui en mauvais état, les parties en bois, notamment le bras droit de l'ange, nécessitant d'être consolidées et redorées.

Vue de l'autel (photo de Wikipédia, utilisateur Perso, domaine public) :


D'autres autels en bois taillé, peint et doré sont exposés dans l'église et classés depuis le 8 juillet 1980 :

- l'autel de sainte Anne (premier quart du XIXe siècle) avec une statue en pierre représentant l'Éducation de la Vierge ;
- l'autel de la Vierge avec une statue en pierre de la Vierge à l'enfant ;
- l'autel des fonts baptismaux (XVIIIe siècle) avec une toile représentant le Baptême du Christ, peinte entre 1623 et 1641 par Côme Duhey et offerte par Jacques Gervaise à l'origine pour orner une chapelle. Voici une photo de cette toile :

- l'autel de saint Laurent (XVIIIe siècle) avec un tableau représentant le Martyre de saint Laurent (sur un gril);
- l'autel de saint Charles Borromée (XVIIIe siècle) avec un tableau représentant saint Charles Borromée transporté au ciel ;
- l'autel de Notre-Dame de Pitié (XVIIIe siècle) avec un tableau représentant la Déploration .
Dans les croisillons du transept, les deux autels secondaires qui se font face ont été classés le 30 avril 1909. Leur forme légèrement concave qui épouse le plan de l'édifice rend probable l'hypothèse selon laquelle ces autels auraient été conçus dès l'origine pour l'église des Jésuites. Ils sont composés d'un retable en bois avec des toiles d'Étienne Jeaurat, surmontées d'une Gloire et encadrées par deux séries de deux pilastres ioniques cannelés et rudentés, c'est à dire remplis, dans leur tiers inférieur, de baton sculptés unis enchassés dans les cannelures. Au-dessus de l'entablement, quatre volutes se rejoignent pour former un dais qui porte une croix. À l'origine, le bois était polychrome, mais il a été décapé et vernis au XIXe siècle. Dans le transept nord, le tableau, inspiré d'une œuvre de François Lemoyne, représente l'Annonciation : l'archange Gabriel surplombe la Vierge agenouillé qui méditait sur la Bible ; de son index, il pointe vers le ciel et vers la gloire dans laquelle est sculptée la colombe du Saint-Esprit. Le même dispositif est employé dans la composition du retable du transept sud : Marie-Madeleine est au pied du Christ dont le doigt indique cette fois-ci le IHS gravé dans la gloire. Enfin une chaire, également classée depuis le 16 décembre 1907, a été remontée sur le pilier oriental séparant le chœur du transept. Selon Bouet, il daterait des années 1735-1750 et proviendrait du monastère des Bénédictins. Il est en bois sculpté et un panier fleuri est gravé sur le devant.

Voici l'Annonciation dans le transept nord
et l'Apparition dans le transept sud


La partie inférieure des murs du chœur sont ornés par un ensemble de décor, datant de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle, classé le 16 décembre 1907. Il est constitué de lambris en bois peints surmontés d'un entablement sur lesquels reposent des statues d'ange et des reliquaires. Les panneaux, orné d'entrelacs dorés, devaient être à l'origine gris, mais ont été repeints en brun au XIXe siècle. Comme le maître-autel, trois des cinq reliquaires en bois taillé et doré proviennent de l'abbaye aux Dames, les deux se trouvant aux extrémités de l'abside étant autrefois la propriété de l'église Notre-Dame-de-Froide-Rue. Ils offrent l'exemple de cinq types différents de reliquaire ; les deux coffrets centraux surmontent des bas-reliefs représentant pour l'un l'Annonciation et pour l'autre l'Adoration des Mages ; entre ces deux bas-reliefs, un troisième de plus grande dimension illustre la Purification. Chaque reliquaire est encadré par un ange d'un mètre de haut environ en terre cuite doré assis sur des lambrequins et portant des guirlandes de fleurs. Ces anges ont peut-être été transférés de l'abbaye aux Dames. Les ferronneries clôturant le chœur sont également classées depuis 8 juillet 1980. Ces grilles en fer forgé peint et doré datent de la fin du XVIIIe siècle ou du début du XIXe siècle.

En 1837, la paroisse a fait l'acquisition d'un orgue autrefois installé dans un château. Il a été repris par Charles Spackmann Barker qui travaillait pour la maison Verschneider. La partie instrumentale a ensuite été restaurée par Charles Mutin, Aristide Cavaillé-Coll et en 1932 par Victor Gonzalez. Enfin en 1959, la maison Rothinger a ajouté un positif de dos et a électrifié l'orgue. L'orgue néo-classique de transition a été classé en deux temps : le 13 mai 1976 pour le buffet et le 20 juin 1989 pour la partie instrumentale. Le buffet est orné de nœuds, d'instruments de musique et d'oiseaux. Il repose à l'entrée de la nef sur les tribunes construites en 1846-1847 et dont les grilles du XVIIe siècle sont classées depuis le 16 décembre 1907.

Photos (4) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade à l'est
coté sud
coté nord
chevet à l'ouest

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Notre-Dame de Gloriette
Siécle de l'édifice: XVIIe-XXe
Forme du clocher : lanternon
Position du clocher : à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Eglise Saint-Gerbold, à Venoix, 11 av. Henri Chéron

Pendant des siècles, Venoix n'est qu'un petit village situé sur la route de Bretagne à l'entrée de Caen. Dans les textes en latin, Venoix est appelé Venuntium. Régulièrement, les paroissiens de la ville de Caen se rendaient dans l'église paroissiale dédiée à Saint-Gerbold, ce dernier étant réputé guérir les "flux de sang", notamment la dysenterie et les hémorroïdes (maladies appelées au moyen-âge le mal Saint-Gerbold). En 1793, la commune, incorporée au canton de Mondeville, ne compte que 248 habitants. Au début du XIXe siècle, la paroisse de Venoix est partagée entre celle de Bretteville-sur-Odon et celle de Saint-Ouen, à Caen, et l'église Saint-Gerborld, située sur les bords de l'Odon, est démolie en 1809.

Au XIXe siècle cependant, la population augmente régulièrement jusqu'à frôler la barre des 600 habitants au début des années 1870 (593 habitants au recensement de 1872). En 1852, le conseil municipal décide alors de construire un nouveau lieu de culte pour remplacer l'ancienne église Saint-Gerborld. Des fonds privés s'adjoignent aux subventions publiques et, à partir de 1869, la nouvelle église est édifiée sur la route de Caen (actuelle rue Henry Chéron) sous la direction de l'architecte Leterrier, puis, après le décès de ce dernier, sous celle de l'architecte Lamotte. Son style général est néo-gothique, et elle a un clocher-porche à flèche, édificé sur l'avenue Henry Chéron. Cette église, peu remarquable au demeurant, ressemble beaucoup à ces églises villageoises construites en si grand nombre à la fin du XIXe, lorsque l'explosion démographique a ébranlé les anciens lieux de culte, soudain devenus trop petits.

Site de la paroisse : http://stfrancoisdesodons.catholique.fr/spip.php?rubrique25

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Gerbold
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : clocher-porche à flèche
Clocher en péril : non

Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade et clocher au nord
coté ouest

Eglise Sainte-Thérèse, avenue Ste-Thérèse

La création de la paroisse Sainte-Thérèse de Lisieux, sur la colline du même nom, au sud-est de Vaucelles, fit suite à la canonisation de la sainte dans l'Entre-deux-guerres. Elle fut l'oeuvre du chanoine Vautier. Accueillant à l'origine de nombreuses familles de cheminots, la chapelle fut réaménagée dans les années 60 en une église définitive, notamment par l'adjonction au volume rectangulaire d'un clocher-mur qui prend appui sur le porche. Réalisée en béton, elle compte une grande nef avec deux bas-cotés. A coté se trouve le cinéma Lux.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Sainte-Thérèse
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : clocher-mur
Position du clocher : au-dessus du porche
Clocher en péril : non

Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade à l'est
coté nord
coté sud

Eglise saint-Jean-Eudes (1933-1942), avenue du Calvados

L'église Saint-Jean-Eudes a été édifiée entre 1933 et 1944. Elle aurait dû être deux fois plus grande, mais la nature du sol a limité le projet initial. D'inspiration néo-romane, cette petite église dont les baies sont chaînées de briques abrite une grande fresque inaugurée en 1942 et représentant des scènes de la vie de saint Jean-Eudes. Autre particularité de cette plaisante fresque, installée au-dessus du maître-autel : les trois peintres s'y sont représentés eux-mêmes, ainsi que le curé et les habitants de l'époque. A coté de l'église, le quartier situé autour de la rue de la Tortue et de la rue Montmorency abrite de nombreuses maisons et fermes du XVIIIe et XIXe, rescapées des bombardements.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : saint Jean-Eudes
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : clocher-porche à pavillon
Clocher en péril : non

Photos (4) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade au nord et coté ouest
coté est et chevet

coté est
monument aux morts de la paroisse

Eglise Saint-Joseph du Chemin-Vert (1960)

Cette église est réalisée aussi dans un style de rupture, version "total béton". Construite à la fin des années 60 avec le grand ensemble du Chemin-Vert, elle se fond dans le quartier avec son béton armé, brut de décoffrage, aussi bien dehors que dedans. La nef et la tribune sont donc grises, comme l'autel et son estrade. Au-dessus du béton, seules la baie de la tribune et la bande de vitraux sous le toit, aux couleurs vives (bleu, jaune et rouge surtout) égayent l'atmosphère mais n'adoucissent guère la rigueur de l'édifice.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Joseph
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : campanile
Clocher en péril : non

Photos (2) : (cliquez pour agrandir)

façade
le campanile

Crédits : Photos de Christian GUIBOUT pour http://clochers.org

Eglise Saint-Paul (vers 1960), 23, pl. St Paul

Cette église a été édifié au coeur du quartier d'Authie, rebaptisé quartier Saint-Paul, d'abord peuplé de baraquements installés là pour abriter les habitants de Caen pendant la reconstruction. Entre 1949 et 1953, les architectes CLOS et DUPUIS bâtirent cette église avec les dommages de guerre du Vieux-Saint-Gilles. Dans le choeur, derrière le maître-autel, une grande fresque grise et ocre représente saint Paul sur le chemin de Damas. Elle est l'oeuvre de Yves Trévédy, comme le chemin de croix et les vitraux. L'église a reçu le label "Patrimoine du XXe siècle". Le pan adopté, en croix grecque avec une partie centrale dévéloppée, s'intégère dans un schéma urbanistique prévoyant une place carrée structurée par l'église et entourée de Maisons individuelles d'Etat (M.I.E).

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Paul
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : flèche
Position du clocher : à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos (4) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade ouest et coté nord
coté nord

vues du chevet

Eglise Notre-Dame de la Grâce de Dieu (1964)

L'église de la Grâce-de-Dieu, inaugurée en 1964 dans ce nouvel grand ensemble, fait partie de ce type d'églises contemporaines en rupture totale avec les règles antérieures de l'architectures religieuse : sa grande nef circulaire, éclairée par des vitraux carrés petits et multicolores, prend appui sur une base carrée, le tout en béton brut.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Notre-Dame de la Grâce de Dieu
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photo (1) : (cliquez pour agrandir) :


Crédits : Photo de Christian GUIBOUT pour http://clochers.org

Eglise du Sacré-Coeur de la Guérinière, rue Jean Gutenberg

Conçue par les architectes PISON et REME, l'église moderne de la Guérinière, au coeur du grand ensemble qui constitue le quartier (98 % d'HLM) fut consacrée par l'évêque de Lisieux-Bayeux, Monseigneur Jacquemin, le 17 décembre 1960. Elle fut bâtie en partie avec les dommages de guerre de la chapelle Sainte-paix et eut comme premier curé le Père René Fontaine. église de la Guérinière prend place au coeur d' un nouveau quartier, au centre d' un îlot constitué de barres d' immeubles de faible hauteur. Cet édifice à l' architecture minimaliste présente un plan original en forme de sablier pour les deux "nefs", accostées par une sacristie circulaire à toit en terrasse. Les murs sont en moellons de calcaire sciés, sur le modèle des immeubles alentours. L' intérieur frappe par l' unité du volume spatial rythmé par un couvrement constitué d' une charpente métallique. L' agencement de l' église est réduit à son minimum : pas de vitrerie peinte, pas d' objet mobilier agrémentant l' espace sacré. Son implantation en coeur d' îlot marque symboliquement le lien entre l' institution et les habitants, tout en reflétant un concept urbanistique qui se généralise lors de la création des ensembles périurbains de l' après guerre.
La façade a été labellisée "Patrimoine du XXe siècle".

Plan au sol de l'église de la Guérinière :


Crédits : Arch. Nat. CAC Fontainebleau, 19790374/28. Phot. Alain Nafilyan. © CRMH Basse-Normandie.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Sacré-Coeur de la Guérinière
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photo (1) : (cliquez pour agrandir) :


Crédits : Photo de Christian GUIBOUT pour http://clochers.org

Eglise Saint-Julien, 1, rue Malfiâtre (1952-1963, classée MH et labellisée Patrimoine du XXe)

Le premier lieu de culte à de la paroisse fut créé au VIIe. Reconstruite après les guerres de Cent Ans, elle fut entièrement détruite en 1944 (voir à ce sujet ci-dessous Ancienne Eglise St Julien).

Le plan de reconstruction de Caen prévoit de reconstruire une église pour la paroisse Saint-Julien. Mais les autorités choisissent en avril 1949 un nouveau site à l'écart des grands axes de circulation, sur les hauteurs surplombant le jardin des plantes de Caen. Ce secteur proche du nouveau site de l'université de Caen (actuel campus 1 de Caen) est placé sous la responsabilité d'Henry Bernard. C'est donc ce dernier qui est chargé de construire le nouveau lieu de culte. L'architecte dresse les plans du bâtiment en novembre 1952 et les travaux commencent en septembre 1954. Ils sont interrompus un temps par manque de financement. L'église est officiellement consacrée au culte le 30 septembre 1959, mais les travaux sont définitivement terminés en avril 1963. En 1983, la municipalité doit entreprendre des travaux de stabilisation du béton qui s'est détérioré du fait de sa médiocre qualité. De la résine époxydique est injectée dans la structure et les parois de l'édifice. L'église fait aujourd'hui partie de la paroisse Saint-Thomas de l'Université couvrant Saint-Julien, le Calvaire Saint-Pierre, le campus 1 de Caen et Épron.

Labellisé par le ministère de la Culture « Patrimoine du XXe siècle », l'église est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 29 mars 2005. Finalement, le 27 juin 2007, l'église dans sa totalité, le presbytère et la galerie qui les relie sont classés monument historique.

Comment expliquer la forme inusitée de l'église, qui adopte en effet un plan elliptique? Depuis le milieu du XIXe siècle, le mouvement liturgique vise à réformer la liturgie catholique en plaçant la communauté des fidèles au cœur même de la messe. Selon Lambert Beauduin, la liturgie devrait être une action commune de tous les fidèles et non pas seulement celle du prêtre. Cette évolution de la conception des pratiques religieuses pousse les architectes à réfléchir au plan des nouvelles églises en vue d'en faire des espaces actifs, l'autel étant alors conçu comme « le lieu de réunion où la vie, le son et le lumière ne sont pas obstrués ». En France, ce mouvement est beaucoup moins vif qu'en Allemagne ou en Belgique. Si quelques édifices d'avant-guerre tentent plus ou moins timidement de rapprocher l'assemblée des fidèles du sanctuaire (église Notre-Dame du Raincy, projet de Georges-Henri Pingusson à Arcueil), c'est surtout après la Seconde guerre mondiale que cette démarche va se généraliser pour s'imposer définitivement après le concile de Vatican II. Pendant sa captivité en Allemagne, Henry Bernard réfléchit au moyen d'allier la liturgie à l'architecture. Il en conclut que le meilleur moyen de rapprocher le prêtre de la communauté est de construire les églises sur un plan elliptique. La commande de l'église paroissiale Saint-Julien lui permet de mettre ce concept en pratique, d'où la forme de l'église qui la rend reconnaissable entre toutes.

Le discours symbolique du retour aux sources chrétiennes est une composante très représentative de l’état d’esprit des concepteurs d’églises après la Seconde Guerre mondiale. Le plan de Bernard, placé sous le sceau de l’unité, comme il tentera à nouveau de le faire à la Maison de la radio à Paris, est durement critiqué par les « gardiens du Temple » dominicains de la revue de l'Art Sacré, qui insuffle à la Reconstruction les nouvelles orientations de l'architecture religieuse : " Si nous considérons par contre l’église de M. Bernard à Caen, nous constatons que la forme d’amande convient mal. En effet, il n’y a plus ici de foyers, ni égaux, ni inégaux, à l’intérieur du volume : ceux-ci sont rejetés à l’extérieur. Il s’ensuit un certain flottement dans le plan".

Plan au sol de l'église Saint-Julien de Caen :


Crédits : Bayeux, archives diocésaines. Phot. Alain Nafilyan. © CRMH Basse-Normandie.


A l'intérieur, pour faire une voûte unique et génrale dans l'église, un voile mince en béton armé a été posé. On le retrouve sur des édifices de premier plan comme Saint-Julien de Caen, mais aussi sur d’autres plus modestes comme Laulne, Roncey et la petite chapelle de Notre-Dame d’Elle (Manche, architectes Mélik Nafilyan et J. Traverse). À Saint-Julien de Caen, la forme en ellipse et la taille du vaisseau imposaient une mise en œuvre particulière pour couler cette imposante dalle de béton : le parti adopté réside dans l’évidement général des murs qui sont composés d’une série de quarante-quatre piles rayonnantes ou contreforts qui viennent recevoir l’immense voûte elliptique. Ce tour de force, d’une grande virtuosité architecturale, est en contradiction avec la volonté de nombreux d’architectes de renouer avec la simplicité formelle, plus propice à l’esprit du recueillement, mais aussi plus conforme aux budgets dont ils disposent. À Cahagnes, le voile de béton armé est entièrement recouvert d’un grand lambris de bois.

Voute générale de l'église St Julien :


Crédits : Photos Alain Nafilyan. © CRMH Basse-Normandie.


à Saint-Julien de Caen, le grand vaisseau unifié de Bernard trouve sa mise en lumière par les 4500 dalles colorées de Jean Edelmann (1916- ) (Fourniture : Albertini et exécution : Caccia). Elles ont été assemblées dans les panneaux préfabriqués intégrés entre chaque pile verticale formant l’ossature de l’édifice. La dimension hautement symbolique de l’architecture trouve ainsi son prolongement par cette multitude de points lumineux qui semblent vouloir évoquer la voûte cosmique. L’ambiance créée par ce tamis coloré forme par ailleurs un heureux contraste avec la teinte des bétons armés, notamment l’intrados de la voûte elliptique. La composition en dalles de verre ne vient pas seulement magnifier une architecture dynamique qui pourrait s’en passer : elle confère à l’ensemble une dimension sacrée que la virtuosité technique pourrait laisser échapper.

Vue intérieure de l'église St Julien :


Crédits : Phot. Alain Nafilyan. © CRMH Basse-Normandie.


Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Julien
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)



Eglise Sainte-Claire de la Folie-Couvrechef (1980), 5, place Wurzbürg

Cette église a été érigée en 1980, et est donc la dernière-née des églises de Caen. Elle représente le genre d'églises modernes revenues de la rupture des édifices religieux dits "modernes". Polygonale, éclairée par de savants vitraux, elle présente une reposante et inattendue charpente en bois, partant de tous les murs pour aboutir à une clef tombante en bois, au centre de l'église. A gauche de l'autel se trouve une belle tapisserie, Claire, la petite plante du Seigneur, réalisée par trois brodeuses d'après une création d'Anne-Marie NOUZILLE.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Sainte-Claire de la Folie-Couvrechef
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Eglise Saint-André du Calvaire st Pierre (1962), av. professeur Horatio Smith

Pour assister à la messe, les premiers habitants du Calvaire Saint-Pierre ont du se contenter pendant 5 ans d'une chapelle-baraque. La première pierre de l'église Saint-André fut posée en 1962, et elle fut consacrée en 1964. L'église présente un volume rectangulaire, avec au nord, un campanile qui signale l'édifice. A l'intérieur, le plafond est lambrissé, quatre rangées de bancs font face à l'autel, auprès du quel un bel orgue rouge fut bénit en 1989.

Le Calvaire St Pierre était à l'origine une croix monumentale à l'angle de la route de la Délivrande et de la rue du Moulin au Roy. Il a été reconstruit après la bataille de Caen en hommage aux victimes civiles de la Libération de la ville.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-André
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : campanile
Clocher en péril : non

Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

le calvaire St Pierre

vues de l'église

Eglise Saint-Bernard de la Pierre-Heuzé, place Champlain

Située au nord du grand ensemble de la Pierre Heuzé, près de la mairie de quartier et de l'échangeur d'Hérouville, elle se fond discrètement dans son quartier. Présentant un volume rectangulaire à demi-caché par la dalle de la mairie, elle ne se voit que par sa curieuse flèche oblique, au-dessus du toit. Sa conception fit l'objet d'un dialogue constant entre l'architecte, François DUPUIS, le curé de l'époque, Léon BOUCHET et les paroissiens. Une première messe fut célébrée à Noël 1976, au milieu du chantier, avant la consécration officielle par l'évêque de Bayeux-Lisieux, Monseigneur Badré, le 15 mai 1977.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Bernard
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : flèche oblique
Position du clocher : au faîte du toit
Clocher en péril : non

Photos (4) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

vues de l'église


Dernière édition par Admin le Jeu 5 Avr - 16:26 (2012); édité 49 fois
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MessagePosté le: Mar 4 Aoû - 16:55 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 4 Aoû - 18:08 (2009)    Sujet du message: Caen (14000) Répondre en citant

Chapelles

Chapelle du Palais ducal de l'Abbaye aux Hommes (XVe-XIXe), face à l'Abbatiale Saint-Etienne

Le palais Ducal, également appelé palais de Guillaume ou Logis du Roi, a été construit au XIVe siècle, probablement pour accueillir les hôtes de marque de l'abbaye. Endommagé lors des guerres de religion, le bâtiment est transformé à la fin du XVIe siècle en écurie et en grenier. Après la Révolution française, il sert de magasin à vivres pour l'armée. À partir de 1840, il abrite l'École normale d'instituteurs. En 1865, une chapelle est construite à partir d'un prétoire du XVe siècle. En 1887, l'École normale d'instituteurs est transférée dans les nouveaux locaux de la rue Caponière (actuellement rectorat de Caen). À cette date, il est converti en École normale des institutrices. Depuis 1961, l'édifice est la propriété de la ville de Caen et héberge notamment les archives municipales.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : du Palais Ducal de l'Abbaye aux Hommes
Siécle de l'édifice: XVe-XVIe-XIXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photos (5) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

vues du bâtiment

la chapelle, coté est

Voici une vue de l'intérieur de la salle gothique, en bas :
et une cate postale de 1910 avec la chapelle à droite :


Chapelle de la Sainte-Paix, rue du Marais (partiellement détruite en 1944)

La chapelle Sainte-Paix, dite aussi Saint-Marc de Toussaints, est un lieu de culte construit en 1061 afin de perpétuer le souvenir d'un concile provincial organisé par Guillaume le Conquérant en 1047 visant à instaurer la trève de Dieu dans le royaume de Normandie (principe instauré par les religieux interdisant tout combats certains jours, notamment les dimanches, les fêtes ou les périodes de jeunes et de pénitence) et à ramener des reliques de Saint-Marc. Dévastée par les protestants en 1562, elle est en partie reconstruite au XVIIe siècle, avant d'être à nouveau endommagée lors de la Révolution Française. En 1835, les restes de l'édifice sont entourés par une usine à gaz qui sera la cible de violents bombardements en 1944. Seul le chœur de l'église subsiste aujourd'hui.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : Sainte-Paix
Siécle de l'édifice: XIe-XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photos (2) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade et coté nord
chevet et coté sud

Chapelle du Foyer de la Pouponnière, rue d'Auge. Elle est dédiée à Sainte-Paix et a été construite par les Récollets en remplacement de leur chapelle et de leur couvent, détruits par les bombardements de 1944. Elle est désaffectée depuis 1984 mais son clocher est toujours entretenu.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : Sainte-Paix
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : campanile
Clocher en péril : non

Plaque informative dans l'Eglise de Vaucelles au sujet de Notre-Dame de la Paix et de cette chapelle :


Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade à l'ouest
vue du chevet et de la ville
coté sud

Chapelle Saint-Vincent-de-Paul, rue de Bayeux (XIXe?)

Cette chapellle, entre les rues de Bretagne, au sud, et de Bayeux, au nord, avait la particularité d'avoir une vraie toiture Philibert de l'Orme. Celui-ci est peut-être né en 1610. Sa "carrière" religieuse est régulièrement ponctuée de divers sacerdoces : abbé de Saint-Barthélemy à Noyon (1548), abbé d'Ivry-sur-Eure (1549), chanoine au chapître de Notre-Dame de Paris (1550), abbé de Saint-Eloi à Noyon (1551), à nouveau chanoine au chapître de Notre-dame de Paris (1561) où il deviendra un an plus tard, le capitaine et surintendant de la défense contre les huguenots.

C'est lui qui débutera les travaux du château de Saint-Maur les Fossés en 1541 avant d'être nommé quatre ans plus tard, inspecteur général des fortifications de Bretagne. Il atteint la reconnaissance en 1547 lorsqu'il est officiellement nommé Architecte du Roy. Dés lors, les traces qu'il laissera pour le patrimoine architectural français, deviennent abondantes. Tout d'abord, Fontainebleau auquel son nom restera étroitement associé. C'est là qu'en 1548 il travaille sur le cabinet de la reine et la galerie dite Henri II, puis en 1551 sur la chapelle de la Trinité et 3 ans plus tard sur la chapelle Haute, avant d'entreprendre en 1558 l'escalier monumental. Dès1548, il œuvre au château royal de Saint-Léger en Yvelines et à la Sainte Chapelle à Vincennes. C'est à lui que l'on confie le début des travaux du tombeau de François 1er. à Saint-Denis.
De nombreux autres châteaux portent la trace de Philibert de l'Orme. Ceux de Vincennes (1549), de Villers-Cotterets, Chenonceau ou Saint-Germain en Laye (1556/1957) le font connaître. Sa renommée dépasse les frontières et on le retrouve au château de Madrid (1550). Plus modestement, il bâtit sa propre demeure rue de la Cerisaie à Paris (1554). En 1556, il obtiendra une nouvelle consécration en devenant "Maître des Comptes". Malheureusement, l'heure de la disgrâce va bientôt sonner. En 1559, Henri II meurt et son successeur le roi François II (au règne si bref) ne le reconduit pas dans ses fonctions de "maître des comptes" et plus encore comme architecte du Roy ! Philibert de l'Orme ne se décourage pas et en profite pour écrire. En 1561, il finit d'écrire ses "Nouvelles Inventions" (sous-titré "pour bien bâtir et à petits frais" !) et qui sera édité la même année par Frédéric MOREL. La disgrâce de Philibert de l'Orme ne dure guère. Nous le retrouvons plus inventif que jamais, en 1563 sur un projet pour les Tuileries et l'extension de Saint-Maur. En 1564, il habite dans une maison dans le cloître de Notre-Dame de Paris. Il sera donc à pied d'oeuvre lorsqu'il s'agira de réparer les voûtes de la cathédrale.
C'est en 1567 qu'il publie son ouvrage de référence "Le 1er. tome de l'Architecture" en neuf livres auquel seront joints les deux livres supplémentaires de ses "Nouvelles inventions" lors de sa réédition un an plus tard. Souvent réédité, il est toujours disponible actuellement et malgrès son usage du vieux françois, sa lecture reste enrichissante par la découverte des "principes et méthodes" de l'architecture selon Philibert de l'Orne. Cet ouvrage remarquable sera en quelque sorte son testament. Philibert de l'Orme meurt en effet le 08 janvier 1570 à l'âge, vénérable pour l'époque, de 60 ans. Il sera inhumé dans la grande nef de Notre-Dame de Paris.

C'est au livre X de son "Premier tome de l'architecture" (c'est-à-dire en fait dans son ouvrage des "Nouvelles inventions"), que Philibert de l'Orme décrit le principe de base de la charpente devant supporter ce nouveau type de toiture. Tout repose sur une théorie simple, employer du bois court pour des constructions à grand développement. Le résultat au bout du compte est une charpente toute en courbes faite de multiples pièces qui laissent des combles vastes et dégagés, sans ces lourdes fermes qui encombrent habituellement les vides ordinaires sous charpentes. Ces toitures ressemblent à des coques de bateaux renversées. Beaucoup copiées, il n'y en a que très peu d'authentiques, dont une cinquantaine dans le Calvados.

vue en coupe d'une charpente de ce type

Source : http://www.sdap-calvados.culture.gouv.fr/pages htm hors menus/philibert_3.h…

Pourquoi disons nous que cette chapelle avait une toiture à la Philibert de l'Orme, au-dessus de son abside? Tout simplement parce que l'actuelle chapelle, entre les rues de Bretagne, au sud, de Bayeux, au nord et Neuve bourg l'abbé... n'en est pas vraiment une. Vers 2005, le couvent des soeurs de Saint-Vincent de Paul, installés à Caen depuis la mi-XIXe, se trouvait à peu près 100 m plus bas sur la rue de Bayeux. Mais il a été complétement arasé par la Société de Saint-Vincent de Paul afin d'édifier les bâtiments neufs du centre d'entraide, 100 m plus haut. Pendant ces travaux, la toiture à la Philibert de l'Orme fut malheureusement détruite, mais le clocheton du XIXe et la façade furent conservés, adaptés aux nouveaux batiments et remontés au-dessus de la rue. Pourquoi alors conserver ce pastiche dans les chapelles existantes? Pour deux raisons :d'abord le clocher, y en a bien un et ensuite, le fait qu'il y a toujours un oratoire ou une chapelle dans un centre de la société de Saint-Vincent de Paul, qu'on ne peut donc rayer comme ça d'un coup de clavier...

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : Saint-Vincent-de-Paul
Siécle de l'édifice: XIXe-XXIe
Forme du clocher : lanternon
Position du clocher : à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photo (1) : (c'est une photo personnelle, cliquez pour agrandir)



Chapelle du Séminaire (XXe), rue Nicolas Oresme. Aujourd'hui Centre d'Etudes Théologique, il a été jadis le Petit Séminaire de Caen. La chapelle du Petit Séminaire de Caen, construite entre 1913 et 1919, n'a été pourvue de ses verrières actuelles qu'en 1939. Celles de la nef sont des vitraux anciens, une trentaine de panneaux civils et religieux, dont des verrières du XVe. Il y a un vitrail alsacien, des vitraux milanais, un panneau allemand, un ensemble de vitraux civils, ce qui peut permettre de conclure que cette collection a été constituée hors des frontières françaises, peut-être en Allemagne. Il y avait d'autres petits séminaires dans le Calvados, dont celui de Lisieux, ou encore de Viliers-le-sec, ce dernier étant transformé en maison de retraite.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : du séminaire
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

le séminaire
vues de la chapelle

Chapelle de l'Institution Saint-Joseph (2e moitié XXe), rue des Rosiers

La chapelle fut construite après 1950, pour suivre l'accroissement du nombre des élèves. A droite de la grande nef où sont alignées deux rangées de bancs face à un autel surelevé, se trouve le clocher, surmonté par une haute flèche en ardoises. A droite dans une petite chapelle accollée au clocher se trouve la tombe du Vénéré Monsieur Edouard DECORDE (Frère Albertis de Jesus), directeur de St Joseph depuis 1904, mort le 23 avril 1940.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : Saint-Joseph
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : flèche
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (7) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (4) :

vue des bâtiments

façade et coté nord
façade et coté sud
chevet à l'est

Intérieur (3) :

tombe de M. Edouard DECORDE

choeur et autel
vue vers l'entrée

Chapelle du lycée professionnel l'Oasis, rue du Général Giraud et rue de l'Oratoire

Les premiers patronages du Dimanche sont à l’origine de l’Oasis. Mlle Aline ITIER , fille du Directeur des Douanes, avait décidé en 1857 d’y consacrer sa vie et sa fortune. Parce qu’elle rencontrait, avec Clémentine Brochin, fréquemment de jeunes ouvrières isolées, sans emploi et sans logement, elle avait obtenu du Maire de Caen de l’époque, Mr Bertrand (1848 – 1970), un local et une subvention. Cela avait permis d’organiser un atelier et d’héberger une douzaine de jeunes filles.

Une jeune Congrégation est née en 1862, d’un souci missionnaire du Père Saulet, Supérieur des Missionnaires de la Délivrande. Les conditions de vie des jeunes ouvrières dans les usines et ateliers du département constituaient pour elles un danger moral et pour lui un souci permanent. Cette préoccupation rejoignait tout à fait celle d’Aline Itier, il était donc naturel que celle-ci se tourne vers la jeune communauté de la Délivrande pour y trouver le soutien moral et spirituel dont elle avait besoin.En 1879, un immeuble est acheté au 3, rue des Jacobins, il devient un centre d’activités variées pour les jeunes filles : les internes sont formées au métier de servantes et travaillent dans la maison avec les religieuses, les externes, auxquelles on apprend le métier de couturière ou de souffleuse de perles, enfin, les jeunes qui fréquentent le patronage du Dimanche.

En 1914 de plus en plus de jeunes ouvrières sont à la recherche d’un logement, de nombreux employeurs n’assurant plus la nourriture et le logement. Sous le patronage de Mme Harcourt, un comité décide d’ouvrir une maison d’accueil au 32 rue de l’Oratoire, et en confie la direction aux sœurs de la Sainte famille de Douvres la Délivrande, qui, dans l’immeuble voisin, continueraient l’œuvre fondée par Mme Itier. En 1920, cette œuvre trouve sa forme légale d’Association Loi 1901 et est connue sous le nom « Association l’Oasis ». Plus tard, des cours d’anglais, de dessin, de coupe, de sténo puis un atelier de lingerie voient le jour. Ces cours sont à l’origine du Lycée Professionnel Privé d’aujourd’hui. En 1933, on inaugure la « Soupe Populaire » qui devient en 1940 le « Fourneau Economique » pour les familles déplacées durant la guerre.
Après les bombardement du 6 juin 1944, les sœurs ouvrent sur les ruines, puis dans les baraquements, un restaurant pour les ouvriers de la démolition puis de la reconstruction de Caen, tout en continuant à maintenir leur œuvre auprès des jeunes.Après cette période héroïque, la reconstruction du bâtiment actuel est terminée en 1957, rue de l’Oratoire. A la réouverture en 1957, deux restaurants fonctionnent. Un, au sous sol pour les messieurs (~400 repas servis le midi.) et un autre au rez de chaussée pour les dames (500 repas par jour). Mais le 22 Juillet 1967, une petite note de service annonçait aux habitués que le restaurant cantine des messieurs allait fermer ses portes. On expliquait la décision par la multiplication des cantines d’entreprises. Donc seul le restaurant du rez de chaussée continue de fonctionner. On y sert 400 repas par jour pour les pensionnaires et les personnes de l’extérieur membres de l’association, car statutairement, le self est réservé aux personnes possédant une carte de membre adhérent.

En 1974 le lycée professionnel privé signe un contrat d'association avec l'Etat. Pour survivre au temps, la rénovation des locaux est engagée, la direction et l'enseignement de plus en plus laïcisés. Toujours dans le souci de s’adapter, en 1999, la Communauté de la Sainte Famille de la Délivrande, fusionne avec la Sainte Famille de Villefranche de Rouergue, dont la Fondatrice est Sainte Emilie de Rodat (1787 – 1852) qui se voue à l’éducation et à l’enseignement. La pédagogie promue par la Sainte Famille est centrée sur le jeune. Elle est faite d’encouragement, de respect de la liberté de chacun.e organise un patronage et un atelier et héberge une douzaine de jeunes filles.

Source : http://www.oasis-caen.net

Arrow Photos avant 1944 : voir Ancienne chapelle du foyer de jeunes travailleuses de l'Oasis ci-dessous.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : du Lycée professionnel de l'Oasis
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photo (1) : (c'est une photo personnelle, cliquez pour agrandir)

vue de la chapelle

Chapelles d'établissements hospitaliers

Chapelle de la Miséricorde, à la clinique de la Miséricorde, 32, rue Gémare (partiellement détruite en 1944)

En 1643, les bénédictines s'installent à l'Hôtel de Loraille, entre les rues des Fossés St Julien, Gémare, Geôle et des Cordeliers, auxquels le couvent appartenait depuis le XIIe siècle. L'église, construite par les Cordeliers, date de la première moitié du XIIIe. L'ancien couvent des Cordeliers, restauré au 17ème siècle après les saccages des guerres de religions, fut le siège des Assemblées Générales de l'Université, celui du Parlement de Normandie pendant la Ligue et du Tribunal de l'Election de Caen jusqu'en 1770. Les Bénédictines l'achetèrent en 1816 à la ville de Caen, leur propre couvent antérieurement installé rue de Geôle ayant fermé en 1770. La nouvelle congrégation effectua d'importants travaux et la chapelle, restaurée, fut consacrée en 1821. Puis vint le débarquement de 1944. Les soeurs de la Miséricorde, ayant tout perdu pendant la bataille de Caen, s'installèrent à la place des Bénédictines et entreprirent de restaurer la chapelle qui fut consacrée le 26 mai 1958. La nef est toujours en ruines. Le 7 novembre 2007, une convention de partenariat a été signé entre la Fondation de la Miséricorde et la Fondation du Patrimoine pour la restauration du clocher de la chapelle des religieuses de la Miséricorde. La moitié des 400 000 € nécessaires pour restaurer le clocher sont couverts par des subventions publiques. Le clocher a été finalement restauré dans l'année 2008. Le choeur rescapé fut réparé et accueille le culte anglican.

La salle d'observation fut mise hors service dès le début de la Bataille de Caen, le 6 juin à 16 h 30. A 17h30 les docteurs Morice et Martin qui avaient opéré jusqu’alors informent le docteur Jean Cayla, qu’après le second bombardement de la clinique, celle-ci n’était plus utilisable. Ils furent priés de rejoindre aussitôt le Bon-Sauveur avec leur équipe chirurgicale. A 23h00 arrivée du Poste Secours n° 1 situé de l’autre côté de la rue des Carmes dans le vieux pensionnat Saint-Jean qui évacue à la Miséricorde. Le 7 juin à 02h20 a lieu l'écrasement de la Miséricorde : le dispensaire transformé en hôpital complémentaire, la clinique principale et l’autre clinique rue des Carmes sont anéantis, faisant 171 victimes dont 72 morts. Les cliniques Saint-Joseph et Saint-Pierre sont anéanties. A la clinique Saint-Martin, dès le 6 juin , les blessés y arrivent par leurs propres moyens. Le personnel sanitaire y est très réduit : quelques infirmières, des bénévoles et un interne en médecine faisant office de médecin, M. Toutain. La clinique, abîmée dans sa structure, dispose encore de ses instruments et accueille jusqu’au 15 juillet des victimes civiles et militaires. (voir à ce propos un site dédié à la vie des caennais pendant la libération de la ville, du 5 juin au 19 juillet 1944 : http://sgmcaen.free.fr/vieacaen.htm#LESCARRIERESDESCOTEAUX)

Voici une carte postale représentant en 1926 la chapelle et le couvent :


Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : de la Miséricorde
Siécle de l'édifice: XIVe-XVe
Forme du clocher : flèche de type kreisker
Position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

la nef ruinée, un bâtiment XIXe rescapé et le clocher

coté nord
le chevet et le clocher restauré

Chapelle de la Clinique Saint-Martin, 6, rue de Courseulles

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : de la Clinique St Martin
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : clocher-mur
Clocher en péril : non

Chapelle du CHR - Hopital Clémenceau (XXe), rue Clémenceau et rue de la Masse

En remplacement des deux hôpitaux de caen, l'hôtel Dieu et l'hospice Saint Louis, installés à l'abbaye aux dames, la ville de Caen lance la construction d'un nouvel hôpital. Il sera construit derrière le parc de l'abbaye aux Dames dans le clos Vaux Bénard, sur un terrain de 7,2 hectares acheté par la ville de Caen à Mme De Fay. La première pierre de ce nouvel ensemble est posée le 4 octobre 1903 en présence du Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, et 5 ans plus tard, le 26 juillet 1908, l'hôpital Clémenceau est inauguré. Comme ces prédécesseurs, l'établissement reste basé sur la mise en place de salles communes. De novembre 1908 à février 1909, les différents services emménagement dans le nouvel hôpital.

L'hôpital est composé de dix pavillons, une chapelle, avec galerie d'accès couverte, un foyer et un bâtiment administratif. Le côté gauche est réservé aux hommes et le côté droit aux femmes.
- Pavillon 1 : Les militaires
- Pavillon 2 : Chirurgie hommes
- Pavillon 3,4 et 5 : Pneumologie (tuberculose)
- Pavillon 6 : Maladies infectieuses
- Pavillon 7 : Filles publiques
- Pavillon 8 : Chirurgie femmes
- Pavillon 9 : Médecine femmes
- Pavillon 10 : Médecine et maternité
- Pavillon 11 : Logement et foyer des soeurs

Entre les pavillons 10 et 11 se trouve la chapelle. Les deux pavillons sont divisés en deux grandes salles de 40 à 50 lits par étage. En 1945, l'hôpital devient le Centre Hospitalier Régional (déclassé, il reprendra de nouveau ce titre en 1961). Cette chapelle, orientée d'est en ouest, couverte d'ardoises, possède une nef de quatre travées, un transept peu saillant et un choeur de trois travées. Toutes ces travées, égales, sont éclairées par une baie en plein cintre ménagée au milieu de la partie haute. L'abside, à trois pans, est aussi éclairée de la même façon. Au-dessus de la façade et de la galerie couverte se dresse le clocher-mur, privé de sa cloche. A l'intérieur, un sas sépare la chapelle proprement dite de l'extérieur. Au-dessus de ce sas se trouve une tribune. Le choeur est séparé par une grille en fer forgé de la nef.

En 1944, l'hôpital était appellé Hopital civil de la route d'Ouistreham. Il était un Kriegslazarett réservé aux allemands, excepté un service de contagieux au Pavillon N°6, une quarantaine de lits, l'Ecole d'Infirmière (directrice Mme Saule) et la Communauté des sœurs Augustines. Depuis 1940, lors de l'invasion allemande, l'hôpital de Caen, route d’Ouistreham, fut occupé. Les services étaient éclatés au Bon Sauveur, à la Miséricorde, à la clinique Saint Martin et à l’hospice Saint Louis.

Le projet immobilier est précisé en avril 2011 (cf. http://www.tendanceouest.com/caen--urbanisme--quartier-clemenceau--renouvel… ) : une partie du CHR a déménagé en 2009, et des immeubles de cinq étages seront construits au nord-est de l'emprise de l'hôpital. La Ville a du renoncer, face à la mobilisation des riverains, à implanter un immeuble de 10 étages. L’autre grand chantier vise à abattre la barre blanche de l’hôpital, là où se trouvait jadis le premier centre contre le cancer de Caen. Un grand espace ver communiquant directement avec le parc d’Ornano y sera aménagé. La chapelle du CHR, qui abrite les fidèles de la communauté orthodoxe en plus des services liés à l'Hôpital, sera conservée et restaurée, tout comme le manoir Vaubenard, actuellement masqué par l’hôpital et situé plus près du canal de l'Orne.
Le déménagement des services hospitaliers n'est pour l'instant soumis à aucun calendrier, de même que l'acquisition des terrains par la Ville de Caen. Le projet global devrait toutefois prendre fin en 2017, une date encore assez éloignée pour pouvoir parer à tout aléa.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : de l'hôpital Clémenceau
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : clocher-mur
Clocher en péril : à surveiller

Photos (7) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (4) :

un des pavillons de l'hôpital

façade de la chapelle à l'est
coté nord
chevet et coté sud

Intérieur (3) :

vue vers l'autel
vue du choeur
vue vers l'entrée

Chapelle du Bon-Sauveur (XIXe-XXe), rue Caponière (détruite en 1944, reconstruite)

Le Centre hospitalier spécialisé du Bon Sauveur à Caen, couramment surnommé le Bon Sauveur ou le BS, est installé dans un ancien couvent transformé en hôpital psychiatrique à partir du XIXe siècle par la Congrégation des Filles du Bon Sauveur fondée dans la première partie du XVIIIe siècle.

En 1720, Anne Le Roy fonda à Vaucelles, sur la rive droite de l'Orne, l'Association de Marie, une communauté non cloîtrée visant à reprendre le travail de la Visitation de Caen ; elle fut rapidement surnommée le Petit Couvent. Établies rue du Four, elles déménagèrent en 1732 dans des bâtiments situées rue d'Auge. Louis XV reconnut en 1734 cette communauté religieuse qui prit alors le nom de « Filles du Bon Sauveur », toutefois, ce n'est qu'en 1751 que le Parlement de Rouen enregistra les lettres-patentes du Roi. Elles avaient la charge « des filles et femmes débauchées » que la police faisait arrêter. Par la suite, elles commencèrent à accueillir des femmes aliénées. En 1792, la communauté fut dispersée. Une partie s'établit dans une maison près de la place Saint-Sauveur, puis rue Saint-Martin à partir de 1799, et consacrèrent leur temps à l'éducation de quelques jeunes filles. L'autre partie resta dans les locaux de la communauté, rue d'Auge, d'où elles furent chassées en 1795 ; elles partirent alors avec les malades à Mondeville. Grâce à l'abbé Pierre-François Jamet, chapelain de la communauté depuis 1790, les Filles du Bon Sauveur purent se réunir en 1805. Elles reprirent leurs activités charitables dans l'ancien couvent des Capucins fondé en 1577 sur le territoire du prieuré de Brécourt, offert par le cardinal Farnèse, alors abbé de l'Abbaye aux Hommes, dans la paroisse Saint-Ouen de Villers. Le conseil général du Calvados, sous l'impulsion du comte de Montlivault, préfet du Calvados, octroie des subventions aux sœurs afin qu'elles construisent de nouveaux bâtiments.

Sous l'impulsion de l'abbé Jamet, l'asile se développa rapidement et entra dans une véritable démarche thérapeutique. Conçu à l'origine comme un simple lieu d'enfermement des marginaux et des inadaptés sociaux, le Bon Sauveur devint peu à peu un espace de soins où les aliénés pouvait recevoir un traitement plus humanitaire. En 1816, une importante école pour les sourds-muets fut fondée dans la Communauté du Bon Sauveur. En 1818, le préfet Montlivault décide que les hommes aliénés, auparavant incarcérés à la prison de Beaulieu, seraient également admis au Bon Sauveur afin d'y recevoir des soins. À partir de cette date, le Bon Sauveur se développe et devint un des plus importants établissements psychiatriques de France. En 1838, il devient asile départemental. Selon Jean-Étienne Esquirol, « cet établissement est remarquable par son étendue et par sa bonne tenue ». Les hommes et les femmes sont alors strictement séparés. Deux bâtiments sont réservés aux hommes. Le plus important est réservé aux aliénés qualifiés de paisibles ; il est isolé par une enceinte plantée de tilleuls et des arcades servent de promenoirs. Le deuxième corps de bâtiment est destiné « aux idiots, aux aliénés en démence et aux épileptiques ». Enfin une section avec son jardin à part permet d'isoler les aliénés dits furieux. Les femmes sont accueillies dans un long bâtiment (cent toises) de trois étages. Le grand jardin devant cette aile et les cours à l'arrière de celle-ci sont divisés en quatre sections permettant de séparer les patientes en fonction de leur état. Une galerie permet également la circulation au rez-de-chaussée. De 251 malades en 1829, l'établissement passa à 1 060 en 1876. A cette date, la population totale du Bon Sauveur atteignait 1 720 personnes si on ajoute aux malades les 260 religieuses et novices, les 215 élèves des écoles pour sourds et muets, ainsi que le pensionnat pour jeune fille. Le maximum est atteint en 1899 avec 1 439 patients, ce qui fait du Bon-Sauveur le troisième hôpital psychiatrique de France. Les Filles du Bon Sauveur ont fondé des instituts dans la France entière : l'abbaye de Bégard en 1857, Alby (http://www.bonsauveuralby.asso.fr) en 1832, le Vésinet en 1922. Elles sont également implantées en Irlande, au Pays de Galles, en Espagne, en Italie et à Madagascar.

En juillet 1942, les forces d'occupation allemandes évacuent l'hôpital et y installent un mois plus tard un Kriegslazarett (hôpital militaire). En vertu du décret de loi du 11 juillet 1938, la ville est divisée en six secteurs dans lequel s'organisent l'action de la Défense passive. Des centres d'accueil sont ouverts pour que les réfugiés trouvent un abri et de la nourriture et pour qu'on organise leurs déplacements. Le Centre d’accueil n° 5 au Bon-Sauveur fait partie du secteur n°1. Dès le 6 juin 1944, 300 personnes se réfugient au Bon-Sauveur ; dix jours plus tard, on dénombre 1 250 réfugiés. Du fait de l'ordre d'évacuation, le chiffre baisse avant de remonter à nouveau après la libération de la rive gauche de la ville, le 9 juillet. Une semaine plus tard, le centre d'accueil est à nouveau vidé et ferme définitivement le 15 octobre. Pendant la durée de la bataille de Caen (du 5 juin au 20 juillet 1944), le Bon-Sauveur soignent les blessés qui affluent. Un bloc opératoire de trois salles d’opérations est ouvert dans le pavillon du Sacré-Cœur. L'établissement forme avec l'abbaye aux Hommes un îlot sanitaire, protégé des bombardements aériens. Les alliés, puis les allemands, lancent plus de 200 obus sur le site ; 50 morts, ainsi qu'une centaine de blessés, sont comptabilisés.

Depuis 1984, les sourds et malentendants sont pris en charge par le Centre de rééducation de l'ouïe et de la parole à Bretteville-sur-Odon. La Congrégation des Filles du Bon Sauveur a quitté l'enclos situé dans l’ancien faubourg de la rue Caponnière. Le lycée Jeanne-d'Arc qui occupait une partie des locaux a déménagé dans le quartier de Beaulieu. Ce site, disposant de vastes jardins à deux pas du centre-ville, offre d’importantes opportunités. Une partie des locaux a d'ores et déjà été réaffectée. Ils abritent désormais la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC), dans une grande cour autour de bâtiments du XIXe. A l'est, en retour d'angle, on peut voir la chapelle Saint-Joseph (mi XIXe), possèdant une nef flanquée de bas-cotés, le tout sans clocher. Les activités du Centre hospitalier spécialisé ont été maintenues et l'établissement fait l'objet d'importants investissements inscrits dans le Plan Psychiatrie et Santé Mentale. Des logements ont été aménagés dans les anciens locaux du lycée sur la place Villers. La Congrégation religieuse devrait bientôt vendre les locaux au groupe Eiffage qui a prévu d'y construire un ensemble de résidences de standing (280 logements), renommé « Caen grand parc ». Il est prévu de détruire une partie des bâtiments et notamment le cloître, jugé sans valeur architecturale, afin d'aménager un parc. La chapelle, inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, sera préservée, sans qu'une affectation précise lui ait été donnée. D’autres propositions ont été avancées. La Maison des États-Unis devrait s’y implanter ainsi qu’une antenne de l'université du Texas pour l’accueil d’étudiants, de chercheurs et d’entreprises américains. Le Conseil général du Calvados prépare la création d’un hôtel maternel destiné à recevoir des familles mono-parentales. D'autres projets ont été abandonnés. On pensait réunir tous les services de l'École des Beaux-Arts de Caen mais il fut finalement choisi de construire un nouveau bâtiment sur la presqu'île portuaire. Le Conseil régional de Basse-Normandie souhaitait acquérir la chapelle pour y installer l’Orchestre régional de Basse-Normandie mais ce dernier a déménagé dans les locaux de la Renaissance et de l'hôtellerie au Plateau sur la commune de Mondeville. Il n'en reste pas moins que la chapelle est désaffectée depuis 1999, que le bâtiment d'honneur néo-gothique, construit entre 1869 et 1873, s'empoussière et reste inutilisé, et que le cloître s'enherbe et se dégrade lentement.

L'entrée principale au Bon-Sauveur se fait au no 93 de la rue Caponière. On pénètre dans l'enceinte par un portail d'entrée datant du début du XVIIIe siècle. Légèrement en retrait par rapport à la rue, ce portail est constitué d'un mur avec bossages réguliers ouvert par une porte ; cette dernière est encadrée par quatre colonnes surmontées par des chapiteaux ioniques, le tout étant couronnée par une architrave avec agrafe, elle-même surmontée d'une corniche et d'un attique avec vaste table nue. Ce portail donnait autrefois accès à l'hôtel Faudoas situé rue Saint-Jean. Ce dernier fut détruit en partie en 1833 par l'architecte départemental Harou-Romain pour ouvrir une nouvelle rue. Le portail fut alors démonté et remonté en 1834 à son emplacement actuel[12]. Il s'ouvre désormais sur une cour ouverte, derrière le chevet de la chapelle. A coté s'élèvent les anciens locaux du lycée (XIXe), devenus aujourd'hui un immeuble habité.

Cette chapelle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 26 septembre 2006. En 1605, les Capucins se font construire une nouvelle chapelle à l'emplacement d'un premier lieu de culte construit à la fin du XVIe siècle et tombé en ruine. Jugée trop exiguë, cette nouvelle chapelle est transformée en infirmerie et la construction d'une nouvelle église est entamée en 1634. Les travaux se terminent en 1635 et l'église est dédiée en 1636. Elle reprend le vocable de l'ancienne chapelle dédiée à saint Michel et à saint Jacques le Majeur. L'édifice prenait la forme d'une croix latine avec transept saillant et chœur en hémicycle. Les dispositions intérieures ont ensuite été modifiées pour l'usage de la Congrégation des Filles du Bon Sauveur. Entre 1869 et 1873, Charles Auvray construit, perpendiculairement à l'ancienne église Saint-Michel-et-Saint-Jacques-le-Majeur, un grand bâtiment d'honneur et élève un clocher en charpente revêtu d'ardoises et bordé par deux galeries. En 1956, Louis Rême reconstruit la chapelle à partir des fondations de l'ancienne église du XVIIe siècle tout en conservant les bâtiments néo-gothiques construits au XIXe siècle. Le plafond est constitué de caissons et l'éclairage est permis par des dalles de verre. Trévedy conçoit les cartons et Gabriel Loire réalise les vitraux. À cette époque, l'ancien cloître des moines qui subsistait au nord-est de l'église est reconstruit également. L'édifice est désaffecté depuis 1999. La chapelle en totalité, ainsi que la façade et la toiture correspondante du bâtiment d'honneur situé au nord de la cour d'honneur, sont inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 26 septembre 2006.

Photo de l'intérieur de la chapelle depuis la tribune :
Crédits : Phot. Alain Nafilyan. © CRMH Basse-Normandie


NB : En juillet 2010, le cloître en bois du Bon-Sauveur, au centre duquel une grande croix peinte avec le sang des blessés sur les draps de l'hôpital avait été mise en place en 1944 par les Résistants, et qui avait évité l'arasement du seul grand hôpital de Caen pendant le mois et demi de bombardements qui ont dévasté la ville, a été détruit au mépris de son importance historique et patrimoniale. Voir à ce sujet Ancien oratoire du cloître Saint-Sauveur, dans la partie "Anciennes chapelles", en bas de la page.

Autre article sur l'arasement du Bon-Sauveur : http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-cloitre-vandalise-a-caen-le…

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : saint Michel et saint-Jacques le majeur (du Bon-Sauveur)
Siécle de l'édifice: XVIIe-XIXe-XXe
Forme du clocher : flèche
Position du clocher : au-dessus de la façade
Clocher en péril : désaffecté, en état d'abandon

Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade de la chapelle, clocher et bâtiment d'honneur au sud-est
coté sud et clocher
chevet à l'ouest

Chapelle Saint-Joseph, aujourd'hui DRAC Basse-Normandie et Centre Hospitalier du Bon Sauveur, rue Saint-Ouen

Cette chapelle du XIXe, antérieure à la reconstruction de la chapelle du Bon-Sauveur, a une nef flanquée de bas-cotés. restaurée du coté des bâtiments appartenant à la DRAC, mais peu entretenue dedans et dehors, car elle appartient à l'hôpital, elle aurait bien besoin d'un coup de peinture. En outre, comme l'atteste la carte postale de 1935 visible à cette adresse : http://cards.geneanet.org/pics/carte/normal/r/repentor61.jpg, elle avait un clocheton au-dessus de sa façade, au nord, un bulbe posé, comme le clocheton du cloître St Sauveur (et peut-être à la même époque) sur plusieurs pieds en bois, au-dessus d'un volume à jour. Ce clocher a aujourd'hui disparu.

On apprend ici ( http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-cloitre-du-bon-sauveur-a-ca… ) que cette chapelle devrait être démolie tout comme le cloître du Bon-Sauveur l'a été; je cite :

C'est un véritable bombardement qui se prépare sur la parcelle de l'ancien HP cédé par la congrégation des Filles du Bon Sauveur au groupe Eiffage : outre le cloître et son jardin, disparaissent les bâtiments de la cour d'entrée donnant sur la rue Caponière, le grand bâtiment situé au fond à gauche de la place Villers (derrière le mur) avec une jolie série d'arcades en pierres taillées, le bâtiment en aile de retour de la première chapelle du site et qui appartient aujourd'hui à la DRAC : ça ne s'invente pas ! Eiffage va même démolir une partie de la Cour intérieure de la DRAC avec la contrainte de reconstruire un immeuble neuf pastichant la continuité architecturale de la cour... Sont démolis aussi les bâtiments du flanc nord de la chapelle avec leurs cours intérieures et le cloître 1950 en pierre de Caen intégré à la chapelle d'Après-Guerre servira de hall d'entrée de la nouvelle résidence du groupe Eiffage à l'architecture simili-traditionnelle.

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : Saint-Joseph
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : en péril

Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

coté ouest (cour de la DRAC)
coté est
façade au nord

Chapelle funérairedu Bon-Sauveur (XIXe), adossée au mur du cimetière à l'est de l'église Saint-Ouen

Type d'Edifice: Chapelle funéraire
Nom de l'Edifice : du Bon-Sauveur
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : lanternon à dôme
Clocher en péril : non

Photos (1) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade de la chapelle à droite, à gauche, église St Ouen


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MessagePosté le: Mar 4 Aoû - 18:10 (2009)    Sujet du message: Caen (14000) Répondre en citant

Abbayes, prieurés et couvents

Abbaye aux hommes et Eglise abbatiale Saint-Etienne

L'abbaye aux Hommes est une des deux grandes abbayes, avec l'abbaye aux Dames, fondées par Guillaume le Conquérant à Caen. Elle s'élève à l'ouest du centre-ville et donna le nom de Bourg-l'Abbé au quartier qui l'entoure. Transformée en lycée au XIXe siècle, elle abrite depuis les années 1960 l'hôtel de ville. L'abbaye offre un très bel ensemble architectural construit entre le XIe et le XVIIIe siècle.

Du Ier siècle au IIIe siècle, un bourg s'est développé à l'emplacement de l’actuelle abbaye aux Hommes à proximité d'une voie romaine reliant Augustodurum (Bayeux) à Noviomagus (Lisieux). Ce bourg n'était qu'un vicus sans fonctions politiques ou administratives, ce rôle étant attribué à Aregenua, capitale des Viducasses située à une quinzaine de kilomètre au sud de Caen. Les fouilles menées de 1979 à 1981 dans l’enceinte de l’ancienne École Normale ont permis de mieux cerner l'organisation du vicus gallo-romain. Sa vocation était essentiellement artisanale : four de tuilier et son habitation, une installation de tanneur avec son réseau de fosses et les vestiges d’un atelier de tabletterie avec de nombreux éclats d’os. Les fondations de la cella d’un fanum (lieu de culte gaulois) ont également été découverts lors des fouilles de la salle des gardes, près de l’hôtel de ville, et ont été conservés. De plan rectangulaire (6,2 m x 5,25), cette cella était constituée de pierres sèches grossièrement équarries et revêtues à l'extérieur d'un enduit peint. Il semble qu'un fragment de mur trouvé à 4,5 mètres de la cella corresponde au péribole du temple.

Vue de la cella gauloise :


Deux histoires peuvent être avancées pour expliquer la fondation de l'abbaye. La première fait de l'abbaye aux Hommes une œuvre d'expiation pour les péchés commis par le couple ducal formé par Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre. En 1050 ou 1051, le duc de Normandie épouse en effet Mathilde, fille du comte de Flandre. Mais le père de la marié, Baudouin V, était le petit-fils de Richard II de Normandie tout comme Guillaume. Leur mariage, jugé consanguin, est donc prohibé par le pape Léon IX. En contrepartie du pardon accordé par le Pape Nicolas II, ils fondent à Caen en 1059 deux abbayes bénédictines : l'abbaye aux Hommes dédiée à saint Étienne, et l'abbaye aux Dames dédiée à la Trinité. Au delà de cet acte fondateur romantique, il existe des raisons plus politiques. Guillaume appelé le Bâtard doit combattre pendant toute la première partie de son règne les barons de Normandie. Il cherche donc à asseoir davantage son autorité sur la basse Normandie où la rébellion a été la plus forte. Cela passe par la construction de châteaux, mais également par la fondation d'abbayes, selon un schéma classique en Normandie depuis le Xe siècle. Le duc décide donc de densifier le réseau d'établissements monastiques en basse Normandie, alors beaucoup plus lâche que dans la vallée de la Seine mieux contrôlée par les ducs de Normandie. L'abbaye aux Hommes, comme l'abbaye aux Femmes, ont toutefois dans ce dispositif une place privilégiée. En effet, sur les 18 abbayes élevées durant le règne de Guillaume le Conquérant, seules deux, celles de Caen, sont fondées directement par le duc lui-même, les autres étant créées par des seigneurs locaux et reconnues ensuite par le duc. La fondation de l'abbaye aux Hommes et de l'abbaye aux Dames s'inscrit donc dans un dessein politique plus large qui vise à faire de Caen un point d'appui plus proche de la sédition que Rouen qui se trouve dans la partie orientale du duché. En choisissant de s'y faire inhumer - en 1083 à l'abbaye aux Dames pour Mathilde de Flandre et en 1087 à l'abbaye aux Hommes pour Guillaume le Conquérant - Guillaume et Mathilde inscrivent dans la durée l'attention des ducs-rois non seulement pour l'abbaye, mais également pour la ville de Caen qui, d'un gros bourg de constitution anarchique, devient la capitale secondaire de la Normandie. Les descendants de Guillaume confortent ensuite le lien des deux abbayes avec la dynastie ducale et royale. Ainsi, fait exceptionnel, Guillaume le Roux dépose les insignes royaux (couronnes et sceptres) de ses parents au trésor des deux abbayes où ils sont inhumés.

La construction de l'abbaye aux Hommes, confié à Lanfranc, commence en 1063. L'église a été construite entre 1065 et 1077. La conquête de l'Angleterre, en 1066, en apportant des moyens supplémentaires, mais aussi la présence de carrières de pierre à ciel ouvert à proximité, expliquent la rapidité de cette construction. Elle fut dédicacée le 13 septembre 1077. Le chroniqueur Guillaume de Poitiers décrit la fondation de l'abbaye par Guillaume le Conquérant : « Pour l'établir abbé du monastère de Caen, il lui fallut user, pour ainsi dire, d'une pieuse contrainte ; car Lanfranc s'y refusait moins par amour pour l'humilité, que par crainte d'un rang trop élevé. Ensuite, Guillaume le Conquérant enrichit ce monastère de domaines, d'argent, d'or et de divers ornements ; il le fit construire à petits frais, d'une grandeur et d'une beauté abordable, et peu digne du bienheureux martyr Étienne, par les reliques duquel il devait être honoré et auquel il devait être consacré. » La guerre de Cent Ans met l'abbaye en première ligne des combats. Après la prise de Caen par les Français en 1346, les religieux reçoivent l'ordre de fortifier l'enceinte, Saint-Étienne se trouvant en dehors des fortifications de la ville. En 1562 et 1563, pendant les guerres de religion, l'église est pillée par les troupes de Montgommery puis abandonnée. Les vitraux, les orgues et le mobilier sont détruits. Le tombeau de Guillaume le Conquérant, magnifique mausolée en marbre, surmonté d'un gisant, et qui fut édifié à la demande de son fils Guillaume le Roux, roi d'Angleterre est profané en 1562 par les protestants. Les restes sont confiés à un moine de l'abbaye, Michel de Cemallé. Mais en 1563, une nouvelle intrusion des protestants provoque la fuite des moines et les ossements sont dispersés à l'exception d'un seul os, sauvé par Charles Toustain de La Mazurie, le poète ami de Vauquelin de La Fresnaye. Cet os est replacé dans le tombeau en 1642 par le prieur Jean de Baillehache, après la restauration du chœur. En 1742, les moines obtiennent du roi Louis XV l'autorisation non seulement de déplacer le tombeau dans le sanctuaire mais aussi de le réduire à un simple caveau recouvert d'une pierre tombale. La tour-lanterne s'écroule en 1566, détruisant les voûtes du chœur. Le chœur, en ruines, a failli être rasé sur décision du Parlement de Rouen. Un moine de l'abbaye, Jean de Baillehache, obtint l'annulation de cette décision et entreprit la reconstruction du chœur et la restauration de l'abbatiale. L'église est de nouveau consacrée le 18 mai 1626.

Le 6 juillet 1663, les religieux de l'abbaye signent un traité avec la Congrégation de Saint-Maur ; le 10 octobre, ceux-ci s'installent dans l'abbaye. Les mauristes redressent l'abbaye spirituellement, en rétablissant la discipline religieuse, et matériellement en reconstruisant les bâtiments conventuels qui tombaient en ruine. Du cloître, il ne restait alors que les fondations, tandis que les cuisines tombaient en ruine ; la plupart des bâtiments avaient également perdu leur toiture. Les travaux de rénovation, menés par Guillaume de Tremblaye, lui-même assisté par les frères Bayeux, débutent en 1704, mais ils sont interrompus faute de moyens en 1706 avant de reprendre en 1710. En 1715, Guillaume de Tremblaye meurt et le projet est repris par dom Miserey qui le modifie en allongeant l'aile des hôtes vers le sud ; une aile en retour, parallèle à l'aile du réfectoire, devait également être construite à la place de la salle des Gardes pour fermer la cour sud, mais l'éviction des moines pendant la Révolution a entraîné l'abandon du projet. En 1727, les terrains à l'est de l'abbaye sont remblayés de 25 pieds ; un mur de soutènement est construit au sud afin de former une grande esplanade sur laquelle on aménage des jardins à la Française, formées de parterres, de bosquets et de labyrinthes. Un nouveau logis abbatial est construit de 1755 à 1759 dans le Clos de la Pépinière, parcelle comprise entre le rempart du XIVe siècle et le mur séparant l'enclos de la rue de l'abbatiale. Les travaux sont finalement terminés en 1764.

Plan de l'abbaye aux Hommes en 1684 :


Dans la deuxième partie du XVIIIe siècle, les édiles de Caen décident d'aérer la ville médiévale en programmant plusieurs projets urbanistiques. Le baron de Fontette, nommé intendant de la Généralité de Caen en 1752, mène à bien certains de ses projets. Il décide notamment de créer un nouvel axe pour dévier la circulation de la rue Saint-Martin, axe historique permettant l'accès à l'ouest de la ville. En 1755, un accord est passé entre l'abbaye et la ville de Caen en vue de percer une nouvelle rue à travers les jardins de l'abbaye entre la place des Petites Boucheries et une nouvelle place octogonale, aménagée à l'emplacement des anciennes fortifications de la ville et sur laquelle vient déboucher la rue Écuyère. La partie sud de ce nouvel axe, appelé rue Saint-Benoît (actuelle rue Guillaume le Conquérant), est lotie par les moines de Saint-Étienne. Sur la place, rapidement baptisée place Fontette, on prévoit également d'ériger deux pavillons à l'entrée de la nouvelle rue ; en contrepartie de la construction du pavillon sud, l'abbaye obtient la propriété des terrains auparavant occupés par les fossés, les contrescarpes et les fortifications de la ville. Le pavillon des moines est achevé en 1758 et les jardins de l'abbaye sont étendus jusqu'à la nouvelle place.

Le 2 novembre 1790, les religieux sont chassés de l'abbaye en vertu de la loi du 13 février-19 février 1790[13] et les administrations préfectorales et municipales prennent leur place. En 1793, l'église Saint-Étienne est transformée en temple dédié au culte de la Raison et de l'Être suprême. Le 12 octobre 1800, l'Académie de Caen, rebaptisée « lycée de Caen », est installée par le préfet Dugua dans les locaux de l'abbaye. Suite à l'entrée en vigueur en 1802 du Concordat de 1801, le culte catholique est rétabli dans l'ancienne abbatiale, mais cette dernière devient église paroissiale et les religieux ne font pas leur retour à l'abbaye. En 1810 cependant, les sœurs de la Visitation de Caen, chassées pendant la Révolution de leur couvent transformé en caserne (actuel Quartier Lorge), s'installent dans l'ancien logis abbatial des bénédictins construit dans les années 1750. Elles aménagent et agrandissent les bâtiments existants et font élever une première chapelle provisoire, suivie d'une deuxième église, remplacée elle-même par l'édifice actuel construit entre 1890 et 1892. Les sœurs aménagent un grand jardin dans le sud de l'enclos. (Voir à ce sujet le Couvent de la Visitation plus bas). Finalement, le Lycée impérial (actuel Lycée Malherbe), fondé le 20 juillet 1804, est aménagé dans l'abbaye ; en 1841, on y adjoint une école primaire élémentaire[. L'abbaye est transformée au cours des années pour accueillir les élèves ; ainsi les cellules de moines ont été abattues dans les années 1880 pour faire place à des dortoirs communs. En 1842, l'aile des hôtes est achevée alors que l'ancien logis abbatial du XVe siècle est démoli ; seul un écusson portant les armoiries de Charles Ier de Martigny, évêque de Castres et premier abbé commendataire de l'abbaye, situé dans la galerie nord du cloître rappelle le souvenir de ce bâtiment construit en 1490. En 1810, les jardins de l'abbaye sont amputés d'une partie de leur emprise afin d'aménager une place reliant la place Fontette à la Prairie ; l'esplanade est alors plantée de marronniers et on installe une grille pour séparer la promenade des lycéens de l'espace public nouvellement créé, baptisé place du Parc (actuelle place Guillouard) et agrémentée en 1882 d'une statue provenant de la place de la République. Deux nouveaux bâtiments sont également construits dans les jardins : à la fin des années 1820, le « [i]couloir des classes [/i]» (actuellement occupé par le service de l'État-civil) et, en 1885, le "Petit Lycée" abritant l'école primaire élémentaire (actuel hôtel de police municipale).

Plan en 1856 :


Suite à des actes de sabotage perpétués près d'Airan par la Résistance en avril 1942, les autorités d'occupation décident de faire arrêter des otages en représaille ; dans la nuit du 1er au 2 mai et dans les jours qui suivent, 120 personnes, communistes, syndicalistes ou juives, sont rassemblées par la police et la gendarmerie françaises dans le Petit Lycée, puis amenées à la gare de Caen d'où elles sont déportées vers des camps de concentration ou d'extermination. Pendant la bataille de Caen, le lycée est transformé en centre d'accueil de la défense passive, le CA n°4 Lycée Malherbe. L'ensemble formé par l'ancienne abbaye, le palais de justice et le monastère de la Visitation, devenu le plus important des cinq centres d'accueil, abrite une foule de 3 500 personnes début juillet et plus de 8 000 à la mi-juillet à la veille de la libération de la rive gauche de la ville. L'ancienne abbaye sert également d'hôpital complémentaire à l'hôpital principal aménagé au Bon-Sauveur ; cet établissement compte 330 lits à la mi-juin et 500 à la mi-juillet quand l'hôpital est obligé de fermer à cause des bombardements allemands depuis la rive droite de l'Orne. Des croix rouges, fabriquées avec les moyens du bord, sont disposées sur les murs et les toits du lycée, ainsi que dans le parc, afin de signaler cet îlot sanitaire aux bombardiers ; le secteur est ainsi protégé des bombardements aériens, mais de très nombreux obus, envoyés par les Alliés, puis par les Allemands, font plus de 50 victimes (21 tués et une trentaine de blessés). Les réfugiés s'installent dans l'abbatiale et dans les anciens bâtiments conventuels, les dortoirs du premier étage étant réservés aux malades et ceux du second étage aux personnes âgées impotentes et grabataires ; les caves de l'abbaye servent d'abris en cas de bombardement. Les corps des victimes décédées sont entreposés dans le couloir des classes et un cimetière provisoire est creusé dans le parc. Le directeur de la Défense passive et des centres d'accueil, Joseph Poirier, dirige les opérations depuis l'abbaye aux Hommes, l'hôtel de ville de la place de la République ayant été détruit. Le 9 juillet, les troupes anglo-canadiennes entrent dans Caen ; les responsables alliés se rendent à l'abbaye où le Préfet Cacaud a transféré ses bureaux. Le 10 juillet, après que Michel Cacaud, investi par le gouvernement de Vichy, a passé officiellement le pouvoir au nouveau préfet Pierre Daure, les Résistants caennais hissent le drapeau tricolore sur un lampadaire de la place Monseigneur-des-Hameaux et chantent la Marseillaise, marquant ainsi symboliquement la libération de la rive gauche de l'Orne. Après la Seconde Guerre Mondiale, la décision fut prise de construire un nouveau lycée. Les locaux libérés devaient être occupés par le musée des Beaux-Arts de Caen et par le musée de Normandie nouvellement créé. La construction du nouveau lycée n'étant pas jugée prioritaire, ce projet traîna en longueur. Finalement, les deux musées ont été aménagés dans l'enceinte du château de Caen et c'est l'administration municipale qui occupe désormais l'abbaye depuis l'ouverture du nouveau lycée Malherbe en 1961. Afin d'accueillir décemment l'hôtel de ville, les locaux ont été restaurés. En 1964, les jardins à la Française de l'esplanade Jean-Marie Louvel ont été redessinés par Louis Bouket d'après des plans du XVIIIe siècle ; afin d'aménager les 11 920 m² de l'esplanade, la statue de Louis XIV, qui trônait sur la place depuis 1882, a été déménagée sur la place Saint-Sauveur et l'aile en retour du Petit Lycée, désormais occupé par la police municipale, a été démolie. Le 16 janvier 1965, la première réunion du conseil municipal se déroule dans la salle capitulaire.

Le style de l'abbaye est influencé par Art lombard. Lanfranc est d'ailleurs originaire de Lombardie et sa ville, Pavie est sous le patronage de Saint-Étienne. Les tours de la façade possèdent une architecture proche de celles visibles à Ravenne et Milan. En résumé, l'abbatiale Saint-Étienne est héritière des innovations accomplies dès 1040 à Notre-Dame de Jumièges, elle-même s'inscrivant dans la tradition carolingienne et ottonienne : alternance des piles rondes et fasciculées, vastes tribunes voutées, articulation en doubles travées, déambulatoire, façade à deux tours. D'autres éléments sont totalement nouveaux : façade harmonique, continuité parfaite entre le vaisseau de nef et la façade, coursière faisant le tour de l'édifice et voutement sexpartite. L'influence de cette abbaye, dont la construction coïncide avec la conquête de l'Angleterre par les Normands, apparaît à Winchester, Ely, Peterborough ou encore à Durham. La haute façade ne comporte presque aucune décoration, si ce n'est de minces voussures autour des portails et une croix sculptée. La façade de l'abbatiale, qui frappe d'abord par son épure et sa rigueur, est le premier exemple d'une formule appelée à dominer la construction des plus grandes églises d'Occident : la "façade harmonique normande". Celle ci consiste en deux tours occidentales d'élévation identique plantées sur la première travée des collatéraux, alignées sur la porte principale de la nef, de sorte à créer une façade rectiligne. Les trois niveaux inférieurs de la façade forment un bloc carré, contribuant a l'aspect massif de l'ensemble. Excepté quelques ornements géométriques aux voussures des trois portails et au pignon de la nef, la nudité de ce bloc est frappante : l'impression d'ensemble est soumise aux lignes architecturales, aux quatre contreforts massifs d'abord, qui accompagnent le regard du sol vers les tours ; aux dix grandes fenêtres ensuite, dont la base est prolongé par des cordons saillants. Les tours se divisent en trois étages de hauteur égale dont la progression accentue l'élan du regard vers le ciel. L'étage inférieur est aveugle et compte sept arcatures étroites sur chaque face. Le second niveau est plus orné et moins dense : cinq arcatures dessinées par des demi colonnes jumelées. Le troisième niveau, enfin, est plus aéré et largement décoré : deux grandes baies comportent chacune deux baies séparées par une colonne ; les écoinçons sont décorés et les archivoltes moulurées. Deux flèches gothiques au XIIIe siècle (hautes de 80 et 82 mètres) coiffent ses deux tours romanes. Elles consistent en deux octogones effilés posées sur des bases carrées, garnie de huit clochetons eux-mêmes octogonaux pour la tour Nord et triangulaires pour la tour Sud. Les tours symétriques sont de plus en plus richement décorées au fur et à mesure de leur élévation.

Le chevet fut construit au XIIIe siècle par un certain maître Guillaume dont la pierre tombale se trouve sous le mur. Il a été reconstruit au XVIIe siècle après l'effondrement, en 1566 de la flèche de la tour lanterne. Les quatre clochetons surmontés de flèches lui donnent cet aspect original que l'on retrouve à l'Île Maurice et Bayeux. L'extérieur présente l'humble élévation suivante : le mur collatéral est rythmé par une succession de baies et de larges contreforts, l'étage supérieur, plus élaboré, propose une bande continue d'arcatures plaquées, deux étroites arcatures aveugles séparant les baies les unes des autres. Le chevet, entièrement remanié à la période gothique, est coiffé par deux couples de clochetons qui, une fois de plus, participent à l'incroyable impression d'élan vertical, donné aussi de ce côté de l'église. Les deux collatéraux se rejoignent au niveau de l'abside en un déambulatoire qui donne sur 13 chapelles absidiales. Une des particularités de l'église est son nombre de clochers : deux flèches de chaque coté de la façade, une flèche octogonale à la croisée du transept, mais aussi deux petites flèches de chaque coté du chevet, qui servent à coiffer les tours d'escaliers d'accès aux coursives supérieures et à la charpente. Si on ajoute le petit lanternon sur la façade, on arrive à sept clochers!

Plan au sol de l'abbatiale, 1863, dessiné par Etienne ROBERT :


La nef est longue de 56 mètres, elle constitue un parfait exemple du style roman normand. Chacune des 8 travées, dont la première est occupée par l'orgue, comprend 3 niveaux : celui des grandes arcades du rez-de-chaussée, celui des tribunes au premier étage, celui des fenêtres hautes (la claire-voie) au second étage. Aux niveaux inférieur et intermédiaire, les arcades sont en plein ceintre, à double rouleau (la voussure externe est moulurée) ; les fenêtres hautes offrent, pour deux travées, quatre arcatures décorées, symétriques deux à deux. L'unité élémentaire de cette élévation est de deux travées, subtilement délimitées par l'alternance des supports (pile faible constituée d'une simple demi colonne, recevant l'arc doubleau de la voute ; pile forte constituée d'une demi colonne reposant sur un dosseret, supportant un doubleau et deux ogives). L'étage des tribunes a pour but, par sa voûte en demi-berceau, de soutenir les murs de la nef. Au niveau des fenêtres, une galerie, la « coursière » permet de faire tout le tour de l'abbatiale. À l'origine couverte d'une charpente en bois (plafond plat ou voûte en berceau comme dans la nef du Mt St Michel ? ), la nef a reçu, à partir de 1115, des voûtes sexpartites, sur croisée d'ogives en plein cintre. Ces voûtes seraient, après celles de Durham (Angleterre) et Lessay (Manche) édifiées autour de 1100, les plus anciennes voûtes sur croisées d'ogives de France. La tribune nord est occupée par une horloge comportant l'inscription : Dirigée par Fierville commis, exécutée par Gautier à Caen 1744. Les bas-côtés sont voutés d'ogives, les tribunes sont voutés en demi berceaux, la nef est vouté d'ogives sexpartites, chaque groupe de deux travées ayant reçues une croisée d'ogives aux nervures moulurées retombants sur de courtes colonettes raccordées aux dosserets des piles fortes. Le transept comporte deux croisillons au fond desquels se trouve une tribune donnant sur une absidiole, la croisée supporte une tour lanterne octogonale où courent des arcatures dessinées au premier étage par des colonnes cylindriques.Le chœur de l'église abbatiale Saint-Étienne de Caen est le premier édifice construit après l'annexion de la Normandie au domaine royal (1204) quoique certains historiens pensent qu'il pourrait avoir été commencé en 1195 mais cette thèse est discutée. Il témoigne de l'introduction timide du style gothique dans la région et des résistances du style normand. La décoration de petites roses, trèfles et quatre-feuilles est typiquement normande.

Le tombeau de Guillaume le Conquérant (mort le 9 septembre 1087) était placé au milieu du chœur (peut-être sous la tour lanterne). À la révolution, la pierre tombale du duc Guillaume est à nouveau détruite. Elle est remplacée en 1802 par la pierre tombale visible actuellement. Elle porte, en latin, l'inscription suivante : HIC SEPULTUS EST INVICTISSIMUS GUILLELMUS CONQUESTOR NORMANNIÆ DUX ET ANGLIÆ REX HUJUSCE DOMUS CONDITOR QUI OBIIT ANNO MLXXXVII, ce qui signifie "Ici est inhumé Guillaume le Conquérant duc de Normandie et roi d'Angleterre, fondateur de cette maison qui mourut en l'an 1087".

A coté de l'église, au sud, la salle des gardes est un bâtiment construit au début du XIVe siècle. Elle était utilisée comme salle de réception lors de la venue des hôtes de marques à l'abbaye. La salle à l'étage servait également de palais de justice quand l'abbé rendait des jugements concernant ses terres ou quand l'Échiquier de Normandie, itinérant jusqu'en 1499, passait par Caen ; le rez-de-chaussée était alors utilisée comme salle des pas perdus. Les États provinciaux de Normandie siégeait aussi à l'occasion dans cette salle. Ravagé lors des guerres de religion, l'édifice connait le même sort que le palais Ducal en étant transformé en écurie et en grenier. La salle prend son nom actuel au XVIIIe siècle, bien qu'elle n'est jamais servie à abriter la moindre garnison. Désirant fermer la cour sud des nouveaux bâtiments conventuels en construction, les moines projettent de détruire le bâtiment ; ils commencent par démolir une tour abritant l'escalier menant à l'étage. La Révolution française sauve l'édifice de la destruction, mais il est sérieusement détérioré quand l'abbaye est transformé en établissement scolaire. En 1804, des baies et la rosace sont murées, tandis que de nouvelles ouvertures carrées sont percées sur la façade ; on installe des cloisons et on multiplie les planchers afin d'installer des salles de classe. En 1828-1830, ces dernières sont transférées dans le couloir des classes que l'on vient de construire dans les jardins à l'est ; on abat alors toutes les cloisons et tous les planchers afin d'aménager un gymnase. En novembre 1870, le gymnase est provisoirement transformé en hôpital militaire. Entre 1968 et 1976, la salle des gardes est restaurée avec soin par Jean Merlet, chef des monuments historiques, grâce à une description de l'édifice faite par Arcisse de Caumont à laquelle était jointe une gravure réalisée en 1767 par Andrew Coltee Ducarel. La salle à l'étage sert de salle de délibération du conseil municipal depuis le 13 septembre 1973.

L'édifice de deux niveaux fait 36 mètres sur 11. Plus ancien que le reste des bâtiments conventuels, il est légèrement désaxé par rapport aux bâtiments du XVIIIe siècle. Au sud, la façade est ouverte par trois hautes fenêtres ogivales couronnées d'un gable. Elle est encadrée par deux tourelles octogonales qui étaient à l'origine coiffées par des pyramides à huit pans. Au nord, la façade est percée d'une rosace fermée par vitrail, restaurée grâce à des gravures anciennes, dont le centre représente un château, emblème de Caen au XIVe siècle. Sur la façade orientale, on peut encore voir les vestiges de l'ancienne tour abritant l'escalier ; de forme carrée, elle était renforcée par des contreforts et couronnée par une haute toiture à quatre pans. Les façades sont percées de baies en tiers-point décorées de pilastres cannelées. Au rez-de-chaussée, sont exposés les résultats de la fouille menée sur le site en 1974 et entre 1979 et 1981 ; au centre de la salle, le squelette de la première caennaise connue, une femme ayant vécu vers -2000 avant Jésus-Christ, est disposé dans une sépulture recouverte d'un tombeau vitré. À l'étage, la voûte en forme de coque de bateau renversée a dû être reconstruite en châtaignier, mais les deux poutres d'origines, en chêne, ont été conservées ; cette voûte était autrefois peinte d'armoiries qui n'ont malheureusement pas pu être restituées. Au sol en revanche, la céramiste Françoise Bizette, secondée par Catherine Le Couey, a pu reproduire le pavage à l'ancienne constitué de pavés de briques vernissées dont une partie était conservée par la Société des antiquaires de Normandie; ces carreaux représentent soit les armoiries de villes et de provinces (Caen, Normandie, Angleterre, Flandres) ou de personnages (abbés, des bienfaiteurs et grands seigneurs y ayant séjourné), soit des symboles religieux ou des motifs géométriques, soit enfin la conquête de l'Angleterre de 1066[10]. Les deux cheminées détruites au XIXe siècle ont également pu être restaurées.

Vue de la salle des Gardes aujourd'hui
et au XIXe :


Type d'Edifice: Abbaye
Nom de l'Edifice : Abbaye aux Hommes
Siécle de l'édifice: XIe-XVIe-XVIIe-XVIIIe-XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Eglise abbatiale
Nom de l'Edifice : Saint-Etienne
Siécle de l'édifice: XIe-XIIIe-XVIe-XVIIe-XXe
Forme des 3 clochers : clocher-double de type kreisker (façade) et flèche octogonale
Position du clocher : de chaque coté de la façade à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos personnelles de l'abbaye aux Hommes et de l'abbatiale : http://lfdcnormandie.canalblog.com/albums/caen___abbaye_aux_hommes/index.ht…


Abbaye aux Dames et Eglise abbatiale de la Trinité

L'Abbaye aux Dames est l'une des deux grandes abbayes de Caen. L'église abbatiale de la Trinité abrite depuis 1083 le tombeau de Mathilde de Flandre, épouse de Guillaume le Conquérant. L'abbaye est le siège du Conseil régional de Basse-Normandie depuis 1986. L'église abbatiale (église de la Sainte-Trinité) fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840, date de la première liste des monuments classés. L'ancienne abbaye fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 24 juin 1976.

Deux histoires peuvent être avancées pour expliquer la fondation de l'abbaye. La première fait de l'abbaye aux Dames une œuvre d'expiation pour les péchés commis par le couple ducal formé par Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre. En 1050 ou 1051, le duc de Normandie épouse en effet Mathilde, fille du comte de Flandre. Mais le père de la marié, Baudouin V, était le petit-fils de Richard II de Normandie[4] tout comme Guillaume. Leur mariage, jugé consanguin, est donc prohibé par le pape Léon IX. En contrepartie du pardon accordé par le Pape Nicolas II, ils fondent à Caen en 1059 deux abbayes bénédictines : l'abbaye aux Hommes dédiée à saint Étienne, et l'abbaye aux Dames dédiée à la Trinité. Au delà de cet acte fondateur romantique, il existe des raisons plus politiques. Guillaume appelé le Bâtard doit combattre pendant toute la première partie de son règne les barons de Normandie. Il cherche donc à asseoir davantage son autorité sur la basse Normandie où la rébellion a été la plus forte. Cela passe par la construction de châteaux, mais également par la fondation d'abbayes, selon un schéma classique en Normandie depuis le Xe siècle. Le duc décide donc de densifier le réseau d'établissements monastiques en basse Normandie, alors beaucoup plus lâche que dans la vallée de la Seine mieux contrôlée par les ducs de Normandie. L'abbaye aux Hommes, comme l'abbaye aux Femmes, ont toutefois dans ce dispositif une place privilégiée. En effet, sur les 18 abbayes élevées durant le règne de Guillaume le Conquérant, seules deux, celles de Caen, sont fondées directement par le duc lui-même, les autres étant créées par des seigneurs locaux et reconnues ensuite par le duc. La fondation de l'abbaye aux Hommes et de l'abbaye aux Dames s'inscrit donc dans un dessein politique plus large qui vise à faire de Caen un point d'appui plus proche de la sédition que Rouen qui se trouve dans la partie orientale du duché. En choisissant de s'y faire inhumer - en 1083 à l'abbaye aux Dames pour Mathilde de Flandre et en 1087 à l'abbaye aux Hommes pour Guillaume le Conquérant - Guillaume et Mathilde inscrivent dans la durée l'attention des ducs-rois non seulement pour l'abbaye, mais également pour la ville de Caen qui, d'un gros bourg de constitution anarchique, devient la capitale secondaire de la Normandie. Les descendants de Guillaume confortent ensuite le lien des deux abbayes avec la dynastie ducale et royale. Ainsi, fait exceptionnel, Guillaume le Roux dépose les insignes royaux (couronnes et sceptres) de ses parents au trésor des deux abbayes où ils sont inhumés. Les travaux de l'église de l'abbaye aux Dames commencèrent en 1062 et furent achevés en 1130. On commença par le chevet, au XIe siècle, puis on ajouta de petits arcs-boutants à l'extérieur pour renforcer l'édifice. Le 18 juin 1066, a lieu la dédicace de l’abbatiale de la Trinité encore en travaux. Mathilde est morte en 1083 et son tombeau se trouve toujours dans le chœur de l'église. Au XVIIe siècle, l'abbesse Laurence de Budos redresse spirituellement l'abbaye en obligeant les religieuses à respecter la règle de Saint-Benoît. Au XVIIIe siècle, les bâtiments conventuels sont reconstruits sur les plans de Guillaume de la Tremblaye, moine-architecte chargé également de reconstruire l'abbaye aux Hommes. Les travaux commencent en 1702, mais sont interrompus en 1737, faute de fonds suffisants. Grâce à l'aide du roi, les travaux reprennent en 1767. Mais la Révolution française éclate et le cloître n'a jamais été achevé.

Pendant la Révolution française, les religieuses furent chassées de l'abbaye en 1791, pour y revenir en 1820 - quand l'Abbaye devint l'Hôtel-Dieu de Caen, puis l'hospice Saint-Louis - et y restèrent jusqu'en 1980. En 1865 l'église de l'abbaye devint église paroissiale du quartier et fut profondément restaurée. Au XVIIIe siècle, la voûte a été démolie pour être reconstruite. Au XIXe siècle, la façade et les tours ont été reconstruites intégralement. En juin 1944, pendant le débarquement allié et la bataille de Caen, l'église et l'abbaye furent relativement épargnées par les bombardements, alors que la ville fut en grande partie détruite. Une dernière restauration de l'intérieur de l'église intervint entre 1990 et 1993. Cette église, comme celle de l'abbaye aux Hommes, a de nombreux clochers : deux tours à terrasse de chaque coté de la façade, une flèche à la croisée du transept et aussi deux petites flèches modestes coiffants les escaliers d'accès à la charpente du choeur. C'est la seule église de Caen ouverte tard le soir : le cloître et les jardins ferment à 20 h tandis que l'église est fermée entre 20 h 45 et 21 h 15, à horaires variables.

Plan au sol de l'Eglise abbatiale de la Trinité :


Plan de l'abbaye en 2008 :


Les dimensions de l'église abbatiale de la Trinité sont plus modestes que celles de l'abbaye aux hommes, l'abbatiale Saint-Étienne. Néanmoins si sa nef est plus courte, moins large et plus basse, l'église de la Trinité est aussi plus ornementée et décorée que son illustre compagne. Force est de constater que la façade ne présente ici ni la même simplicité, ni la même puissance qu'à Saint-Étienne ; le principe de façade harmonique y est néanmoins le même : deux tours carrées encadrant la façade rectiligne de la nef. Quatre contreforts délimitent verticalement la façade de la nef et les souches des deux tours. L'étage inférieur des tours comprend un porche élevé ; le second niveau n'est percé que d'une petite baie en plein cintre non moulurée ; le troisième niveau est décoré de trois arcatures aveugles dont les archivoltes moulurées reposent sur des colonnettes ; le quatrième étage est couvert d'étroites arcatures très élancées et décorées. Une rangée d'œils-de-bœufs, de gargouilles et enfin, une balustrade de la période classique viennent achever quelque peu maladroitement ces deux tours. Le portail principal a été défiguré au XIXe siècle par un tympan sculpté figurant la Sainte Trinité ; le deuxième étage est percé de trois larges baies ; le troisième d'arcatures aveugles encadrant deux baies moulurées. Le tout est couronné d'un gable décoré. Un cordon saillant relie la base des baies de chaque étage. La nef est bordée d'arcades en plein cintre surmontées d'une galerie (triforium) qui sert d'appui à la voûte d'ogive. C'est la première voûte d'ogives construite en Normandie, elle date de 1130. Le transept au centre de l'église accueille l'Autel. Le transept nord est roman, il ouvre sur une absidiole (la chapelle du Saint-Sacrement) qui abrite le tabernacle. Le transept sud présente des colonnes gothiques intégrées dans la décoration romane. Le chœur se termine en abside ornée de quatre colonnes et d'une galerie décorée d'animaux fantastiques. On trouve également une crypte présentant de nombreuses colonnes. L'emprise au sol de l'église abbatiale est de 1 594 m² (80 m de long ; 19 m de large dans la nef, 32 m entre les deux bras du transepts). La fresque de l'abside est du XVIIIe et a été réalisée par E. RESTOUT; en-dessous, les vitraux datent de 1960.

Vue de l'abside de l'église :


La reine Mathilde repose dans un tombeau situé dans le chœur de l'abbatiale. Sur la dalle funéraire qui protège le caveau, est gravée l'inscription suivante :


EGREGIE PVLCHRI TEGIT HEC STRVCTVRA SEPVLCRI: 
MORIBUS INSIGNEM, GERMEN REGALE, MATHILDEM:DVX FLANDRITA PATER HVIC EXTITIT, ADALA MATER:
FRANCORUM GENTIS ROTBERTI FILIA REGIS:
ET SONOR HENRICI, REGALI SEDE POTITI:
REGI MAGNIFICO WILLELMO IVNCTA MARITO:
PRESENTEM SEDEM, PRESENTEM FECIT ET EDEM:
TAM MVLTIS TERRIS QVAM MVLTIS REBVS HONESTIS:
A SE DITATAM SE PROCVRANTE DICATAM:
HEC CONSOLATRIX INOPVM, PIETATIS AMATRIX:
GAZIS DISPERSIS, PAVPER SIBI, DIVES EGENIS:
SIC INFINITE PETIIT CONSORTIA VITE:
IN PRIMA MENSIS, POST PRIMAM, LVCE NOVEMBRIS


Ce qui signifie (traduction de Jean-Jacques Berteaux) : « Ce magnifique tombeau recouvre la sépulture de Mathilde de mœurs et de race royale. Elle a pour père le duc de Flandre, pour mère Adèle, fille du roi de France Robert, et sœur d'Henri qui régna sur le trône. Elle fut l'épouse du grand roi Guillaume. Elle fit bâtir cette église et la combla de biens, lui donnant terres et toutes choses nécessaires. Elle fit célébrer la dédicace. Consolatrice des pauvres, aimant la piété, pauvre pour elle-même, elle ne fut riche que de ses dons aux pauvres. Elle gagna ainsi d'avoir part à la vie qui ne finit pas le premier du mois de novembre, après prime. »

Type d'Edifice: Abbaye
Nom de l'Edifice : Abbaye aux Dames
Siécle de l'édifice: XIe-XVIIe-XVIIIe-XIXe-XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Eglise abbatiale
Nom de l'Edifice : de la Trinité
Siécle de l'édifice: XIe-XIIe-XVIIIe-XIXe
Forme des 3 clochers : clocher-double de type kreisker (façade) et flèche
Position du clocher : de chaque coté de la façade à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos personnelles de l'abbaye aux Dames et de l'abbatiale : http://lfdcnormandie.canalblog.com/albums/caen___abbaye_aux_dames/index.htm…

Photos de JiPR(7) :








Couvent de la Visitation, rue de l'Abbatiale

A partir de 1800, l'ordre religieux revient, grâce au Concordat et à l'apaisement du Consulat. En 1810, les sœurs de la Visitation s'installent de nouveau à Caen. Elles font l'acquisition de l'ancien logis abbatial de l'abbaye aux Hommes, construit entre 1755 et 1759 dans le clos de la Pépinière. Les religieuses de la Visitation de Caen sont définitivement autorisées par ordonnance royale du 22 février 1826.

Les nonnes agrandissent leur propriété en rachetant la parcelle de Mariette et les terrains de la cour des Granges. De nouveaux bâtiments sont ajoutés à l'édifice originel. Au sud du monastère, elles aménagent les jardins situés entre la rue de l'Abbatiale et les anciennes fortifications de l'abbaye. Les sœurs font construire une première chapelle le 24 juin 1812, puis une seconde commencée en 1833 et bénite le 19 février 1838. En 1889, les sœurs décident de faire construire par l'architecte caennais Edmond Hébert une troisième chapelle financée grâce au legs de Louise de Vendes. L'abbé Esnault, aumônier du monastère, participe à l'élaboration des plans. Rapine, architecte des Monuments historiques, et concepteur du monastère des Visitandines d'Orléans semble aussi y avoir été associé. Les travaux commencent en juin 1890 et la première pierre est bénite par Mgr Hugonin, évêque de Bayeux, le 19 mai 1891. Après l'achèvement des travaux, la chapelle est bénite le 25 septembre 1892 et consacrée le 17 octobre 1893. La façade du portail principal s'inspire de l'architecture de l'ancienne chapelle du quartier Lorge, tout comme la forme générale de la chapelle et le clocheton, posé sur un dôme à l'impériale en ardoises.

La sœur de Zélie Martin était visitandine à Caen. Sa nièce Léonie Martin, la sœur de Thérèse de Lisieux, est entrée à la Visitation de Caen par trois fois en 1887, de 1893 à 1895 où elle prend l'habit sous le nom de sœur Thérèse-Dosithée, puis définitivement en 1899 sous le nom de sœur Françoise-Thérèse. Elle meurt en 1941 et son corps est inhumé dans la crypte de l'église. De 1909 à 1920, la communauté est exilée à Saint-Leonard-on-Sea (Borough d'Hastings, Royaume-Uni). Elle reçoit les visitandines d'Orléans en 1980 après la fermeture de leur monastère de Chécy. Le Musée de la Visitation de Moulins doit son existence en 1991 à l’initiative (avec le soutien de la communauté) de l’archiviste de Caen, sœur Françoise Bernadette Lara, dernière supérieure d’Orléans.

Depuis octobre 1967, un foyer de 35 chambres accueille des étudiantes de moins de 25 ans. Cet établissement situé dans le clos de la Visitation est tenu par une religieuse mais demeure à l'écart du monastère proprement dit.

Deux tableaux sont classés au titre objet : la Fontaine de vie, panneau peint à l'huile sur bois au XVIIe siècle, sûrement par un artiste d'origine flamande, offert au monastère en 1734 (16/11/1998) et la Visitation, huile sur toile peinte par Pierre Mignard en 1660, transféré à Caen en 1985 depuis la Visitation d'Orléans (15/12/2000).

Type d'Edifice: Couvent
Nom de l'Edifice : de la Visitation
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : du couvent de la Visitation
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : lanternon
Position du clocher : à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos (21) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (7) :

façade de la chapelle
côté nord

bâtiments côté ouest
bâtiments au nord
le cloître

Intérieur (14) :

vues vers l'autel

chapelle gauche
maître-autel
chapelle droite

choeur des religieuses
vitraux de la nef

vue vers l'entrée
vitraux de la tribune



Carmel de Caen, 8, rue du Clos Beaumois (endommagé en 1944)

Les premières carmélites qui s’installèrent à Caen en 1616, venaient de Rouen. A cause de la Révolution, le Carmel fut abandonné jusqu’en 1868, date à laquelle cinq carmélites de Lisieux le refondèrent près de l’Abbaye aux Dames, route de Ouistreham devenue boulevard Clemenceau. Le monastère détruit aux deux tiers en juillet 1944 fut reconstruit en une dizaine d’années. En 1997, la communauté peu nombreuse et âgée l’offre pour créer une nouvelle communauté en accueillant des sœurs venant de divers carmels. D’importants travaux sont entrepris pour installer des chambres médicalisées et permettre aux sœurs de se retrouver pour les temps communautaires. Ainsi les sœurs peuvent continuer leur vie de prière aussi longtemps que possible et portent le souci du bien-être des personnes âgées ainsi que l’expérience de l’unité dans la diversité. Un petit magasin offre le produit de leur artisanat : hosties, lampes de sanctuaire, jetés de lit, cartes de fête, icônes, lampes avec abat-jour décorés de fleurs séchées.

Aujourd'hui encore, le mur sud de la chapelle conserve les traces des impacts des balles de 1944. Le choeur des religieuses se trouve perpendiculairement à la chapelle, au sud. Depuis les années 1980, autour du Carmel, le quartier s'est urbanisé. Le Clos Herbert a été arasé et des immeubles y ont été construits dans les années 1980. Actuellement, deux autres immeubles sortent de terre au nord du couvent, sur d'anciennes terres appartenant aux carmélites.

Type d'Edifice: Couvent
Nom de l'Edifice : du Carmel
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : du couvent du Carmel
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photos (5) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade de la chapelle
coté sud

vue vers l'autel
vue vers l'entrée

choeur des religieuses

Couvent des bénédictines (XXe), la Folie-Couvrechef, au 6, rue Mâlon

Alors que le plan d’aménagement de la ville de Caen prévoit le déplacement des communautés religieuses détruites hors agglomération, les bénédictines choisissent pour leur nouveau monastère un terrain situé en pleine campagne, à Couvrechef. Elles font appel à un jeune architecte parisien, Jean Zunz, qui dresse les plans en 1954 d’un monastère pour une communauté de 200 religieuses, alors qu’elles ne sont que 80. Le plan général est conforme à la tradition bénédictine : une église de plan longitudinal, orientée à l'est, avec clôture séparant le chœur des religieuses et la nef des fidèles, placée au nord du cloître. A l’étage de la galerie ouest du cloître se situent les cellules des moniales qui s’élèvent sur quatre niveaux. Le réfectoire prend place au sud. L’aile orientale du cloître est occupée par un préau qui permet de fermer le quadrilatère. La salle capitulaire, de plan carré, est située en limite orientale de l’église, dont elle est séparée par un dégagement. Le traitement architectural maintient la tradition cistercienne du dépouillement formel, tendant à montrer la nudité de la structure des murs et des supports. L’architecte adopte un vocabulaire simple pour tous les espaces du monastère tandis qu’un dessin beaucoup plus moderne est réservé à l’église. L’immense mur septentrional formant comble à très forte pente vient ainsi rompre la monotonie d’un plan longitudinal. Le couvrement est composé de cinq modules de voûtes pyramidales inversées en béton armé, revêtues d’un enduit granuleux. L’éclairage du chœur des religieuses est magnifié par une verrière de 110 m2 conçue par le jeune artiste Sergio Di Castro et réalisée par Ray. L’iconographie, savante, est consacrée aux hymnes des Vêpres de la semaine de saint Ambroise. Elle a été soigneusement conçue par l’artiste lui-même. La verrière, d’une surface de 110m2, est divisée en sept claustras verticaux en béton armé à l’intérieur desquels le texte de chaque jour se lit verticalement. Il est accompagné par la personnification des éléments de la « Création », lumière, eau, terre, astres, vie et mammifère, eau et repos divin. Outre l’iconographie très symbolique, caractéristique de la tendance symboliste de l’art sacré d’après-guerre, l’artiste accompagne l’ensemble par une série chromatique alternant couleurs froides et chaudes et qui donne à l’ensemble de la composition une intense expression. La perception globale de l’œuvre, qui s’étire considérablement en longueur et est placée en bandeau, dans la partie haute du choeur des religieuses, reste difficile compte tenu de la largeur relative de l’église. Il n’en demeure pas moins que la composition de Castro à Couvrechef constitue une des œuvres majeures de l’art du vitrail de la Reconstruction en Basse-Normandie.

Vues du choeur des religieuses et de la verrière :
Crédits : Photos Alain Nafilyan. © CRMH Basse-Normandie.


Le 29 mars 2005 les façades et toitures de l'ensemble des bâtiments, à l'exception de la cage d'ascenseur et du bâtiment ajouté au sud, sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques. Le 15 décembre 2005, l'église abbatiale et la salle capitulaire sont classées en totalité. Enfin le 15 décembre 2005 le réfectoire en totalité est inscrit aussi.

Type d'Edifice: Couvent
Nom de l'Edifice : des bénédictines de Couvrechef
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : des bénédictines de Couvrechef
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : clocher-mur
Clocher en péril : non

Photo extérieure de l'abbatiale de Couvrechef :


Crédits : Photo de Christian GUIBOUT pour http://clochers.org

Couvent des soeurs de la Charité, la Guérinière

Le couvent de la Charité ou Notre-Dame de Charité est un ancien couvent fondé à Caen par Jean Eudes dans les années 1640. Établi dans le quartier Saint-Jean, l’établissement a été détruit en 1944 et reconstruit dans le quartier de la Guérinière. C’est depuis les années 1970 un centre pour personnes âgées.

Le couvent et ses extensions sont détruits pendant les bombardements lors de la bataille de Caen. Comme les Bénédictines qui se font construire un nouveau couvent à la Folie Couvrechef, la communauté des sœurs de Notre-Dame de Charité décide de faire reconstruire un nouvel établissement en dehors de la ville. Elles choisissent le lieu-dit de la Guérinière à la limite entre Caen et Cormelles-le-Royal. La première pierre est posée en 1951 et l'ensemble de bâtiments est érigé par l'architecte Beaufils. Entre 1955 et 1961, un grand ensemble est construit à côté du couvent qui se trouve donc rapidement rattrapé par la ville. Entre 1972 à 1984, l'hospice Saint-Louis, qui occupait depuis le début du XXe siècle les locaux de l'abbaye aux Dames, est transféré dans le couvent. Il prend alors officiellement le nom de Centre pour Personnes Âgées, dépendant du centre hospitalier régional universitaire de Caen. Entre 1984 et 2005, le CPA a fait l'objet d'une restructuration incluant la rénovation des anciens locaux et la construction de nouveaux bâtiments. Le site aujourd'hui est composé d'un ensemble de quatre pavillons répartis sur 30 000 m² de terrain. Lorsque la congrégation Notre-Dame de charité a fermé sa maison de La Rochelle en 1988, elle a dispersé ses objets classés dans différents établissements. Le couvent de Caen a reçu une peinture à l'huile sur toile exécutée en 1715 et intitulée « Dieu le Père apparaissant aux fondatrices ». Cette toile est classée au titre d'objet depuis le 23 avril 1981.

Arrow Pour l'hictoire du couvent de sa fondation jusqu'en 1944, voir Ancien couvent Notre-Dame du Refuge puis Ancien couvent Notre-Dame de Charité ci-dessous.

Couvent des Petites Soeurs des Pauvres, rue de la Porte Millet (Vaucelles) Détruit en 1944, puis reconstruit

En 1856, l'Abbé Varin, curé de Vaucelles, permet l'installation de la Communauté des Petites sœurs des pauvres. Provisoirement établies au n°5 de la rue de l'église, elles déménagent dix-huit mois plus tard dans de nouveaux locaux à l'angle du boulevard Leroy et de la rue Porte-Millet. L'établissement prend de l'importance et en 1879 Trébutien indique qu' « elles prodiguent leurs soins à plus de 160 vieillards des deux sexes. Chaque jour, une modeste voiture vient recueillir en ville les miettes de la table du riche ». En 1944, tout le sud de Vaucelles est bombardé. Après-guerre, le couvent est reconstruit et aménagé rationnellement, en une grande maison de retraite. Vu du ciel, le plan des bâtiments décrit une hache orientée nord-sud : le tranchant, sur la rue, est occupé par les chambres, le manche et le bloc central par les unités hospitalières et le pic, à l'est, est la chapelle, qui a un petit clocher-mur dressé au-dessus de l'autel : http://wikimapia.org/#lat=49.17119&lon=-0.356128&z=17&l=2&m…

Photo de l'ancien couvent :


Type d'Edifice: Couvent
Nom de l'Edifice : des Petites Soeurs des Pauvres
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : du couvent des Petites Soeurs des Pauvres
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : clocher-mur
Clocher en péril : non

Photos (4) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)


le couvent sur la rue Millet
coté nord de la chapelle

vues de la chapelle
Citation:


Dernière édition par Admin le Jeu 19 Avr - 23:20 (2012); édité 19 fois
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MessagePosté le: Mar 4 Aoû - 18:20 (2009)    Sujet du message: Caen (14000) Répondre en citant

Autres cultes

Temple de l'Eglise réformée de France, 19, rue Mélingue

Ce temple carré, en béton armé et verre a été édifié au coin de la rue Mélingue en 1959, en remplacement du temple ancien détruit par les bombardements.

Type d'Edifice: Temple protestant
Nom de l'Edifice : Temple de l'ERF
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photos (2) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade rue mélingue, à l'ouest
coté sud rue Jean Romain

Eglise évangélique de la Folie-Couvrechef, 6, rue Pierre de Coubertin

Eglise évangélique de la Grâce de Dieu, 186 bis, rue de Falaise

Eglise évangélique du quartier Ste-Thérèse, 32, rue Jean Mermoz

Eglise évangélique du Vaugueux, rue du Vaugueux. C'est un hangar rectangulaire, construit bien après la 2ème guerre mondiale, sans clocher, orienté d'ouest en est.

Type d'Edifice: Eglise évangélique
Nom de l'Edifice : EE du Vaugueux
Siécle de l'édifice: XXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photo (1) : (C'est une photo personnelle, cliquez pour agrandir)



Eglise chrétienne adventiste du septième jour, 20, rue du Québec (Venoix)

Eglise de Jésus Christ des saints des derniers jours, rue de la Délivrande, construite en 2007. Le clocher, dont la flèche carrée est couverte de zinc, se trouve en avancée au milieu de la façade sur la route de la Délivrande.

Type d'Edifice: Eglise évangélique
Nom de l'Edifice : Eglise de JC des saints des derniers jours
Siécle de l'édifice: XXIe
Forme du clocher : flèche
Clocher en péril : non

Photo (1) : (C'est une photo personnelle, cliquez pour agrandir)



Dernière édition par Admin le Jeu 13 Aoû - 01:27 (2009); édité 2 fois
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MessagePosté le: Jeu 6 Aoû - 14:58 (2009)    Sujet du message: Caen (14000) Répondre en citant

Patrimoine religieux détruit ou disparu

Note préliminaire :
Comme dans d'autres villes de France, la Révolution marqua le tournant dans l'évolution du patrimoine religieux : en 1789, 23 églises ou chapelles parsemaient la ville. A cela s'ajoutaient les 15 couvents intra-muros existants alors et les 2 abbayes urbaines. Une ordonnance du 12 juillet 1791 fait chuter le nombre de paroisses de treize à sept : quatre (Saint-Georges, Saint-Martin, Saint-Nicolas et Saint-Julien) sont supprimées ; Sainte-Paix et Saint-Ouen sont rétrogradées au rang de succursales absorbées par Saint-Michel de Vaucelles pour l'une, par Saint-Étienne pour l'autre. Les églises Saint-Étienne-le-Vieux et Saint-Sauveur-du-Marché sont fermées. En 1793, l'ensemble des églises est désaffecté, à l'exception des églises Saint-Pierre et Saint-Étienne, transformées en temples pour le culte de la Raison et de l'Être suprême. Un certain nombre d'édifices religieux ont alors été vendus à des particuliers qui les démantèlent pour en vendre la pierre (couvent des Croisiers, église Saint-Martin). D'autres ont été démolis afin de percer de nouvelles rues qui portent encore aujourd'hui leur nom (Jacobins, Carmélites). De nombreux couvents servent de prisons puis de casernes militaires. C'est le cas du couvent de la Visitation, toujours en partie occupée par l'armée.

Avant sa libération complète le 19 juillet 1944, l'ensemble de la ville de Caen fut anéanti par les bombes à partir du 6 juin 1944. Pendant ce mois et demi de calvaire, le patrimoine religieux et civil exceptionnel de l'ex-ville aux cent clochers fut détruit de manière presque irréversible. Ce qui avait été encore épargné par la Révolution et les travaux du XIXe s'effondra sous les bombes. Aujourd'hui encore, la ville ne compte que 50 édifices religieux parmi lesquels seuls 25 datent d'avant 1945. Certains édifices religieux en gardent encore les traces, comme l'église à moitié détruite de Saint-Etienne-le-Vieux, symbole du martyre de la ville, ou encore la chapelle de la Miséricorde, dont il ne reste que le choeur et le clocher, restaurés, ou le Bon-Sauveur, dont le clocher est d'époque (XIXe) mais la nef et le choeur datent d'après-guerre.

Le temps n'a pas tué les vandales, comme le montre la scandaleuse démolition du cloître du Bon-Sauveur à Caen, le 5 juillet 2010 tôt le matin (voir tout en bas de ce message); démolition de voleurs, au mépris de l'histoire, pour faire 12 000 m² de logements. Le patrimoine disparaît, l'histoire de Caen disparaît, on préfère encore les blockaus du Mur de l'Atlantique à l'hôpital qui a sauvé la ville; et pas un geste des autorités en charge de ce fameux patrimoine...



Anciennes églises de Caen

Ancienne église Saint-Martin, détruite à la révolution. Quelques vestiges subsistaient en 1944. Elle n'avait pas de clocher mais avait la particularité d'avoir été construite entre 650 et 833 et d'être parvenue sans trop d'encombres jusqu'à la fin du XVIIIe. Les derniers restes, inscrits à l'inventaire des Monuments Historiques en 1929, étaient situés aux ns° 42 et 44, rue Saint-Martin. Voici une photo de ces restes au début du XXe siècle :


Ancienne église Notre-Dame de la Fontaine (XIe-XIIe)

Cette église, comme sa voisine Sainte-paix, dépendait de Mondeville jusqu'en 1718. Sa paroisse supprimée à la Révolution, elle fut transformée en magasin à paille de l'armée puis détruite.

Ancienne église Notre-Dame de la Fontaine, égise paroissiale de Sainte-Paix, à partir du XIVe et jusqu'en 1789.

Ancienne église Notre-Dame des Champs, détruite vers 1820. C'était une église romane, située dans la venelle du même nom face à l'actuel Jardin des Plantes. Il n'en reste plus qu'une pierre tombale paléo-chrétienne, conservée actuellement dans les collections du Musée de Normandie.

Ancienne église Saint-Gilles, dite Vieux Saint-Gilles, désaffectée en 1864, subsistant à l'état de vestiges à l'extrémité est de la rue des Chanoines. (détruite en 1944)

Le site n'a pas connu d'occupation humaine permanente avant la construction de la première église, entre le milieu du VIIe et le milieu du Xe. Ce premier édifice chrétien est un bâtiment de 8 mètres de large sur au moins 20 de long, avec une base des murs en pierres maçonnées et une toiture en chaume. Le premier texte mentionnant cette église est écrit entre 1066 et 1082. Au début du XIIe, une nouvelle église de style roman est construite, et endommagée durant la Guerre de Cent Ans. Dans la seconde moitié du XVe, elle sera reconstruite.
A la Révolution, sa paroisse est supprimée. Malgré son classement aux Monuments Historiques sur la liste de 1862, son choeur est rasé en 1863, ce qui montre le peu de soin apporté au patrimoine religieux. En 1944, les derniers restes, comme l'ensemble du quartier autour de l'Abbaye des Dames, sont bombardés. Peu après, ils sont remontés et mis en valeur dans un square à l'extrémité de la rue des Chanoines. Des fouilles archéologiques menées en 1986-1987 permettront de mettre à jour près d'une centaine de sépultures et d'indentifier les phases de construction :


Le mur encore debout (croisillons rouges) aujourd'hui correspond à l'agrandissement de l'église réalisé entre 1100 et 1130. Le rectangle matérialisé au sol reprend les contours des murs du VIIIe.

Voilà deux photos du site :


A comparer avec une gravure de 1850 représentant l'église d'ouest en est, avec, au fond l'abbatiale de la Trinité (Abbaye aux Dames) :


Cette lithographie est une vue de Caen à la Belle Epoque, réalisée entre 1890 et 1905. La vue est prise depuis l'Abbatiale de la Trinité (Abbaye aux-Dames). Adroite, le n°1 est l'église Saint-Gilles, dont le chevet est soutenu par des étais; quand on dit chevet, on pourrait dire, le reste puisque le choeur a été abattu en 1863 pour agrandir la place de la Reine Mathilde, devant l'abbaye aux Dames. L'axe passant devant l'église Saint-Gilles, en 2, est la rue des Chanoines, visuellement prolongée par la rue Montoir Poissonnerie, dans le quartier du Vaugueux, la rue Saint-Pierre puis la rue Arcisse de Caumont, vers l'ouest. Le n°3 surmonte le clocher de la collégiale Saint-Sépulcre. Le n°4 surmonte un des bâtiments du château. Le n°5 surmonte le haut clocher et la nef de la chapelle de la Miséricorde, nef qui est aujourd'hui en ruines. On devine le clocher de Saint-Nicolas juste au-dessous du n°6. Au-dessous du n°7, les deux flèches en façade et la lanterne de l'église Saint-Etienne de l'Abbaye aux-Hommes. Sous le n°8, l'Eglise Saint-Pierre. Derrière, on aperçoit le clocher de Saint-Etienne le Vieux, perdu dans la brume. Enfin, à droite du clocher saint-Pierre s'élève l'église Notre-Dame de Froide-Rue.

Arrow Arrow Arrow


Ancienne église Saint-Julien, rue des Fossés St Julien (détruite en 1944)

Le premier lieu de culte dédié à saint Julien aurait été fondé au VIIe siècle à Calibourg, hameau situé à proximité de l'ancienne voie romaine qui traversait la vallée de l'Orne. Cet oratoire, entouré d'un cimetière, est donc l'une des plus anciennes églises de Caen. Les fouilles menées par Jean-Yves Marin en 1988-1990 ont permis de dégager les structures de ce premier édifice. Quand Bourg-le-Roi (actuel centre ville ancien de Caen) fut entouré d'une enceinte dans la deuxième partie du XIe siècle, une petite partie de la paroisse Saint-Julien fut inclus dans le périmètre enclos ; mais la majeure partie de la paroisse resta hors-les-murs et se développa en tant que faubourg de la ville. L'église fut reconstruite au XIIe siècle en réutilisant l'un des murs de l'église du VIIe siècle. La paroisse, assez petite, faisait partie du doyenné de Caen. L'église est mentionnée pour la première fois vers 1150. C'est alors une possession de la commanderie des Templiers de Voismer, située à Fontaine-le-Pin. Quand l'Ordre des Templiers fut supprimé en 1312, la paroisse fut donnée à l'Ordre de Malte. Du fait de ce patronage, le titre de prieur ou de curé commendataire avait été octroyé au curé de Saint-Julien. Selon Gervais de La Rue, c'est également dans cette église que se déroulaient les cérémonies d'intronisation à l'ordre de Malte des nouveaux chevaliers originaires de Caen.

Très endommagée pendant la guerre de Cent ans, elle fut reconstruite dans la seconde moitié du XVe siècle. Selon Trébutien, elle était « assez semblable à une église de campagne ». Le plan reprend une organisation courante en Normandie au XIVe siècle : la nef, aux voûtes très basses, était contrebutée et éclairée seulement par les bas-côtés. Le portail occidental était orné d'un arc surbaissé. Ce portail, ainsi que l'abside à pans coupés et les contreforts étaient ornés d'éléments de décoration caractéristiques de l'architecture gothique (motifs végétaux, animaux fantastiques). Dans la deuxième partie du XIXe siècle, de nouveaux travaux transformèrent la physionomie extérieure de l'église . Une nouvelle sacristie fut construite au pied du clocher. En 1879, son clocher en bâtière fut remplacé par un nouveau clocher surmonté d'une flèche de style néo-gothique. La décoration intérieure fut également modifiée (mobilier, vitraux).

L'église fut totalement détruite lors du bombardement du 7 juillet 1944. Pendant un temps, un baraquement provisoire fut installé sur le site de l'ancienne église afin de permettre la célébration des offices. Par la suite, l'église actuelle fut construite sur les hauteurs du quartier. Un espace vert a alors été aménagé pour mettre en valeur les vestiges de l'église ; un pan de mur du portail occidental a été conservé et les limites anciennes de l'édifice ont été marquées au sol.

Voici une gravure représentant l'église avant 1879 :
et une photo du portail du XVe encore conservé


Voici une carte postale de l'église en 1905 :


Ces trois dessins représentent des culs-de-lampes dans l'ancienne église. Ils datent de 1834 et sont l'oeuvre d'Hippolyte Destailleurs :


L'ancienne église Saint-Julien se trouvait ici : http://www.openstreetmap.org/index.html?mlat=49.186414&mlon=-0.367154&a…


Anciennes chapelles

Ancienne chapelle Saint-Georges (XIe-XIIe-XVe), dans l'enceinte du château près de la salle de l'Echiquier (XIIe). palais ducal et chapelle détruits en 1944

Guillaume le Conquérant se fait construire un palais au nord de l'enceinte dans la deuxième partie du XIe siècle. Ce palais reprend l'organisation classique des demeures seigneuriales de cette époque. Il est constitué d'un ensemble de trois bâtiments principaux, peut-être entouré par un mur le séparant du reste de l'enceinte castrale : l' aula (espace de réception officielle), la capella (chapelle palatine réservée au duc-roi et à ses proches) et les camerae (appartement de la famille ducale, puis royale). cette résidence princière conserve son rôle central jusqu'au XIIIe siècle. La construction du donjon par Henri Ier Beauclerc ne change pas la destination du palais qui reste la résidence privilégiée des rois, la camera regis. L'aula de Guillaume le Conquérant en revanche est probablement transformé en appartement privé après la construction, toujours par par Henri Ier Beauclerc, de la nouvelle aula, connue aujourd'hui sous le nom de salle de l'Échiquier et régulièrement prise poour une chapelle. Quand le château perd son statut de résidence royale après l'incorporation de la Normandie au domaine royal français en 1204, le Vieux palais se trouve marginalisé. Il fait encore régulièrement l'objet de travaux, mais n'est plus utilisé épisodiquement pour accueillir les hôtes de marque, les représentants du roi résidant dans le Logis du Roi. Ainsi quand le duc d'York s'installe au château en 1444, le Vieux palais, très vétuste, doit être rénové. Au fil des siècles, le Vieux palais de Guillaume le Conquérant est profondément modifié au fil des siècles, la chapelle étant le bâtiment le mieux conservé. L'ensemble est finalement détruit en 1944 pendant la bataille de Caen. Les fouilles de Michel Boüard dans les années 1960 ont permis cependant d'en dégager les structures rendus lisibles au sol par des graviers sombres.

L'aula de Guillaume le Conquérant est un rectangle de 16 m sur 8. Le sol étant en terre battue, il est possible que l'étage noble se soit trouvé au deuxième niveau, le départ d'un escalier à vis ayant été retrouvé au sud-ouest de la salle. À quelques mètres au sud, s'élevait la chapelle dédiée à saint Georges, comme l'église paroissiale avec qui elle a pu être confondue par le passé. Comme il était l'usage au XIe siècle, elle se trouvait dans un bâtiment perpendiculaire à la salle d'apparat, suivant un axe sud-est - nord-ouest. Le bâtiment a été monté directement sur l'argile de la terrasse post-glaciaire sur laquelle est érigée le château ; cette absence de fondation est caractéristique des modes de construction des XIe et XIIe siècles. La chapelle était relativement imposante (16 m sur 7) et servait pour les réunions ordinaires de l'Échiquier. Au XVe siècle, on perça des baies gothiques et les murs gouttereaux furent renforcés par des contreforts ; le chevet plat fut également détruit afin de permettre l'érection d'un mur clôturant vers le sud l'ensemble des bâtiments du Vieux Palais.

Arrow Pour l'actuelle chapelle castrale, voir Eglise Saint-Georges plus haut
Arrow Pour l'histoire du château de Caen, voir cet excellent article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Château_de_Caen

Ancienne chapelle du Nombril-Dieu (XIIe), dans l'Ancienne Maladrerie de Beaulieu. Elle donna son nom au quartier de la Maladrerie, qui commence au niveau de la Maison d'Arrêt et finit aux limites de Caen et de la commune de Saint-Germain de la Blanche Herpe.

En 1066-1070, Lanfranc fonde à l'intérieur d'un enclos de 12 acres une maladrerie dépendante de l'abbaye aux Hommes. Elle était chargé de soigner, ou du moins d'accueillir, les malades du Bourg-l'Abbé, de Venoix et de Saint-Germain-la-Blanche-Herbe. Elle prend le nom de « maison des lépreux dans le Bourg-l'Abbé » ou d'« hôpital Saint-Étienne », mais elle est plus couramment appelé Petite maladrerie pour la distinguer de la Grande maladrerie fondée à proximité par Henri II d'Angleterre en 1161.

La Grande maladrerie était une « merveilleuse maison de lépreux » dédiée à la Vierge, d'où ses différentes dénominations (« Notre-Dame de Beaulieu » ou « Sainte-Marie de Beaulieu »). Elle était réservée aux habitants de Bourg-le-Roi (actuel centre-ville ancien de Caen). Elle était constituée d'un clos de 4 hectares et 86 acres dans lequel on entrait soit par la porte des champs, soit par la porte de la ville. À l'intérieur, un ensemble de bâtiments, séparés par des jardins plantés d'arbres, formaient un rectangle. Au nord, une chapelle romane, dite « du Nombril-Dieu », a été construite à la fin du XIIe siècle. La cour à l'intérieur de l'espace central correspond peut-être à l'ancien cimetière, des squelettes humains ayant été mis au jour lors de travaux pendant la Reconstruction. Le logis du curé se trouvait au dessus de la porte de la ville. Au milieu de la cour, un puits a subsisté jusqu'à aujourd'hui. Cet agglomérat était cerné par un ensemble de douze cellules. À l'extérieur de l'enclos, on pouvait trouver au nord-est une mare, transformée plus tard en lavoir, et au sud-est un cimetière. La charte de fondation de l'établissement ayant été perdue, Charles V de France reconnait en 1364 les échevins de Caen comme fondateurs et patrons de la Grande Maladrerie. En décembre 1672, les deux maladreries sont confiées par Louis XIV à l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Quinze ans plus tard, elles sont rendues à la ville de Caen, mais les deux hôpitaux sont rattachés à l'Hôtel-Dieu de Caen.

Au XVIIIe siècle, la Grande maladrerie est en ruine. En 1765-1768, on construit à son emplacement un dépôt de mendicité afin d'y enfermer les pauvres, les malades et les délinquants. Ce dépôt baptisé de Bicêtre est transformée en 1812 en maison centrale de force et de correction. L'établissement perd tout usage hospitalier puisque les malades mentaux sont désormais envoyés au Bon-Sauveur. De 1812 à 1851, l'administration pénitentiaire transforme radicalement les locaux. La chapelle du Nombril-Dieu, vendue en 1791 comme bien national et transformée en école, en magasin à bois, puis en boulangerie, est finalement démolie vers 1874-1875 pour agrandir l'établissement.

Tous les 28 octobre, se tenait une foire dite « de Saint-Simon et Saint-Jude », « de Beaulieu », « des Malades » ou « de Bicêtre » à partir de la fin du XVIIIe siècle. Elle se tenait à l'origine dans l'enclos même, puis à l'extérieur dans le « champs sur Venoix ». La dernière foire commerciale se tint en 1913.

Ancienne chapelle Saint-Louis (1305), construite par Philippe le Bel sur le site de l'Ancien couvent des Frères du Sac, supprimé en 1275.

Ancienne chapelle Saint-Antoine, qui existait au coeur d'un cimetière de la paroisse St Jean à Vaucelles. Elle a sans doute disparu à la Révolution.

Ancienne chapelle Saint-Thomas l'Abattu. D'origine inconnu, elle fut détruite à la Révolution.

Ancienne chapelle du Reclus. Dite aussi Notre-Dame des Cheveux, cette ancienne chapelle, qui a peut-être servi d'ermitage, fut détruite à la Révolution.

Ancienne chapelle de l'hôpital Saint-Gratien, situé dans la paroisse Saint-Jean.

Ancienne chapelle Sainte-Marguerite et Sainte-Agathe, détruite à la Révolution.

Ancienne chapelle Saint-Nicolas de Couvrechef, à Couvrechef (nord de Caen)

Le nom de Folie Couvrechef vient de la fusion du nom des hameaux de la Folie et de Couvrechef. Le hameau de la Folie faisait partie de la paroisse Saint-Martin, dépendante de Bourg-l'Abbé. Le hameau de Couvrechef et la chapelle Saint-Nicolas de Couvrechef faisaient autrefois partie de la paroisse Saint-Gilles. La famille de Couvrechef, également seigneur de Cresserons, existait au moins depuis le XIIe siècle. Selon le cartulaire du prieuré du Plessis-Grimoult, c'était une branche de la famille de Mathan. En 1260, Alexandre de Couvrechef fit donation à l'abbaye d'Ardenne d'une rente de blé in villa de Kevrecheio ("sur sa terre de Couvrechef").

Les hameaux de la Folie et de Couvrechef se trouvaient sur le plateau au-dessus de la basse vallée de l'Orne dans laquelle se développait la ville de Caen. Exempt de relief, ce territoire est resté pendant longtemps consacré à l'agriculture. Des carrières furent également creusées pour exploiter la pierre de Caen ; on peut encore aujourd'hui en voir des traces dans la Vallée du Mémorial, aménagée dans une ancienne carrière. Lors de la prise de Caen de 1346, les troupes d'Édouard III d'Angleterre campèrent dans les plaines d'Ardenne, de Couvrechef et d'Hérouville. En 1875-1876, une ligne ferroviaire entre la gare de Caen Saint-Martin et la gare de Luc-sur-Mer, prolongée en 1876 jusqu'à la gare de Courseulles-sur-Mer fut construite et une halte fut ouverte à Couvrechef, mais l'urbanisation resta très limitée. Quand le monastère des Bénédictines fut construit à Couvrechef de 1956 à 1960, il était visible de loin au milieu des champs.

Au début des années 1970, la ville de Caen connaissait une forte croissance démographique (+26%/an) . La zone d'aménagement concerté de la Folie Couvrechef fut donc créée le 21 avril 1971. Son plan d'aménagement a été approuvé le 5 janvier 1976. Le quartier a d'abord été prévu pour accueillir De nombreux équipements sont venus diversifiés ce quartier et le plan d'aménagement a dû être revu en conséquence le 7 janvier 1991. En 1980, la derniere-née des églises de Caen fut construite au milieu du quartier, elle est dédiée à Sainte-Claire.

Ancienne chapelle du foyer de jeunes travailleuses de l'Oasis (détruite en 1944)

Cette institution a été créée en 1857 par les soins de Mme ITIER, puis confiée dès 1862 aux Missionnaires de la Délivrande. En 1914, c'est la Sainte-famille de la Délivrande qui reprend l'institution et crée le foyer de jeunes travailleuses, le tout entre le n°3 rue des Jacobins et le n°32, rue de l'Oratoire. Avant 1944, la chapelle était de style néo-gothique, avec un chevet à pans.
En 1944 tout le quartier fut rayé de la carte, à l'exception de l'église St Jean, seule restée parmi les ruines, gravement touchée. Les nouveaux bâtiments du Lycée professionnel privé de l'Oasis ont été inaugurés en 1957. Pour tout ce qui date d'après 1944 et l'historique complet, voir Arrow Chapelle du Lycée professionnel de l'Oasis

Photos d'avant 1944 :

- l'Intérieur de la chapelle ici : http://www.oasis-caen.net/index.php?option=com_datsogallery&Itemid=42&a…
- l'extérieur ici : http://www.oasis-caen.net/index.php?option=com_datsogallery&Itemid=42&a… et http://www.oasis-caen.net/index.php?option=com_datsogallery&Itemid=42&a…
- les bâtiments ici : http://www.oasis-caen.net/index.php?option=com_datsogallery&Itemid=42&a…
- l'état en 1944 ici : http://www.oasis-caen.net/index.php?option=com_datsogallery&Itemid=42&a…


Ancien oratoire du cloître Bon-Sauveur (XIXe), rue Caponière , arasé le 6 juillet 2010, au mépris de l'importance historique du lieu (hôpital en 1944), pour la construction de 12 000 m² de logements, et ce dans l'indiffèrence des autorités en charge du patrimoine

Le cloître du Bon-Sauveur date du XIXe. Construit dans le style néo-gothique il a miraculeusement survécu aux bombardements de 1944 qui ont emporté la chapelle. Deux de ses 4 cotés existaient toujours en 2010. En son milieu, face au bâtiment d'honneur néo-gothique et à la façade de la chapelle, se trouve un oratoire surelevé qui abrite un Calvaire. Il est vouté d'ogives et les baies du fond sont garnies de vitraux.¨Plus loin, là où le cloître tourne pour rejoindre le bâtiment d'honneur, se trouve, sur le toit, le clocher formé d'une petite flèche posée sur 4 piliers en bois. Dessous, une statue du Sauveur portant la croix a été érigée au 50 e anniversaire de l'ordination de l'abbé Jamet, supérieur emblématique du Bon-Sauveur, sans doute vers le début du XXe. Juste à coté, une niche formant chapelle latérale a des murs recouvert de motifs polychromes, y compris sur les voutes, bleutées. Si la statuaire a été retirée, on comprend aisément qu'au centre, une statue du Sauveur était sans doute encadrée par celle de la Vierge, à gauche, et de saint-Joseph, sans doute, à droite.

Selon le projet immobilier Eiffage, dit "résidence Grand Parc", le cloître, jugé sans valeur achitecturale, doit être détruit. Le projet étant retardé, le site est abandonné et se dégrade doucement depuis 2006. L'Oratoire où l'on voit le Calvaire est encore entretenu en juillet 2009, et accessible depuis l'hôpital, à la diffèrence du reste et du bâtiment gothique, où poussière et feuilles mortes s'amoncèlent. L'accès au cloître est empêché par des grilles de chantier, le bâtiment d'honneur est entièrement fermé à double tour. Le jardin du cloître est peu à peu en train de devenir une broussaille. Seule de tout l'ensemble, la grande Chapelle sera sauvée, car classée Monument Historique en 2006 (voir ci-dessus).

Demolition prévue en juin : http://storage.canalblog.com/95/02/20815/54332342.jpg et http://normandie.canalblog.com/archives/2010/06/17/18332905.html

Vidéo de la démolition, 5 juillet 2010 : http://normandie.canalblog.com/archives/2010/07/06/18513883.html#comments

Article et photos du site en juin 2010 : http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-6-juin-2010-le-bombardement…

Type d'Edifice: Oratoire
Nom de l'Edifice : du cloître du Bon-Sauveur
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : flèche
Clocher en péril : en péril

Photos (9) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

oratoire du Calvaire

galerie sud du cloître
statue de l'abbé JAMET
galerie est du cloître

cloître et niche abandonnés

le cloître depuis l'hôpital du Bon-Sauveur

D'autres photos, prises au Bon-Sauveur en février 2010 (galerie sur le net) : http://picasaweb.google.fr/gui404/Tmp# Le collectif de photographe Objectif Image 14 a été convié pour un travail de mémoire avant destruction. Une exposition devrait bientôt avoir lieu, à une date qui reste encore inconnue.


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MessagePosté le: Jeu 6 Aoû - 15:25 (2009)    Sujet du message: Caen (14000) Répondre en citant

Anciens couvents, abbayes, prieurés ou établissements scolaires et hospitaliers

Centre de Caen (rive nord de l'Orne)

Ancien Couvent des Cordeliers (actuelle clinique de la Miséricorde) très endommagé en 1944

Fondé en 1220, il fut désaffecté à la Révolution. Refondé en 1816 par des bénédictines, qui restaurèrent jusqu'en 1821 la chapelle des XIIIe et XVIIe, il fut sérieusement bombardé en 1944. En partie restaurée par les soeurs de la Miséricorde, la chapelle conserve un clocher gothique normand accollé à gauche du choeur intact mais la nef, mutilée, est toujours embroussaillée aujourd'hui.

Ancien couvent des béguines, créé au XIIe, rue des Croisiers. Les béguines étaient des femmes qui se vouaient à Dieu sans devenir religieuses. Elles furent supprimées par Louis XI (fin du XVe) et remplacées par les soeurs du Tiers-Ordre de St François.

Ancien Hôtel-Dieu (XIIe).

On ne sait pas exactement quand l'Hotel-Dieu a été fondé. Il est possible qu'un premier établissement ait été ouvert par Guillaume le Conquérant ; selon Pierre-Daniel Huet, celui-ci se trouvait dans Bourg-le-Roi, au pied du château de Caen. Mais aucun élément ne confirme cette hypothèse, la première mention à l'Hôtel-Dieu remontant à 1160. Henri II d'Angleterre semble donc être le véritable fondateur de l'Hôtel-Dieu de Caen, à l'époque où il établit également une grande léproserie à l'extérieur de la cité pour isoler les malades contagieux (maladrerie de Beaulieu) ; à moins qu'il n'ait fait que déplacer l'établissement créé par son ancêtre au sud de l'Île Saint-Jean au débouché du pont de Vaucelles. L'abbé de Saint-Étienne de Caen et l'abbesse de la Trinité de Caen, ainsi que le chanoine titulaire de la prébende de Saint-Jean de Caen, se disputent pour savoir de qui dépend l'Hôtel-Dieu. Avec l'accord d'Henri II, évêque de Bayeux entre 1165 et 1205, l'archevêque de Rouen règle le conflit à l'avantage de l'abbé et de l'abbesse. Selon le cartulaire de l'Hôtel-Dieu, daté de 1188, l'hôpital était placé sous leur protection puisqu'ils étaient les patrons de la paroisse de Vaucelles sur laquelle il était bâti. Au début du XIIIe siècle également, l'Hôtel-Dieu passe un accord avec le chanoine de Saint-Jean : ce dernier acquiert un morceau de terre situé en face l'Hôtel-Dieu afin de pallier l'insuffisance du cimetière de la paroisse ; en contrepartie, l'Hôtel-Dieu obtient le droit de sépulture et de faire construire une chapelle dédiée à saint Antoine dans ce cimetière partagé.

Selon Arcisse de Caumont, la grande salle de l'Hôtel-Dieu aurait été construite, comme l'Hôpital Saint-Jean d'Angers et l'Hôtel-Dieu du Mans, sous le règne d'Henri II (1154-1189) ou juste après sa mort. Ce bâtiment était donc sûrement le premier grand édifice civil de style gothique à Caen. Il était long de 210 mètres et large de 31. Les deux murs pignons étaient surmontées de gables. La façade la plus intéressante donnait sur la rue Saint-Jean, principale artère de la ville. Au niveau inférieur, les portes en arc brisé étaient surmontées de zigzags et le niveau intermédiaire était orné d'une série d'arcades aveugles en lancette comme on peut en trouver dans la salle des Chevaliers de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. Son décor gothique d'origine fut altéré par des modifications survenues probablement au XVe ‑ XVIe siècles ; des petits édifices accolés au mur masquèrent une partie de la façade, des contreforts furent rajoutés, des arcades aveugles furent ouvertes et des fenêtres furent percées au niveau supérieur. La façade sur les jardins, restée dans son état d'origine, était plus simple ; elle était seulement agrémentée d'une grande porte rehaussée de lignes brisées.

Façade de la rue Saint-Jean au XIXe (dessin d'Arcisse de Caumont) :
Grande salle de l'Hôtel-Dieu au XIXe (dessin d'Arcisse de Caumont) :


L'Hôtel-Dieu était un prieuré conventuel hospitalier géré par cinq chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin sous la responsabilité d'un prieur. Ce dernier était élu lors d'une assemblée de ville se tenant au prétoire du bailliage en présence du bailli, de son lieutenant et des échevins. L'évêque de Bayeux lui donnait la collation. Prélat du second ordre, il était nommé « Prieur par la grâce de Dieu » ou « Grand maître de l'Hôtel-Dieu de Caen ». Les fonds de l'établissement étaient conservés dans un coffre à deux serrures ; l'une des clés était détenu par le prieur, l'autre par le plus ancien des jurés. Mais aux XVIe ‑ XVIIe siècles, un conflit éclate entre les prieurs et la ville. En 1561, un édit de Charles X confie la gestion des revenus de l'hôpital à un administrateur nommé pour trois ans par les bourgeois de la ville. Huit ans plus tard, le prieur est rétabli dans ses droits. Mais son successeur, fatigué par l'âge, confie à nouveau l'administration aux échevins. Ses successeurs tentent en vain de récupérer leurs prérogatives. En 1636, un arrangement, confirmé par un arrêt du parlement de Normandie du 15 avril 1638, est trouvé : l'édit de Charles IX est confirmé, mais l'administrateur nommé par les échevins doit rendre des comptes écrits en arrêt des Grands Jours en la présence du prieur. Les soins étaient tout d'abord assurés par dix religieux. Ils sont remplacés par des religieuses à partir de 1323[. En 1629, une prieure et deux religieuses sont envoyés par la Madeleine de Rouen pour s'occuper des malades. Un profond désaccord se déclare alors au sein de l'Hôtel-Dieu. Les religieuses prétendent reconnaître uniquement l'autorité spirituelle de l'évêque de Bayeux et d'un point de vue temporel des échevins de Caen, alors que le prieur considère qu'elles sont sous son pouvoir. Un procès est mené à l'officialité de Bayeux, puis celle de Rouen. Le prieur obtient gain de cause, mais les religieuses font appel à Rome. Une bulle du 27 juillet 1637, approuvée par des lettres patentes en 1638, place les religieuses sous l'autorité directe de l'évêque. Le prieur s'oppose encore à cette décision, mais l'officialité de Bayeux rejette sa demande et un accord est scellé en 1640.

Plusieurs établissements furent créés ou annexés à l'Hôtel-Dieu. Le prêtre Garnier crée en 1630 la maison des Petits Renfermés afin de lutter contre la mendicité et de redresser les indigents par le travail. Les statuts en sont approuvés par lettres-patentes du 24 février 1640. L'établissement est rapidement affecté aux enfants pauvres, orphelins ou abandonnés. Annexe de l'Hôtel-Dieu, la maison des Petits-Renfermés est construite dans les jardins du prieur. En 1696 la léproserie de Beaulieu est rattachée à l'Hôtel-Dieu et devient un dépôt de mendicité.

À la Révolution française, les religieuses, les chanoines et le prieur sont chassés de l'Hôtel-Dieu. Les sœurs sont rappelées dès le début du Consulat, mais les chanoines et le prieur sont définitivement supprimés. Au XIXe siècle, l'Hôtel-Dieu est jugé insalubre. Construit sur un ancien marécage à proximité de l'Orne, il est désormais entouré par un tissu urbain dense et ne répond plus aux normes modernes d'hygiène. Le 16 août 1818, le dépôt de mendicité ferme ses portes et l'abbaye aux Dames se retrouve donc sans occupant. Le préfet du Calvados, le comte de Montlivault, et surtout le maire de Caen, le comte de Vendeuvre, décident de transférer l'établissement hospitalier dans l'ancienne abbaye. Le site leur apparaît en effet beaucoup plus sain à bien des égards. Il est situé en hauteur dans un lieu encore isolé, mais à proximité immédiate de la ville. Les bâtiments construits au XVIIIe siècle sont bien aérés et orientés vers le sud ; ils s'organisent autour d'une cour ouverte sur un vaste terrain de 14 hectares constitué de jardins et de pâturages. La translation solennelle de l'Hôtel-Dieu a lieu le 6 novembre 1823.

L'ancien Hôtel-Dieu est détruit dans les années 1830. Les rues Laplace et de la Marine sont tracées sur les terrains libérés. Un passage voûté gothique donnant accès à une cour de la rue Laplace était l'une des dernières traces conservées sur place de l'ancien Hôtel-Dieu ; il a été détruit lors de la bataille de Caen. Le portail gothique de la grande salle a également été sauvée de la démolition grâce à l'action d'Arcisse de Caumont, mais il a été remonté sur une façade du musée de la Société des antiquaires de Normandie, aménagé dans l'ancien collège du Mont. Bombardé en 1944, le bâtiment a été en majeure partie détruit, mais le portail a été épargné et remonté quelques mètres plus loin. Ainsi se termina l'histoire du premier Hôtel-Dieu.

[u]Voici une photo du porche de l'ancien Hôtel-Dieu[/u] :



Arrow Pour le Deuxième Hôtel-Dieu (hospice St Louis) voir au-dessus l'Abbaye aux Dames.

Ancien couvent des Frères du Sac (XIIIe)

L'Ordre des Frères du Sac naquit à Hyères sous la houlette de Hugues de Digne, vers 1248-1249. En 1251, pas moins de 13 couvents se réunissaient en un chapitre à Marseille. En 1264 au plus tard, l'ordre comptait déjà 6 provinces, dont une dernière née en Allemagne en 1260 avec une installation à Cologne. En 1265, un couvent naissait à Liège dans le faubourg saint-Léonard, son église étant dédiée à Saint-Didier. Ce couvent survécut au moins jusqu'en 1291, puis fut probablement transformé en hospice, avec une chapelle encore desservis par les frères saccites désoeuvrés. Mais quelle fut la raison de la suppression de cet ordre?
En fait, le XIIIe vit la fondation de nombreux ordres mendiants, peu structurés, intervenants dans toutes les paroisses et obéissant directement au pape. Ils professaient la sobriété, la volonté de suivre le Christ nu, pratiquaient la prédication verbale, tout en s'immisçant dans les affaires des paroisses et celles des ordres établis. En 1274, le concile de Lyon y fit le ménage. Micheline de Fontette explique dans son oeuvre "Religionem diversitatem et la suppression des ordres mendiants", à la page 226 : " Tous les ordres fondés depuis 1215 sans l'approbation de la papauté devront disparaître, quant à ceux qui ont été approuvés, mais qui n'ont ni propriété, ni revenus - Les Mendiants - devront s'éteindre peu à peu. Plus de novices ni de nouvelles fondations. Leurs biens s'ils en ont devront passer au Saint Siège et les frères rejoindres d'autres ordres si on les y accepte. ". Ainsi, en 1275, le couvent des Frères du Sac à Caen fut supprimé. Les Carmes, les Croisiers ou d'autres ordres mendiants eurent, eux, la chance de survivre jusqu'à la Révolution, voire d'avoir un nouvel élan au XIXe.

Couvent des Carmes (1278).

Le couvent des Carmes de Caen, appelé autrefois Notre-Dame du Carme, est un ancien établissement religieux fondé au XIIIe siècle par les Carmes dans la paroisse Saint-Jean de Caen.

Les religieux de l'Ordre du Carmel s'installent vers 1278 sur les terrains de l'hôtel de Troarn, propriété appartenant à l'abbaye Saint-Martin de Troarn au pied des fortifications de Caen. Ils construisent tout d'abord une première chapelle dédiée à sainte Anne. De l'extrême fin du XIIIe siècle jusqu'à la fin du XIVe siècle, ils érigent leur église constituée d'une nef dédiée à la Trinité. L'ancienne chapelle est conservée contre son chevet. Les bâtiments monastiques semblent avoir été construits à l'ouest de l'église. Trois corps de bâtiment assez bas s'organisaient autour du cloître de forme rectangulaire dont le dernier côté était formé par la façade occidentale de l'église. Au sud, s'étendait un jardin non planté. Le tout était accessible depuis la rue des Carmes par une étroite cour. Au milieu du XVe siècle, l'église est agrandie vers le sud par la construction d'une deuxième nef dédiée à la sainte Vierge.

L'église est reconstruite en partie après les deux sièges subis par la ville pendant la guerre de Cent ans. De mai 1562 au jeudi saint de l'année suivante, les moines sont chassés par les Huguenots qui pillent le couvent, brulent les boiseries de l'église et dispersent les archives. En 1612, de gros travaux bouleversent l'architecture des lieux. Dans l'église, des baies sont condamnées alors que de nouvelles sont ouvertes. À l'emplacement des jardins, un nouveau couvent, composé de trois bâtiments conventuels reposant sur des caves, est construit autour d'un cloître qui cette fois-ci s'appuie sur le mur sud de l'église. En 1633, les jardins contigus à l'établissement des Ursulines sont réaménagés à la française et traversés par un bassin alimenté par la Fontaine de Troarn. En 1635 et 1639, la chapelle Sainte-Anne est remaniée. En 1625, la foudre frappe le clocher raccommodé quatre ans plus tôt ; trente ans plus tard, en 1665, les Carmes font construire une nouvelle tour octogonale en remplacement du clocher médiéval qui se trouvait en bas de l'église.

Il semble qu'à la fin du XVIIIe siècle les bâtiments étaient en très mauvais état. Pour faire face à leur dépense, les Carmes doivent ainsi faire fondre en 1710 les cloches qui avaient été installées dans leur nouveau clocher dans les années 1660. Comme tous les ordres monastiques français, l'ordre des Carmes est aboli par le décret des 13 et 19 février 1790. L'inventaire des biens du monastère est dressé le 11 janvier et 8 juin 1791. Les frères quittent définitivement les lieux le 11 août suivant et leur biens sont vendus en octobre. Le couvent devient une prison pour les prêtres hostiles à la constitution civile du clergé et un hôpital pour les soldats de la garnison atteint de maladie vénérienne. L'église sert un temps au culte protestant, puis elle est transformée en salpêtrière en 1794. En 1796, le couvent est vendu à deux particuliers. Le cloître sert alors d'entrepôt à bois, le port de Caen étant tout proche. En 1802, la gendarmerie s'installe dans le couvent. En 1815, la chapelle, pratiquement en ruine, est transformée en grenier à sel. En 1839, l'état de dégradation alerte les autorités qui décide de démolir le couvent. Le clocher est détruit en 1860 et le reste du couvent, à l'exception de l'église, en 1864.

Pendant la bataille de Caen, l'église est sévèrement touchée. Malgré son intérêt architectural et bien que son état de conservation le permette, les autorités renoncent à entreprendre la restauration du bâtiment. L'église, classée monument historique, est radiée le 6 avril 1950. Lors de la Reconstruction de Caen, les autorités décident toutefois de raser les derniers vestiges et la façade ouest, ainsi qu'un fragment de mur, restés debout sont détruits vers 1950. Le nom de la rue est donc le dernier souvenir qu'il reste du couvent.

Plan du couvent du XVIIe
et de l'église


Deux nefs composaient l'église de ces religieux. La nef la plus petite était couverte d'une voûte en pierre ; l'intersection entre les arceaux aux arêtes prismatiques était ornée de clefs. La voûte de la nef principale était en bois. La voûte en berceau reposait sur des lambris sur laquelle on avait représenté l'histoire de la vie de Jésus, peints par le frère Lucas La Haye (ou Delahaye), premier maître de Robert Tournières, qui se serait fortement inspiré de la Mise au tombeau du Christ du Titien et du Portement de Croix d'Eustache Le Sueur. Au milieu du XIXe siècle, les murs étaient encore couverts d'un semis de fleur de lys et de monogrammes réalisé à la peinture à l'eau grâce à des pochoirs. Au nord de l'église, s'ouvrait un portail en saillie sur la façade. Il formait une sorte de loggia aménagée entre deux contreforts et ornée d'une balustrade percée de quadrilobes.

Voici 3 photos de l'église des Carmes : avec son clocher en 1832
et dans l'état du début du XXe


Au XVIe siècle, l'historien M. de Bras nous renseigne à propos d'un contre autel et d'un tableau présents dans cette église, dans les termes suivants: "J'ai été en la plus grand part des plus fameuses villes de ce royaume mais je n'ai vu aucun plus beau et plus singulier contre autel que celui des Carmes de cette ville qui était à petits personnages eslevez peints et dorés de fin or battu où les mystères de l'Incarnation, Nativité, Passion, Résurrection, Ascension Mission du sainct Esprit et le dernier jugement étaient représentées voire de tant exquis artifice qu'il etait réputé entre les plus suroptueux et invitait ceux qui le contemplaient en grande dévotion. Dans la même église des Carmes un Trespassement de Notre Dame placé au devant du pupitre et eslevé à grands personnages de la Vierge Marie et des douze Apostres selon le naturel et si bien représentez qu ils sembloyenl déplorer le trespas de ceste Vierge mère.". Au XVIIe siècle, un maître-autel a été monté dans l'église. Après la Révolution, il a été remonté dans le transept sud de l'église Saint-Jean de Caen. Cette œuvre du XVIIe siècle, endommagée en 1944, a été classée au titre d'objet le 2 décembre 1975. Des statues sont posées de chaque côté de l'élévation du retable : à gauche, saint Joseph et à droite sainte Thérèse d'Ávila. Au centre, on trouve une statue de taille plus réduite représentant sainte Catherine. Le centre du retable est orné par une toile représentant l'Annonciation. Cette toile ne semble pas avoir été conçu pour ce retable. Alors que l'ensemble date de la fin du XVIIe siècle, il semble que le tableau soit antérieur à 1620.

L'Annonciation du retable des Carmes :


Dans l'église St Jean, panneau informatif sur le couvent des Carmes :
et plan de l'église en 1950 :



Couvent des Jacobins (XIIIe)

Ce couvent était situé dans le haut de l'actuelle rue des Jacobins, à droite (à l'ouest du centre), près des rives du bras de l'Orne qui enserraient alors l'île St Jean, dont les contours sont aujourd'hui formés par le quai de Juillet (sur l'Orne), le cours De Gaulle, le boulevard Artistide Briand, le boulevard du Maréchal Leclerc (au nord), jusqu'à Saint-Pierre dont le chevet était tourné vers l'eau et la Tour Leroy, à l'entrée de l'ancien port. Les bâtiments formaient, en 1705, un carré. l'ensemble fut rasé après la Révolution.

Ancien couvent des Croisiers (XIVe), rue des Croisiers

Ce couvent de la Confrérie de Sainte-Croix fut fondé vers 1306 dans le quartier saint-Martin. En 1356, les Croisiers s'installèrent à l'emplacement du couvent des Béguines et constreuisirent l'église à partir de 1372. Désaffecté en 1772, il fut racheté par un menuisier qui abattit le clocher et l'une des deux nefs. Les restes échappèrent de peu aux bombardements de 1944 qui rayèrent de la carte le quartier entier de Quatrans, à 100 mètres. Quatre travées de l'église gothique sont maintenant l'hôtel-restaurant du Dauphin. On peut la voir dans la cour du n°9, rue des Croisiers et dans la cour de l'hôtel-restaurant au n°29, rue Gémare.

Deux photos de l'église (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir) :

cour du n°9, rue des Croisiers
cour du n°29, rue Gémare

Ancien couvent des Capucins (1577), devenu par la suite l'Institut du Bon-Sauveur. Il a été créé sur le territoire du prieuré de Brécourt, offert par le cardinal Farnèse, alors abbé de l'Abbaye aux Hommes.

Ancien collège Royal-Bourbon (Jésuites), ex-Collège du Mont détruit en 1944

En 1494, les registres de l’université de Caen mentionnent pour la première fois la Pédagogie de maître Henri le Prévost dans un manoir appartenant à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, situé rue de l’Église-Saint-Étienne-le-Vieux à proximité de la Porte Saint-Étienne. Le manoir est vendue en 1579 par l’abbé Arthur de Cossé-Brissac et l’enseignement est suspendu. La ville de Caen rachète le manoir en 1591 et rouvre l’étude qui est érigée en collège de l’université de Caen en 1594, par placement de fonds d’économies, provenant de concession royale. Il fut en conséquence qualifié de Royal, et dit Regio-Montanus.

Entre les 11 et 18 septembre de l’année 1603, Henri IV séjourne à Caen avec son confesseur, le jésuite Pierre Coton. À la suite de cette visite, le roi décide de fonder un collège de frères Jésuites afin de lutter contre la présence relativement forte des Huguenots dans cette ville où le catholicisme est jugé trop modéré. Mais les élites caennaises, qui n’ont pas participé aux excès de la Ligue, sont peu favorables à l’implantation des Jésuites. Le 3 mars 1604, Pasquier Savary, docteur en théologie, se fait passer auprès du roi pour un député envoyé par la ville de Caen pour demander la fondation d’un établissement jésuite ; mais la municipalité révèle la fraude et le projet échoue. Le roi envoie alors un prédicateur italien, Jean Gontery (ou Gontieri) afin de préparer un nouveau projet. La municipalité évoque alors un manque de moyens financiers et de locaux, mais l’abbé de Sainte-Colombe résigne le prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge, offrant ainsi 3 000 livres de rente au collège des Jésuites qui pourtant n’est toujours pas créé. Mise au pied du mur, la municipalité se voit obliger de céder, malgré l’hostilité des Caennais clairement exprimée lors d’une assemblée générale tenue au présidial de la rue de Geôle le 4 novembre 1608. Les Jésuites intriguent pour écarter Claude Colin qui était à la tête du collège du Mont depuis sa réouverture en 1594 en le faisant nommer prieur de l’Hôtel-Dieu de Caen. Par les lettres patentes du 6 décembre 1608, le roi ordonne enfin que le collège du Mont soit cédé aux pères jésuites. Ces derniers prennent possession du collège le 5 janvier 1609 et les professeurs de l’Université sont expulsés en août. Le collège des Jésuites fait finalement sa rentrée en octobre 1609.

Après la prise de pouvoir par les Jésuites, les effectifs du collège restent stables, voire augmentent. Le collège rachète des locaux et s’agrandit par étapes (1619, 1667, 1686, 1697). En 1627, on recense 918 élèves et sur la même période 20 à 28 personnes assurant l’enseignement et l’encadrement. Le programme couvre l’histoire, la géographie, le latin et le grec, la religion, la philosophie, la rhétorique, les mathématiques, la physique et un peu d’astronomie. Louis XIV adjoint au collège une chaire d’hydrographie en 1704. Le théâtre est également un élément important de l’enseignement dispensé par les Jésuites. L’enseignement étant gratuit, il est largement ouvert aux enfants des classes populaires et de la petite bourgeoisie, ce qui explique en grande partie le fort taux d’alphabétisation constaté dans la ville de Caen à la fin du XVIIe siècle.

En 1763, les Jésuites sont expulsés du royaume de France et le collège est rendu à l’université par arrêt du Parlement de Normandie du 5 mars 1763. En 1786, un édit de Louis XVI, portant règlement pour l’université de Caen, conserve ce collège, avec celui du Bois, en le complétant par création, pour chacun d’eux, d’une chaire d’histoire et de géographie. A la Révolution, le lycée Malherbe, créé avec les postes et élèves des anciens collèges, déménage à l'Abbaye-aux-Hommes. La Préfecture s'installe dans l'ancien collègue, au n°29 de la rue Arcisse de Caumont.

En 1854, l’hôtel de la Préfecture étant définitivement terminé, le préfet Tonnet légua une partie des bâtiments à la Société des antiquaires de Normandie qui y fonda un musée abritant ses différentes collections. En 1855, la Société Française d'Archéologie a aménagé un musée de moulages de sculptures gallo-romaines et médiévales dans l’ancienne chapelle des jésuites située au premier étage des bâtiments donnant sur la rue Arcisse de Caumont. Une autre partie des bâtiments donnant sur la rue était occupée par l’Inspection académique. En 1857, la façade d’une maison du XVIe siècle provenant de la rue des Capucins (actuelle rue Caponière) fut remontée sur la façade du musée des Antiquaires. Le porche du XIIIe siècle de l’ancien Hôtel-Dieu, détruit dans les années 1830, fut également remonté sur la façade du musée. Cet ensemble fut inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 13 juin 1927.

La majeure partie de l’ancien collège a été détruite pendant la bataille de Caen. Seul l’ancien musée de la Société des antiquaires de Normandie, très endommagé, subsistait dans la cour. Pendant la Reconstruction de Caen, on prit la décision de prolonger la rue de Bras à travers la cour du collège, ce qui nécessitait la démolition du musée. À partir de novembre 1956, la façade de la rue des Capucins fut donc déposée pour être remontée ensuite sur un mur aveugle de la place Pierre-Bouchard. Malheureusement, les lucarnes furent détruites par inadvertance par l’entreprise chargée des travaux. L’ancien porche de l’Hôtel-Dieu a, quant à lui, été sauvé in extremis et remonté quelques mètres plus loin.

Voici une photo de la façade du collège avant 1919 :


En sus du Collège du Mont, l'Université de Caen possédait 3 autres collèges anciens. D'abord, le collège du Bois, fondé par Nicolas Du Bois en 1441. Il était situé rue Saint-Sauveur. Également appelé collège Harrington, du nom du propriétaire de la maison, il fut érigé, en 1493, en collège régulier avec des fonds provenant d’un legs de l’évêque de Lisieux Pierre Cauchon et par les soins et libéralités de ses exécuteurs testamentaires, tel Jean de Gouvix, archidiacre de Bayeux. Membre de la Faculté des Arts, Nicolas Du Bois avait été élevé à la charge du grand doyen de la métropole de Rouen. Il rendit de grands services à l’Université, tant auprès de l’Échiquier de Normandie qu’à la cour de Charles VII et de Louis XI. Ayant subsisté comme pédagogie, la plus anciennement connue en l’Université, le collège du Bois s’est maintenu comme tel jusqu’au XIXe siècle. Ensuite, il y avait le collège du Cloutier, appelé autrement « collège d’Enfer » et « collège de Paradis » ; situé rue Neuve-Saint-Jean, ce collège fut fondé le 24 mai 1452 par Roger Le Cloutier, seigneur de Saint-Germain-le-Vasson et du Mesnil d’Argences, qui en confia la direction à son neveu Thomas le Cloutier, professeur ès-droits et recteur en l'Université en 1454. En 1731, il fut supprimé, par lettres-patentes appliquant les revenus de sa dotation au paiement du bibliothécaire de l’Université. Enfin, il y avait encore le Collège des Arts, à l’angle de la rue des Grandes-Écoles et de la cour des Cordeliers. Il avait été fondé sur l’emplacement de l’hôtel de Michel d’Anfernet, sieur de Montchauvet, par la faculté des arts, qui l’avait acheté, en 1460, sur ses fonds et lui avait donné son nom. Les bâtiments furent agrandis en 1480. De 1487 à 1496, une belle façade y fut érigée, sur arcs et porches, ornée des statues des sept arts libéraux, que les Calvinistes détruisirent en 1562, les ayant prises, dit-on, pour des images de saints. En 1786, un édit de Louis XVI, portant règlement pour l’université de Caen, supprima le collège des Arts comme collège ordinaire, pour le transformer en un établissement dit « Collège royal de Normandie », où seraient institués des cours libres de physique expérimentale, mathématiques, littérature française et langue grecque, ouverts à tous auditeurs bénévoles, sans condition préalable d’inscription ni rétribution quelconques. Tout cela fut supprimé en 1791 par la Révolution.

Ancien couvent des Carmélites, fondé en 1616 dans la rue Guilbert (actuellement au sud de la rue des Carmélites). Leur église est consacrée en 1626. En 1705, sur le plan général de la Ville de Caen, ils occupent un grand terrain rectangulaire, orienté vers l'ouest, où leur couvent forme un bâtiment en U tourné vers la toute proche église Saint-Jean. Les moines sont expulsés en 1794 et le couvent est reconverti, puis rasé au cours du XIXe. Les derniers vestiges, s'ils en restait, sont anéantis en 1944, comme tout le quartier, à l'exception du pourtour de l'église St Jean.

Ancien couvent des Oratoriens (XVIIe)

La congrégation s'établit au coté des Carmélites, rue Guilbert, en 1622, puis dans la rue de l'Oratoire en 1653.

Ancien couvent des Ursulines, fondé en 1624 dans l'actuelle rue Pasteur. Il est réquisitionné à la Révolution, puis disparaît. Mère Jourdaine DE BERNIERES, fondatrice du monastère, est morte en 1670. D'abord inhumée dans l'église du couvent, elle en est exhumée en 1807 et est transférée dans l'église St Jean à Caen. Son coeur rejoignit alors l'église de Louvigny, comme l'atteste une plaque apposée dans la nef.

Ancien monastère de la Visitation (1631), rue Caponière (chapelle détruite en 1944)

L'implantation des sœurs de la Visitation à Caen s'inscrit dans l'important mouvement de fondation d'établissements religieux consécutif à la Contre-Réforme. Au XVIIe siècle, de nombreux monastères et couvents sont en effet fondés à Caen, ville où les Huguenots étaient autrefois nombreux. Fondé à Annecy dans les années 1610 par François de Sales et Jeanne de Chantal, l'ordre se développe partout en France dans les décennies qui suivent. Six religieuses professes quittent le monastère lyonnais pour s'installer le 20 octobre 1627 à Dol-de-Bretagne. Mais quatre ans plus tard, elles délaissent cet établissement insalubre et élisent domicile le 16 juillet 1631 dans une maison de la rue Saint-Jean à Caen. L'année suivante, en 1632, elles choisissent de s'établir définitivement à la périphérie de la ville près du monastère des Capucins (actuel Bon-Sauveur) et du Godiveau, temple protestant construit en 1611 et détruit en 1685 après la révocation de l'Édit de Nantes. Elles achètent le 16 décembre 1632 un terrain de cinq acres entouré d'une muraille et dans lequel se trouve une maison, une cour, un colombier et un jardin. En 1655, les Visitandines de Caen tentent de fonder une nouvelle Visitation à Saint-Sauveur-le-Vicomte ; mais elles échouent du fait de la mort de la mère supérieure, Marie du Breuil de Pontbriand, et reviennent dès 1656.

De 1632 à 1661, Marie-Élisabeth de Maupeou fait construire par Guillaume Brodon l'église et les bâtiments conventuels. Les bâtiments conventuels sont construits de 1632 à 1647 autour d'une cour carrée aménagée en cloître dans les années 1650. Les galeries sont percées par des arcades en plein cintre encadrées par des pilastres surmontées de chapiteaux d'ordre toscan. Dans l'agglomération caennaise, on retrouve ce style très sobre, typique du classicisme français, à l'abbaye d'Ardenne, dont le cloître est reconstruit quelques décennies auparavant, et à l'abbaye aux Hommes, relevée un siècle plus tard. Comme à l'abbaye aux Dames, le cloître n'est pas fermé, le bâtiment ouest étant manquant. L'église, construite entre 1648 et 1661, est consacrée par l'évêque de Bayeux, Mgr de Nesmond le 8 avril 1668. Elle vient remplacer une chapelle plus petite et plus exposée au bruit du fait de sa proximité avec la route de Bretagne (actuelle rue Caponière). Marie de Harcourt-Beuvron et sa sœur Marie-françoise d'Harcourt ayant pris l'habit à la Visitation de Caen respectivement en 1646 et en 1652, ce nouveau lieu de culte est financé par la puissante famille d'Harcourt ; en contre-partie, la famille dispose du privilège de posséder un caveau dans l'église. Marie-françoise d'Harcourt fut par ailleurs supérieur de la Visitation de Caen de 1680 à 1683, de 1692 à 1695 et de 1704 à 1707.[10] Le style de l'édifice rappelle celui des églises jésuites. Le plan prend la forme d'une croix grecque. Au dessus de la croisée du transept, le clocher en forme de dôme est surmonté d'un lanternon. La façade du portail principal est ornée de colonnes d'ordre dorique au niveau inférieur et ionique au niveau supérieur. Dans les années 1780, un pensionnat est également construit à côté du monastère.

Les Visitandines étaient à l'origine orientées vers la voie de la vita activa et s'investissaient dans la vie locale. L'institution avait pour objectif de secourir les filles et femmes à la santé fragile. Le 30 juillet 1644, l'évêque de Bayeux, Mgr d'Angennes, permet à des sœurs de la Visitation de Caen de venir reprendre en main l'institut fondé par Jean Eudes pour recueillir les prostitués repenties. Bien que réticente, la supérieure de la Visitation de Caen, Maris-Françoise Marguerite Patin, s'installe le 16 août 1644 au refuge avec deux autres nonnes pour gouverner l'établissement connu sous le nom de Notre-Dame du Refuge, puis de Notre-Dame de Charité. Lassées du manque de moyens et de l'opposition à laquelle elles doivent faire face, les sœurs de la Visitation quittent l'institut en 1649. Elles sont ensuite remplacées par une nouvelle communauté fondée ad hoc, l'ordre de Notre-Dame de Charité, qui n'est reconnue officiellement par le nouvel évêque de Bayeux, Mgr Molé, que le 8 février 1651. Les Visitandines de Caen sont également envoyées à la Charité de Bayeux et au Bon-Sauveur de Saint-Lô. La règle de la clôture s'est ensuite imposée et les Visitandines se sont retirées dans la vie contemplative. À Caen, leur travail été repris à partir de 1720 par Anne Le Roy qui fonde à Vaucelles une communauté non cloîtrée prenant en charge « des filles et femmes débauchées », puis des femmes aliénées, connue à partir de 1734 sous le nom de Filles du Bon-Sauveur.

Le 3 novembre 1789, l’Assemblée Nationale décide de mettre les biens ecclésiastiques à la disposition de la Nation. Dès le 13 janvier 1790, la chapelle est attribuée à la la cinquième section révolutionnaire pour qu'elle y tienne ses réunions. Le 18 mai de cette même année, le District dresse l'inventaire du mobilier et des livres à l’usage des religieuses ; puis le 18 juin, l'état des aumônes libres que la Visitation faisait année commune est établi. Le 11 août et 15 août 1792, les monastères sont définitivement interdits et les congrégations hospitalières et enseignantes sont dissoutes ; le pensionnat de la Visitation est donc fermé. Dès le 17 août 1792, l'armée occupe les lieux. Les sœurs sont chassées par groupes et les dernières religieuses quittent l'établissement en octobre 1792. Dès le 14 octobre 1793, une commission est chargée par la ville de dénombrer le nombre de lits pouvant être utilisés pour loger les soldats dans différents établissements de la ville, notamment à la Visitation. Des procès-verbaux dressés en novembre 1793 et juin 1794 constatent que les troupes de passage commettent des actes de vandalisme dans l'ancien établissement religieux. Au début du XIXe siècle, le monastère caennais est définitivement transformé en caserne. L'église est utilisée comme une annexe militaire et des écuries sont construits dans les anciens jardins à partir de 1835. Vers cette date, la caserne de la Visitation est rebaptisée dépôt de Remonte, puis Quartier Lorge.

Le 13 juin 1927, l'ancienne chapelle et le cloître sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. L'ancienne église est détruite pendant la bataille de Caen en 1944 ; elle a donc été radiée de la liste des monuments historiques par l'arrêté du 15 février 1946. En revanche, les façades et toitures des anciens bâtiments conventuels ont été inscrites à leur tour le 18 novembre 1988, en même temps que les bâtiments à usage militaire construits au XIXe siècle. Il reste encore quelques pans de murs.

La sauvegarde de cet ensemble dont la valeur patrimoniale et historique est indubitable est en suspens suite au départ programmé de l'armée. Puisse le couvent de la Vistation ne pas être sauvé comme le Bon-Sauveur l'a été... (lire plus haut)

Photos (4) :

l'ancienne chapelle, rasée en 1944

le cloître
la maison dite du Grenadier (avant 1630)
écuries construites en 1840

Et une petite vue par satellite : l'actuel couvent se trouve de l'autre coté de la rue Caponière Arrow http://wikimapia.org/#lat=49.1802867&lon=-0.3759384&z=17&l=2&am…

Ancien couvent Notre-Dame du Refuge (1641) puis Ancien couvent Notre-Dame de Charité (après 1646), fondé par Jean Eudes. détruit en 1944

En 1641, Jean Eudes, encore membre de la congrégation de l'Oratoire, loue une maison afin de recevoir des prostituées repenties. L’évêque de Bayeux, Mgr d’Angennes, autorise l’aménagement d’une petite chapelle décorée grâce à des dons, notamment de la part des Carmélites de Caen. Le but de Jean Eudes n’est toutefois pas de créer un nouvel ordre religieux, mais simplement d’ouvrir une maison de refuge sur le modèle de celle qui existe, à Rouen par exemple ; l’institut prend donc le nom de Notre-Dame du Refuge. Les femmes qui encadrent les prostituées ne sont pas des religieuses et ne vivent pas cloîtrées. Les jeunes femmes repenties quant à elles sont amenées à travailler afin de subvenir à leur besoin et pour éviter qu’elles cèdent à l’oisiveté. Dans une lettre adressée aux Dames de la Miséricorde de Rouen, Jean Eudes explique que dans la maison de Caen, Dieu est « grandement glorifié par le grand ordre qui y est gardé et le grand soin que l’on a de bien établir ces pauvres réfugiées dans la crainte de Dieu et dans la piété, et de leur bien faire employer le temps au travail ».

Mais une partie de la population de Caen, dont certains membres influents, se montrent hostiles à l’institution en arguant du fait qu’elle n’avait été reconnue ni par le roi, ni par le Parlement. Afin de remédier à cet état de fait, Jean Eudes obtient du cardinal de Richelieu la reconnaissance de la communauté grâce à des lettres patentes scellées de cire verte datées de novembre 1642. Après le départ des femmes encadrant les anciennes prostituées suite à un désaccord sur les règles de discipline à l’intérieur de l’établissement, Jean Eudes décident de les remplacer par de véritables religieuses. Il fait alors une requête pour obtenir que quelques sœurs de l’ordre de la Visitation viennent tenir le refuge. Le 30 juillet 1644, l’évêque de Bayeux autorise l’opération et trois sœurs de la Visitation de Caen viennent gouverner le Refuge. Bien que réticente, la supérieure de la Visitation de Caen, Maris-Françoise Marguerite Patin, s'installe le 16 août 1644 avec deux autres soeurs pour gouverner l'établissement. Jean Eudes dote la communauté d’un règlement conforme aux règles de saint François de Sales et décide de changer sa dénomination : le 24 août 1646, l’évêque de Bayeux autorise que la maison soit désormais baptisée Notre-Dame de Charité. Lassées du manque de moyens et de l'opposition à laquelle elles doivent faire face, les sœurs de la Visitation quittent l'institut en 1649. L'établissement est alors tenu par Mademoiselle de Taillefer, novice qui avait pris l'habit le 12 février 1645.

Le 8 février 1651, le nouvel évêque de Bayeux, Mgr Molé, reconnait après cinq ans de tergiversations l’ordre de Notre-Dame de Charité. Monsieur de Langlie, président du Parlement de Rouen, et son épouse offrent les fonds nécessaires et se déclarent fondateurs de l’Institut. Enfin une bulle pontificale du 2 décembre 1666 reconnait définitivement l’Institut. Les lettres patentes de 1642 comme la bulle pontificale de 1651 placent la communauté sous la règle de saint Augustin. Comme dans toutes les autres congrégations, les sœurs devaient faire vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Un quatrième vœu, spécifique à cet ordre, enjoignait les sœurs de Notre-Dame de Charité à s’appliquer à la conversion des filles et femmes tombées dans l’impureté.

Jean Eudes a également réglé la question de l'habillement des sœurs. Leur habit était constitué d'une robe ceinte par une ceinture, d'un scapulaire et d'un manteau. Le tout était taillé dans une étoffe de couleur blanche, symbole de pureté contre le vice que les sœurs doivent extirper de l'âme des pénitentes. Leur tête était couvert d'un voile de couleur noire. À l'intérieur de la robe, on trouvait au niveau du cœur une petite croix de couleur bleue destinée à rappeler aux sœurs l'exemple d'abnégation offert par le Christ lors de la Passion. Enfin les religieuses portaient au cou un pendentif en argent en forme de cœur sur lequel était gravé les armoiries de la congrégation. Ces armes représentent la Vierge portant entre ses bras l'enfant Jésus encadrée par une branche de lys à gauche et par une branche de rose à droite. Le lys symbolisait, d'une part, la chasteté que les sœurs devaient professer autour d'elles et, d'autre part, la nécessité de répandre la bonne odeur du Christ. Les roses avec leurs piquants faisaient référence à la défense qui leur est faite de s'attacher à une personne autre que le Christ. Voici donc une lithographie de 1715, tirée de l'ouvrage Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, publié par Jean-Baptiste Coignard, 1715. Cette lithographie, réalisée par Pierre Hélyot et Maximillen Bullot présente une religieuse de la Charité en habits ordinaires, à gauche) et de cérémonie (à droite) :



La maison louée en 1640 se trouvait dans la rue Saint-Jean, face à la chapelle de l’hôpital Saint-Gratien. En 1645, la communauté déménage dans la rue des Jacobins. De 1549 à 1657, elle emménage dans une maison de la rue neuve Saint-Jean appartenant à M. de Langrie. La croissance de la communauté les oblige à acquérir en 1656 une nouvelle demeure située rue des Quais (actuel quai Vendeuvre) et disposant d’un terrain spacieux qui servait jusqu’alors de lieux de déchargement des marchandises du port de Caen. Cet établissement, dans lequel les sœurs s’installent le 25 mars 1657, se développe entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle. Les sœurs se font construire une église dédiée au sacrés cœurs de Jésus et Marie. Elle fut bénite par Mgr de Nesmond, évêque de Bayeux, le 2 février 1685 et consacrée par Mgr Blouet de Camilly, évêque de Toul, le 1er janvier 1709. Le plan de l’église des Sacrés-Cœurs-de-Jésus-et-Marie formait une croix latine de 26m50 de long pour 15,5 m de largeur au niveau du transept. Le chœur des religieuses faisait 5m sur 7. Les cœurs des fondateurs du couvent, Monsieur de Langrie et Madame de Camilly, ont été inhumés dans une chapelle de l'église. Lors de la translation du corps de Jean Eudes à Notre-Dame-de-la-Gloriette en 1810, son crâne et un reliquaire trouvé dans le tombeau ont été mis en terre dans la même chapelle.

En 1792, la communauté est dispersée et le couvent transformé en caserne. En 1801, les religieuses reprennent possession des bâtiments et l’agrandissent peu à peu. En 1858, elle rachète à la municipalité l’ancien palais des évêques de Bayeux, contigu à leur établissement, pour le transformer en pensionnat. Cette résidence épiscopale est mentionnée dès le XIe siècle dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Martin de Troarn. Elle fut agrandie en 1304 par la construction par Philippe le Bel d’une chapelle dédiée à saint Louis à l’emplacement de l’ancien couvent des Frères du sac, supprimé en 1275. Le palais fut reconstruit à la fin du XVIIIe siècle, mais il restait quelques vestiges des bâtiments du XIVe siècle. Il était composé d’une cour encadrée par quelques bâtiments aboutissant à un bâtiment central et de jardins.

L'ensemble du couvent est détruit pendant la bataille de Caen en 1944. Il se trouvait quai Vendoeuvre.

Voici aussi une petite photo de l'intérieur de la chapelle du couvent vers 1900 :
et une photo, des archives de la Ville de Caen, des ruines du couvent en 1944 :


Ancien couvent de la Congrégation de Jésus et Marie, première maison eudiste fondée en 1643 à l'angle des actuelles rue Jean Eudes et Saint-Laurent. Les religieux déménagent en 1646 au séminaire des Eudistes.

Ancien couvent des Petites bénédictines (1643), à l'emplacement de l'Hôtel de Loraille, rue de Geôle. Il ferme en 1770. Après la Révolution, le temple protestant sera aménagé dans ses dépendances. L'ensemble sera pilonné en 1944 et disparaîtra complètement. Les bénédictines se réinstallent tout près en 1816, rachetant l'ancien couvent des Cordeliers, anéanti à l'exception du choeur et du clocher de la chapelle en 1944. Les soeurs reconstruiront alors un couvent neuf à la Folie-Couvrechef, au nord de Caen (voir : Couvent des bénédictines, ci-dessus)

Ancien séminaire des Eudistes (1646) détruit en 1944

Le séminaire des Eudistes de Caen est l'un des premiers séminaires fondés par Jean Eudes. Le bâtiment, construit dans la deuxième partie du XVIIe siècle sur la place Royale de Caen, a été transformé en hôtel de ville pendant la Révolution française. À partir du XIXe siècle, il a abrité également le musée des Beaux-Arts de Caen et la bibliothèque municipale. Il a été totalement détruit en 1944 pendant la bataille de Caen et n'a pas été reconstruit.

En 1643, Jean Eudes quitte la Congrégation de l'Oratoire et s'installe dans une maison de la rue des Jésuites en face de l'abreuvoir Saint-Laurent. Il y fonde avec quelques frères qui l'ont suivi la Congrégation de Jésus et Marie et ouvre un séminaire. Ils aménagent les locaux en construisant notamment une chapelle. L'institution est fermée par l'évêque de Bayeux, Mgr Molé, avant d'être rétablie en 1652 par son successeur, Mgr Servient. Mais la "vieille Mission" est devenue trop exiguë. L'évêque de Bayeux fait alors l'acquisition en 1658 du lot de terrains à l'ouest de la place Royale en cours d'aménagement pour que Jean Eudes fasse construire un nouveau séminaire.

La première pierre de l'église est posée le 20 mai 1664. Jean Eudes décide de dédier l'église aux Très Saints Cœurs de Jésus et Marie, cette dédicace étant confirmée en 1674 par le pape Clément X. Menés par Guillaume Brodon, les travaux sont interrompus au moins à quatre reprises faute de moyens financiers suffisants. Trois jours après la mort de Jean Eudes, survenue le 19 août 1680, son corps est inhumé dans le chœur de l'église encore en construction. Il est déposé dans un cercueil en plomb recouvert par une dalle de marbre blanc sur laquelle est gravée cette épitaphe :

HIC JACET VENERABILIS SACERDOS,
JOANNES EUDES,
SEMINATORIUM CONGREGATIONIS JESU ET MARIÆ INSTITUTOR ET RECTOR
OBIIT DIE 20 AUGUSTI 1680 ÆTATIS SUÆ 79.

Ce qui signifie "Ci-gît Jean-Eudes, sacrifice vénérable, recteur et fondateur du séminaire de la Congrégation de Jésus et Marie, mort le jour du 20 août 1680 à l'âge de 79 ans.". L'église est finalement consacrée le 23 novembre 1687.

La construction du séminaire proprement dit ne commence que le 1er septembre 1691, plus de dix ans après la mort de Jean Eudes, et se termine en février 1703. Mgr François de Nesmond contribue financièrement à son érection et ses armoiries sont gravées sur la porte d'entrée du séminaire[1]. À gauche de l'église, s'élève le grand séminaire, destiné à la formation des jeunes gens qui se destinent à la prêtrise ; à droite, le bâtiment accueille le petit séminaire, internat fréquenté par de jeunes garçons dont certains deviennent ensuite les élèves du grand séminaire. En 1731, une nouvelle aile est construite à la place de bâtiments utilitaires couverts de chaume ; la première pierre, posée le 2 juillet 1731, a été retrouvée en 1953 lorsque le tracé de la rue Jean Eudes a été modifié. À cette époque, le plan du séminaire prend la forme d'un E. La façade fermant la place Royale reprend l'ordonnancement caractéristique du classicisme français. Cette harmonie d'ensemble est rompue par la façade de la chapelle ; comme l'église Sainte-Catherine-des-Arts (actuelle Notre-Dame-de-la-Gloriette) construite à proximité entre 1684 et 1689, l'église des Très-Saints-Cœurs-de-Jésus-et-Marie s'inspire de l'église du Gesù et la croisée du transept est surmontée d'un lanternon.

Voici une gravure de la façade du séminaire des Eudistes en 1880, tirée de l'ouvrage Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs par Guillaume-Stanislas Trébutien, ed. A. Hardel, 1880, 3e édition :


Quand Jean Eudes meurt en 1680, le séminaire de Caen contrôle quatre autres séminaires en Normandie et un à Rennes. La congrégation continue ensuite sa progression et, au moment où la Révolution française éclate, le séminaire de Caen est à la tête d'un réseau de seize séminaires disséminés dans le nord-ouest de la France. En mai 1792, les Eudistes sont chassés du séminaire et les autorités municipales, installées depuis les années 1750 dans l'hôtel d'Escoville, prennent leur place. La salle du conseil est aménagée dans une pièce du premier étage du petit séminaire ; dans les cartouches et les médaillons du plafond, Luchet peint les portraits de Normands célèbres ou de personne ayant marqué la ville par leur bienfait : François de Malherbe, Jean Regnault de Segrais, Jacques Clinchamps de Malfilâtre, Michel Lasne, Graindorge, Charles de Bourgueville, Pierre-Daniel Huet, Samuel Bochart, Charles Mathieu Isidore Decaen,... Pendant un temps, l'église sert de lieu de réunion pour la société populaire, de salle des mariages et de remise pour le matériel municipal. En 1810, les ossements de Jean Eudes sont transférés dans l'église Notre-Dame-de-la-Gloriette. Ensuite un plancher est construit dans l'église.

Le rez-de-chaussée de l'ancienne église est transformé en salle de réception et de bals. La salle est occupée notamment par la Société philharmonique de Caen qui y tient régulièrement des concerts. En 1858, la salle est redécorée à l'occasion de la venue de Napoléon III en route pour Cherbourg. Selon Trébutien, « ses voûtes ornées de moulures en cuivre doré, ses colonnes et ses portes dorées, ses glaces, ses lustres et ses girandoles en font une belle salle de concert ou de bal». Le premier étage de l'ancienne chapelle est divisée en trois salles dans lesquelles sont transfères en 1809 les fonds de la bibliothèque municipale. La bibliothèque prend donc la forme d'une croix latine longue d'environ 48m sur 26 m (149 pieds de long sur 80 de large). L'entrée de la bibliothèque est éclairée par un vitrail représentant Charles de Bourgueville. Dans la grande salle, sont suspendus 39 portraits représentants des hommes illustres de Caen, comme Malherbe, de Bras, Segrais, Samuel Bochart, Pierre-Daniel Huet, l'abbé De la Rue ou Jacques Crevel. Le 2 décembre 1809, le musée des Beaux-Arts de Caen est officiellement ouvert dans l'aile gauche de l’hôtel de ville, parallèle à l'ancienne chapelle. En 1861, une nouvelle aile est construite par Gustave Auvray en collaboration avec M. Guy afin d'agrandir les locaux dédiés à la bibliothèque, au musée et à l'école des Beaux-Arts de Caen. Des statues sont installées dans la cour d'honneur : les Dénicheurs d'Auguste Lechesne et le Centaure et Bacchante de Arthur Le Duc, médaillé au salon de 1879.

Photos de la chapelle réaménagée datant de la fin du XIXe :

Voilà au rez-de-chaussée la salle de bal
et à l'étage la bibliothèque
ainsi que le plan d'ensemble


Le 7 juin 1944, l'ancien séminaire est en grande partie détruit et le dernier bombardement aérien des Alliés, le 7 juillet, détruit ce qui était encore resté debout. En 1950, Marc Brillaud de Laujardière présente un projet visant à reconstruire sur le site l'hôtel de ville, la bibliothèque municipale et le musée des Beaux-Arts. Le projet, modifié plusieurs fois, est rejeté par le conseil municipal et, en 1954, il est définitivement abandonné. Un parking arboré a été aménagé à l'emplacement de l'ancien séminaire. Seules quelques pierres des fondations de l'église témoignent de la présence du bâtiment. Toutefois le site de l'ancien séminaire est toujours réservé dans le plan d'occupation des sols actuellement en vigueur pour un équipement public. La construction éventuelle et actuellement étudiée de la future médiathèque régionale d'agglomération sur le côté ouest permettrait de retrouver les volumes et les perspectives de la place de la République et ainsi restituer le niveau de centralité que pouvait connaître le centre ville de Caen avant guerre.

Voilà le site en 1944
et ce qu'il était vers 1900 :



Ancien couvent des Nouvelles catholiques (1671), fondé en en 1671 par l'Évêque de Bayeux pour accueillir les jeunes filles désirant abjurer la foi protestante.

Ancien couvent des Nouveaux catholiques (1682), dans l'actuelle rue Vauquelin. Les nouveaux catholiques étaient une institution créée par l'évêque de Bayeux pour les protestants désirant abjurer leur foi.

Ancien couvent des Ursulines, rue Pasteur (XIXe) : C'est une refondation de l'ancien couvent détruit à la Révolution. Les religieuses s'installent à la place de l'Hôtel Le Marchant; En 1905 l'Etat le récupère, le ferme et le remplace par un lycée de jeunes filles à peu près épargné lors des bomabrdements de 1944 qui détruisirent presque complétement la Miséricorde et le couvent des bénédictines, à 100 mètres. En face se trouve la maison où Camille BLAISOT, résistant, ancien ministre, avocat et député de caen depuis 1914 a été arrêté par la Gestapo le 2 mars 1944. Il est mort à Dachau le 24 janvier 1945.

Ancien couvent des soeurs de Saint-Vincent de Paul (après 1833), rue de Bayeux. Il a été entièrement rasé en 2005 et les vestiges de la chapelle (façade et clocher) remontés sur les nouveaux bâtiments de la Société de Saint-Vincent de Paul.

Ancienne communauté de la Miséricorde (1844), entièrement détruite lors des bombardements de 1944. détruite en 1944

Vaucelles - sud de Caen

Ancien Petit Couvent des Carrières (1720)

En 1720, Anne Leroy fonde à Vaucelles l'Association de Marie. Elle installe au n°5 rue du Four un établissement, surnommé le Petit-Couvent des Carrières, tout d'abord pour instruire les jeunes filles pauvres du faubourg. Les Filles du Bon-Sauveur, reconnues en 1734 par Louis XV, élargissent leur activités en s'occupant des prostituées repenties et des aliénées. Elles déménagent dans la rue d'Auge en 1736 et construisent en 1775-1780 une nouvelle église, la chapelle Sainte-Paix. En 1792, les Filles du Bon-Sauveur sont chassées de leur établissement. Une partie de la communauté reste sur place, mais en 1795 elles sont expulsées définitivement.

Ancien couvent des Filles du Bon-Sauveur, rue d'Auge, puis Ancien Couvent des Capucins. détruit en 1944

Les Filles du Bon-Sauveur déménagent sur la route de Paris (rue d'Auge) en 1736, et construisent une chapelle néo-classique dédiée à Sainte-Paix, sur le site même où Guillaume le Conquérant avait fait construire une chapelle pour célébrer l'arrivée de la trève de Dieu dans ses terres. Elles sont chassées de là en 1795. Les Capucins reprennent les locaux en 1859 et agrandissent la chapelle, mais l'ensemble est détruit en 1944, à l'exception du choeur de la chapelle, épargné, mais complétement désaffecté.

Ancien couvent des Carmélites (XIXe) détruit en 1944

En 1868, les Carmélites, chassées de Caen à la Révolution, reconstruisent un nouveau couvent sur la place de la Demi-Lune. Ce couvent a été entièrement détruit avec le quartier en 1944, lors des opérations de dégagement de la rive sud (du début juillet jusqu'au 18-19).

Ancien couvent des Récollets, rue d'Auge (mi-XIXe) détruit en 1944, reconstruit en face

En 1859 les Récollets s'installent rue d'Auge, face à l'actuelle chapelle du Foyer de la Pouponnière. Ils construisent une chapelle. L'ensemble est détruit lors des bombardements de la mi-juillet 1944. Ils déménagent alors de l'autre coté de la rue et construisent vers 1950 l'actuelle chapelle du Foyer de la Pouponnière, qu'ils conservent et desservent jusque dans les années 1980.


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MessagePosté le: Ven 7 Aoû - 18:03 (2009)    Sujet du message: Caen (14000) Répondre en citant

Anciens temples protestants

Temple protestant du Godiveau (1612)

Avant la construction du temple, les protestants se réunissaient dans divers lieux dont l'un des premiers se trouvait au n°50 rue saint-Pierre. Par la suite, ce furent des halles jusqu'au XIXe, puis un relais de diligences, et même une brasserie renommée, dite du Grand Balcon, de 1900 à 1939. En 1544 déjà, quelques statues des saints sont brisés aux portes des églises. En 1560, des prédicateurs blâment l"idolâtrie catholique". En 1562, les Protestants se livrent au pillage des églises, profanent les tombeaux de la Reine Mathilde (Abbaye aux-Dames) et de Guillaume-le-Conquérant (Abbaye aux Hommes). Le duc de Bouillon, commandant de la forteresse mais partisan des calvinistes, abat la collégiale St Sépulcre à coups de canons sous prétexte que sa position élevée, sur une butte, menacerait le château. En février 1563, l'amiral de Coligny fait tomber la ville. Le château chute le 2 mars mais le 19, avec l'édit d'Amboise, il repart et donne l'ordre à son lieutenant, Montgomery, de saccager l'Abbaye aux Hommes, le Couvent des Cordeliers et celui des Carmes. Entre janvier 1589 et avril 1594, des troubles sont provoqués par les ultra-catholiques de la Ligue. Henri III fait transférer le Parlement de Normandie, la Cour des aides et la Chambre des Comptes qui s'installent alors dans le Couvent des Cordeliers de Caen.

Le temple protestant est construit en 1612 rue au Presche (actuelle rue de Bretagne) dans le Bourg l'Abbé. En juin 1685, l'exercice du culte protestant est interdit par la révocation de l'Edit de Nantes. Le Godiveau, le temple protestant est détruit au son des tambours et des trompettes et ses matériaux utilisés pour la construction de l'Hôpital Saint-Louis. En novembre 1688, alors que la flotte de Guillaume d'Orange passe au large des côtes de la Basse-Normandie, les Protestants sont accusés d'espionnage et molestés par la population. En 1689, Louis XIV charge l'Intendant Nicolas Foucault de ramener l'unité religieuse en Basse-Normandie, la persécution des Protestants s'amplifie et en 1692 une nouvelle émeute populaire vise les huguenots. Pendant ce temps, la plupart des protestants fuient vers l'Allemagne ou l'Angleterre, le commerce s'affaiblit. Il faudra attendre 1803 pour qu'un nouveau temple protestant soit construit.

NOTA : Rappellons au passage qu'à partir du XIIe se constituent, en sus des quartiers existants, trois nouveaux quartiers : le Bourg l'abbé près de l'Abbaye aux-Hommes, le Bourg-l'Abesse près de l'Abbaye aux-Dames (celui-ci deviendra, à l'ouest et au nord le quartier Saint-Gilles) et le Bourg-le-Roi près du château.

Voici un dessin du temple du Godiveau :


Ancien temple protestant, rue de Geôle (1803)

A la reprise du Culte, après le Concordat, l'Empire s'efforce de réparer les erreurs des siècles passés et prévenir les tensions à venir en donnant à chaque communauté religieuse un lieu de culte propre. C'est ainsi qu'à Paris par exemple, les catholiques roumains prennent possession de la chapelle de Beauvais, les protestants s'installant dans l'Oratoire du Louvre... à Caen, un temple modeste leur est aménagé dans les dépendances de l'ancien couvent des Petites Bénédictines, installé en 1643 rue de Geôle. Le secteur est intensément pilonné en 1944, et le temple est entièrement démoli. Il sera remplacé par l'actuel temple, au n°19, rue Mélingue.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:52 (2017)    Sujet du message: Caen (14000)

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