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Yainville (76480)

 
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MessagePosté le: Sam 18 Juil - 15:04 (2009)    Sujet du message: Yainville (76480) Répondre en citant

Eglise

Eglise Saint-André

Sans doute un simple oratoire est-il à l'origine de l'église Saint-André. Il fut édifié près de la seule entrée percée dans l'immense talus qui, jadis, barrait toute la presqu'île. Comme l'abbaye de Jumièges, le sanctuaire de Yainville fut ravagé par les vikings. Et sans doute fut-il abandonné dès 845. Guillaume Longue Épée, le 20 février 930, restitua le lieu à l'abbaye de Jumièges. Alors, on dut élever sur les ruines primitives un nouveau sanctuaire en pierres de Caumont. L'assassinat du duc de Normandie, en 942, suspendit les travaux. L'an 1027, Robert Ier, duc de Normandie ordonna l'achèvement du chantier.

Le clocher de Yainville, surmonte le toit entre la nef et l'abside, épaulé par de puissants contreforts. Il s'inspire des tours de Jumièges. Lui-même a servi de modèle à celui l'église de Bliquetuit, quelque deux siècles plus tard. Au-dessus du niveau de la nef, éclairé par une baie gothique au sud et épaulé par la sacristie au nord (ajout du XIXème), le premier niveau est décoré par des arcatures avugles plaquées sur le mur, qui donnent un sentiment d'inachevé. Au-dessus, juste sous le toit, sur 3 cotés s'ouvrent des arcs en plein cintre dans lequel sont inscites deux baies géminées, séparées par une colonette. celle du nord, curieusement enroulée en spirale, serait préromane. A l'ouest, seule une meurtrière rectangulaire perce le mur. Enfin, sous le haut toit en croupe, surmonté de deux épis et d'une croix orientée du nord au sud, court une corniche à modillons, comparables aux créneaux d'un château. Sur un mur extérieur, il y a un graffiti d'un vaisseau gravé dans le mur. Des yainvillais ont compté parmi les premiers Terre-neuvas. La nef est du XIe siècle et ses fenêtres, trois de chaque côté, étaient sans doute plus modestes à l'origine. Un septième vitrail, double, surmonte la grande porte d'entrée. On trouve des traces de meurtrières étroites sur le mur nord. Dans ce même mur, un porche latéral a été percé au XVIe siècle au-dessous de la premère fenêtre, puis condamné. Le chœur, lui, se termine par un chevet en hémicycle, une abside en cul du four datant des XIe et XIIe siècles. Le contrefort axial, très plat, est percé d'une fenêtre. Ce qui ne se voit qu'à Ecajeul, Fiquefleur ou encore Rocqueville. Comme à Saint-Valentin de Jumièges, les trois fenêtres du chœur, étroites vues de l'extérieur, sont de larges rectangles à l'intérieur. Il faut ajouter à cela la baie gothique sur la face sud de la tour, sans doute ménagée au XVIe siècle.

Pour l'intérieur de l'église, et son évolution de 1960 à nos jours, reportons-nous à cette page très bien faite : http://melao.free.fr/eglise1.html ainsi qu'à cette page sur une figure locale, l'abbé Coupel : http://melao.free.fr/eglise2.html

Longtemps, très longtemps, Yainville et Le Trait ne formèrent qu'une seule et même paroisse. Même si les deux territoires étaient distincts sur le plan civil. Au Trait, en l'an 1150, furent édifiées les chapelles Saint-Nicolas et de Saint-Martin. Simon, Comte d'Évreux et son épouse Mathilde étaient alors les seigneurs de ces lieux. Ils firent don de ces chapelles aux moines de l'abbaye et ces deux édifices devinrent les annexes de l'église d'Yainville. Une hiérarchie que les religieux allaient faire respecter avec un esprit sourcilleux. Les moines furent ainsi patrons de la chapelle Saint Nicolas et les seigneurs du Trait patrons de la chapelle Saint Martin. Mais celle-ci disparut du paysage assez rapidement. En ces temps-là, le curé de Yainville est donc flanqué d'un chapelain qui dit simplement la messe dominicale au Trait. Pour le reste, le centre de la paroisse, c'est l'église Saint André.

De plus, à cette époque, Jumièges, Le Trait et Yainville étaient les trois seules paroisses qui échappaient à la juridiction de l'archevêché de Rouen et n'obéissaient qu'aux abbés de Jumièges. Les curés tentèrent de secouer le joug, d'où des interminables procès au XIIIè et XIVè siècles. Par exemple, en 1240, l’abbé Guillaume va faire obéissance à l’archevêque de Rouen. On se plaignit que son archidiacre avait entrepris la visite des trois églises de la péninsule et exigé de leurs curés un droit de procuration dont ils avaient toujours été exempts. Pierre de Colmieux soutint avec force que ces pasteurs n’avaient d’autre supérieurs que l’abbé de Jumièges , le pape ou l’archevêque en certains cas. Une sentence de septembre 1240 exempta les trois curés du droit de gîte de l’archidiacre mais Jumièges lui devrait vingt sols, Yainville 12, et le Mesnil 8 à chaque visite. Bien que l'abbé demeura le seigneur-patron de la paroisse, les curés de la péninsule furent dès lors soumis à l'autorité de l'archevêque de Rouen et l'archidiacre vint désormais procéder régulièrement à la visite canonique. En 1317, Jean de Melun, nouveau seigneur du Trait et sa femme Jeanne de Tancarville, disputent aux moines de Jumièges le patronage de la chapelle du Trait, annexe de l'église d'Yainville. Ils doivent se plier devant les documents fournis. En 1431, les paroissiens de Yainville, du Trait, de Sainte-Marguerite attestent que tout Traiton de naissance est baptisé et reçoit les sacrements à Yainville. Le 23 novembre 1512, l’abbaye accorde à Saint-Nicolas du Trait des fonts baptismaux et un cimetière. Les curés y font résidence. Désormais, les pouillés de l’archevêché indiquent le nom du Trait-Yainville. A cette occasion, le comte de Laval, alors seigneur du Trait, reconnaît par écrit que cette chapelle appartient bien aux religieux de Jumièges. Il renonce donc à toute prétention sur ce lieu. En l'an 1544 la cure de Yainville était alors passible de redevances envers l'abbaye qui, en contrepartie, reversait une pension annuelle au curé...quand ils payaient; ainsi vers 1596, le bailli de Rouen condamna l'abbé a verser au curé de Yainville un arriéré de 80 livres. L'an 1598, l'église Saint-André était une annexe de celle de Saint-Valentin, à Jumièges. A ce titre, elle était redevable envers les moines de 20 livres tournois, quatre chapons et un porc. Vicaire perpétuel de Yainville, le curé Roger Le Clerc décide ne plus rien reverser aux religieux, mais perd son procès. Cependant, par décret du 3 août 1599, les moines consentent à lui verser la portion congrue. Sa pension annuelle fut portée à 80 livres, puis 60, par la suite. Nicolas Lecauf et Robert Le Roy sont les autres prêtres connus de ce lointain XVIe siècle. Le 9 juillet 1647, le parlement de Rouen ordonne que Maître Michel Delarue, vicaire perpétuel de Saint-André de Yainville et de la chapelle du Trait jouisse seul et pleinement des dîmes de sa paroisse. Les moines intentent un procès et, le 30 septembre 1649, ramènent Delarue à la portion congrue, 200 livres pas an. En 1650, Jean du Fay, seigneur du Trait, attaque les moines de Jumièges sur le droit de patronage, puis sur les droits de pêche de l'église du Trait. Après avoir fait graver ses armoiries jusque sur la queue du coq du clocher, il est condamné en 1661 et 1662. Peu d'églises ont tant fait l'objet de combats juridiques... Bref, jusqu'à la révolution, les églises du Trait et de Yainville restèrent partagées entre l'archevêché de Rouen, les moines de Jumièges et le collège de justice de Paris, ce qui donna lieu a de nombreux plaids et procès au XVIè, XVIIè, XVIIIème siècles...

Quand éclate la Révolution, c'est l'abbé Le Chanoine qui tient l'église de Yainville. Il perçoit de la part des religieux de Jumièges une pension annuelle n'excédant guère les 300 livres. Le clergé en place prêta de bonne grâce serment à la nouvelle constitution civile. Le curé participa à la cérémonie qui se déroula à l'église Saint-Valentin de Jumièges. A partir du 10 décembre 1792 et jusqu'en brumaire de l'an IV, autrement dit 1795, Le Chanoine tient les registres d'état civil de Yainville en qualité d'officier municipal. La Révolution réorganise les communes : l'an VI et l'an VII, tous les mariages se font à Duclair, chef-lieu de canton; après, Yainville est rattachée à Jumièges. Les ordonnances de 1822 et 1823 aggravent le processus, supprimant cent communes en Seine-Inférieure (il en reste encore 745 aujourd'hui). Soixante églises sont détruites entre 1810 et 1833, et les communes deviennent un véritable chantier, reconstruisant des églises vétustes qui regroupent maintenant la population de deux anciens bourgs, détruisant ou vendant les autres. En 1840, l'église Saint-André est menacée de mort, remplie d'instruments agricoles, et proposée à la démolition par le conseil paroissial de Jumièges.

Une course contre la montre va s'engager. Le 6 juillet 1843, la commission départementale des Antiquités de la Seine-Inférieure s'exprime "sur la destruction qui menace, dit-on, l'église d'Yainville, près Jumièges, qu'on suppose propriété communale. La commission pense qu'il importe de la conserver comme monument historique du XIe siècle.". Alors, elle délègue sur place deux émissaires, MM Rondeaux et de La Querrière. Ils visitent alors l'église, annexe de Jumièges. Le conseil municipal les accueille et affirme "son vif désir de voir cette église réparée". D'ailleurs, l'assemblée communale a lancé une souscription au sein de la population qui a réuni quelque 1.500F. Plusieurs habitants ont promis de concourir aux réparations, soit par leur travail, soit en donnant des matériaux. L'un des plus riches, Lesain, par disposition testamentaire en date de 1828, a même légué 10.000F pour l'église à condition qu'elle soit rendue au culte dans les deux ans suivant sa mort. Sinon, la somme ira à l'église de Jumièges "pour y placer des cloches". Or Lesain vient de mourir. De même que Mademoiselle Delafenêtre, propriétaire et dernière occupante de l’ancien presbytère qui, elle aussi, a légué son bien à la commune. Toutes les conditions semblent réunies, mais le maire, Charles Lesain, résidant dans la ferme de l'église, freine des quatre fers la restauration. Il n'a cependant pas la majorité dans son conseil, mais avec Mabon et Duval, expose longuement les arguments contre la restauration, puisque Jumièges est très proche et les sommes à dépenser seraient importantes. Le 15 novembre 1843. les savants se retrouvent à Rouen. On fait le compte-rendu de la visite de Rondeaux et Quérière Et on insiste encore: "Cette église est un dernier spécimen de l'état de l'art au XIe siècle, et mérite d'être conservée." Préfet, le baron Dupon-Delporte, se montre sensible à cet appel et il défend formellement à la fabrique de Jumièges de vendre ou faire démolir le monument comme elle en manifestait l'intention. Le 7 décembre 1843, devant la commission des Antiquités, M. Deville relate qu’il a visité l’église d’Yainville et entre dans quelques détails sur "les curieuses peintures dont elle est ornée, et sur deux autels en pierre qui, par leur simplicité, paraissait du XIe." Il a d'ailleurs invité M. Drouin à faire des dessins, un plan et un devis des dépenses que nécessiteraient les réparations ; il se propose de tâcher d'obtenir du Ministre de l'Intérieur un secours pour concourir à ces dépenses. Le 11 décembre, le conseil d’Yainville se réunit au grand complet. Résigné, Lesain expose que le but de cette nouvelle réunion extraordinaire autorisée par le préfet dans une lettre du 23 novembre, est de délibérer sur la nécessité du rétablissement de l’église et de son érection en chapelle vicariale, sur le montant du traitement du chapelain, celui de la dépense annuelle présumée de l’entretien de l’église et du presbytère.

Les travaux seront finalement réalisés en 1845. Le Nouvelliste de Rouen publiera cet étonnant billet : « On vient d’achever la restauration de l’église d’Yainville. C’est dans cette église, datant du XIe siècle, qu’il y a près de 800 ans la bénédiction fut donnée par l’archevêque de Rouen aux compagnons de Guillaume le Conquérant partant pour la conquête de l’Angleterre. » L'année 1845 s'achève sur une certitude: l'église de Yainville est sauvée. Car Rondeau, l'un des hommes qui l'a visitée est alors député. Et il a obtenu « par ses démarches et son crédit, l'érection de cette église en succursale, se réjouit la commission des Antiquités, ce qui la met en sûreté pour toujours. » Dès lors, selon les dispositions testamentaires du riche Yainvillais, l'église fut rendue au culte. La paroisse aura son curé jusqu’en 1890.

En 1856, un archéologue anglais de passage, Mark Antony Lower, est frappé par sa similitude de l'église d'Yainville avec celle de New-Haven, qui date aussi du XIème siècle (voir à ce sujet : http://melao.free.fr/new-haven.htm ). Enfin, en 1867, l'église est classée aux Monuments Historiques. En 1880, la toiture est réparée pour 2 500 Francs, accordés par la Commission des Antiquités. En 1898, dans la ferme de Saint-Germain, une cuve baptismale abandonnée est désignée comme venant de l'église de Yainville. Enfin, au XXème siècle, la toiture et le coq sont restaurés en 1987, et la voûte en 1998. Pour visiter cette belle église, dernière du XIème siècle dans le département de la Seine-Maritime, et encore entourée de son cimetière, adressez-vous au bar face à l'église : c'est là qu'est gardée la clé.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-André
Siécle de l'édifice: XIIè-XIXè
Forme du clocher : pavillon
Position du clocher : tour placée entre la nef et le choeur
Clocher en péril : non

Photos (12) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (3) :

façade à l'ouest et coté sud
coté nord
chevet hémi-circulaire à l'est

Intérieur (9) :

vue de la nef vers le choeur

fonts baptismaux, à droite en entrant

assises de la tour et choeur
la chaire

chevet hémi-circulaire et autel

vue de l'étage sous la tour et de la nef

vers l'entrée
baie gothique du XVIè dans le mur sud de la tour
porte de la sacristie et arc muré dans le mur nord de la tour

vue de la ner vers l'entrée


Chapelle

Chapelle de la Mère de Dieu, dans la forêt de Jumièges, au bord du GR23 A

Jadis, ces bois étaient une forêt royale. Pages, Philibert et saint Ouen y avaient chassés ensemble. La couronne avait fini par en concéder la majeure partie aux religieux, à savoir 600 hectares. Mais cette forêt de Jumièges était à l’origine bien plus vaste que l’on peut le penser, car les bois de Saint-Wandrille portaient également ce nom.

La chronique de de Fontenelle nous apprend qu’un verdier, autrement dit un garde de la forêt du roi, voulut occire un jour saint Wandrille. Cela se passa en 653. Soit quatre ans après la fondation du monastère du même nom. Dans l’enclos de son abbaye coulait la rivière de Caillouville. L’abbé et ses moines allèrent un jour en nettoyer la fontaine en rasant les ronces et les arbres inutiles. Quand surgit un dénommé Becto, garde des forêts du roi en pays de Caux et plus précisément de celle du Trait-Maulévrier, appelée voici peu encore forêt de Jumièges. Becto n’admet manifestement pas que ces bois aient été données par Clovis à Wandrille. Il court sus à Wandrille en voulant de le transpercer de sa lance. « Mais Dieu tantôt vengea l’injure, assurent les chroniqueurs de Fontenelle. Car la main droite qu’il avait levée contre le saint lui défaillit et sa lance se retrouva fichée en terre devant des pieds. » Puis Becto tomba soudain à la renverse et fut pris de convulsions démoniaques. Wandrille reconnût là la vengeance divine. Il resta auprès de ce possédé demi-vif tout le jour et la nuit suivante. Le lendemain, le voyant toujours ainsi, il adressa une oraison à Dieu en lui demandant de pardonner au justicier de Philibert son méfait et son péché. Et bien entendu, il fut restitué à la santé. En mémoire du miracle, Wandrille, en ce lieu, fit édifier l’année même une chapelle tout à l’honneur de la Vierge Marie. « Plusieurs miracles ont est depuis fais par les mérites et prières de ladite Vierge glorieuse… ». Voilà pour une première légende.

La chapelle est un petit bâtiment carré, sans clocher, qui présente des murs en moellons de schiste et de calcaire, et un toit en pavillon couvert de tuiles. La porte de bois, grillée, surmontée d'une lucarne, est encadrée par deux petits fenestrons en arcade. A l'intérieur se trouve l'autel avec sa statuette de la Vierge. Un tableau ex-voto maritime, intitulé "Notre Dame de Boulogne", est accroché au mur. Une dizaine d'ex-votos en plaques y sont également vissées. Toutes datent du début du XXe siècle où manifestement la Vierge fut en période de bonté. Une croix en pierre et fer forgé se trouve de l'autre coté du chemin, face à la chapelle.

Une autre légende court sur cette chapelle. Philibert s'en revenait un soir de Rouen où il avait rencontré le roi Dagobert. Il avait plaidé la cause de son abbaye et regagnait Jumièges épuisé, l'esprit tracassé. Après une chaude journée, l'air restait pesant, sans un souffle de vent. Philibert s'assit sur une souche au bord du chemin, et s'endort. Rêve-t-il quand lui apparaît le Christ, lumineux, assis sur la souche qui lui fait face et entouré de ses douze apôtres? Le Seigneur le réconforte, l'assure de sa protection et de celle de saint Eloi. Philibert regagna Jumièges le cœur allégé. Et comme de fait, ses entreprises s'attirèrent les largesses du roi. En reconnaissance, là où s'était tenue cette sainte assemblée, l'abbé revint en grande pompe à la tête de tout un peuple révérant. Le lieu où le Christ avait touché terre fut béni comme un lieu de prières. On y planta un chêne et tout autour douze autres. Bien plus tard, celui qui symbolise le Christ a grandi, superbe, protégé par le cercle de sa cour. Par un beau matin d'été, sur la fourche de ce chêne a deux têtes, un passant aperçoit une statuette de la Mère de Dieu. De Jumièges, le prêtre accourt et ramène le précieux objet en son église Saint Valentin. Stupéfaction, au matin, elle a disparu de son socle. L'affaire s'est ébruitée dans la presqu'île. On court vers le bois. La statue est retrouvée blottie sans son arbre. De nouveau le prêtre l'emporte et ferme cette fois son église à double tour. A nouveau, la Vierge est retrouvée au matin dans la fourche du chêne. Quand le curé s'en va conter l'affaire à l'abbaye, le prieur sourit de cette histoire. Ici, en l'église Saint-Pierre, la statue sera en lieu sûr. Mais, dans la nuit, une clarté inonde la cellule du prieur. Notre Dame lui apparaît. Le religieux se prosterne à ses pieds et la Vierge lui parle. Elle ne veut plus quitter le chêne de son fils et désire qu'un sanctuaire lui y soit fait. Le curé de Jumièges eut cette nuit-là la même vision. Alors, de mon matin, des moines outillés s'en allèrent en forêt où la statue avait retrouvé obstinément son fourchon. On la dépose, on scie le chêne a trois pieds du sol. Les religieux confectionnent des montants, des planches, des chevrons, des chevilles, une porte sur gonds et un autel sur la souche. On venait encore au XVIIIème siècle prier auprès de cette Vierge dans son oratoire vivant.

En 1767, quatre femmes du pays érigèrent l'édifice actuel à leurs frais. Les fidèles gardèrent la coutume de nouer les genêts du taillis pour y laisser leurs fièvres. Qui en dénouait les branches gagnait à coup sûr la maladie. Une autre superstition était attachée à ce lieu : si jamais on rêvait d'un être cher et disparu, c'est qu'il était prisonnier du Purgatoire. Pour l'en sortir, il lui fallait des prières et un singulier pèlerinage. La nuit, on allait déposer sur sa tombe un bâton blanc et ensuite, on allait à la chapelle en priant.

On lit dans Le Gaulois du 13 septembre 1898 : "Une chapelle très ancienne, appelée la Mère-Dieu, située à 4 kilomètres de Duclair, dans la forêt de Jumièges, appartenant à M. Prat, a été la proie des flammes. Les pertes sont évaluées a 500 francs. La cause est accidentelle, elle est attribuée à plusieurs cierges allumés qui avaient été placés par plusieurs personnes venues le matin en pèlerinage, et qui auraient communiqué le feu aux objets déposés près de la statue de la Vierge.". la chapelle fut de nouveau restaurée; aujourd'hui, la vraie statue est en l'église de Jumièges. Elle inspira même l'un des Contes de la Bécasse de Maupassant. Près de la chapelle se trouve un bâtiment en parpaings qui devait servir de rampe de lancement des fusées allemandes V1 pour l'Angleterre, de 1943 à juin 1944. Elle ne fut jamais terminée et seule la rampe d'Hénouville fut opérationnelle. Au-dessous, des galeries étaient creusées dans la roche, pour stocker le matériel.

NOTA : Lorsque la commune de Jumièges sera rentrée sur La France des Clochers, cette section sur la chapelle de la Mère Dieu y sera déplacée : la chapelle se trouve sur le territoire de la commune de Jumièges, et non de Yainville.


Ancien prieuré

Ferme de l'église (ou Le Manoir), ancienne possession des moines de Jumièges jusqu'en 1791. Un prieuré y existait encore lors de la dernière restauration du XVIIIème. Voir ici Arrow http://melao.free.fr/manoir.htm

Ancienne chapelle


Ancienne chapelle dite de Sainte-Austreberthe, puis de Croix-l'âne. Cette chapelle existait dès le début du VIIIème siècle dans la forêt, quand elle tomba en ruines elle fut remplacée par la Croix-l'âne, puis celle-là par des statuettes de la Vierge et tout ça par un écriteau cruciforme qui existait encore au début du XXème... Comme pour la chapelle de la Mère de Dieu, deux légendes courent à ce sujet. La première retrace l'histoire de cet âne. Flanqué de deux gros paniers, il avait été dressé pour transporter seul le linge entre l'abbaye de Jumièges et celle de sainte Austreberthe, près de Pavilly, où les moniales se faisaient les lavandières des moines de Philibert, occupés aux durs travaux des champs. Ne voyant son âne revenir, Austreberthe retrouva ici son corps dépecé par le loup, le linge répandu autour de lui, tout éclaboussé de sang. Elle appelle le loup qui finit pas se prosterner à ses pieds. Pour le punir, elle le chargea de la besogne jusqu'à la fin de ses jours, ce qu'il fit avec la plus grande docilité. Le prédateur repenti fut si bien adopté qu'il engendra, dit-on, une race de chiens loups qui perdure dans la presqu'île. La deuxième met en avant la blanchisseuse de l'abbaye de Jumièges, Gertrude, qui assurait le service aux moines. Son grison fut bientôt capable d'assurer seul la tache quand il tomba sous les crocs de la bête sauvage. Gertrude se précipita à l'abbaye. Elle venait de perdre son plus fidèle ami, mais aussi son travail, car usée par les ans, Gertrude ne pouvait plus l'assurer seule. Philibert se rendit avec elle sur les lieux du crime. Appelant le loup, il le condamna à ne plus jamais manger de viande.


A signaler

===> Le fossé saint-Philibert, qui barrait totalement la presqu'ile de Jumièges Arrow http://melao.free.fr/talus.htm

===> La demeure de Sacha Guitry, route de Trouville Arrow http://melao.free.fr/guitry.htm


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MessagePosté le: Sam 18 Juil - 15:04 (2009)    Sujet du message: Publicité

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