Le site des clochers de la France Index du Forum Le site des clochers de la France
Recensement des lieux de culte chrétiens dans chaque commune de France
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Nantes

 
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Le site des clochers de la France Index du Forum -> Clochers de Bretagne -> Clochers de Loire-Atlantique
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Admin
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 20 Aoû 2007
Messages: 1 663

MessagePosté le: Sam 29 Sep - 11:02 (2007)    Sujet du message: Nantes Répondre en citant

Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul

Historique

La première cathédrale est commencée par l'évêque Eumélius II dans le second quart du VI ème siècle. Son successeur Saint-Félix l'achève en 567. Selon Fortunat et la Chronique de Nantes (note: en savoir plus sur la chronique de Nantes: http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronique_de_Nantes), elle était l'une des plus belles de Gaule: dans ces écrits sont mentionnés les marbres des autels, des colonnes, dont le marbre vert avait été importé des Pyrennées, et du dallage, les murs couverts de mosaïque, les voutes peintes ou dorées, et la toiture couverte en étain, au-dessus des trois nefs. Le clocher était une tour romane dressée au-dessus de la croisée du transept, assez semblable à la tour de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon.

Lorsque les Normands remontèrent la Loire, le jour de la Saint-Jean en juin 843, les nantais étaient tous dans les églises, notamment celles de Saint-Jean du Baptistère et à la Cathédrale où ils furent massacrés sans pitié. L'évêque Gohard, dont une église de Saint-Nazaire porte le nom, fut tué devant l'autel de Saint Férréol, où il officiait. Quatre autres invasions suivirent, la plus dévastatrice fut celle de 919: les habitants de Nantes s'enfuirent dans la nuit en emportant les objets précieux et les trésors des églises et des monastères. Le lendemain, les Normands entrérent dans une ville quasi-déserte et incendièrent la Cathédrale. Si bien qu'en 940, Alain Barbe-Torte, vainqueur des Normands, dut se frayer un chemin jusqu'à la cathédrale avec son glaive à travers les ronces.

Le second fils d'Alain, l'évêque Guerech, releva l'édifice, tout au moins son chevet (caput ecclesiae, disent les textes) avec des moyens de fortune car les murs croulèrent après un siècle à peine. Sous l'épiscopat de Benoît de Cornouaille (1079-1112), la cathédrale fut reconstruite. La crypte fut refaite après la canonisation de Gohard en 1096 afin d'abriter ses reliques ramenées d'Angers.
De la cathédrale romane, la partie orientale a subisté jusqu'en 1838 et l'on pouvait encore voir la croisée en 1889, d'où l'interêt pour nous des cartes postales anciennes et des dessins représentant la cathédrale au cours du XIXème. Une courte nef de trois travées à bas-cotés précédait le transept puis le choeur bordé d'un déambulatoire puis de trois chapelles. Au-dessus, de grandes arcades, retombant sur des piliers carrés renforcés par des colonettes adossées au mur ou engagées dedans, étaient surmontées d'un faux triforium ( note: Galerie voûtée ouverte sur l’intérieur, qui est aménagée latéralement au dessus des bas côtés de la nef d’une grande église. Le triforium fait partie des éléments constituant une des parties internes des arcs-boutant continus destinés à contrebalancer la poussée du berceau central.) ainsi que de hautes baies en plein cintre. La charpente avait été masquée par une voute sur arcs-doubleaux qui la doublaient et la soutenaient et qui étaient soutenus par des pilastres, puis par des coupoles sur pendentifs. Ces derniers éléments avaient été empruntés à l'architecture du Sud-Ouest, sous l'influence possible de Giraud de Blaie, évêque d'Angoulême et légat du pape. Sur la croisée du transept était bâti un clocher en pierre surmonté d'une flèche de bois rebâtie en pierre après son incendie en 1415. Il était orné de 16 statues dont 4 sont aujourd'hui conservées au musée Dobrée. De la cathédrale romane restent aujourd'hui la crypte et quelques chapiteaux, eux aussi conservés au musée Dobrée et une fenêtre du transept nord, reconstituée au musée Dobrée. L'un des chapiteaux représente un âne jouant de la harpe. On retrouve ces éléments de fantaisie des sculpteurs pour des oeuvres plus tardives dans la Cathédrale.

Le duc Jean V (1399-1442) entreprit de bâtir une nouvelle Cathédrale pour remplacer celle-ci qui était trop modeste et pas assez grande, pendant la période de paix qui suivit la "guerre des deux Jeannes". Rome accorda des indulgences d'aumône et le duc et ses successeurs aidèrent du mieux qu'ils pouvaient le chantier. Malgré cela, il n'avança que lentement, et l'inauguration définitive de la cathédrale n'eut lieu que le 25 décembre 1891, soit 457 ans après la pose de la première pierre le 14 avril 1434, délai considérable mais largement dépassé par la cathédrale de Cologne (1248-1880).

Le premier architecte fut Guillaume de Dommartin-sur-Yèvre, aidé puis remplacé par le tourangeau Mathelin (ou Mathurin) Rodier, auquel succédèrent Jean le Maître, vers 1480-1506, puis Jacques Drouet. Dubuisson-Aubenay, historien de Nantes, lut en 1617 cette inscription qui fixe la date des travaux:

L'an mil quatre cent trente-quatre
A my avril sans moult rabattre,
Au portail de ceste église
Fut la première pierre mise.


En 1457, la façde s'élève presque à mi-hauteur. Toutefois les fonds manquent et il faut recourir au tuffeau fragile au lieu de calcaire dur pour continuer à bâtir les murs au-dessus des portails. Dès la fin du siècle, la construction des chapelles méridionales était menée de front avec celle de la façade qu'il fallait bien épauler. Un marché de 1510 permit d'achever la dernière chapelle du bas-coté sud, celle de la Madeleine. En 1516, le corps de l'évêque de Guillaume Guéguen y est déposé dans un tombeau exécuté par l'atelier de Michel Colombe. Les chapelles du bas-coté nord apparurent à la même époque. Pendant ce temps là, les culpteurs Yvonnet, Jean et Guillaume André, Robin et Louis Hochard, ainsi que le peintre verrier Jean de la Chasse, ornaient la façade.

La nef romane fut reconstruite après qu'elle se soit partiellement écroulée vers 1483. Ce chantier fut alors entrepris puis l'on voûta les bas-cotés, en commençant par celui du sud. La nouvelle nef, laissée sous un plafond provisoire ou des poutres apparentes, servait au culte dès 1577, peut-être même bien avant. Pendant le règne de Louis XIII, Antoine Rouxeau couvrit les bas-cotés d'une charpente et d'un toit et mission fut donnée en 1618 à Christophe Prandeau de construire en 1618 un arc triomphal à l'entrée du choeur qui durera jusqu'en 1887. L'étage inférieur, creusé de niches, encadrait un jubé. Au sommet se dressait un fronton flanqué par des arcatures et deux pyramides. Il fallut déplacer les grandes orgues qui surmontaient l'ancien jubé et construire pour elles vers 1620 la tribune actuelle adossée à la façade. En 1657-1628, la nef reçut enfin des voûtes, avec l'aide de plusieurs architectes et sculpteurs dont Jean Corbineau, issu de la dynastie d'architectes lavallois.

Les mêmes avec Léonard Malherbe édifièrent à partir de 1631 le bras sud du transept, encore inachevé six ans plus tard. A cette époque encore doivent être attribués les arcs-boutants de la nef, assez dissemblables d'un coté à l'autre, et les deux travées de déambulatoire indispensables pour étayer à l'est le croisillon nouvellement bâti. Cette dernière tâche revint à Hélie Brosset, mort en 1656. Ses héritiers passèrent un contrat le 16 septembre 1633, en l'étude Belon, avec un autre lavallois, Tugal Caris. Ce dernier réunit en 1657 les deux triforiums par une galerie à balustres et couvrit d'un toit, l'année suivante, l'abside romane ainsi que la seule chapelle absidiale subsistante.

Et ce fut tout, pour longtemps. Car on ne put compter comme un progrés la transformation du choeur en 1733: le jubé disparut et pour abaisser le sol, les voûtes de la crypte furent démolies. Ce qui restait du déambulatoire subit le même sort avec le tombeau du duc Jean IV. Un nouveau maître-autel de mabre apparut en 1750. Les grandes orgues furent réparées par Lépine en 1768 qui les encadra de deux tourelles ainsi que par Clicquot en 1789.

Durant la Révolution, bas-reliefs, vitraux et peintures subirent de sérieuses dégradation. La nef, transformée en arsenal et en écurie, servit même, au début de 1800, à des représentations aéronautiques données par Blanchard. On pensa même à prolonger la rue du Roi-Albert tracée depuis l'actuelle Préfecture juste avant la Révolution à travers la Cathédrale, qu'il était prévu de raser. Lorsque la poudrière du château explosa le 25 mai 1800, en plus de souffler la tour des Espagnols, une partie du Grand Logis et la chapelle et de faire 102 morts, elle acheva de détruire la toiture avec les derniers vitraux du coté sud encore épargnés. De nombreuses statues, notamment près du porche, disparurent pendant cette période.

Réouverte au culte en 1802, la cathédrale fut peu à peurestaurée, pourvue d'autels et de chapelles, et le tombeau de Marguerite de Foix et du duc François II fut rapporté non sans quelques vissicitudes de la chapelle des Carmes et placé dans le bras du transept sud. Séheult entreprit en 1840 un nouveau transept nord et les trois premières travées du démabulatoires puis l'abside. En 1849, il perdit sa place suite à un long conflit entre lui et l'entrepreneur Garreau d'une part, ainsi qu'entre les architectes parisiens et la Direction des Cultes. Le Conseil d'Etat finit par donner entièrement gain de cause à Garreau. A Paris, un temps, il fut envisagé de fermer le choeur par un mur droit qui aurait été disgracieux. Théodore Nau remania les plans et creusa de vastes cryptes. Boismen puis Sauvageot lui succèderent. Ce dernier remplaça les piles romanes de la nef par de nouveaux supports. C'est alors que disparut l'ancien clocher des XIVè-XVème siècles planté sur la croisée. Et le 25 décembre 1891, 457 ans après la pose des premières pierres, Monseigneur Lecoq, Evêque de Nantes, inaugure en son entier la Cathédrale de Nantes.

Le 15 juin 1944, des torpilles aériennes tombèrent sur le quartier de la Préfecture et la Cathédrale, atteignant le déambulatoire et la sacristie détuite avec les archives du Chapitre de la Cathédrale qu'elle renfermait. Les vitraux de la nef faurent détruits. Une verrière fut posée en juin 1959 dans le bras sud du transept. Une nouvelle sacristie fut par ailleurs construite en tuffeau en 1964, près du choeur. En janvier 1972, lors des travaux de restauration, un incendie détruit la charpente et les voûtes de l'édifice. Rénovée par les Monuments historiques, la cathédrale est à nouveau ouverte au public en 1987. Elle sera inaugurée par Monseigneur MARCUS, Evêque de Nantes, lors d'un concert spirituel le 31 mai 1985. Une Messe Solennelle sera célébrée le 2 juin 1985. 4000 fidèles y seront présents. Un tableau d'Edmond Bertreux, "Cathédrale en Feu" (1972) garde la trace de ce mémorable incendie dont la colonne de feu était visible à tous les nantais et aux alentours de la ville. Il est placé dans la chapelle Saint-Yves dans le bas-coté nord.



Extérieur

Il faut observer la façade de la cathédrale avec un certain recul, par exmple du fond de la place Saint-Pierre. Les deux tours de la cathédrale, hautes de 60 mètres, dominent la ville de Nantes et sont divisées en trois étages, comme la façade elle-même. Cinq portails dont deux en équerre, fait rarissime dans les cathédrales, s'ouvrent à la base. Ce sont les portails de la Vierge au centre, de Saint-Pierre à gauche, de Saint-Paul à droite, de Saint-Yves sur le flanc sud et des Saints Donatien et Rogatien sur le flanc nord. Les contreforts qui les séparent montent jusqu'au sommet des tours. Mais les gâbles, les triangles qui surmontent les portails ne furent qu'ébauchés et le seul réalisé, celui de la porte Saint-Pierre, ne remonte qu'au XIXème siècle. Lors de la restauration de la façade qui va s'achever, les deux autres gâbles ont été réalisés. Les tympans sont vitrés et non scupltés, sauf pour le portail central à la suite de retouches pour l'installation de la grande tribune des orgues. Une chaire extérieure se trouve à l'angle sud-ouest de la façade. Seules l'église Notre-Dame de Vitré et la collégiale Saint-Aubin à Guérande en possèdent une dans l'Ouest. Cette chaire, placée devant le cimtière qui séprait jadis la cathédrale de l'église Saint-Laurent détruite à la Révolution, fut soupçonnée de servir de refuge aux pillards, comblée de pierres en 1549, puis maçonnée en 1739. Elle ne fut dégagée et restaurée qu'à partir de 1950.

La façade centrale présente trois galeries superposées. La première et la seconde encadrent deux baies en arc surbaissé (baies quasi-carrées) et la troisième une grande verrière de style gothique flamboyant. Plus haut se dresse un grand pignon orné de motifs en pierre aveugles, restitués par la dernière restauration. Les angles des deux tours latérales sont accusés par des contreforts couronnés de pinacles. La nef est épaulée par des arcs-boutants à double volée, couronnés de chauque coté et entre les volées par des pinacles ouvragés. Le transept sud (1632-1637) est rempli par une grande verrière qui date de 1959. Sur le pignon, des crochets à têtes humaines symbolisent les âges de la vie. La façade nord, fermée jadis par un pignon de planches noircies, a été terminée au cours des restaurations du XXème siècle. Les arcs-boutants du chevet n'ont eux qu'une simple volée.

A la fin du XVème, Robin et Louis Hochard, sculpteurs bretons, ont orné le bas de la façade d'une suite de médaillons qui couvrent les piédestaux, en partant du contrefort situé à gauche du portail central. Des inscriptions permettent d'identifier chaque sujet: l'histoire sainte se déroule ainsi sous nos yeux, de la création du monde au sacrifice d'Isaac, continue à l'intérieur de la cathédrale, sous les orgues (il s'agit là d'une restauration moderne) puis reprend au-dehors près de la porte Saint-Pierre (porte de gauche) où des scènes presque toutes effacées et en cours de restauration ont trait à Jacob. Les piédestaux de la porte nord sont eux aussi en cours de restauration. Ceux de la porte sud, qui ont été restaurés depuis un an, représentent de nouveau la légende de Saint Christophe martyrisé par le roi Dagnus. Sur les voussures, sortes d'arcs ouvragés qui soulignent la courbe des portails, nous voyons au centre le Jugement dernier, et sur les autres portails la vie du saint auquel le portail est consacré.Le tympan de la porte de Saint Donatien et de Saint Rogatien est consacré à la délivrance miraculeuse de Nantes assiégé par Chillon. Aux étages supérieurs, la décoration diminue progressivement. Les contreforts des tours elles-mêmes, amenuisés peu à peu, deviennent plats. De même les arcs chargés de fleurons qui surmontent les portes latérales font place à d'autres arcs sans ornements.


Intérieur

Jean V voulait élever à Nantes la plus grande et la plus belle des cathédrales bretonnes. La sienne mesure à l'intérieur 102 mètres de long et 37.5 de haut.La qualité des matériaux ne répond pas toujours à ce souci de magnificence puisque au cours des ages le friable tuffeau d'Anjou a été ajouté au granit des coteaux de la Fosse et au dur calcaire de Taillebourg. C'est la seule cathédrale de France dont l'intérieur est entièrement restauré. En ce sens, c'est "intérieurement" la plus belle cathédrale "restaurées" de France. La nef, précédée d'un grand porche et flanquée de bas-cotés simples que bordent des chapelles, est assez courte: cinq travées seulement, de sorte sorte que le transept non débordant occupe le milieu de l'édifice.Un choeur profond de trois travées, encadré lui aussi de chapelles latérales se termine par une abside à cinq pans entourée d'un déambulatoire et de cinq chapelles rayonnantes. La nef, le choeur et l'abside sont constituées de trois étages à chaque travée: de grandes fenêtres en arc brisé, puis une galerie ou triforium presque continue et enfin, en hauteur, une fenêtre à 4 lancettes, petites ogives très allongées, réduites à trois lancettes dans le choeur, là où l'intervalle entre les piliers est le moindre.

Chaque pilier repose sur un socle octogonal de granit bleu à faces concaves, recevant la retombée des ogives sur de petites bases prismatiques.Dans chaque travée, le triforium se compose de tois baies en anse de panier et sont coiffées chacune d'une accolade chargée de fleurons. Les piliers n'ont pas de chapiteaux, ce qui est unique en France. Cette ligne droite qui court jusqu'aux voûtes renforce la hauteur de la cathédrale accentuée aussi par la blancheur des pierres et la lumière qui entre librement partout dans la cathédrale.

La première travée, plus haute que les précedentes, renferme la tribune de l'orgue qui repose sur une voute ouvragée soutenue par des colonettes engagées dans le mur surmontées de chapiteaux corinthiens. Les bas-cotés ne sont pas semblalbes au sud et au nord, de même qu'ils ne sont pas bâtis sur le même modèle que la nef: les voûtes, bombées et de plan carré, sont plus basses d'un mètre au sud qu'au nord. De même, la croisée des ogives est ornée au nord de rosaces alors qu'au sud elle supportait jadis des clefs pendantes. Le carré du transept était couvert d'ogives gothiques et de nervures en pierre. Chaque bras de transept se compose de deux travées inégales sur plan barlong, un plan en forme de rectangle allongé ou le long coté est perpendiculaire à la nef. La baie du sud est coupée par une galerie à balustres qui continue le triforium auquel elle s'accorde mal. Au nord, l'architecte du XIXème a sagement continué le dispositif de la nef. Un arc triomphal avait été édifié en 1616par Christophe Prandeau pour masquer le passage de la nef gothique au choeur roman. Aujourd'hui, il n'existe plus, mais des reproductions de ce monument de style Renaissance ont été conservées. Les jambages de l'arc étaient masqués par une file de niches superposées, chacune d'entre elles étant encadrée par des pilastres à chapiteaux ioniques ou corinthiens. Un édicule à fronton brisé surmontait l'ensemble, orné d'éléments décoratifs.

La crypte, dédiée à Saint Gohard, l'évêque nantais assassiné par les Normands le 24 juin 843 pendant son office, comprenait une nef courte et large, terminée en hémicycle. Ce martyrium était recouvert par une voûte d'arêtes retombant sur 4 colonnes centrales et sur 10 colonnes engagées. Les premières, cerclées à la base de trois ou quatre cercles étagés, supportaient des chapiteaux cubiques surmontés d'une épaisse tablette de pierre que l'on nomme abaque ou tailloir. Des griffes assez rudimentaires étaient sculptées aux 4 angles des socles. Un soubassement continu soutenait les colonnes engagées. Un déambulatoire, voûté de même, contournait la nef. Des trois absidioles, seule celle du sud subsiste. Cette crypte semble dater de la fin du XIème vers l'époque ou fut canonisé Gohard (1096). En 1733, le chapitre de la cathédrale voulant abaisser le niveau du choeur, l'architecte Portail démolit les voûtes et combla la crypte. Des fouilles y furent pratiquées en 1874 et elle fut dégagée à partir de 1884 sous la direction dde l'architecte Boismen. Un plafond de briques a remplacé les anciennes voûtes. C'est là que furent transportés de nuit le 17 février 1792, les restes de François II de Bretagne et de ses deux épouses. Les pillards mélangérent les ossements, si bien qu'aucune identification ne fut malheureusement possible en février 1819.


Visite guidée (en cours de construction)

Mobilier

Les transformations du choeur en 1733 et le vandalisme révolutionnaire ont infligé au mobilier de la cathédrale des pertes considérables. Rien ne reste, par exemple, du tombeau qu'entre 1399 et 1408 la duchesse Jeanne avait fait élever par des artistes anglais à son mari le duc Jean IV. A l'atelier de Michel Colombe, auteur du tombeau de François II, Anne de Bretagne commanda par la suite le tombeau de l'évêque Guillaume Guéguen, mort en 1506. L'enfeu couvert par un arc en anse de panier, la voute à caissons et le massif rectangulaire à pilastres existent toujours dans la chapelle Saint-Clair mais sans la dalle d'albâtre et le gisant qu'elle supportait.
La grande verrière de façade, ou plutot le peu d'ancien qu'il en reste, remonte aux alentours de 1500 et pourrait être l'oeuvre de Jean de la Chasse. On y retrouve un thème alors en faveur, celui de la Fontaine de Vie. Des plaies du Christ du sang jaillit et tombe dans une vasque pour laver les péchés du monde. Sur les cotés se tiennent Moïse et Saint Elie, ainsi que Marguerite de Foix et Anne de Bretagne, accompagnées de leurs saintes patronnes. Au sommet des anges portent les instruments de la Passion. Ce vitrail fut sans doute offert par la reine duchesse qui visita la cathédrale en 1498.
Les XVIIème et XVIIIème siècles sont représentés par un retable de Tugal Caris (1656) dans la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié, et surtout par les grandes orgues installées en 1619. Les plus anciennes des boiseries se trouvent au centre où trois tourelles, séparées par des rinceaux, ont pour couronnement des lanterons à balustrade dans le style du siècle précédent. Des pilastres cannélés cloisonnent les panneaux du bas, et une décoration semblable orne le positif. On remarque les robustes cariatides qui soutiennent la tourelle centrale. Quant aux deux tourelles extrêmes, ajoutées en 1768, elles diffèrent des trois autres aussi bien par leur sommet, des urnes drapées d'où jaillit une flamme, que par leur support, des atlantes.
Au XIXème, les témoins les plus importants de l'art religieux dans la cathédrale de Nantes sont deux toiles: Saint Clair rendant la vue aux aveugles, d'Hippolyte Flandrin, dans la chapelle Saint-Clair, et celle d'Elie Delaunay, La communion des apôtres. Le cénotaphe du général de Lamoricière est une pièce maîtresse de la scupture du même siècle.
Il faudrait tout de même mentionner les 102 m² de la grande verrière du transept sud. Cette oeuvre du peintre Chapuis, posée en juin 1959, représente avec Sainte-Anne d'Auray divers saints du diocèse et de la Bretagne, entre autres Saint Yves, ainsi que le bienheureux Charles de Blois et Françoise d'Amboise.

Tombeau de François II et de Marguerite de Foix

Avant que ce tombeau n'arrive enfin à sa place définitive dans le transept sud de la cathédrale, il a subi bien des épreuves (voir ancien monastère des Carmes, rue St Gildas). En 1499 Anne de Bretagne avait décidé d'élever à ses parents un monument funéraire dans l'église conventuelle des Carmes à Nantes. Des marbres venus d'Italie furent confiés à deux grands artistes du temps. L'un d'eux, Jean Pérréal, reçut mission d'établir un projet que Michel Colombe éxécuta, alors qu'il était déjà septuagénaire, assisté de deux compagnons sous les or