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Rouans (44640)

 
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MessagePosté le: Jeu 9 Avr - 15:10 (2009)    Sujet du message: Rouans (44640) Répondre en citant

Eglise

Eglise Saint-Martin (1900-1904), œuvre de l'architecte Nau. Cette église remplace l'ancienne église Saint-Martin édifiée au XVIIème siècle. Les seigneurs de la Sicaudaye avaient jadis des prééminences dans l'église de Rouans. Cette ancienne église avait été rebâtie dans le style néo-classique : elle possédait une nef flanquée de bas-cotés. Celui de droite ouvrait sur la place une porte murée à la fin du XIXème, tandis que l'autre était en retrait. Une flèche posée sur un volume carré et surmontée d'un grand coq dominait la façade. Un fronton néo-classique surmontait le porche, un oculus perçant le haut de la façade.

Carte postale ancienne de cette église (collection privée) :


La construction de la nouvelle église fut décidée en avril 1893. L'achat du terrain suivit. En 1901 la première pierre fut bénie, et le 10 avril 1904 à 10 heures, la première grand-messe fut donnée, avec la bénédiction d'Émile Rouard, évêque en présence de Joseph Nau architecte, Aristide Frémond curé, Jean Bertin président de la fabrique, et Célestin Turpin Maire.
Le 14 avril 1929 on fêta les 25 ans de l'église, avec bénédiction des 11 vitraux : ceux du chœur (vie de Saint-Martin) ceux des chapelles.En 1955 on posa 5 vitraux de la grande verrière Nord-Est. La rosace a été posée le 27 mars 1942 par Mr Razin, maître verrier de Nantes. Les fonts baptismaux datent du XVIIIème siècle. La statue de saint Martin, en bois peint, date du XIXème siècle. Le reliquaire date de 1950 : il contient les reliques d'Anne Françoise Moreau, née le 9 avril 1866 à Rouans, martyrisée en Chine en 1900 et béatifiée le 24 novembre 1946 (Bienheureuse Marie de Saint-Juste). La cloche de l'ancienne église de 600 Kg de Rouans, Justine a remplacé la cloche précédente de l'ancienne église qui, le jour de la fête de la Toussaint, a trépassé en sonnant pour la commémoration des morts. Justine a été offerte par Mme du Plessis, généreuse donatrice qui habitait le château de la Vignauderie.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Martin
Siécle de l'édifice: XIXème
Forme du clocher : pavillon
position du clocher : clocher latéral
Clocher en péril : non

Photos (5) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade à l'ouest
côté nord
chevet
clocher
côté sud


Chapelle

Chapelle de La Budaurière (XVIIIè). Il pourrait s'agir de la chapelle d'une ancienne léproserie. Un château a été bâti à proximité depuis, et l'ensemble se trouve à 3.5 km au sud-ouest de Rouans.


Abbaye

Abbaye Notre-Dame de Buzay

1 - L'histoire pré-révolutionnaire de l'abbaye

Le 17 juin 1135, le duc de Bretagne, Conan III, sur la demande de sa mère la duchesse Ermengarde, fonde cette maison pour six religieux, dans la paroisse de Rouans (diocèse de Nantes), en faveur des moines de Cîteaux. Veuve d'Alain Fergent, Ermengarde reçoit le voile de religieuse des mains de Saint-Bernard dans le prieuré de Saint-Germain-de-Larray, non loin de Dijon. Désireuse de voir s'établir près de Nantes une maison de religieux cisterciens, Ermengarde prie Saint-Bernard de lui donner quelques-uns de ses moines. Bernard envoie alors son plus jeune frère Nivard, maître des novices du monastère de Vaucelle en Cambrésis avec quelques autres religieux de Clairvaux pour commencer l'établissement de la maison projetée dans l'île de Caberon. Les moines sont accueillis solennellement à Nantes le 28 juin 1135. L'existence de la nouvelle abbaye doit être assurée par les revenus mis à sa disposition par le duc Conan. Mais, soit par négligence, soit par mauvais conseils, le duc n'exécute point ses promesses, et retire même aux religieux une partie des fonds qu'il leur avait donnés. Saint-Bernard, faisant la visite de ses monastères, trouve celui de Buzay si pauvre et si incommode, qu'il ordonne à ses religieux de retourner à Clairvaux. Avant de sortir de Bretagne, il va voir le duc et lui fait des reproches très vifs sur sa conduite à l'égard des religieux de Buzay. Ce prince reconnaît alors sa faute et rend à ces religieux tout ce qu'il leur avait ôté et leur donne même de nouveaux fonds. La charte de ce prince n'est point datée (entre 1144 et 1147), mais elle a été souscrite par plusieurs évêques, entre autres Alain de Rennes, Iterius de Nantes (décédé en 1147 à Nantes), Rotandus de Vannes et Jean de Saint-Malo (il s'agit de saint Jean de La Grille, alors abbé de Sainte-Croix de Guingamp et fait ensuite évêque de Saint-Malo en 1144).

Cette seconde fondation étant faite, l'abbaye de Buzay va prospérer rapidement. Elle voit augmenter ses revenus par les donations des seigneurs de Machecoul et du comte de Nantes. En 1197, Constance, duchesse de Bretagne, veuve de Geoffroy II fonde deux anniversaires à Buzay, l'un pour Conan III son père et l'autre pour son mari. Cette princesse donne aux moines l'île de Bremen. L'abbaye reçoit aussi de nombreux privilèges au point de vue spirituel de la Papauté. L'abbé de Buzay (ou Buzai) jouit d'un revenu annuel de trente à quarante mille Francs. L'accroissement du nombre de religieux favorise quelques années plus tard la fondation de trois nouvelles abbayes. En effet "le 25 mars 1201, un premier essaim de moines de Buzay sort de cette maison pour se rendre à Villeneuve, au Bignon (maintenant aux Sorinières), occuper le monastère, que venait de faire construire à la "grange de Cormaria", dans la forêt de Touffou, la duchesse de Constance. La même année, une nouvelle famille de moines se rend au couvent que Pierre de la Garnache venait de fonder à l'île d'Yeu. Cinq ans plus tard, pour plus de commodité, cette communauté est transférée à l'île de Noirmoutier. Enfin en 1252, Gilles, abbé de Buzay, envoie un nombre important de moines habiter l'abbaye de Prières, à l'embouchure de la Vilaine, que venait de faire édifier le duc Jean" (Chanoine Jarnoux).

Pierre est choisi par saint Bernard pour gouverner le nouveau monastère de Buzay : son nom se trouve dans la charte du duc Conan III. Guillaume est abbé en 1150 et fait affranchir en 1152 toutes les terres de son monastère au Pays de Retz, et souscrit une donation faite en 1153 à l'abbaye de Fontevrault, par Hoël, comte de Nantes. Adam est gratifié en 1153 par Hoël, comte de Nantes, d'une terre nommée La Villeneuve, qui devient ensuite une abbaye. David est abbé en 1157 et il est un des arbitres choisis en 1161 pour juger le différend que les chanoines de Saint-Pierre de Nantes ont avec les religieux de Quimperlé pour la propriété de la collégiale Notre-Dame de Nantes. Suivant une charte de Saint-Florent de Saumur, il vit encore en 1166. Pierre Guillaume Robert est élu vers l'an 1199, assiste à la fondation de l'abbaye de Villeneuve en 1201, et vit encore en 1203. Gilles est indiqué comme abbé dans un acte daté de 1246. Ce dernier fait ratifier en 1252 les bulles qu'il avait obtenues du pape Innocent IV pour la fondation de l'abbaye de Prières, et établit un abbé et des religieux dans ce nouveau monastère, aujourd'hui situé à Biliers(Morbihan).

Jean de Metz implore en 1328 la protection du duc contre les violences de Girard, seigneur de Machecoul, et il vit encore en 1331. Jean Gendron est gratifié en 1417 de quelques terres par Rolland de Severac. Il assiste au concile de Bâle en qualité de procureur général de son ordre, commission dont il avait été chargé par le chapitre tenu à Cîteaux en 1430. Le duc de Bretagne le met aussi au nombre des ambassadeurs qu'il envoie à cette assemblée. Jean accepte le 5 avril 1431 la fondation de la fête solennelle de la Présentation de la sainte Vierge dans son église. Il prend possession de quelques terres de Gui de Carné, fils de Payen, seigneur de Lestier. Imbert Boulay, natif de Châteaubriand, est abbé de Buzay et de Prières en 1457. Un titre de La Roche-Bernard prouve que cet abbé vit encore en 1471. En 1474, est nommé comme premier commendataire, Odet de Rivière, abbé du monastère Saint-Sauveur de Redon. Le Pape écrit au duc à ce sujet une lettre datée du 19 juillet 1474. Odet meurt au début de l'année 1492. Pierre Gigan est élu en 1492 ou se met en possession de l'abbaye sans aucune nomination. Le roi informé, de ce qui se passe, donne commission, le 28 mars 1492, à son procureur général de procéder contre cet usurpateur. Jean Bohier, archidiacre de Nantes et abbé commendataire de Saint-Gildas-des-Bois, obtient aussi celle de Buzay, dont il est encore possesseur en 1494. Il meurt en 1508.

Léon Tissart, chanoine de Nantes, obtient en commende l'abbaye de Buzay en 1524. Le placet qu'il présente à la chancellerie pour avoir permission de mettre ses bulles en exécution est du 4 mars 1523, avant Pâques. Il fait serment de fidélité au roi en 1536 et en 1539, et vit encore en 1543. Frère Henri Clausse fait serment de fidélité au roi dans la chambre des comptes de Nantes en 1564 pour l'abbaye de Buzay. Henri de Gondy, archevêque de Paris, fait le même serment en 1600, et meurt le 3 août 1622. Jean François Paul de Gondy, dit le cardinal de Retz, succède à son oncle, et meurt en 1679. Au début du XVIIIème, le canal de Buzay fut creusé. Les bernardins contribuèrent à cette oeuvre, mais ne furent ni les promoteurs, ni les maîtres de l'ouvrage achevé en 1713. Jean François Paul Le Fèvre de Caumartin est pourvu de l'abbaye de Buzay suite à la démission du cardinal de Retz, son oncle, et meurt évêque de Blois le 5 août 1733. Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, est nommé en 1733, et se démet en 1737 pour avoir l'abbaye de Saint-Germain-des-Près, vacante suite à la mort du cardinal de Bissy. Pierre Augustin Bernardin de Rosset de Fleury est nommé au mois de juillet 1737 à l'abbaye de Buzay. Il meurt le 13 janvier 1780. Jean George Le Franc de Pompignan, évêque du Puy, ensuite archevêque de Vienne, obtient en 1789 l'abbaye de Buzay. Il meurt le 30 décembre 1790.

2 - L'abbaye à la Révolution

A la Révolution, la maison conventuelle, les terres et l'enclos contenaient 40 journaux d'alors (environ 19 hectares), le tout entouré de murs, sauf du côté nord, limité par une large douve. Dans les paroisses de Rouans et de Vue, les religieux possédaient d'un seul tenant 2.000 journaux (972 hectares) en prairies provenant de dessèchements effectués aux frais particuliers, dit la déclaration, de M. de Caumartin, évêque de Blois, abbé commendataire, et des deniers du monastère. Dans les paroisses de Saint-Etienne-de-Mont-Luc et de Cordemais, un seul tenant leur donnait une étendue de prairies de 1.350 journaux (656 hectares). Suivant cette même déclaration, les religieux disent avoir concédé, pour le bien général du pays, en favorisant le dessèchement, 8.000 journaux (3.890 hectares) de marais, c'est-à-dire l'abandon d'une partie d'un terrain improductif pour faire mettre le surplus en rapport. Deux décennies avant la Révoution, l'abbaye était quinzième en richesse des sept cens plus riches abbayes de France et s'acquittait de 15.000 écus annuels d'impôts.

L'abbaye de Buzay était vaste et bien construite, mais, dans les dernières années de son existence, beaucoup de réparations s'imposaient, aussi bien à l'abbaye elle-même qu'à ses dépendances. Cette constatation résulte, d'ailleurs, d'une procédure soutenue par les religieux, de 1780 à 1784, contre les héritiers de Monseigneur Rosset de Fleury, évêque de Chartres, dernier abbé commendataire de Buzay, mort le 13 janvier 1780, et contre le fermier général pour parvenir au règlement du partage des frais de réparations. C'est dans ce temps que l'abbaye de Buzay fut réunie aux Economats sous la main du Roi. Des lettres patentes de l'année 1782 autorisèrent André Hercule de Rosset, duc de Fleury, et le marquis de Castries, héritiers de l'évêque, à faire détruire l'ancienne abbatiale, située au nord dans la cour d'entrée de l'abbaye, attendu « que cette maison n'était plus qu'un amas de ruines couvert de ronces ».

Un procès-verbal des réparations à faire à l'abbaye constate également le mauvais état d'une chapelle sous l'invocation de saint Marc, très ancienne et éloignée des lieux claustraux. Le Prieur dit que sa construction remonte à quatre ou cinq siècles ; qu'elle est abandonnée depuis un temps immémorial et que des réparations y seraient faites en pure perte, puisqu'elle ne sert plus au culte (Archives départementales de la Loire-Inférieure, H 65). Dom Caignart, prieur de Buzay, dans sa déclaration de 1790, faisant la description de son abbaye, montre que « la maison conventuelle est belle et artistement bâtie, mais qu'il n'y a plus de palais abbatial ». L'église, reconstruite en 1755 sur un nouveau plan, est aussi un monument remarquable par sa structure et sa noble simplicité ; son clocher avec quatre cloches pour les offices ; une grande horloge et trois timbres pour les heures (Note : En 1792, la commune de Clion avait demandé que cette horloge, pour laquelle aucun acquéreur ne s'était présenté lors de la mise en vente des biens de l'abbaye, lui fût attribuée moyennant paiement. La proposition ne fut pas prise en considération). Il observe que « les habitants de tous les environs désirent la conservation de cette église pour devenir le centre d'une nouvelle paroisse ».

La porte du tabernacle, dans l'église, était en cuivre doré « d'or moulu ». Une lampe de cuivre ciselé était suspendue au milieu du sanctuaire ; deux tables de marbre blanc veiné, avec leurs supports en fer, servaient de crédences recouvertes d'ornements dorés. Une grande grille à deux battants, surmontée de son couronnement avec ornements dorés, était placée au-devant du grand autel. Deux petits autels en marbre s'élevaient en arrière des stalles, avec les tableaux de la Sainte Vierge et de saint Bernard, enclavés dans la boiserie. Deux bras en cuivre, couleur d'or, s'avançaient de chaque côté de ces autels. Une seconde grille en fer cintré séparait les petits autels de la nef. Trois bénitiers de « marbre blanc statuaire, travaillés en coquilles et enchâssés dans les murs », étaient à la disposition des fidèles. Deux balcons en fer régnaient sur les deux tribunes dont les ornements étaient dorés. On voyait sur la grande tribune un petit buffet d'orgue avec ses deux soufflets. Dans une chapelle en avant de la sacristie, on remarquait un autel de marbre, un tableau de la naissance de Notre-Seigneur en cadre doré, deux chandeliers en bois doré et une petite croix en marqueterie, incrustée d'ivoire. La sacristie était voûtée en arcs de cloître. Un tableau représentant la Foi était encadré dans la boiserie du buffet au-dessus du « chapier ». Les ornements sacrés, brodés en or et relevés en bosse, étaient rangés dans cinq tiroirs du chapier ; plusieurs étaient très anciens, notamment un devant d'autel en drap d'or sur fond blanc et vert ; la garniture du baldaquin était brodée en soie de couleur, sur fond blanc également, avec franges d'or.

La bibliothèque de l'abbaye se composait de 1.612 volumes, tant in-folio que grands et petits in-quarto, in-douze et brochés, sans aucun manuscrit ; un atlas et un grand livre d'estampes ; une mappemonde et deux sphères. L'appartement de dom Caignart, prieur, comprenait une antichambre, une chambre et un cabinet. L'antichambre, boisée à hauteur d'appui, était tapissée en toile de coton lamée en dessins chinois ; la chambre à coucher toute boisée en plein, le lit en alcôve. Dans le cabinet, un bureau en bois d'acajou moucheté ; un trictrac en marqueterie et dix estampes en cadres dorés. La chambre du sous-prieur, boisée de la même façon, était tapissée en grands personnages représentant les Vertus et les Vices. Les autres chambres étaient aussi boisées et tapissées en papier verdure collé sur toile. Une chambre de réserve, à l'usage des religieux en visite, était boisée et tapissée en grands personnages, suite des Vertus et des Vices.

La salle de billard, au rez-de-chaussée, était décorée des portraits des cardinaux de Gondy (Note : Henri de Gondy, archevêque de Paris, abbé de Buzay, en 1600, mort le 3 août 1622. Jean-François-Paul de Gondy, dit le Cardinal de Retz, succéda à son oncle et décéda en 1679). La salle à manger était boisée dans son entier, une glace en long encadrée dans la boiserie, surmontait la cheminée de marbre. Il y avait grand buffet sculpté et deux petites fontaines de chaque côté, figurant deux dauphins, en plomb peint, avec leurs coquilles et supports. L'argenterie de table se composait de 42 couverts, 24 cuillères à café, 4 petites cuillères à sel, 8 cuillères à ragoût, 6 flambeaux de table, etc... (Note : Dans sa déclaration, le Prieur observe que, le 9 octobre 1789, les religieux de Buzay ont fait hommage à la Nation du surplus de leur argenterie, tant d'église que de table, consistant en 188 marcs 1 once 7 gros (46 kilogrammes 70 grammes), laquelle a été délivrée à la Monnaie de Nantes, en présence de deux députés de MM. du Comité de la Municipalité de Nantes). Le salon de compagnie, très vaste, était boisé et tapissé en grands personnages reproduisant la fable d'Astrée et du berger Athis, la tapisserie dite de Flandre en soie et laine. Il était décoré, en outre, de deux attiques sur les portes, l'un montrant un naufrage et l'autre un port hollandais, d'un portrait de M. de Caumartin, évêque de Blois, abbé commendataire, avec une glace au-dessous, d'une grande cheminée de marbre, d'un sofa, de dix fauteuils de tapisserie en soie et laine à petits points et de dix chaises de paille, d'une table de marbre à pieds dorés, d'un grand trumeau à cadre doré, d'un trictrac avec ses dames et cornets, d'un plateau garni de tasses à café, de trois boîtes de jeux complétées de leurs corbeilles et bourses de jetons en os, d'un écran pour le feu en petits points, semblable aux fauteuils. Des rideaux de coton, garnis de mousseline, étaient posés aux fenêtres. Les chambres des hôtes de passage, au nombre de six, avec chacune un cabinet de domestique, étaient séparées de la Communauté par un corridor et par l'église. Quelques-unes possédaient des cheminées de marbre blanc de Gênes et étaient tapissées de grands personnages représentant les batailles d'Alexandre. La cinquième chambre, la mieux décorée, comprenait un grand lit en damas jonquille brodé en soie de couleur, avec le médaillon de Judith, brodé au dossier. Une courte-pointe de même étoffe, brodée aussi, recouvrait ce lit.

Les procès-verbaux d'estimation des biens nationaux, conservés aux Archives départementales de la Loire-Inférieure, constatent l'importance des bâtiments de l'abbaye, qui étaient propres à loger une trentaine de moines. Un arrêté du district de Paimbœuf, fixant la valeur des constructions à 150.000 livres, en fait cette description sommaire : « Un grand bâtiment pour les hôtes, une très belle église, trois vastes cours, un superbe cloître, un grand jardin avec plusieurs petits jardins, un grand emplacement planté en charmille et un bois de haute-futaie d'environ un journal (48 ares 60 centiares). Un rez-de-chaussée, un premier étage et les greniers en mansardes ; de grandes écuries et leurs greniers au-dessus, petites écuries, boulangerie, etc... ».

En 1790, lors de la suppression par l'Assemblée Nationale des Communautés religieuses, un habitant du Pellerin, le sieur Saint , Commandant de la Garde Nationale de cette localité conçut le projet d'établir une Manufacture de doublage en cuivre pour les navires dans les bâtiments de l'abbaye de Buzay. A cet effet, il adressa, le 19 juillet de cette année, au Directoire du département de la Loire-Inférieure, un mémoire dont la copie se trouve aux Archives de la Chambre de Commerce de Nantes. En voici un extrait :

« La Maison de Buzay, vaste et solidement bâtie, peut fournir, sans aucune dépense de conséquence, tout le logement nécessaire à l'établissement des fourneaux, magasins, habitations des ouvriers principaux et Direction de cette Manufacture. Sa position sur la rivière de Loire, à quatre lieues de Nantes, même distance de Paimbœuf et une lieue du Pellerin, rend peu dispendieux le transport de la matière première et celle fabriquée. Cette même situation offre le secours de l'eau pour le service du rouage et la force hydraulique qui ne trouverait aucune part un terrain plus avantageux. La proximité de la brique dans la paroisse de Vue, celle des forêts de Machecoul et de Prince, par le lac de Grand-Lieu, pour le charbon de bois, la facilité de se procurer de Nantes le charbon de terre sont des avantages réels pour la fabrique et l'usage des fourneaux. Le commerce de Nantes, dont une grande partie des navires est doublée en cuivre, présentera sans cesse du vieux doublage à refondre et promet l'emploi de la Manufacture. Les ports de Brest et Rochefort, de la Marine Royale, et les autres places de Commerce du Golfe de Gascogne offrent la même perspective à cet établissement... Des fondeurs verront que l'église de Buzay, neuve et solidement bâtie, est propre à l'établissement des fourneaux... Tout le bien de l'abbaye de Buzay, affermé 147.000 livres, existe en prairies qui peuvent et seront mieux vendues en détail. La maison peut être séparée sans nuire à la vente de son bien... ».

Dans sa séance du 24 juillet 1790, le Directoire arrêta qu'il serait écrit au sieur Saint afin de le remercier de son zèle pour la chose publique, et que MM. les Juges-Consuls, représentant le Commerce de Nantes, seraient priés de donner leur avis sur l'utilité dont pourrait être susceptible l'établissement en question, sur sa possibilité et les moyens de l'exécuter (Archives départementales de la Loire-Inférieure, L 42). Malgré les vues sages et bienfaisantes du Commerce, l'établissement réclamé par Saint ne put avoir lieu. Deux années plus tard, le 11 mai 1792, le Directoire du Département ordonna de faire constater si les ruines de l'abbaye de Buzay et de ses dépendances pouvaient être conservées comme maison d'hospice pour tous les orphelins du Département. Le lendemain, MM. Dufrexou, administrateur du Département, et Recommencé, ingénieur des Ponts-et-Chaussées, se rendirent à Buzay faire les constatations demandées. Ayant trouvé les bâtiments en très bon état, ils consignèrent le résultat de leur visite dans un procès-verbal duquel nous extrayons ce qui suit, montrant bien quelle était l'importance de cette abbaye, considérée comme la plus belle de l'ordre des Bernardins en France :

« L'église, de 28 toises (54 mètres 60 centimètres) de longueur sur 9 toises (17 mètres 50 centimètres) de largeur, était située au milieu de la masse des bâtiments ; sur son côté, vers le septentrion, est un cloître de forme carrée et percé de huit arcades dont chaque face a 17 toises environ (33 mètres) de longueur, lequel cloître est entouré par trois corps de bâtiments : celui du nord a 28 toises de longueur de face donnant sur la basse-cour ; celui vers le levant 25 toises (48 mètres 75 centimètres) de longueur donnant sur le jardin, et celui vers l'occident 24 toises (46 mètres 80 centimètres) de longueur donnant sur la grande cour. Sur ladite cour, et au joignant le portique de ladite église, est aussi un grand corps de bâtiments, appelé le Bâtiment Neuf, parce qu'il est le dernier bâti, lequel a aussi 24 toises de longueur de face, et, au retour, vers l'est, 9 toises (17 mètres 50 centimètres) aussi de face. Au derrière de ce corps, vers le levant, et dans toute la longueur de ladite église, le terrain est enclos de murs qui renferment une très petite cour avec son puits, un jardin à l'anglaise terminé par une galerie voûtée en liais, et de petits jardins avec de petits cabinets, ainsi que la tour qui est adossée à ladite église. Tous les dits bâtiments sont composés d'un rez-de-chaussée d'environ 18 pieds de hauteur, d'un premier étage de 14 pieds et de greniers dont ceux lambrissés ont 11 pieds de hauteur. Les dits bâtiments sont percés, savoir : le bâtiment neuf, de dix croisées à chaque étage, du côté de la grande cour ; trois du côté du verger et huit sur sa face intérieure, c'est-à-dire du côté du petit jardin. Les trois corps de bâtiments autour du cloître, savoir : celui sur la grande cour, de dix croisées et portes au rez-de-chaussée, dix croisées au premier étage et autant de lucarnes aux greniers. Et sur sa face intérieure, du côté du cloître seulement, huit croisées au premier étage et autant aux greniers ; celui sur la basse-cour douze croisées à chaque étage et huit du côté du cloître, etc... La grande cour, à l'occident de ces bâtiments, et au milieu de laquelle se trouve le portique de l'église, a 57 toises (111 m.) de largeur et seulement 49 toises (95 mètres 50 centimètres) de longueur. Vers le milieu de ladite cour, et, du côté du midi, est un petit corps de bâtiment d'environ 80 pieds (26 mètres) de longueur dont le rez-de-chaussée sert d'écurie à vaches et son étage supérieur de greniers et de lingerie ». Il existait quantité d'autres constructions abritant la basse-cour, les écuries pour les chevaux, les boulangeries, la buanderie, le pigeonnier, etc...

L'ensemble de toute la propriété de l'abbaye de Buzay avait une contenance de 21 journaux 25 cordes, soit 10 hectares 30 ares. Considérant tous les avantages que possédait la maison de Buzay par sa situation, la grandeur et la solidité des bâtiments, la salubrité de l'eau et de l'air, les Commissaires envoyés par le Directoire exprimèrent l'avis que cette maison était très propre à former un établissement public, mais qu'elle serait beaucoup trop considérable pour les orphelins, puisque les corps de logis, situés au nord de l'église, étaient susceptibles à eux seuls d'en contenir plus de deux mille logés spacieusement. Ils pensaient qu'on pourrait faire un autre établissement compatible avec celui des orphelins en utilisant les cloîtres et les bâtiments neufs par une filature ou des métiers. Les événements survenus à cette époque troublée ne permirent pas de donner suite à ces beaux projets. Les bâtiments furent incendiés vers la fin de février 1794. Le Directoire accusa les royalistes, dans sa lettre du 24 août 1795, envoyée à la Commission des Sciences et des Arts, d'avoir été les auteurs de cet acte de vandalisme.

Quelques années après, alors que les ravages de la guerre civile avaient amené la destruction à peu près complète de l'abbaye, le citoyen Fortin, de Nantes, présenta à l'Administration centrale de la Loire-Inférieure un Mémoire sur l'établissement d'une maison de correction et de détention à Buzay. Cette pétition répondait au voeu du Ministre de l'Intérieur qui, dans une circulaire du 5 fructidor an IV (22 août 1796), adressée aux Administrations centrales de France, sur les moyens de régénérer le commerce, leur demandait compte de l'usage qui avait été fait des maisons religieuses : « Les inutiles monastères, dit-il, occupaient des terrains immenses, des emplacements formidables, perdus alors pour le bien public, nuls pour l'industrie, et dans lesquels on a pu créer des fabriques intéressantes. Il sera nécessaire de connaître le parti qu'on en a tiré... ». D'après le citoyen Fortin, l'établissement qu'il proposait devait être vaste, solide et propre aux opérations des arts et manufactures, à proximité d'une rivière navigable ; dans une position telle que la garde des détenus y fût facile ; dans un pays fertile en subsistances et en combustibles ; où l'activité du commerce et de la navigation pût y procurer un travail abondant. Enfin, « la salubrité de l'air doit en faire le séjour du repentir et non le tombeau des coupables ». « Tous ces avantages se trouvent réunis dans la ci-devant abbaye de Buzai. Quant à la solidité et à l'étendue, on peut en donner une idée juste en peu de mots, en disant que c'était la plus belle maison de l'ordre des Bernardins en France. La façade du bâtiment principal a deux étages et se prolonge sur une étendue de 340 pieds (110 mètres) ; une vaste église, de 160 pieds de long sur près de 60 pieds le large, est réunie à angle droit au milieu de la façade ; deux autres ailes de bâtiments semblables forment, en retour, deux carrés parfaits. L'intérieur de chacun d'eux renferme un préau de 100 pieds de chaque face, bordé de cloîtres dont les arcades répondent à la beauté du reste de l'édifice. Quatre-vingt-deux arpents, fermés de douves et de murailles, composent le pourpris décoré, dans son intérieur, de sept pièces d'eau ».

L'incendie avait épargné en partie l'église, mais la charpente, la couverture et la menuiserie en étaient à refaire complètement. Pour y installer les détenus, les travaux eussent exigé 80.000 francs au moins. Les femmes auraient été occupées à la filature pour la confection d'étoffes grossières, de toile à voile, de basin de Nantes. Les hommes devaient être astreints à des travaux plus diversifiés et plus avantageux : la fabrication des cordages, la fonderie de cuivre pour feuilles et clous de doublage de navires, les pièces des moulins à sucre, le râpage des bois de Campêche et Fernambouc et autres bois destinés à la teinture, la pulvérisation des ocres, terres, pierres servant aux préparations usitées dans les arts et manufactures, etc... Comme le précédent, ce projet fut vite abandonné et l'abbaye de Buzay, qui était devenue propriété nationale, fut vendue, le 14 brumaire an V (4 novembre 1796), à M. Jacobé, pour la somme de 39.876 livres. La maison, l'église et tous les autres bâtiments avaient été détruits par le feu ; bientôt les murs s'écroulèrent et leurs ruines servirent longtemps de carrière aux propriétaires qui se succédèrent pour les constructions des environs. Les métairies ont été vendues à des prix exorbitants, de 102.000 à 600.000 livres, car les terres étaient bonnes.


3 - L'abbaye aujourd'hui

Le monastère a été incendié à la Révolution, en 1794, ainsi que son église, reconstruite en 1755, et dont il ne reste plus que la tour haute de 20 à 25 mètres, datant de 1135, et qui a servi un moment de point de repère aux navires. Sur sa face nord, on distingue encore des pilastres ioniques et les amorces des voûtes disparues. Le plomb des toits avait été récupéré par les révolutionnaires pour en faire des plombs, fondus sur place dans la tour en 1794. Les stalles de Buzay se trouvent dans l'église de Couëron. Une grille située devant la porte principale de la chapelle du monastère de La Meilleraye de Bretagne provient également de Buzay. Une cloche a été transférée dans la cathédrale de Chartres. L'autel en marbre de Grèce et d'Italie, qui aurait été construit en 1540, se trouve aujourd'hui dans l'église de Paimboeuf (l'ensemble du monument se compose de huit pièces principales qu'on peut monter et démonter). Cet autel a plus de 3 mètres de long, sur 2 mètres de large et 66 centimètres de haut (en comptant le tabernacle et son couronnement) et fut acheté par la commune de Paimboeuf pour 610 livres en 1793. Une chaire se trouve dans l'église de Bouguenais.

On prétend que ce sont les moines qui auraient fondé la foire qui se tenait annuellement à Launay (près de Buzay, entre Le Pellerin et Rouans), le 23 novembre. Elle est connue dans le pays sous le nom de "foire à la pie" (ce nom viendrait du costume blanc et noir que portaient les moines). Plus d'informations sur cette foire : http://www.paysderetz.info/communes/rouans/patrimoine/a244.html

Type d'Edifice: Abbaye
Nom de l'Edifice : Notre-Dame de Buzay
Siécle de l'édifice: XIè-XVIIIème
Forme du clocher : tour
Clocher en péril : ruines


PHOTOS des vestiges de l'abbaye : http://nanteslafdc.canalblog.com/albums/rouans___abbaye_de_buzay/index.html


Dernière édition par Admin le Ven 24 Juin - 13:06 (2011); édité 9 fois
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MessagePosté le: Jeu 9 Avr - 15:10 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 9 Avr - 15:52 (2009)    Sujet du message: Rouans (44640) Répondre en citant

Ancien prieuré

Ancien prieuré de l'abbaye Saint-Serge d'Angers

Lorsque les moines de Saint-Serge vinrent à Rouans fonder un prieuré, ils trouvèrent une église toute prête à les accueillir. En effet, la paroisse, très ancienne, fut fondée par les disciples de Saint Martin de Vertou au VIème siècle. Avec l'arrivée des moines d'Angers, l'église passe sous le patronage du saint éponyme de Tours. La paroisse est un démembrement de l'antique cité de Vue. Le prieuré est fondé en 1026; le seigneur de Messans, près de Rouans, dispose de dîmes, de droits sur les autels, de droits de sépultures et de droits coutumiers, encore appellés consuetudines alors, sur le bourg et les foires. Glain, seigneur de Messans, donne au prieuré deux parts de l'autel de l'église de Rouans, la moitié de la dime et du droit de sépulture, en plus de la chapelle de Messans vers 1079. Ces dons sont gratuits, mais Glain recevra 100 sols.

Très rapidement, Rouans devient prieuré-cure, ce qui n'ira pas toujours de soi, car des conflits au sujet des dîmes vont surgir entre le curé et Saint-Serge. Ainsi Bonnet Michel, en 1511, entre en procès avec l'abbaye angevine. Certains desservants, comme Havard en 1675, ne touchent pas la portion congrue et sont considérés comme indigents. Quant aux prieurs, ils furent souvent les mêmes à Sainte-Marie de Pornic et à Saint-Martin de Rouans.


Ancienne chapelle privée

Ancienne chapelle du château de Messans, seigneurie de Rouans au XIème siècle. Elle est donnée par Glain, seigneur, en 1079 aux moines de Saint-Serge d'Angers. L'île de Messan est située à 250 m au nord-est du bourg, sur la route de Buzay. Cette route passe un pont très ancien sur l'Acheneau, principale rivière du Pays de Retz.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:06 (2017)    Sujet du message: Rouans (44640)

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