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La Ferté-Loupière (89110)

 
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MessagePosté le: Lun 19 Jan - 06:00 (2009)    Sujet du message: La Ferté-Loupière (89110) Répondre en citant

Eglise

Eglise Saint-Germain

Un établissement mérovingien fortifié existait déjà dans le bourg au VIè et au VIIème siècles. En effet, un cimetière a été retrouvé sur la colline au sud-ouest de la ville actuelle.

L’église Saint Germain de La-Ferté-Loupière dépendait du prieuré des chanoines des Augustins du Mont-aux-Malades-de-Rouen. Elle est construite à l’est du village, en bordure des anciens fossés qui le protégeaient. Construite au début du XIIe siècle, l’église comportait une nef unique, un transept saillant et une abside semi-circulaire accostée de deux absidioles orientées. Le porche est construit en pur style roman. Sur la croisée des transepts, prolongeant la flèche ascendante des toits de tuile, s'élève la fine flèche d'ardoises qui donne un peu d'élan et de grâce à cet édifice massif. Elle abrite une cloche du XIVème classée par les Monuments Historiques.
L'intérieur est suprenant. On va en effet de surprise en surprise quand on essaye de comprendre l'architecture et l'histoire de cette église. En effet, alors qu'ailleurs on s'est contenté de rajouter à diverses époques quelques parties nouvelles à l'édifice primitif, ou de raser complétement celui-ci pour le remplacer par un édifice moderne, dans cette église les apports se sont plutôt faits par superposition. Il y a, si l'on peut dire, au rez-de-chaussée, une première église datant de la fin du XIème ou du début du XIIème : l'église romane. Puis au premier étage s'éléve une église gothique du XIVème et de la fin du XVème. Sur le tout se trouvent des voûtes plus modernes qui s'appuient au sol sur des bas-cotés modernes aussi.
On rencontre ces 3 églises sous terre aussi. C'est à deux mètres de profondeur que l'on découvre le premier dallage sur lequel reposent les bases des colonnes romanes, et qui fut celui de l'église romane. Sur le deuxième dallage, on a retrouvé des débris de pierres tumulaires, dont une est celle d'Hector de Courtenay, mort en 1549, et l'autre, croit-on, est celle de son père, Pierre de Courtenay, mort en 1504. Le troisième dallage, celui de la dernière construction, fut refait en 1856. Ce triple rehaussement serait expliqué par l'envahissement des eaux du Vrin, ruisseau qui borde la Ferté-Loupière, et dont le lit se serait élevé par suite d'un alluvionnement considérable qu'on évalue à deux mètres de hauteur sur neuf siècles.

Nous n'avons pas de date précise à donner pour la construction de l'église romane. On sait seulement qu'elle était élevée avant 1137 et on pense qu'elle fut bâtie par Hugues Ier, prince pieux et zélé. De cette église primitive, il reste, à l'extérieur d'abord, le portail, relevé sans doute pour être mis au niveau des constructions postérieures. L'arc en plein cintre est formé de deux tores et d'un rang de billettes, qui retombent de chaque coté sur deux colonettes auxquelles manquent les bases. A l'intérieur, dans la nef principale, de part et d'autre, quatre grandes arcades, dont les trois premières en plein cintre et la quatrième en arc d'ogive, s'apouient, à 1 mètre du sol environ, sur les piles en grès de l'église romane, dont la plus grande partie se trouve enfouie sous terre. A en juger par leurs formes, ces piles ne recevaient pas d'arc doubleau et la partie opposée à la nef devait par sa masse, servir de contrefort. Ce contrefort a été plus tard surchargé pour contre-bouter la poussée de nouvelles constructions. La présence de ces contreforts intérieurs reste la plus grande énigme de cette église. Les chapiteaux de ces piliers sont aussi intéressants. Ils sont formés d'un abaque très épais et d'une corbeille assez étroite, ornée tantôt de motifs géométriques, tantôt, combinées avec une volute, de décorations végétales, comme des vignes, feuilles de chênes, etc...Dans le santuaire, à droite et à gauche, près des fenêtres ogivales, on voit, engagés dans le mur à deux mètres du sol environ, deux modillons représentants des têtes grimaçantes, dans le goût de la décoration romane, et soutenant un départ de colonne.

L'église gothique ne fut pas construite en une seule fois. C'est à Philippe de Courtenay, seigneur de la Ferté au XIVème, qu'on a attribué la construction de l'église ogivale, élevée sur les oeuvres vives de l'église romane. Mais comme cette église fut détruite avec la ville lors de la Guerre de Cent Ans, elle dut être relevée par Pierre de Courtenay et le fut dans le style ogival flamboyant de l'époque. Comme on voit dans un reste de vitrail les armes de ce seigneur avec celles de sa femme, on peut penser que la reconstruction de cette église se fit en 1471, date du mariage de Pierre de Courtenay avec Périnne de la Roche, et 1504, date de sa mort. Il subsiste de cette église ogivale, sur la façade, trois fenêtres qui ont gardé quelques petits restes de leurs vitraux primitifs. Près de la fenêtre qui éclaire le bas-coté droit se trouve une porte basse avec son linteau orné d'un arc en accolade, d'un dessin sobre et pur. La nef principale ne reçut qu'une voute à berceau en bois, ou même ne fut pas voutée du tout. Dans le sanctuaire au contraire, ou même dans les chapelles latérales, on voit fort nettement, dans les angles, les départs d'une voûte en pierre sur croisée d'ogives. Mais cette voûte a-t-elle été construite? Il reste en outre de cette époque, dans le sanctuaire, la grande verrière du fond - dont le vitrail est moderne - ainsi que les deux fenêtres basses où se voient aussi quelques morceaux de vitraux anciens : deux soleils et des armes, un écusson d'azur à trois flèches d'or. Les mêmes armes se retrouvent à la fenêtre de la chapelle de droite. Le peu qu'il reste de l'ancien vitrail - ces armes, un Dieu le Père, une Vierge de l'Annonciation - fait regretter la perte de tous les vitraux du XVè ou du début du XVIè, qui paraissent avoir été des oeuvres d'art de grande qualité. Dans la verrière de la chapelle de gauche sont encore quelques restes précieux : en haut, les armes des Courtenay (d'or à trois tourteaux de gueules), en dessous à gauche, celles de Pierre de Courtenay (les mêmes surmontées d'un lambel à quatre pendants d'azur, les pendants désignant une branche cadette) et à droite, unies aux siennes, celles de sa femme (d'argent à trois pales de gueules). Les deux médaillons situés en dessous sont, croit-on, les portraits de Pierre de Courtenay et de Périnne de la Roche.

Au XVIIème ou plus tard, l'édifice subit une troisième élévations et de nouvelles transformations. La voûte de la nef principale fut mise en létat oùelle se trouve actuellement.Les bas-cotés, refaits pour être mis au niveau de la nef surélevée ont était éclairés de fenêtres à arc bombé. Les voûtes du sanctuaire et celles des deux chapelles ont été remplacées par les voûtes à berceau actuelles, bien plus hautes que les précédentes, et les fenêtres qui les éclairaient, aveuglées, tout comme celles de la nef. La sacritie de droite, établie comme celle de gauche sur les assises des absidioles romanes, fut éclairée par une fenêtre de style renaissance bien réussi. Ces deux chapelles furent malencontreusement fermées par de simples cloisons, le long desquelles furent appliqués deux rétables en pierre, dans le gout classique du XVIIème. Signalons au passage l'escalier à vis de la chapelle de gauche, conduisant à une plateforme qui est établie au-dessus du choeur, sous le clocher.

L'église bénéficie d'une importante campagne de restauration au XXIè. Après le clocher (2001) et les toitures du choeur, la campagne 2006/2007 concerne la charpente et la couverture de la nef. Les parties supérieures des murs sont également reprises à cette occasion. le budget des travaux, partiellement financés par les fonds européens, atteint près de un million d'euros TTC.

L’église abrite une des rares Danses Macabres existant en France. Elle est précédée d'un Dict des Trois Morts et des Trois Vifs. Cette représentation murale montre trois jeunes gentilshommes interpelés dans un cimetière par trois morts qui leur rappellent la brièveté de la vie et l'importance du salut de leur âme. Sous cet ensemble, qui occupe tout le mur nord, ont été représentés un St Michel terrassant le Dragon et une Vierge de l’Annonciation. Les quatre peintures remontent à la fin du XVe siècle et au XVIe siècle. La Danse Macabre se développe sur 25 mètres de long et met en scène 42 personnages.
Le récitant est assis et écrit sur son parchemin. Il présente le branle en chaîne ouverte[2] dansé par les personnages et rythmé par trois squelettes musiciens. Le cortège suit, formé de 19 couples de Vivants escortés par leur mort. Cet ensemble de clercs et de laïcs représente toutes les conditions sociales. Les Vivants se détachent sur le fond blanc vêtus de costumes colorés aux harmonies d’ocres, de terres, de verts, de roses et de violets. Le souci du détail a guidé l’artiste. L’expression des visages reflète la peur des Vivants face à leur mort grimaçante. Ses attitudes gesticulantes rendent plus légère la terreur dramatique de la scène. La Danse Macabre prend tout son sens dans un triple précepte : La mort est inattendue, inévitable et rétablit l’égalité entre les hommes.

En France, on ne recense officiellement que huit danses macabres, mot à rapprocher de Judas Macchabée et ses frères, martyrisés par Antiochus Epiphane, au IIe siècle avant JC.

Ce sont les danses macabres de :

Strasbourg, au Temple neuf des Protestants
Ker Maria dans les côtes d’Armor
Mesnay-le-Grenet en Eure et Loir
Brianny, près de Semur-en-Auxois, en Côte d’Or
La-Ferté-Loupière dans l’Yonne
Avrieux, en Savoie
Chapelle du Château de Bourbilly, en Côte d’Or
Kernascleden en Morbihan

Des gravures populaires sur le même thème sont publiées dès 1485 par deux éditeurs parisiens, Guyot Marchant et Verard et diffusées dans toute l’europe. On les retrouve dans le Manuscrit de Blois, au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale. Actuellement en mauvais état, les peintures de l'église devraient faire l'objet de restaurations.

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dit_des_trois_morts_et_des_trois_vifs

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Germain
Siècle de l'édifice: XIè-XIIè-XVè-XVIIè
Forme du clocher : flèche
Position du clocher : à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos (12) : (cliquez sur les images pour ls agrandir)

Extérieur (3) :

église vue de loin
église depuis les jardins du Prieuré
façade de l'église

Intérieur (9):

vue de la nef depuis le choeur. La danse macabre est à gauche en entrant.

Danse macabre

Danse macabre (détail)
Dict des trois mort et des trois vifs

charpente apparente clocher
escalier vis du clocher
choeur

bas-coté
retable latéral de la nef

Crédits photos : Toutes les photos sont de Patrick Charpiat, contributeur de Wikipédia, et relèvent de la Creative Commons Attribution ShareAlike 2.5 License. En clair, on peut les partager et les réutiliser librement si on indique bien le nom de l'auteur et qu'on les distribue sous la même licence d'utilisation.


Ancien prieuré (XVè)

Les restes de l'ancien prieuré composent essentiellement l'actuel presbytère. La grange aux dîmes est dans ses dépendances. A juger par l'emploi des mêmes briques décoratives qu'aux fenêtres des bas-cotés de l'église, la construction de ce prieuré serait contemporaine de celle de la troisième église, après la guerre de cent Ans.

Anciennes chapelles

Ancienne chapelle de l'Hôtel-Dieu

La Ferté-Loupière fut donnée vers 1200 aux moines du Mont-aux-Malades-lès-Rouen, qui bâtirent un Hôtel-Dieu dans l'enceinte même de la Ferté, où ils soignaient les malades et une maladrerie où ils soignaient les lépreux. Les bâtiments existent encore, dans un paté de maison face à l'église. Quant à la chapelle construite pour les malades, et sise au coin de la rue d'En-Haut et de la rue Sainte-Anne, elle a été transformée en maison d'habitation.

Ancienne chapelle Saint-Ladre

Antérieurement à l'Hôtel-Dieu il eut une maladrerie pour la Vieille-Ferté, en dehors de la forteresse. La chapelle a subsisté jusqu'au XIXème.


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