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75 001 - 1er arrondissement

 
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PostPosted: Wed 20 Aug - 22:45 (2008)    Post subject: 75 001 - 1er arrondissement Reply with quote

Eglises

Eglise Saint-Roch, au N° 296 rue Saint-Honoré. Tuileries ou Pyramides

L’église Saint-Roch est une église du 1er arrondissement de Paris, située au 284 rue Saint-Honoré, bâtie entre 1653 et 1722 sur les plans initiaux de Jacques Le Mercier. Longue de 126 mètres, de plan médiéval (trois nef, sans transepts, choeur avec déambulatoire et chapelle absidiale), c’est l'une des plus vastes de Paris.

Le parvis de l’église fut le théâtre de combats durant l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795). Pillée à la Révolution, l’église a récupéré une partie de son patrimoine et récupèrera de nombreuses d'œuvres d’art provenant d'autres églises parisiennes. Toujours en activité, elle reste connue comme la paroisse des artistes par allusion au nombre d’entre eux qui y ont été enterrés ou dont on y a célébré les obsèques et de la riche collection d’œuvres d’art qui y est conservée.
Anne d’Autriche, accompagnée de son fils, le futur Louis XIV pose la première pierre de l’édifice le 23 mars 1653 à l'emplacement d'une petite chapelle du XVIesiècle dédiée à Sainte Suzanne. La construction s’étalera jusqu’en 1722 sous l’égide des architectes Jacques Le Mercier, Étienne-Louis Boullée, Jules Robert de Cotte, Jules Hardouin-Mansart, Pierre Bullet et Robert de Cotte. Faute de financement, la construction est interrompue en 1660 où seuls le transept et la dernière travée de la nef étaient achevés. En 1690, le chœur et transept sont terminés mais ne sont protégés que d’un plafond provisoire en bois. À partir de 1701, Jules Hardouin-Mansart entreprend l’ajout d’une chapelle dédiée à la Vierge se composant d'un vaisseau central elliptique entouré d'un déambulatoire que Pierre Bullet achèvera après sa mort. Une nouvelle fois interrompus, les travaux reprendront en 1719 grâce à un don du banquier Law qui finance la toiture et la façade de l’église. Entre 1728 et 1736, Robert de Cotte ajoute une tour à droite du chœur. En 1735, une tour de la façade est détruite. Robert de Cotte trace les plans pour une façade à deux étages mais c'est probablement son fils Jules-Robert qui la réalise en 1739. Le niveau inférieur est orné de colonnes doriques, le niveau supérieur de colonnes corinthiennes. En 1754, Jean-Baptiste Marduel fait construire par Louis-Etienne Boullée la chapelle dédiée au Calvaire et qui sera profondément remaniée au milieu du XIXe siècle. Il fait appel à quelques-uns des plus illustres artistes de son temps pour la décorer, parmi lesquels Falconet, Pierre Vien, Doyen et Boullée. En 1756, Jean-Baptiste Pierre peint l'Assomption pour la coupole de la chapelle de la Vierge et Étienne Maurice Falconet sculpte au dessus de l'arcade derrière l'autel de la Vierge une gloire sur le modèle de celle de Saint-Pierre de Rome et place en-dessous un groupe de l'Annonciation, aujourd’hui disparu. Il installe également, dans la chapelle du Calvaire, une rocaille avec un Christ en croix, également disparue. En 1758, Jean-Baptiste Marduel fait réaliser une chaire par Simon Challe, qui sera remaniée à deux reprises et dont il ne reste de l’œuvre initiale que la partie supérieure, et un ensemble de peintures et de sculptures dans le transept.
La chapelle du Calvaire est transformée en chapelle des Catéchismes en 1850, détruisant ainsi l'œuvre de Boullée. En 1879 la tour située sur le flanc droit, fragilisée par le percement de l'avenue de l'Opéra, est détruite. En revanche, si la plupart des monuments parisiens sont dégagés des échoppes et des maisons les enserrant, l'église Saint-Roch, située sur une parcelle oblique, conserve quasiment toutes ses échoppes, y compris une minuscule au pied de la première travée, coté rue Saint-Roch, qui plus est hors alignement !

Parmi les personnalités inhumées dans l’église, on compte André LE NOTRE (16.9.1700, chapelle St André) et son épouse Françoise LANGLOIS en 1707, Pierre CORNEILLE en 1684, Denis DIDEROT (1.08.1784, chapelle Ste Vierge), Jean-Honoré FRAGONARD en 1806… Les orgues, de Cavaillé-Coll, datent de 1842 et ont 4 claviers manuels et pédalier, 53 jeux pour 2832 tuyaux au total.

Plan de l'église :


Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Roch
Siécle de l'édifice: XVIIe-XVIIIe
Forme du clocher : sans (clocher détruit au XIXe)
Clocher en péril : non

Photo (14) : ( c'est une photo personnelle, cliquez pour agrandir)

Extérieur (4) :

façade au sud

coté rue St Roch et transept
coté rue St Roch et coupole
une échoppe pluri-séculaire

Intérieur (10) :

nef latérale gauche
grande nef
nef latérale droite

chaire
trompe-l'oeil latéral
coupole du transept

le choeur et sa voute peinte et dorée
chapelle absidiale

vue de la nef et des orgues depuis l'autel


Eglise Saint-Eustache Les Halles ou rer a Châtelet-les-Halles

L'église de Saint-Eustache fut construite de 1532 à 1640. Unique en son genre, son plan est celui d'une cathédrale gothique, tandis que sa décoration est Renaissance. Avec ses 33,5 m de haut, 100 m de long et 43 m de large, l'église Saint-Eustache est considérée comme l'un des plus beaux monuments religieux de Paris. Au milieu des Halles, quartier ancien croisant parisiens et ruraux, riches et pauvres, quartier historique et aussi nouveau, Saint-Eustache a une vocation particulière d'accueil, animée, depuis 1922, par des prêtres de l'Oratoire. Elle fut jusqu'en 1969 l'église des Halles, elle est aujourd'hui l'église du Forum, ensemble urbain complètement renouvelé, et qui le sera encore à partir de 2010 (projet La Canopée, avec un immense toit en verre vert couvrant l’esplanade).

En 1213, un bourgeois de Paris, Jean Alais, chef des joueurs de mystères, prêta au roi Philippe Auguste une importante somme d'argent. Pour le rembourser, le roi l'autorisa à prélever un denier sur chaque panier de poisson que l'on vendait aux Halles, dont les deux premiers bâtiments avaient été bâtis par lui en 1181, pour abriter les drapiers et les tisserands. La recette devint telle que Jean Alais, selon l'usage de l'époque, fonda une chapelle en remerciement de sa bonne fortune, dédiée à sainte Agnès, une jeune vierge de Palerme martyrisée à Rome au 4e siècle, à l'emplacement du chœur de l'actuel bâtiment. C'est la première mention connue d'une église à cet emplacement. En 1223, la chapelle acquit le statut d'église, puis devint église paroissiale en 1303, dédiée à saint Eustache, dont la basilique de Saint-Denis lui avait offert une relique.
L'église Saint-Eustache fut depuis lors l'église des Halles. Le commerce se tenait primitivement autour du Châtelet, mais vers 1135, l'espace manquant, cette activité est déplacée sur la rive droite de la Seine, près de la fontaine des Innocents, au lieu dit des Champeaux. En 1265, Louis IX (saint Louis) ajouta deux bâtiments à ceux de son grand-père, pour la vente du poisson, frais ou salé, qui était livré par les rues adjacentes des Poissonniers, des Petits-Carreaux ou encore Montorgueil. Ce carrefour était au Moyen Age le plus animé du marché, centre de la vie sociale. Entre 1434 et 1495, l'église fut agrandie, grâce aux marchands du quartier, et devint à cette époque l'une des plus grandes et riches paroisses de Paris. Mais il fallait encore agrandir l'édifice, et le 9 août 1532, Jean de la Barre, prévôt de Paris, posa la première pierre de l'édifice actuel.
En 1665, Colbert, premier marguillier de la paroisse (on dirait aujourd’hui : responsable du conseil paroissial), fit construire deux nouvelles chapelles sous la façade, décorées par Mignard et de Lafosse. Ces travaux fragilisèrent la façade, d'ailleurs inachevée, qui fut abattue. Colbert fit une donation pour la rénover, mais le clergé de cette époque mit de nombreuses années à réaliser les travaux, ayant préféré placer cette somme plutôt que de la dépenser. Les travaux démarrèrent en 1754, inaugurés par le duc de Chartres, futur Philippe-Egalité. Continuée par Moreau-Desproux, la nouvelle façade demeura également inachevée, et perdure aujourd'hui, malgré des projets d'architectes célèbres comme du Cerceau, Levau et Baltard, et une intervention sur la tour sud en 1971.
Pendant la Révolution, l'église fut fermée (1793-1795) et transformée en Temple de l'Agriculture. En 1795, elle fut concédée en partie aux théophilanthropes. La chapelle de la Vierge fut restaurée en 1804 car elle menaçait ruine. Elle fut achevée pour la visite du pape Pie VII, à Paris à l'occasion du sacre de Napoléon. Cette chapelle comporte un important cycle de peinture du peintre Couture. En 1844, l'orgue fut incendié, ainsi que la chaire et les trois premières travées de la nef. La restauration dirigée par Baltard permit de redécouvrir les peintures murales du 17e siècle, qui avaient été cachées par un badigeon blanc au 18e siècle.La Commune de 1871 occasionna d'importants dégâts au campanile, appelé Pointe Saint-Eustache, ainsi qu'à la chapelle de la Vierge. Il fallut également consolider les combles et les contreforts. C'est la dernière reconstruction d'ampleur que l'église ait subi. En 1969, les Halles de Baltard furent détruites, mais l'église demeura Saint-Eustache-des-Halles pour les gens du quartier, tandis qu'elle devint rapidement l'église du Forum pour les nouveaux habitants.

Saint-Eustache constitue sans aucun doute l'une des églises parisiennes les plus importantes et cela est dû en grande partie à ses dimensions : 105 m de long sur 43,5 m de large et une hauteur sous voûte de 33,46 m. Ce sont là des proportions grandioses, dignes d'une cathédrale. Sa remarquable harmonie, alliant à une structure gothique une ornementation Renaissance, est cependant moins flagrante vue sous l'angle de la façade occidentale, reconstruite au 18ème siècle et jamais achevée, cette façade rappelant celle de Saint-Sulpice. La façade sud en revanche permet d'apprécier la beauté de l'édifice grâce à la perspective largement ouverte par les jardins des Halles. Le chevet apparaît alors avec le gracieux campanile qui surmonte la Chapelle de la Vierge.

A chaque niveau, aux chapelles, bas-côtés et nef correspondent des fenêtres. D'innombrables gargouilles font saillie depuis les contreforts et l'on remarquera la puissance des arcs-boutants, à la fois appuis de la nef et du transept. Ce transept qui fait face à la rue des Prouvaires est orné d'un beau portail Renaissance et flanqué de tourelles. Au sommet du pignon, un cerf crucifère rappelle la conversion de Saint-Eustache. Enfin, dominant l'église et le quartier, se trouve le Plomb, culminant à 58 m. L'église, suivant le plan de Notre-Dame-de-Paris, se compose d'une nef de 5 travées, flanquée de bas-côtés doubles, d'un large transept sans saillie, d'un choeur entouré d'un double déambulatoire et de 24 chapelles, les chapelles du bas-côté sud ayant une profondeur croissante car elles étaient placées le long l'ancienne rue Trainée, aujourd'hui place René Cassin.
La voûte de la nef est à ogives, liernes et tiercerons. Une petite galerie, le triforium, court tout autour de l'édifice, au dessus des grandes arcades. Les fenêtres hautes dont les verrières sont ornées de délicates bordures de fleurs et de fruits (1637) forment avec leurs meneaux des cœurs et des fleurs de lys. Le chœur est remarquable par ses vitraux signés Soulignac (1631) représentant les Apôtres et les Docteurs de l'Eglise, avec au centre sainte Agnès et le Christ ressuscité. On peut également admirer l'impressionnante clef de voûte et l'élancement des piliers qui contribuent à cette sensation d'élévation, ainsi que le maître-autel, œuvre de Baltard (19e). Dans la nef, se trouvent la chaire dessinée par Baltard, et en vis-à-vis, le banc d'œuvre de Cartaud représentant le Triomphe de sainte Agnès sculpté par Lepautre. Sa haute voûte est réputée pour ses qualités acoustiques et, dans cette superbe nef, les grandes orgues emplissent de leurs notes puissantes et riches l'espace dans lequel tous viennent s'imprégner de musique.
La richesse sonore de cet orgue est exceptionnelle : avec ses 8000 tuyaux et ses 5 claviers de 61 notes chacun, il offre une infinie possibilité de jeux harmoniques, particulièrement développés dans leur conception technique par l'organiste titulaire, Jean Guillou.
Il présente la richesse d'une double transmission et de deux consoles, transmission mécanique pour la console de tribune, électrique pour la console mobile dans la nef qui permet à l'organiste de jouer tout près du public et de dialoguer avec un orchestre ou une voix, sous les yeux des spectateurs. De 1559 à nos jours, bien des instruments se sont succédé, détruits, incendiés, restaurés, remaniés. L'orgue tel qu'il se présente à nos yeux fut construit par Ducroquet en 1854. Les dimensions du buffet atteignent 18 mètres de haut sur 10,50 mètres de large. C'est Victor Baltard, architecte de la Ville, qui fut chargé de la réalisation du buffet, ainsi que de rétablir l'ornementation intérieure de l'église : chaire, maître-autel. La présentation qu'en fit Baltard au conseil de Fabrique laisse entrevoir toute la symbolique qui a présidé à la disposition des différents groupes de sculptures.

Alliant chimères, griffons, harpies, oiseaux noctures, lézards, dauphins, sirènes, tous les motifs réalisés dans la partie constituant le soubassement rappellent " les oeuvres de la nature combinées par l'imagination des hommes et caractérisent les compositions poétiques et musicales dans leurs élans imprévus et souvent inspirés ". Mais la décoration de la partie supérieure, le couronnement, appartient à l'ordre des idées religieuses : anges, chérubins, et les trois statues massives de Sainte Cécile encadrée par Saül furieux, brandissant un javelot, et David cherchant à calmer par les accords de sa cithare l'agitation de Saül. Ce buffet fut réalisé en chêne de Hollande encaustiqué. L'inauguration eut lieu le 26 mai 1854, en présence d'une foule immense, avec entre autres, le concours de César FRANCK. Par la suite eurent lieu de nombreuses restaurations, modifications (Merklin en 1879, Victor Gonzalès en 1932, Georges Danion-Gonzalès en 1967). Devenu muet pendant 10 ans, il fut intégralement reconstruit grâce à la Ville de Paris, propriétaire, par les facteurs Jan et Peter Van den Heuvel de Dordrech (Hollande) et inauguré en septembre 1989. Cette reconstruction fut rendue possible par la ténacité de Jean Guillou, arrivé comme titulaire en 1963, relayé dans cette entreprise par la création d'une association qui prit rapidement le sigle d' A.R.G.O.S. (Association pour le Rayonnement des Grandes Orgues de Saint-Eustache)

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Eustache
Siécle de l'édifice: XVe-XVIe-XIXe
Forme des clochers (2) : flèche et clocher double (inachevé)
Position du clocher : au-dessus de la façade, sur le toit et en façade
Clocher en péril : non

Plan intérieur de l'église (source : site de la paroisse) :


Photos (2) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade à l'ouest
vue depuis le sud (les anciennes Halles)

Photos de JiPR (20) :

Saint-Eustache et le "trou" des Halles, 1974









Tombeau de Colbert
Rameau

Chapelle de la Vierge






Eglise Saint-Germain l'Auxerrois Pont-Neuf ou Louvre-Rivoli

Fondation mérovingienne, la première église Saint-Germain-l’Auxerrois fut détruite lors du grand siège de Paris par les Normands en 885-886, puis rebâtie au XIe siècle. L’édifice fut remanié dans la première moitié du XIIe siècle et le portail occidental réalisé vers 1220-1230. Le premier vocable de l'église était celui de Saint-Germain-le-Rond, vers la première moitié du XIIe. La grande nef, le premier collatéral du choeur, le portail et les cotés du flanc droit de la nef datent de la deuxième moitié du XIIIe. La nef et les bas-cotés, à l'exception de la chapelle de la Vierge, sont reconstruits entre 1420 et 1425. Puis le maître maçon Jean GAUSEL construit le porche et les chapelles latérales de la nef. Les chapelles de l'abside, du flanc droit du choeur et du second collatéral datent du XVe. En 1541, Pierre LESCOT construit le jubé monumental. Les chapelles du flanc gauche du choeur sont construites entre 1560 et 1570; le porche donnant accès au cloître canonial date, lui de 1570.

Une importante campagne de travaux fut menée au début du XVIIe siècle. Le sanctuaire fut entièrement réaménagé et décoré et on plaça dans la nef, une chaire et un banc d’œuvre. Les destructions commencèrent au XVIIe siècle par la suppression du trumeau du portail occidental pour le passage des processions et se poursuivirent au siècle suivant, par celle du tympan du portail puis du jubé placé à l’entrée du chœur, œuvre de Jean Goujon et Pierre Lescot. Au XVIIIe siècle également, le chœur reçut une nouvelle décoration due à l’architecte Claude Bacarit et au sculpteur Louis-Claude Vassé. En 1767, le choeur est fermé par des grilles posées par le serrurier Pierre DUMIEZ. En 1793, l’église fut fermée et reçut diverses affectations. Elle ne fut rendue au culte catholique qu’en 1802. Sous le Premier Empire, un vieux projet de destruction de l'église, initié par Colbert afin de dégager la colonnade du Louvre par une vaste place au mileu de laquelle le pont-Neuf aboutirait, est envisagé puis abandonné dès la Restauration.

Le 14 février 1831, à l'occasion de la onzième commémoration de l'assassinat du duc de Berry, l'église, puis l'archevêché de Paris, sont dévastés par des émeutiers anti-monarchistes qui interprètent la cérémonie comme une provocation. Suite aux importantes dégradations, l'église restera fermée quelques années. Sa destruction est encore proposée, mais finalement des restaurations sont entreprises pendant la monarchie de Juillet dirigées par Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc. L'église est rendue au culte catholique vers 1840. Le monumental retable flamand situé dans l'une des chapelles latérales Nord fut offert par le comte de Montalivet, ministre de Louis-Philippe.

Au second empire, le baron HAUSSMANN refuse une nouvelle fois de la détruire alors que le ministre d'état et de la maison de l'empereur, Achille Fould le lui suggére. En effet, après démolition des vieux immeubles délabrés qui l'entourent, un vaste espace se dégage face à la colonnade du Louvre et l'église se retrouve posée de travers sur un des cotés, donnant un air inesthétique à l'ensemble. Cependant, en tant que protestant, le baron ne veut pas qu'on lui reproche d'avoir détruit le symbole qui avait donné le signal de la Saint-Barthélémy (la cloche de Saint-Germain sonna en effet le début du massacre le 24 août 1572). Il développe alors un projet pour équilibrer le tout : il demande à l'architecte Jacques HITTORF de construire un édifice jumeau pour la mairie du 1er arrondissement. Entre les deux, il fait construire un campanile (ou beffroi) de style gothique flamboyant édifié entre 1858 et 1863 par l'architecte Théodore BALLU, Prix de Rome en 1840. L'ensemble réalisé fut parfois jugé trop symétrique, au point d'être comparé à "un huilier et ses deux burettes". Vu de l'extérieur, il est difficile de différencier la mairie de l'église, ce qui fait de la mairie du 1er arrondissement l'une des rares mairies pourvues d'un beffroi et la seule qui soit ainsi bâti pour des raisons exclusivement esthétiques.

Contrairement à ce qui est souvent dit et écrit, ce n’est pas le carillon du beffroi visible en façade qui sonna le rassemblement des catholiques pour le sinistre épisode de la Saint-Barthélemy en 1572, mais les cloches situées dans la petite tour au sud de l’église, qui est le véritable clocher, qui date du XIIe; sa flèche a été supprimée et remplacée par une balustrade au XVIIIe. Son tocsin marqua le commencement du massacre des protestants de Paris. Une de ces cloches, nommée Marie, datant de 1527, existe toujours.
L'église Saint-Germain l'Auxerrois est, depuis l'Ancien Régime où les artistes étaient logés au Louvre, la paroisse des artistes. C'est ici que se marie, le 25 février 1726, Jean-Philippe Rameau. La Société de Saint-Jean pour le développement de l'art chrétien, fondée en 1839 par Henri Lacordaire, y dit la messe et s'y réunit toujours chaque troisième vendredi du mois (cette société a établi notamment les Ateliers d'art sacré, mouvement central du renouveau de l'architecture religieuse au XXe) ; et la messe selon le voeu de Willette pour les artistes morts dans l'année y est dite le Mercredi des Cendres.

Les grandes orgues ont un buffet de 1757; l'orgue actuel est de Cliquot (1791), modifié par Dallery (1841) puis Ducroquet (1848) et Merklin en 1864. L'orgue de choeur est fabriqué par Abbey en 1838, modifié par Merklin en 1900, Hermann en 1961 et restauré par Dargassiès en 1995.

L'église Saint-Germain en 1858 (avant les travaux de Haussmann) :


Plan de l'église :


Dossier en photos des Monuments Historiques (N/B) : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FI…

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Germain l'Auxerrois
Siécle de l'édifice: XIe-XIIe-XIIIe-XVe-XVIIe-XVIIIe-XIXe
Forme du clocher : terrasse
Position du clocher : entre le transept droit et le chevet
Clocher en péril : non

Photos (10) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

la mairie et l'église

la mairie et son beffroi

le beffroi coté cour (coté est)

façade de l'église
coté sud
chevet
coté nord

Photos de JiPR (12) :





Marie l'Égyptienne





Eglise Saint-Leu Saint-Gilles (XIIIè - XIVè - XVIIè - XVIIIè - XIXè) rer a Châtelet-Les Halles

Seul vestige des 8 édifices religieux qui jalonnaient jadis la rue Saint-Denis, Saint-Leu-Saint-Gilles date de 1235 pour ses parties les plus anciennes. Dans les environs se trouvaient en effet la Chapelle du Châtelet, l’Hôpital Sainte Catherine, l'église Sainte Opportune, l’Eglise Saint Josse, la Collégiale du Sépulcre, la Chapelle Saint Michard à côté du Cimetière des Innocents, le Monastère de Saint Magloire, Saint Jacques de la Boucherie, Saint Julien des Ménestrels, l’Abbaye de Saint Martin, l’Hôpital Saint Jacques (en face de Saint Leu), l’Eglise Saint Sauveur, le Couvent des Filles Dieu etc...
Il y avait alors entre les numéros 84 et 92 de la rue St Denis, une abbaye, l’Abbaye Saint Magloire, qui était occupée par des Bénédictins. De nombreuses personnes s’étaient installées dans les environs de l’Abbaye pour y travailler la terre. Pour répondre aux besoins de ses fidèles, regroupés dans le bourg dit " Bourg l’Abbé " (d’où la rue du même nom), fut construite en 1235 une petite chapelle dédiée à Saint Gilles.
Le quartier s’est, ensuite, beaucoup développé avec l’implantation de nombreux artisans qui se groupèrent dans des rues avoisinantes portant le nom de leur métier (rue de la Ferronnerie, de la Cordonnerie, de la Chanvrerie, de la Lingerie…). La Chapelle devenait trop petite et menaçait de tomber en ruine.
L’importance de la population du quartier au début du XIVème siècle et la petitesse de la Chapelle Saint Gilles, rendirent nécessaire la construction d’une église plus adaptée : on édifia donc, en 1319, et à l’emplacement de la nef actuelle une église qui prit le nom de Saint Leu -Saint Gilles. Le troisième saint patron était Sainte Cordule, née à Grande-Bretagne à la fin du Vème siècle. Une persécution menaçant " sa foi et sa virginité ", elle s’embarqua avec quelques compagnes à la suite de Saint Ursule, leur Supérieure, pour Cologne où elles moururent vierges et martyres.

L'église fut profondément remaniée en 1611, agrandie en 1727 et dotée en 1780 d'une chapelle souterraine réservée aux chevaliers du Saint-Sépulcre dont la chapelle, détruite en 1795, se trouvait au N°60 de la rue.
Restaurée vers 1849, l'église perd les trois chapelles de son abside lors du percement du boulevard de Sébastopol, et Baltard la flanque alors d'une série de bâtiments neufs qui achèvent de la dénaturer. Les clochers accueillent tous deux de très anciennes cloches, classées Monuments Historiques. L'une date de 1679 et sonne le Si. L'autre date de 1561 et sonne le Fa dièze.

La paroisse accueille dans ses locaux une communauté de dominicaines. Le grand orgue a un buffet du milieu du XVIIe. L'orgue actuel date de Cliquot (1788), modifié par Suret en 1855 et Mutin en 1912. Une partie de l'ensemble est classée MH. Suret dote aussi l'église d'un orgue de choeur, modifié par le facteur Gutschenritter en 1975 et restauré par Dargassiès en 1990.

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Saint-Leu-saint-Gilles
Siécle de l'édifice: XIIIe-XIVe-XVIIe-XVIIIe-XIXe
Forme des 2 clochers : double clocher (flèches d'inégales hauteurs)
Clocher en péril : non

Photos (2) :

façade à l'ouest
façade et coté nord

Eglise polonaise Notre-Dame de l'Assomption (XVIIè) Concorde

L'église Notre-Dame-de-l'Assomption, située dans le 1er arrondissement de Paris, à l'angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Cambon, près de la Cour des Comptes, est un édifice religieux construit entre 1670 et 1676 (date d'achèvement des travaux et consécration). Elle est aujourd'hui l'église polonaise de Paris. C'est aussi le seul vestige du couvent des Filles de l'Assomption qui existait avant la Révolution.

Au XVIIe siècle, une maison rue Saint-Honoré appartenant aux Jésuites fut donnée aux Dames de l'Assomption qui entreprirent des constructions, dont celle de la chapelle pour laquelle elles firent appel à l'architecte Charles Errard. Ce dernier séjourne alors à Rome et, féru d'italianisme, son projet s'inspire de l'Antiquité, de la Renaissance avec, cependant, une note personnelle. Ses obligations romaines l'empêcheront de veiller à l'exécution de l'édifice, dont la charge sera assurée par M. Chéret, un maître entrepreneur. Suite aux critiques soulevées par sa construction, Charles Errard accusera ce dernier d'avoir modifié ses plans.

La façade comprend un péristyle à six colonnes corinthiennes surmonté d'un fronton triangulaire. Elle a une certaine ressemblance avec la façade nord de la Sorbonne, dont la construction est antérieure. Avec son plan centré, l'église est une rotonde de 24 m de diamètre, avec de simples pilastres dans sa partie inférieure. Elle est surmontée d'une coupole, percée de huit baies avec, en alternance, des niches à statue. La coupole est ornée d'une fresque de l'Assomption due à Charles Fosse. Le buffet d'orgues date de la fin du XVIIIe, l'orgue actuel est un Cavaillé-Coll (fin 19e), modifié par Gonzalez en 1970.

Après le concordat de 1802, cette église est rendue au culte. Le 6 mars 1806, le pape Pie VII y célèbre la Messe. Napoléon ler verse à cette occasion une forte somme d'argent et contribue ainsi à la restauration de cette église. Il garde cependant la nef centrale pour sa chancellerie et transforme l'ancien couvent en caserne pour sa "Garde à Cheval". De très nombreux Polonais font partie de cette garde. Contrairement "aux habitudes de l'époque", ils sont très nombreux à participer à la Messe dans cette église toute proche. Le curé de la paroisse l'Abbé Costaz célèbre chaque dimanche une Messe spécialement pour eux et leur prêche en polonais. Vue l'étroitesse de l'église, il transfert la célébration des Messes pour ces soldats polonais à l'église Saint Roch qui ne se trouve pas loin de la caserne. Après 1812 on ne trouve plus de traces de ces Polonais à Paris. Par contre après la défaite de Napoléon plusieurs familles nobles et des officiers supérieurs polonais de l'armée napoléonienne s'installent à Paris.

L'insurrection manquée en Pologne en 1830 oblige plusieurs milliers de Polonais à quitter leur patrie pour échapper à la déportation en Sibérie. La plupart de ces émigrés s'installent en France, qui les accueille très cordialement. Parmi eux on trouve des noms célèbres: Mickiewicz, Slowacki, Chopin, Norwid, etc.. Ils font leurs messes dans l'église Saint-Louis-en-l'île mais aussi derrière l'église Saint-Roch, dans la chapelle du Calvaire. Le 22 mai 1834, une foule de Polonais assiste dans l'église de l'Assomption, future "église des Polonais", aux obsèques de La Fayette, grand ami de la Pologne et spécialement des maréchaux Kazimierz Pulaski et Tadeusz Kosciuszko, qui ont combattu avec lui en Amérique. Pendant cette période la pastorale des Polonais se fait spontanément et elle n'est pas organisée en une mission structurée. C'est pour cette raison qu'un groupe de jeunes laïcs engagés, avec Bogdan Janski en tête, pense à fonder et organiser une mission polonaise. Trois d'entre eux : Piotr Semenenko, Hieronim Kajsiewicz et Aleksander Jelowicki vont à Rome, y font des études théologiques pour être ordonnés prêtres et retourner ensuite à Paris.

Le 17 février 1836, ces jeunes gens, avec une équipe de 3 prêtres, fondent la "MISSION POLONAISE" qui s'installe au n°11 de la rue Notre Dame des Champs. Avec la bienveillante permission de l'Archevêque de Paris, Mgr Hyacinthe Louis de Quelen, ils s'occupent de tous les Polonais de Paris et les rassemblent chaque dimanche à la chapelle du Calvaire de la Paroisse St Roch. Le nombre de Polonais croît à Paris et dans les environs, surtout à Montmorency. On voit apparaître à Paris, en 1841, l'Ecole Polonaise, dite "des Batignolles" qui ouvre également ses portes. En 1846, est créé l'orphelinat polonais "Saint Casimir", dirigé par les Sœurs de la Charité de Saint Vincent de Paul polonaises "(Szarytki). Cet orphelinat existe toujours. En 1844, la Mission Polonaise s'installe au 263bis, rue St Honoré, l'adresse actuelle, dans une dépendance de l'Eglise de l'Assomption. l'Archevêque de Paris, Mgr Denys Affre, attribue "gracieusement" cette église aux Polonais et à la Mission Polonaise, et c'est ainsi que l'église de l'Assomption sera dite "l'Eglise Polonaise" de Paris. Elle sera le lieu de culte et de rassemblement de la communauté polonaise sans interruption jusqu'à nos jours.

Le 22 mai 1838 eut lieu l'inhumation provisoire (elle dura 3 mois) de Talleyrand, dans le caveau de l'église, sa sépulture à Valençay n'étant pas terminée. Pour la définition du dogme de l'Immaculée Conception (8.12.1854), les polonais de Paris apposent dans leur église une plaque commémorative en marbre avec un cœur en bronze, contenant une motte de terre polonaise et un morceau de pain emporté de Pologne. Sous la Commune, l'Eglise des Polonais est complètement pillée, et l'Abbé Deguery, curé de Sainte Madeleine, qui se cachait à la Mission, y est assassiné. Le pape Pie IX, pour aider cette église ravagée lui offre plus tard plusieurs ornements liturgiques, calices, ciboires et un ostensoir. C'est la Mission polonaise qui organise le culte polonais et l'aide sociale aux nombreux ouvriers polonais venus travailler en France à partir de 1918. A partir de 1950, chaque dimanche, la GrandMesse de l'Eglise polonaise de Paris est radiodiffusée par l'O.R.T.F. et très écoutée en Pologne. En 1973 les polonais de France fetent les cinquantenaires de la plupart des missions, créés dans l'entre-deux-guerres. Il y a 137 pretres, responsables des 70 missions et 12 institutions catholiques, 10 congrégations féminines, 190 religieuses, 4 congrégations masculines, 10 associations membres de l'union des associations polonaises catholiques en France et 5 colonies de vacances.

Pour plus d'informations sur l'histoire de la Mission polonaise en France, voir ici : http://www.mission-catholique-polonaise.net/histFR.htm

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : ND de l'Assomption
Siécle de l'édifice: XVIIe-XIXe
Forme du clocher : lanternon sur dôme
Clocher en péril : non

Photos (2) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade

maître-autel


Chapelles

La Sainte-Chapelle Cité

La Sainte Chapelle est avant tout une gigantesque châsse destinée à recevoir les reliques de la crucifixion. Saint Louis rachète en 1239 la couronne d'épines aux Vénitiens pour 135 000 livres. Puis il achète des fragments de la sainte croix, la lance et l'éponge de la Passion, des reliques de la Vierge et le Mandylion, image supposée du Christ en 1241 au pape. Son but est avant tout d'éviter l'éparpillement de ces importantes reliques. Pour accueillir un contenu si précieux, il fallait un lieu spécifique. Saint Louis fait le choix d'inclure l'église qu'il veut construire dans le palais de la Cité (aujourd'hui palais de Justice), afin de ne pas dissocier les reliques de la royauté. L'édification de la Sainte Chapelle n'est pas seulement un acte de piété : c'est aussi un acte politique. L'église, à deux niveaux, est consacrée le 26 avril 1248. On peut supposer qu'elle était achevée à cette date. La construction aurait débuté en 1242, ce qui signifie que la chapelle fut achevé en un délai record pour l'époque. On ne peut pas affirmer avec certitude le nom de l'architecte qui dirigea le chantier. Il s'agirait de Pierre de Montreuil ou de Jean de Chelles.

La chapelle basse servait au culte paroissial. Les reliques étaient gardées dans la chapelle haute. Celle-ci était reliée à la aula (grande salle de conseil), cette disposition étant peut-être inspirée de celle d'Aix-la-Chapelle. D'autres éléments sont venus s'ajouter à l'édifice. A l'origine, un petit bâtiment annexe avait été élevé près de l’abside, sur son flanc nord. Le niveau inférieur servait de sacristie tandis que la pièce située au niveau de la chapelle haute accueillait les actes et les sceaux royaux. Cette annexe a disparu en 1777, lors de la reconstruction de la grande cour. Sur le flanc sud, on construisit par la suite un escalier qui permettait au public d'accéder à la partie haute. Dès lors, un jubé fut construit pour isoler religieux et nobles du public.

La Sainte Chapelle subit plusieurs incendies (1630, 1777) et une inondation. La révolution ne l'a pas épargnée, le Mandylion disparaît dans sa tourmente (lire ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mandylion). Tous les décors extérieurs ont été détruits ainsi que la flèche, dont les fleurs de lys n'incarnaient que trop manifestement la royauté. Sous l'Empire, la chapelle haute sert de dépôt d'archives. Cet usage l'endommage fortement. Les verrières sont dispersées.

Des restaurations sont entreprises dans la seconde moitié du XIXe siècle. Trois architectes se succèdent à la tête du chantier : Félix Duban (de 1836 à 1848), Jean-Baptiste Lassus (de 1848 à 1857) et Emile Boeswillwald. Viollet-le-Duc vient quelquefois renforcer le groupe, mais il ne prend jamais la tête des restaurations. On commence par détruire les vestiges de l'escalier sud (1849) puis par remettre en place une flèche (1853). En 1857, la décoration intérieure en presque entièrement achevée. Le débat concernant les choix de restauration est rendu public. Il est fait appel à de nombreux médiévistes. Contrairement aux principes défendus par Viollet-le-Duc, on choisit de tenir compte de toutes les étapes de la vie du monument et pas seulement de l'état considéré comme primitif.

Plusieurs choix s'avèrent difficiles. C'est le cas pour la flèche. On ignore s'il y avait une flèche dès l'origine. La seule flèche bien connue est celle qui a été abattue à la révolution. Elle datait de 1630. Duban et Viollet-le-Duc dessinent des flèches du XIIIe siècle, mais Lassus préfère reprendre celle de 1383. L'œuvre qu'il réalise s'approche cependant plus de la flèche de 1460. L'autre grand sujet de débat est la décoration intérieure. Une longue investigation est menée pour rechercher les fragments antérieurs. Beaucoup d'éléments utilisés pour restaurer la décoration sont des innovations. Il n'est pas du tout certain, par exemple, qu'il y ait eu à l'origine un décor de lys sur fond bleu et de châteaux castillans sur fond rouge. D'autres parties de la restauration respectent plus les dispositions d'origine car les restaurateurs disposaient de plus d'informations les concernant. C'est le cas des verrières. Leur programme iconographique est retracé par François de Guilhermy, qui utilise pour cela des bibles moralisées du XIIIe siècle. La réalisation des panneaux est confiée, entre autres, à Louis Steinheil et Antoine Lusson. Pour les sculptures, à l'intérieur comme à l'extérieur, il est fait appel à l'atelier de Geoffroy Dechaume, spécialisé dans l'art médiéval.

Les fenêtres de la nef, hautes de 15,35 m et larges de 4,70 m, sont divisées en quatre lancettes et surmontées d’une rose à six lobes et deux quadrilobes (éléments en forme de trèfle à quatre feuilles). Les fenêtres de l’abside, d’une hauteur de 13,45 m et d’une largeur de 2,10 m, ne comportent que deux lancettes et trois trilobes (éléments en forme de trèfle). Les scènes des vitraux représentent : la Genèse ; l’Exode ; le livre des Nombres ; le livre de Josué ; le livre des Juges ; le livre d’Isaïe ; Jean l’Évangéliste et l’enfance du Christ ; la Passion ; la vie de saint Jean Baptiste et le livre de Daniel ; le livre d'Ézéchiel ; les livres de Jérémie et de Tobit ; les livres de Judith et de Job ; le livre d'Esther ; les livres des Rois ; l’histoire des reliques de la Passion. La rosace de la façade, de 9 mètres de diamètre, représente l’Apocalypse.

De la Renaissance à l'époque moderne, les rois de France ponctionnent le trésor, vendent les rubis et fondent les ors pour assurer les liquidités de l'État et ses énormes besoins en dépenses militaires. En effet à l'époque moderne, tous les trésors ecclésiastiques gardent leur rôle premier de réserve monétaire utilisable en cas de besoin. C'est ainsi que, par exemple, Philippe VI de France vend une épine de la Sainte Couronne à Rodolphe II de Saxe. Cela amène à une situation où, sous Henri IV, les restes du trésor sont réduits à un état qui ne changera plus jusqu'à la Révolution.

La Révolution française met au ban la conservation des reliques, comme tout symbole sacré lié à la royauté, mais conserve les pièces jugées de grande qualité historique. Ces reliques ont été remises à l'archevéché de Paris en 1804 et sont toujours conservées au Trésor de Notre-Dame de Paris, sous la garde des Chevaliers du Saint-Sépulcre et du Chapitre cathédral. Tous les premiers vendredis du mois, dans l'après-midi, sous la garde des Chevaliers du Saint-Sépulcre, les Saintes Reliques sont exposées à la vénération et à l'adoration des fidèles, devant le Maître-autel de la Cathédrale. Chaque Vendredi Saint, cette adoration est proposée durant toute la journée, ponctuée par des offices liturgiques.

Site internet : http://sainte-chapelle.monuments-nationaux.fr/

Type d'Edifice: Chapelle-reliquaire
Nom de l'Edifice : Sainte-Chapelle
Siécle de l'édifice: XIIIe-XVIIIe-XIXe
Forme du clocher : flèche
Position du clocher : au-dessus de la façade, sur le toit
Clocher en péril : non

Photos (16) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (4) :

vue depuis l'est
coté nord
coté sud
façade à l'ouest

Intérieur (12) :

chapelle basse

nef de la chapelle haute

le choeur et la galerie-reliquaire

vue vers la rosace de façade

peintures et fresques sur les murs

Photos de JiPR (4) :



Chapelle royale du Palais de la Cité (Moyen-Age-XVIIIe) Cité

La Conciergerie est le principal vestige de l’ancien Palais de la Cité qui fut la résidence et le siège du pouvoir des rois de France, du Xe au XIVe siècle et qui s’étendait sur le site couvrant l’actuel Palais de justice de Paris. De nos jours, l’édifice longe le Quai de l’Horloge, sur l’Île de la Cité, dans le Ier arrondissement de Paris. Il fut converti en prison d’État en 1370, après l’abandon du palais par Charles V et ses successeurs. La prison occupait le rez-de-chaussée du bâtiment bordant le quai de l’Horloge et les deux tours ; l’étage supérieur était réservé au Parlement. La prison de la Conciergerie était considérée pendant la Terreur comme l’antichambre de la mort. Peu en sortaient libres. La reine Marie-Antoinette y fut emprisonnée en 1793.

Le palais de la Cité fut à l'origine la demeure des comtes de Paris. Ce palais fut habité par le roi Eudes Ier de France. Hugues Capet établit dans le palais la Curia Regis (le Conseil royal) et divers services de son administration. Robert II le Pieux le fit rebâtir. Saint-Louis fit construire la Sainte-Chapelle entre 1242 et 1248. Le Palais était enceint de murailles, dans lesquelles étaient abrités des édifices administratifs comme la cour des comptes, mais aussi juridiques et religieux. Au nord le Palais de Saint-Louis ne joignait la Seine que par un bâtiment nommé « Salle sur l’eau » et flanqué de la tour Bombec (ou Bon-bec) qui doit son nom au fait que s’y trouvait la salle où était pratiquée la « question » (la torture) qui faisait avouer les suppliciés. Dans le Palais, au milieu de la cour de Mai, on plantait chaque année au printemps un arbre d'une quinzaine de mètres afin de célébrer les bienfaits de la nouvelle saison. Dans la cour, le magnifique escalier appelé Grand Degré montait jusqu'à la galerie des merciers que Saint Louis avait fait construire pour accéder directement de ses appartements à la Chapelle Haute de la Sainte Chapelle. Le Palais de Saint Louis fut la résidence des rois de France jusqu'en 1358.

Philippe le Bel fit reconstruire le palais. Les travaux furent achevés en 1313 sous l’impulsion d’Enguerrand de Marigny. Des enclaves morcelaient alors le terrain royal, et Philippe IV de France expropria les occupants. Il fit bâtir une enceinte (plus décorative qu’utilitaire) qui bordait la Seine et qui renforçait les tours toujours existantes dites « tour d’Argent » (allusion au trésor royal qui y avait été gardé) et la « tour César » (ainsi nommée en souvenir de la présence des romains et dû au fait que la tour est bâtie sur des fondations romaines). De vastes salles furent construites au nord et au sud du palais de la Cité. La Grand-Salle était la pièce où le roi tenait ses « lits de justice » et dans laquelle avaient lieu les réceptions. Les repas étaient servis sur la table de marbre noir (dont il reste un vestige à la Conciergerie). C’était une salle immense supportée par une file de piliers qui la séparait en deux nefs couvertes de berceaux lambrissés. Murs et piliers étaient ornés de statues représentant chacun des rois de France. La salle des Gens d'Armes est exceptionnelle (le plus grand vestige de salle civile médiévale d’Europe) : longue de 64 mètres, large de 27,5 mètres et haute de 8,5 mètres à la clé, elle fut édifiée en 1302 et 1313 par Enguerrand de Marigny. Elle servait de réfectoire aux très nombreux personnels (environ 2 000 personnes) employés au service du roi. (Photo : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Conciergerie_GensdArmes.jpg ) La façade Est, donnant sur la rue de la Barillerie (absorbée depuis par le boulevard du Palais) fut également remodelée et complétée. Du côté de l’ouest (en direction de l’actuelle pointe du Vert-Galant), on dessina les jardins. Derrière le verger et le jardin, on réédifia le logement du roi. Philippe IV fit construire le logement du « concierge ».

Vers 1350, Jean II le Bon fit construire à l’angle du palais de la Cité le pavillon carré des cuisines qui était destiné au « commun » de l’hôtel du roi. Les quatre travées ouest de la salle des Gens d’armes furent isolées du reste de la salle par des grilles et par un mur. Jean II fit construire une tour à l’angle nord-est du palais de la Cité. Cette tour de guet rectangulaire fut nommée tour de l’Horloge car la première horloge publique de France y était installée vers 1371 . Cette horloge fut remplacée sous le règne d'Henri III de France en 1585 par celle de Germain Pilon, toujours en place après de multiples mais fidèles restaurations des décors à la gloire d'Henri III. En 1358, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, fit assassiner des conseillers de Jean II, sous les yeux de son fils, le futur Charles V, qui décida de quitter le Palais de la Cité pour l’hôtel Saint-Pol ; il y maintint son administration (Parlement, Chambre des Comptes, Chancellerie) et nomma un concierge. Au Moyen Âge, la Conciergerie constitue alors la prison du palais. C’est alors que débute l’histoire de la prison de la Conciergerie. C’est aussi à partir de cette époque que se constituera progressivement sur le site du « Palais de la Cité », l’ensemble architectural de l’actuel Palais de justice de Paris, qui abrite notamment la Cour de Cassation et l'essentiel des tribunaux de Cour d'appel de Paris.

Le 6 avril 1793, le Tribunal révolutionnaire s’était installé au premier étage, dans l’ancienne grand-chambre du parlement de Paris. L’accusateur public, Fouquier-Tinville, avait aménagé ses bureaux au même étage, entre les tours de César et d’Argent. Dès lors, tous les prisonniers qui étaient détenus dans les différentes prisons de Paris, ainsi que dans certaines prisons de province, et qui devaient comparaître devant le tribunal, furent progressivement transférés à la Conciergerie. Leur nombre ne cessa d’augmenter, surtout après le vote de la loi des suspects du 17 septembre. Rappelons qu'à l'époque Paris compte 10 prisons, à savoir le Grand-Châtelet, Bicêtre, la prison de l'Abbaye, celle des Carmes, la prison Sainte-Pélagie, la prison du Temple, la Force, Saint-Lazare (dans le 10e actuel), la Salpêtrière et donc la Conciergerie.

Les détenus qui avaient comparu devant le Tribunal révolutionnaire qui siégeait au Palais de justice attenant et avaient été condamnés à mort n’étaient pas ramenés dans leur cachot. Ils étaient immédiatement séparés des autres prisonniers et conduits, pour les hommes dans l’arrière-greffe, pour les femmes dans de petites cellules situées dans le couloir central. Dès que l’exécuteur et ses aides arrivaient, tous étaient regroupés dans le vestibule baptisé salle de la toilette pour y être dépouillés de leurs effets personnels, tondus et attachés. Encadrés par des gendarmes, les condamnés - parfois plusieurs dizaines - traversaient la salle du guichet et gagnaient la cour du Mai, donnant sur la rue de la Barillerie (qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel boulevard du Palais). C’est là que les détenus attendaient les charrettes qui devaient les conduire à la guillotine.

Le palais est donc entièrement réaménagé. Anciennement réfectoire du Palais, la salle des gardes fut réservée à la prison des hommes et sommairement compartimentée en cachots. Devant l’afflux des prisonniers, elle fut divisée par un plancher installé à mi-hauteur, permettant d’aménager ainsi deux salles superposées. C’est au-dessus de la salle des Gardes, au premier étage, dans l’ancienne grand-chambre du parlement de Paris, que siégeait le Tribunal révolutionnaire. Ce que l’on a baptisé la rue de Paris, dont le nom vient de Monsieur de Paris, surnom donné au bourreau qui venaient visiter les prisonniers par ce couloir, fut, elle aussi, annexée à la prison des hommes et de ce fait compartimentée en minuscule cellules. Celles des « pailleux » étaient réservées aux prisonniers sans ressources ; celles des « pistoles » étaient louées aux prisonniers (dits les pistoliers) de classe moyenne et étaient pourvues d'un lit, enfin pour les plus fortunés étaient louées des cellules pour une seule personne avec de quoi écrire (il était d'usage d'écrire ses mémoires avant de mourir), de la lumière et bien sûr un lit. Cet usage de location de cellules vient tout droit de l'Ancien régime et était pratiqué avant la Révolution par toutes les prisons de la ville; pendant la Terreur, l'entassement des prisonniers empêche la continuation de cette division par distinction sociale. L'ancien jardin du Roi est dallé et transformé en grand Préau, autour duquel une galerie divisée en cachots pour les hommes est construite. Un couloir central sombre et étroit distribuait sur son parcours de nombreuses pièces : la salle du guichet, le bureau du concierge, le greffe, l’arrière-greffe, le parloir, une pièce de repos pour les guichetiers, l’infirmerie, la chapelle, quelques cellules pour femmes... qui elles occupaient essentiellement une cour attenante à l'ancien jardin du Roy : elle était entourée de cellules dont le confort variait suivant les possibilités pécuniaires des détenues. Dans cette cour, les femmes lavaient leur linge à une fontaine (aujourd’hui encore existante); sur l’une des tables de pierre, elles prenaient leur repas. L’endroit fut, dans la vie cellulaire révolutionnaire, un lieu important pour la vie sociale des prisonniers. Dans un coin subsiste ce qui fut le « côté des Douze » : un enclos triangulaire séparé par une grille de la cour des femmes, dépendant du quartier des hommes et, surtout qui comptait chacun des douze condamnés qui pouvaient une dernière fois, dans cet espace, dire au revoir à leur famille avant d'être emportés par la charette (à douze places) vers la guillotine.

Au XIXe siècle, furent détenus à la Conciergerie des prisonniers célèbres tels que : Georges Cadoudal, Michel Ney, le prince Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) et les anarchistes Felice Orsini et Ravachol. La Conciergerie garde cette fonction carcérale tout au long du XIXe siècle et son appropriation au régime cellulaire est autorisée par arrêté du 15 mai 1855 lors des travaux de réfection des cellules par Louis-Joseph Duc. Le monument perd son statut de prison en 1914, il est classé monument historique, il est ouvert au public et abrite ponctuellement des expositions. On y trouve aussi une reconstitution des geôles révolutionnaires des cellules à pailleux, à pistole et celle de Marie-Antoinette, la lame de la guillotine qui servit à l’exécution de Lacenaire. Le nom de Conciergerie désigne alors à la fois une partie du quartier de détention, c’est-à-dire la prison des femmes, et l’ensemble des salles gothiques, à savoir la salle des gens d’armes, la Rue de Paris, la salle des gardes et les cuisines. Ainsi, le nom de Conciergerie désigne des réalités différentes au cours des siècles mais elle a une origine pénitentiaire pratiquement depuis sa création. Une partie de la Conciergerie nommée Dépôt est toujours utilisée pour les prisonniers en instance de jugement et les délinquants pris en flagrant délit, au 3, quai de l’Horloge, 75001 Paris. Il est aussi utilisé comme Centre de rétention administrative.

Le palais accueillait en ses murs, comme tout édifice royal, une chapelle. Restaurée et modifiée en 1776, la petite chapelle royale fut appelée "chapelle des Girondins" après que 21 députés Girondins y furent emprisonnés par Danton la nuit du 29 au 30 octobre 1793. La veille de leur exécution, ces derniers y organisèrent un banquet, scène dont le peintre Bailly s'inspira en 1844 pour réaliser l'une de ses toiles. A proximité se trouvait la seconde cellule de Marie-Antoinette (la première étant au Temple), endroit que Louis XVIII fit transformer par l'architecte Antoine-Marie Peyre en chapelle expiatoire à la Restauration.

Une photo de la chapelle : http://www.linternaute.com/sortir/patrimoine/ile-de-france/paris/edifices-h… et une autre ici : http://mamatus.centerblog.net/rub-la-conciergerie-.html

Plan de la Conciergerie à la Révolution (la chapelle porte le n°6)



Oratoire de la maison Saint-Roch (séminaire de Paris), au n°24, rue Saint-Roch. Cette "maison", l'un des neuf établissements du Séminaire diocésain de Paris, se situe dans un grand immeuble du XIXe.

Type d'Edifice: Oratoire
Nom de l'Edifice : de la maison Saint-Roch
Siécle de l'édifice: fin XXe (oratoire), XIXe (immeuble)
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photo (1) : (c'est une photo personnelle, cliquez pour agrandir)

façade de la maison Saint-Roch

Oratoire de la maison Saint-Germain (séminaire de Paris), 2 pl. du Louvre. Cette maison se situe dans les locaux paroissiaux de Saint-Germain, au fond d'une cour. L'oratoire sert à la méditation et au recueillement des séminaristes.

Type d'Edifice: Oratoire
Nom de l'Edifice : de la maison Saint-Roch
Siécle de l'édifice: fin XXe (oratoire), XIXe (immeuble)
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photos (2) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

hall d'entrée du séminaire
vue de l'oratoire


Last edited by Admin on Tue 14 Aug - 03:41 (2012); edited 30 times in total
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PostPosted: Wed 20 Aug - 22:45 (2008)    Post subject: Publicité

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PostPosted: Wed 20 Aug - 23:09 (2008)    Post subject: 75 001 - 1er arrondissement Reply with quote

Couvents et communautés monastiques

Communauté des Soeurs de la Charité de Notre-Dame d'Evron, 13, rue du Roule. Louvre-Rivoli
Cette petite communauté occupe un étroit immeuble dans la petite rue du Roule, perdue au sud du forum des Halles.

Type d'Edifice: Couvent
Nom de l'Edifice : des Soeurs de la Charité ND d'Evron
Siécle de l'édifice: XIXe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Type d'Edifice: Oratoire de communauté
Nom de l'Edifice : des Soeurs de la Charité ND d'Evron
Siécle de l'édifice: XIXe (oratoire établi au XXe)
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photo (1) : (c'est une photo personnelle, cliquez pour agrandir)

façade de l'immeuble abritant la communauté

A noter que la Conciergerie accueille une petite communauté en son sein : trois Soeurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde assistent et apportent un réconfort moral aux détenus et prévenus qui en font la demande.

A SUIVRE ICI : le PATRIMOINE RELIGIEUX DISPARU du 1er arrondissement.


Last edited by Admin on Tue 27 Jul - 00:24 (2010); edited 7 times in total
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Oratoire du Louvre


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Localisation: 145 rue Saint Honoré 75001 Paris

PostPosted: Tue 29 Jun - 13:48 (2010)    Post subject: Renseignements supplémentaires sur l'Oratoire du Louvre Reply with quote

Bravo pour ce site hyper complet et passionnant.

Sur l'Oratoire du Louvre (Paris 1er), vous pourriez ajouter le site internet : http://oratoiredulouvre.fr

Et éventuellement quelques photos (le site en est truffé, si je puis dire)

Un grand merci !

Marc Pernot


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PostPosted: Mon 26 Jul - 17:43 (2010)    Post subject: 75 001 - 1er arrondissement Reply with quote

Autres cultes

Oratoire du Louvre, temple protestant (XVIIè) Louvre-Rivoli

1 - l'Oratoire du Louvre, première église des Oratoriens du XVIIème à la Révolution

Entre la rue du Coq (aujourd'hui rue de Marengo) et la rue du Louvre (rue de l'Oratoire) s'élevait depuis 1378 l'Hôtel Le Coq devenu en 1582 l'Hôtel du Bouchage. Les Jésuites ayant été chassés du royaume par Henri IV (à la suite d'un attentat le 28 décembre 1594 où Henri IV fut frappé d'un coup de couteau par un élève des Jésuites), le Père de Bérulle, cousin du chancelier Séguier, fonda en novembre 1611 la Congrégation française des Prêtres de l'Oratoire, inspirée de celle de Philippe Néri. Cette congrégation avait des buts fort louables, celui de « sauver l'Église des coups que lui avaient porté la violence, l'orgueil, l'égoïsme sensuel des prétendus réformateurs ». Elle faisait partie du grand plan de la Contre-Réforme établi au Concile de Trente.

En janvier 1616, les Oratoriens achetaient l'Hôtel du Bouchage, le faisaient démolir et commençaient la construction d'une chapelle où la messe fut célébrée dès le début du mois de mai. Cette chapelle s'avérant trop petite, le Cardinal de Bérulle voulut bâtir «une église en forme et qui eut plus de rapport avec la grandeur et la majesté divines». À cet effet, la congrégation acquit les terrains voisins et entreprit en 1621 la construction d'un nouveau sanctuaire sur les plans de l'architecte Jacques Lemercier (architecte de l'église de la Sorbonne et de Saint-Roch).

À la demande de Louis XIII, l'église devient chapelle royale (Brevet du 23 décembre 1623). Elle se doit d'être construite sur un plan tel que son axe prolongé passe par le centre du Louvre; le « grand dessein » du palais prévoyait en effet son extension jusqu'à la rue Saint-Honoré. L' architecte Clément Métezeau - constructeur de la grande digue de La Rochelle - fut chargé de modifier en conséquence le plan de l'église, d'où son obliquité par rapport à la rue Saint-Honoré. La décoration intérieure fut l'ouvre des meilleurs artistes de l'époque. En témoignent les éléments architecturaux, les angelots, la clef de voûte portant l'inscription « Jesus Maria», devise des Oratoriens.

Dès cette époque, et durant tout le XVIIe siècle, l'Oratoire est rendu célèbre par les Oraisons et les prédications prononcées par Massillon, Bourdaloue et Bossuet: en particulier, les Oraisons funèbres du Cardinal de Richelieu, de Louis XIII, des reines Anne d'Autriche et Marie-Thérèse.

L'intérieur est divisé en deux parties, le choeur des oratoriens et la nef bordée de dix chapelles. Le choeur, de plan ovale, voûté d'arcs doubleaux ornés d'angelots entre lesquels s'ouvraient de grandes baies garnies de vitraux, abritait un grand autel isolé, dû à François Anguier, sur lequel était placé le tabernacle. Cet autel fut déplacé dans le choeur actuel en 1748.

La première chapelle abritait le tombeau du Comte de Verdun, bienfaiteur de la maison de Montbrison. La seconde - dont subsistent (à gauche de la chaire) quelques éléments de décoration: représentation peinte de la Conversion de Saint-Paul sur le chemin de Damas, quatre anges portant les instruments de la Passion -, le tombeau des frères Harlay de Sancy et un tableau d'autel de Vouet, Le Mystère de l'Epiphanie. Suivaient la chapelle de la Nativité décorée par Philippe de Champaigne (Nativité conservée au Musée des Beaux-Arts de Lille) affectée à la famille Tubeuf de Blanzac, la chapelle Sainte Madeleine, puis la chapelle de la Passion où fut érigé par François Anguier en 1659 le monument funéraire du Cardinal de Bérulle; ce dernier mourut en effet à cet endroit en célébrant sa dernière messe. La première chapelle à l'ouest servit à la sépulture des Frères de l'Oratoire, avant d'être attribuée à l'architecte Caqué en 1752.

La suivante, dédiée à la Divine Enfance de Jésus, était réservée au Chancelier Séguier, dont les pompeuses funérailles célébrées à l'Oratoire, furent décrites par Madame de Sévigné et gravées par Sébastien Leclerc. La troisième chapelle contenait le tombeau d'Antoine d'Aubray d'Offémont, victime et frère de la marquise de Brinvilliers, et une Tentation de Saint Antoine peinte par Vouet (Musée des Beaux-Arts de Grenoble). La dernière chapelle, dédiée à la Vierge, était réservée au Cardinal de Richelieu.

Les travaux interrompus en septembre 1625 ne furent repris qu'en juillet 1740 sous la direction de l'architecte Caqué qui acheva enfin la nef en 1745 et la termina par le grand portail donnant sur la rue Saint-Honoré: au-dessus de la grande porte, se trouvaient les armes de la congrégation de l'Oratoire soutenues par deux anges; et sur le fronton, les armes du Roi. Les cadres surmontant les portes latérales contenaient des bas-reliefs représentant Jésus naissant et Jésus agonisant, oeuvres de Adam le Jeune. Aux deux extrémités de la première corniche, se détachaient des groupes de figures: L'Incarnation par Adam et Le Baptême du Christ par Francin. La dédicace solennelle de l'église eut lieu le 12 juillet 1750 avec la pose de douze croix.

Les Oratoriens avaient eu pour mission de combattre la Réforme, tout particulièrement par la formation des prêtres (Grand Séminaire), les catéchismes, l'enseignement et même la conversion des protestants au catholicisme. Certains prêtres ont été accusés au XVIF siècle d'indulgence, sinon de complicité, avec le jansénisme. La grande figure de cette époque est Nicolas de Malebranche (1638-1715), théologien et métaphysicien qui publie entre autres: La recherche de la vérité et Entretiens sur la métaphysique et la religion.

La Révolution entraîne la dissolution de la Congrégation en décembre 1792 (elle ne sera rétablie qu'en 1852). L'église est saccagée par les révolutionnaires et la plupart des oeuvres, peintures et sculptures, sont détruites ou transférées. Le bâtiment sert ensuite, et jusqu'en 1802, de salle de réunions pour assemblées révolutionnaires, magasin pour décors de théâtre...

2 - L'oratoire devient temple protestant à partir de 1811 :


Les protestants, par l'Édit de tolérance du roi Louis XVI (1787) et la Déclaration des Droits de l'Homme (1789), retrouvèrent leurs libertés de conscience et de culte. L'église SaintLouis du Louvre (près du Carrousel actuel) fut affectée au consistoire protestant par arrêté consulaire du 2 décembre 1802. Le pasteur Paul-Henry Marron (descendant de Huguenots français et chapelain de l'ambassade des Provinces Unies depuis 1782) fut le premier pasteur de l'Eglise Réformée de Paris. Napoléon 1er, souhaitant faire la jonction entre le Louvre et les Tuileries, décide de faire démolir l'église Saint-Louis du Louvre et propose au pasteur Marron l'église de l'Oratoire (alors en très mauvais état). Le 23 février 1811, le pasteur Marron obtient de l'Empereur «l'ouverture de l'église au culte protestant, mais provisoirement seulement», son affectation définitive au culte réformé n'ayant été obtenue que par une loi du 5-8 août 1844. Le premier culte solennel et l'inauguration du nouveau temple, présidés par le pasteur Marron, eurent lieu le 31 mars 1811.

D'importants travaux furent entrepris par les protestants. Tout d'abord, le tambour, ainsi que les stalles de l'église Saint-Louis du Louvre sont transportés à l'Oratoire. Les initiales S. L. se trouvent encore sur les ferronneries. En 1821, la division dans le sens de la hauteur de l'ancien choeur est décidée pour en faire la grande sacristie et la Salle Haute; l'installation des demi tribunes dans les anciennes chapelles est entreprise afin d'augmenter le nombre de places. En 1828, le premier orgue est installé; il sera refait en 1906 et en 1962; actuellement c'est un orgue Gonzalez (voir ici : http://orgue.free.fr/a1o2.html )

Du grand portail de l'ancienne église, il ne restait après la période révolutionnaire pratiquement aucune statue ni décoration. La croix elle-même avait été détruite. Les protestants la remplacèrent en 1852. Le campanile était placé à l'origine juste derrière le portail; un nouveau campanile est érigé en 1855 à la croisée du transept: il était alors surmonté d'une croix d'or. La charpente, très fragile, fut ébranlée par les vibrations de la cloche; l'usage de cette dernière fut interdit. Ce n'est qu'en 1950 que des travaux d'équipement électrique (modernisé en 1991) ont permis à la cloche d'appeler les fidèles au culte dominical.

Dans la nef, sur le premier pilastre de droite, une plaque de marbre commémore le sacrifice des combattants américains de la guerre de 1914-1918; elle fut inaugurée en 1927 à l'occasion du congrès de l'American Legion. En face, se trouve le mémorial des membres de l'église morts pour la France durant la Grande Guerre; il fut érigé en 1919 par G. Jaulmes et Ch. Letrosne. Au-dessus de l'orgue, on aperçoit un vitrail orné d'une croix de la Légion d'Honneur; cette distinction fut remise par Napoléon le" aux trois premiers pasteurs de l'Oratoire: Paul-Henry Marron, Rabaut-Pomier (ancien pasteur du Désert devenu conventionnel) et Mestrezat (descendant suisse d'un illustre pasteur du temple de Charenton). Le pasteur Marron mourut en 1832 emporté par le choléra et fut enterré au cimetière du Père Lachaise. Le pasteur Athanase Coquerel Père le remplaça.

La chaire est d'époque, mais tous les bas-reliefs qui l'ornaient autrefois ont été détruits, La colombe, au faîte de la croisée des voûtes, a été posée en 1899 dans le but de supprimer un plancher en mauvais état; elle fut construite grâce à un don du baron de Schickier, alors conseiller presbytéral. La table de communion fut offerte en 1899 par les catéchumènes du pasteur Decoppet. Les fonts baptismaux sont un don du pasteur Decoppet et de quelques amis en 1900. Les lustres ont été exécutés en 1924 sur l'initiative du pasteur Roberty lors de l'installation de l'électricité. Au fond de l'abside, une croix, réplique de celle qui couronne le grand portail, est installée en 1930. Sous cette arcade, une porte massive donne accès à la grande sacristie du temple, vaste salle qui était autrefois l'emplacement du choeur des Oratoriens contenant le maître-autel jusqu'en 1748. Cette sacristie est décorée par les bustes des six premiers pasteurs de l'Oratoire, par des tympans où sont inscrites les grandes dates du protestantisme à Paris ainsi que les noms des pasteurs du début de la Réforme et de ceux qui se sont succédés depuis 1811 dans la chaire de l'Oratoire (le nom de ces derniers est inscrit après leur décès). C'est dans cette sacristie que fut créée après la loi de séparation de l'Église et de l'État, l'Association presbytérale de l'Église Réformée de l'Oratoire du Louvre (décret du 23 mars 1906). En 1852 furent instaurés les conseils presbytéraux, donnant ainsi une certaine autonomie aux paroisses; la loi de 1905 renforcera celle-ci. La salle haute au-dessus de la sacristie est voûtée et ornée de têtes d'angelots; elle a servi de 1821 jusqu'à un passé récent à l'école du dimanche le matin (autrefois, l'après-midi, au culte anglais presbytérien).

Rue de Rivoli, au chevet de l'église, s'élève le monument de l'amiral Gaspard de Coligny érigé en 1889 à la suite d'une souscription publique; il est l'œuvre de l'architecte Scellier de Gisors et du sculpteur Crauck. Sur le fronton qui le couronne, se trouvent les armes de l'amiral ainsi que sa fière devise: « Je les éprouve tous ». Aux deux extrémités du socle, des figures de femmes symbolisent respectivement: à gauche, la Patrie tenant une couronne avec l'inscription « Saint-Quentin 1557» (pour rappeler que l'amiral défendit la ville assiégée par les Espagnols); à droite, la Religion portant une palme où se lit la date du 24 août 1572, jour du massacre de la Saint-Barthélémy où Coligny fut assassiné dans sa maison située non loin de là, au 136 rue de Rivoli. Sur le socle, repose une table de marbre sur laquelle sont gravées ces paroles mémorables du testament de l'amiral: «J'oublierais bien volontiers toutes choses qui ne touchent que mon particulier, soit d'injures, soit d'oultrages, pourveu qu'en ce qui touche la gloire de Dieu, et le repos public, il y puisse avoir seureté ».

Site internet (et photos) : http://oratoiredulouvre.fr


Photos (3) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

façade au nord
coté est
chevet depuis le sud-est

Photo transmise par la paroisse : l'Oratoire vu du ciel :



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