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75 002 - 2 ème arrondissement

 
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MessagePosté le: Sam 16 Aoû - 22:12 (2008)    Sujet du message: 75 002 - 2 ème arrondissement Répondre en citant

Basilique

Basilique jubilaire Notre-Dame des Victoires Bourse

En 1619, les Augustins Déchaussés, dits Petits Pères, installent leur couvent sur un rectangle situé de la Bourse à la place des Petits Pères et de la rue de la Banque à la rue Notre-Dame des Victoires et demandent l'argent nécessaire à Louis XIII pour construire leur église conventuelle. La superficie totale du couvent atteint 3 hectares. Louis XIII accueille leur requête à condition que l'église porte le nom de Notre-Dame des Victoires, en action de grâces pour la victoire des troupes royales à La Rochelle. Le souverain attribue la reddition des huguenots à la prière et à la protection de la Vierge. Le samedi 8 décembre 1629, le premier archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, bénit les fondations de l'Eglise. Le dimanche 9 décembre, le roi en pose solennellement la première pierre, en présence des seigneurs de la Cour et des magistrats de la ville.

Trop petite, elle est reconstruite à partir de 1656 sur des plans de Pierre Le Muet par Libéral Bruant et Gabriel Leduc. En 1666, l'église est en partie ouverte au culte devant l'affluence des pélerins de Notre-Dame de Montaigu, vénérée dans la chapelle provisoire. En effet, dès la fondation de l'Eglise, une statue portant sceptre et couronne, sculptée dans le chêne de Notre-Dame de Montaigu (Brabant) où la Vierge s'était manifestée en 1505, est installée dans la chapelle du couvent, à l'initiative du jeune frère Fiacre.

De retour d'une mission royale en Italie, où il a découvert Notre-Dame de Savone, Frère Fiacre lui érige une chapelle à Notre-Dame des Victoires. Louis XIV en finance la construction. Elle est solennellement bénite le 2 avril 1674. Prosterné devant l'image vénérée, sculptée à Gênes, le religieux demande à la Vierge qu'elle soit dans cette église le refuge des pécheurs, et accorde à la France la même protection qu'aux habitants de l'Italie (la dévotion à Notre-Dame de Savone est née de l'apparition de la mère de Dieu à Antoine Botta, dans la vallée de Saint-Bernard, proche de Savone, le 18 mars 1536 ; apparue trois fois à Botta, la Vierge avait exhorté les populations à la pénitence et au jeûne). C'est grâce à l'aide des nombreux pélérins de Notre-Dame de Savone, vénérée dans l'église depuis 1674, que celle-ci put être complètement construite. En effet, jusqu'en 1740, Sylvain Cartault achève l'édifice en ajoutant trois travées à la nef, éléve la façade et le portail actuels, construit les voûtes et couvre le carré de la croisée du transept d'une calotte sphérique assez remarquable.

Doté d'un vaste jardin et d'un double cloître superposé, le couvent est confisqué à la Révolution, la statue de la Vierge et les trésors du couvent disparaissent aussi. Sur son emplacement sont élevés une caserne et la mairie d'arrondissement. L'église est réaffectée au culte constitutionnel sous le vocable de Saint-Augustin des Petits-Pères après l'expulsion des Augustins en 1791 puis elle devient Bourse des Valeurs en 1796. Elle est rendue au culte en 1802 mais retrouve son nom que le 9 novembre 1809, après 7 ans de tractations avec la Bourse des Valeurs.

En décembre 1836, le curé de Notre-Dame des Victoires, l'Abbé Desgenettes, consacre sa paroisse au Coeur immaculé de Marie. Le sanctuaire abrite depuis lors une association de prière mariale, l'Archiconfrérie du très saint et immaculé Coeur de Marie. L'extraordinaire extension, à travers le monde, de cette association de prière mariale n'est sans doute pas pour rien dans la définition du dogme de l'Immaculée Conception par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854. L'église est profanée en 1871, sous la Commune. En 1927, elle est dotée du titre de basilique mineure : il en existe cinq à paris, dont la plus célébre est la cathédrale Notre-Dame de Paris. Actuellement, elle est église jubilaire pour l'année 2008, année Saint-Paul.

Intérieur - visite guidée

A - Le coté est

Plan de la basilique (les N°s sur le plan correspondent à la numérotation de la visite; cliquez pour agrandir)



1- En entrant, à droite, dans un petit bureau d'accueil tout en verre, nous pouvons voir les anciens fonts baptismaux des Petits Pères. Au mur, un bas-relief en terre cuite montre saint Pierre et saint Paul baptisant leurs geôliers dans la prison Mamertine (sculpteur : Jean-Marie Bonassieux - 1842).

2- Chapelle Saint-Joseph : l'autel en marbres de couleurs, rehaussé de rubans et de branches de lys en bronze doré, date de 1883. A noter sur les murs de refend, à gauche, le tombeau de Jean Vassal (dernier secrétaire de Louis XIV, œuvre de Pierre Gois - 1770.) A droite, le reste du mausolée du marquis de L'Hôpital, placé avant la Révolution dans la chapelle qui sert aujourd'hui de confessionnal. Il n'en reste qu'une belle sculpture de femme assise (dite la Vérité), tenant d'une main un miroir et de l'autre un serpent. En 1822, la chapelle était dédiée à Sainte-Hélène. Avant la Révolution, la chapelle de Saint-Joseph n’était pas la dernière. Il y en avait une autre dédiée nous ne savons plus à quel saint. Sans destination spéciale, depuis la réouverture de l’église, cette chapelle toute délabrée servait de décharge quand, en novembre 1861, l’idée vint de la supprimer et de mettre à la place de l’autel une statue de Saint Pierre, inaugurée le 22 février 1862. C’est la reproduction exacte de la statue vénérée dans la basilique de Saint-Pierre à Rome. Le prince des apôtres est assis dans un fauteuil de marbre. De la main gauche, il tient les clés, symbole de son pouvoir spirituel, et de l’autre il bénit. Un baldaquin de velours rouge, renouvelé il y a quelques années, domine la statue avec ces mots brodés en lettres d’or : « Tu es Christus. Tu es Petrus ». Il est coutume de toucher du front et des lèvres le pied de bronze qui est devenu tout brillant sous les baisers des fidèles.


3- Chapelle du Sacré-Coeur : un retable à deux colonnes de marbre vert entoure un bas-relief de pierre : Jésus apparaît à sainte Marguerite-Marie Alacoque (apparitions de Paray-le-Monial). Le retable est l'oeuvre de Jacquier et date de 1870. A noter les chambranles moulurés des arcades et la boiserie à panneaux datant d'avant la Révolution, quand la chapelle était dédiée à Saint-Eusèbe. Elle devait son vocable et sa décoration aux soins de Eusèbe Chaspoux de Verneuil, introducteur des ambassadeurs, qui y fut inhumé en 1745. En 1844, M. Desgenettes attribua cette chapelle au culte de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Mais, en 1874, M. Chevojon, plaçant Notre-Dame des Sept Douleurs dans l’ancienne chapelle de Saint-Jean-Baptiste, alors sans destination déterminée, voua au Sacré-Cœur de Jésus la chapelle rendue disponible.

4 - Chapelle Sainte-Anne : l'autel est en marbre blanc et rouge et on peut y voir un bas-relief de Jacquier. Avant 1865, cette chapelle était dédiée à Saint-Nicolas de Tolentino, dévotion des Petits Pères. De l’ancienne chapelle Saint-Nicolas, bâtie par le Président de Metz, en 1702, pour la sépulture de sa famille, il ne reste que les deux colonnes ou piliers carrés, à chapiteaux d’ordre ionique, qui soutiennent la menuiserie de chaque côté de l’autel. Il ne reste par contre rien de la restauration de 1865, puisque l'autel fut refait en 1879 dans le style Louis XIV.

5 - Autel de l'Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires : L'autel date de 1873 ; les mosaïques de la niche et du bandeau supérieur de 1921. Le tabernacle en marbre onyx d'Algérie a une porte en bronze doré représentant l'adoration des bergers. Sous l'autel, une châsse en cuivre contient les reliques de sainte Aurélie, jeune martyre romaine. Ces reliques, autrefois présentées sous l'apparence d'un corps de cire revêtu de dentelles et de soie, proviennent des catacombes de Sainte-Priscille à Rome et furent offertes par le Pape Grégoire XVI en 1843. Elles ont été profanées en 1871. De chaque côté de la châsse se trouvent des colonnettes cannelées bordant deux peintures de lave émaillée, de même facture et de même époque que le chemin de croix de l'église. De chaque côté de l'autel, se trouvent des toiles de Charles Muller, depuis 1870. A droite une représentation de l'Annonciation : Marie est de profil, en robe blanche, bras ouverts et pendants. Recueillie, elle écoute la salutation angélique. L'Archange Gabriel, porté sur un nuage, montre à la Vierge le ciel, et lui présente une fleur de lys. A gauche : l'Assomption. La Vierge Marie bras levés vers le ciel est transportée sur des nuages, debout sur un croissant, entourée d'angelots ailés portant des lys. Composition un peu académique s'inspirant d'Apocalypse 21,1 : "Une femme vêtue de soleil et la lune sous les pieds". Ces deux tableaux ont été restaurés en 1988. Les lampes au-dessus de l'autel sont des ex-voto. La plus grande, au centre, fut offerte par l'impératrice Eugénie en 1866. Le vitrail qui domine cet ensemble fut offert en 1854 à Monsieur le curé Desgenettes par les associés de l'Archiconfrérie. On y aperçoit d'ailleurs le curé fondateur. Au pied de l'autel se trouve la tombe de l'Abbé Desgenettes. L'inscription de la pierre tombale, en latin, rappelle combien ce prêtre fut zélé au service de Marie. La traduction de l'épitaphe se trouve sur le pilier gauche.

6 - Autel actuel : de forme octogonale, il a été sculpté en 1984 par Madeleine Diener. Il est en bois doré à la feuille. Les deux cartouches centraux présentent, l'un, la danse des élus invités au festin des Noces de l'Agneau (face aux fidèles invités à participer à l'Eucharistie) ; l'autre, l'Esprit-Saint, du côté du célébrant (la puissance de l'Esprit-Saint sanctifiant les offrandes).


B - Le choeur

Le chœur des Petits Pères mesure 24,60 m, c'est-à-dire le tiers de la longueur totale de l'église. La distance entre l'entrée de l'église et le choeur des Petits Pères mesure 37.40 mètres. A l'origine, l'autel principal se trouvait à peu près à la hauteur des premières grilles que nous franchissons. D'un côté se trouvait le peuple chrétien -les "laïcs"- et de l'autre les "religieux", frères ou prêtres : les "clercs".

7 - En pénétrant dans le chœur des religieux il faut observer les stalles qui, à l'origine, faisaient tout le tour du chœur. Au centre de l'abside était la stalle du père Abbé. Il ne reste hélas de ce siège que le dais sur lequel est sculptée une colombe, symbole de l'Esprit-Saint. Tout cela est masqué par un autel monumental en marbre du XIXème siècle. Il masque les boiseries de 3,30 m de hauteur, qui se composent de panneaux et de moulures placés au milieu d'arcades et surmontés dans les cintres de cercles saillants ornés de chaque côté de branches sculptées. Ces cercles sont remplis tour à tour l'un d'un cœur enflammé percé de deux flèches accolées de deux palmes (les deux flèches, signifiant l'amour de Dieu et l'amour du prochain, rappellent la spiritualité de saint Augustin), l'autre d'une mitre et une crosse liées par un cordon. Cet ensemble est dû au menuisier Bardou, en 1689. Dans la première partie du chœur des religieux il y aussi un orgue de chœur curieusement séparé en deux parties, l'une à gauche, l'autre à droite. Cet instrument fut offert à l'église par M. Desgenettes. Il faut remarquer le chiffre de Marie gravé sur cet orgue.

8 - En franchissant une deuxième grille, fort belle du reste, nous accédons à l'actuel lieu du baptême. Ce n'est pas par hasard que ce lieu fut choisi pour le baptême puisqu'il se trouve au pied de sept magnifiques toiles du peintre Carl Van Loo, exécutées entre 1746 et 1755, dont l'une (à droite) représente précisément le baptême de saint Augustin. Les autres toiles nous montrent (de droite à gauche) la consécration épiscopale de saint Augustin, sa mort, ses obsèques, ses joutes oratoires avec les donatistes (hérésie du Vème siècle) et ses homélies devant l'évêque Valère. Ces toiles, enlevées à la Révolution, retrouvèrent leur place en 1811. Cette collection de toiles de Van Loo, mesurant entre 3m et 5m, est unique en France. Une dernière toile placée au centre, également de Carl Van Loo (de son vrai prénom Charles-André) présente Louis XIII et Richelieu recevant de Marie la palme de la victoire ; en échange ils offrent à la Vierge le plan de l'église et les clés de la ville de La Rochelle que l'on peut voir dans le lointain. Devant cette toile, il faut admirer un très beau crucifix en ivoire de l'école française du XVII ème siècle. Pour en savoir plus sur les toiles de Van Loo : http://www.notredamedesvictoires.com/vanloo.htm
En se retournant, ne manquons pas d'admirer les grandes orgues : l'instrument eut pour premier facteur F-H Lesscloppe ; après plusieurs transformations importantes réalisées par différents facteurs dont Cavaillé-Coll, il fut entièrement remplacé en 1974 par Alfred Kern. Profitons-en aussi pour admirer la chaire, oeuvre de Regnier, qui sculpta aussi le buffet d'orgues. D'éminents prédicateurs y prêchèrent, comme Lacordaire, lors du retour des Dominicains en France.

9 - Avant de quitter le choeur, ne manquons pas les ex-voto, dont un ravissant petit Jésus de bronze, ex-voto de 1853, ou encore l'ex-voto des polonais, REGINA POLONAE, posé en 1855 et béni par l'abbé Desgenettes. Il évoque les 25 ans d'exil depuis l'édit de proscription. Sur le cœur est gravée l'image de Notre-Dame de Czestochowa ; ce cœur contient en offrande de la terre de Pologne, du pain et quelques pièces de monnaie frappées en 1831. On y remarque les armes de la Pologne. Enfin, de part et d'autre du choeur, deux plaquettes de lapis-lazuli sont fixées sur les montants de la dernière stalle.

C - Coté ouest de la basilique

10 - Autel de Saint-Augustin : le saint est reconnaissable par le coeur qu'il tient dans sa main, allusion à la phrase "Tu nous a faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi". L'actuelle statue est en plâtre et remplace la statue de marbre réalisée par Pigalle, disparue sous la Révolution. Elle date de 1849 (Bernard-Jean Duseigneur). De part et d'autre de l'autel, il y a deux peintures de Jules Pasqualini rapportées de Rome en 1867 par l'abbé Dumax, alors Directeur de l'Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires : à droite, la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception par Pie IX (1854), peinte en 1866 et à gauche l'Immaculée Conception (1865). Avant de quitter ce lieu, il faut se retourner et regarder à nouveau l'autel de Notre-Dame des Victoires. L'autel actuel est de petite taille, et ce, volontairement car il s'inscrit dans l'ensemble du XIXème siècle. La statue de Notre-Dame des Victoires, en plâtre durci (restaurée en 1985), œuvre croit-on d'un sculpteur italien, fut placée en 1809. Elle remplace la statue de Notre-Dame de Savone, disparue en 1796.

11- Chapelle de Notre-Dame des Sept Douleurs : le bas-relief en pierre de Caen a été réalisé par Charles Gauthier en 1876.

12 - Chapelle de la Sainte-Enfance : la statue date de 1885. Les boiseries, richement sculptées, sont du XVIII ème siècle. C’est Mgr de Forbin-Janson, fondateur de l’œuvre de la Sainte-Enfance, qui suggéra à M. Desgenettes l’heureuse idée de dédier à l’Enfant Jésus cette chapelle placée, avant la Révolution, sous le vocable de Saint-Martin et, depuis, sous celui de Saint-Charles Borromée.

13 - Chapelle de Saint-Jean l'Evangéliste : Au centre du retable, dans une voûte hémi-circulaire, encadrée de deux colonnettes, une statue de saint Jean. Au-dessus, à droite et à gauche, deux anges ailés présentent deux médaillons, l'un représentant Mgr de Quelen, archevêque de Paris, l'autre l'abbé Desgenettes. Primitivement dédiée à Sainte-Geneviève, cette chapelle garda son vocable jusqu'après la Révolution. En 1844, l'abbé Desgenettes donna trois saints patrons à la chapelle au lieu d'un en partageant les honneurs entre Saint Jean l'Evangéliste, Saint-Charles et Saint Pie V. Ainsi cette chapelle, vaguement encore appelée chapelle de Sainte Geneviève ou de Saint Pie V, garda le vocable de Saint Charles. M. Chevojon, curé suivant, remplaça saint Pie V et Saint-Charles par Sainte-Marie-Madeleine et Saint-Jean-Baptiste, qui furent déplacés en 1878. La chapelle, rendue enfin à un seul patron, fur refaite en 1885 à grands frais.
L’autel est tout de marbre avec devant de mosaïque coupé de pilastres en carrare à chapiteaux ioniques. Quatre petits panneaux de mosaïque, deux de chaque côté du tabernacle, forment la partie inférieure du retable. La partie supérieure comprend à droite et à gauche deux autres panneaux coupés, au milieu, de deux motifs en bronze doré représentant une légende et un miracle de la vie de Saint Jean. A droite, le serpent qui s’élance de la coupe empoisonnée ; à gauche, l’apôtre dans la chaudière d’huile bouillante où Domitien l’a condamné à être plongé. Ces panneaux sont fermés de chaque côté par de petits pilastres doriques du plus beau mabre de Carrare, aux reflets de nacre, noués de jolis pendentifs en bronze doré. Au-dessus et de chaque côté, deux anges assis en console présentent les médaillons de M. Desgenettes et de Mgr de Quélen. Au centre du retable, deux colonnes corinthiennes soutiennent un entablement surmonté d’un fronton triangulaire au-dessous duquel on lit : Sancte Joannes. Et, sous un arc intérieur, sur fond de mosaïque semé d’étoiles, se détache la statue en bronze de Saint Jean. Le saint est debout, le regard au ciel, perdu sans doute au sein du mystère de l’Adorable Trinité. De la main gauche, il tient un rouleau sur lequel il va écrire tout à l’heure les premiers mots de son sublime Evangile : In principio erat verbum. A ses pieds, l’aigle symbolique de ses visions grandioses.


14 - Le cénotaphe de Lulli, sur le mur de refend. Replacé à cet endroit en 1822, il a été dégagé de tout un ensemble original de stuc et de bronze doré (XVII ème siècle.) Le marbre, gravé d'une lamentation en vers latins sur Lulli, œuvre de Santeuil (chanoine de Saint-Victor 1630-1687), fut placé en 1828. Le buste en bronze de Lulli par Jean Collignon est remarquable. La raison de ce cénotaphe est la proxuimité de l'église Notre-Dame-des-Victoires de la maison de Lully : Lully habitait rue Neuve-des-Petits-Champs, au coin de la rue Sainte-Anne, dans la maison qui porte actuellement le n° 45, maison construite dans le style de la place des Victoires et décorée des attributs de la Musique. Or nous lisons sur le mausolée : Madeleine Lambert (dame Lully), ayant acquis des RR. PP. religieux de cette maison, le 5 mai 1688, cette chapelle et la cave au-dessous, pour sa sépulture et celle de ses descendants, elle a fait dresser ce monument à la mémoire de son époux, comme une marque de son affection et de sa douleur.


15 - Autel dédié à sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, construit en 1932, au moment de la canonisation de Thérèse Martin, à la place des fonts baptismaux d'alors. L'autel et le vitrail rappellent tous deux la venue à Notre-Dame des Victoires de la jeune Thérèse avec son père, en route vers Rome pour demander au pape son entrée au Carmel de Lisieux. Elle avait alors 15 ans (4 novembre 1887). En sortant, regardez bien l'inscription grecque traduite en latin et en français : elle est rétrograde, c'est à dire qu'elle peut se lire dans les deux sens (voir ci-dessous, cliquez pour agrandir).




D- La façade

Sortons maintenant de l'église pour mieux admirer la façade. Oeuvre de Cartault, elle est composée dans le goût de Mansart. Deux ordres grecs la composent : l'ordre ionique à la base, où les pilastres marquent les divisions où s'encastrent les portes, et l'ordre corinthien pour l'étage supérieur. Au milieu, une gloire, ornée de têtes d'angelots, sculptée par Rebillé, entoure le triangle ornant le "tétragramme" signifiant le nom de Dieu : Yahweh. Deux contreforts en forme de consoles renversées laissant de chaque côté un espace où se dressent deux obélisques. Un attique à fronton triangulaire couronne le portail. On y voit les armes de France, enveloppées de drapeaux et de palmes, sculptées par Rebillé. Une croix de pierre de deux mètres de haut surmonte le tout. Avant la Révolution, le cintre dominant l'entrée principale renfermait, sur du marbre bleu, une inscription rappelant que cette église était consacrée à Marie.

E- Les orgues

Entrons de nouveau et allons admirer les orgues. En 1629, Louis XIII posait la première pierre de cette « Eglise Royale des Petits Pères ». La dernière ne le fut, sur la façade, que cent onze ans plus tard. Et c’est aux environs de 1732, croit-on, que l’usage des orgues y fut introduit. Mais c’est en 1739 que le Maître-menuisier Louis Régnier construisit le splendide buffet actuel, à vrai dire un ensemble comportant le grand corps de l’instrument, le positif, toute la tribune galbée et la porte d’entrée sur la nef. Voilà donc un ensemble rare, peut-être unique par la cohésion de toutes ses parties, l’envergure de la conception, la qualité de ses sculptures, et qui compte « parmi les plus beaux qui se puissent voir en France » aux dires d’Aristide Cavaillé-Coll lui-même.

On pense donc que c’est précisément à cette époque que Fr-H. Lescloppe construisit le premier orgue de tribune, un 16 pieds avec 32 jeux et 4 claviers manuels déjà réputé « excellent et harmonieux ». On note qu’y fut organiste François Roberday, connu encore aujourd’hui pour ses « Fugues et Caprices », et qui fut aussi orfèvre du Roy, valet de chambre des Reines Anne d’Autriche et Marie-Thérèse, et probablement l’un de professeurs de Jean-Baptiste Lully.
C'est au XIXème que cet orgue connaîtra beaucoup de transformations.En 1851, Aristide Cavaillé-Coll, facteur d'orgues, effectue un petit relevage. En 1870, Barker le reconstruit et le réduit à 30 jeux et 3 claviers manuels, remplace le cromorne par une clarinette, installe un pédalier à l’allemande mais laisse la console en fenêtre, ne prévoit aucune mixture mais conserve une mécanique directe et qui, pour tout dire, construit un instrument de style romantique mais de structure encore tout à fait rattachée à la grande tradition française. En 1898, Abbey, facteur d'orgue lui aussi, supprime le positif dont la façade devient alors inutile, dresse une console séparée tournée vers l’autel, installe une machine pneumatique et répartit les gros jeux de pédale à l’extérieur de l’instrument sur le mur du fond de la nef, nouvelle disposition en éventail ouvert de part et d’autre du buffet, très spectaculaire en soi mais écrasant regrettablement la belle harmonie originale, et donnant un décalage sonore intempestif. Cette disposition fut visible jusqu’en 1973, année où le Maître-organier Alfred Kern, 10 ans après Saint Séverin, reconstruit entièrement l’instrument, le rétablit dans son état royal d’origine (fasciné qu’il est par la splendeur du buffet), et choisit délibérément une esthétique classique française, à laquelle il ajoute quelques couleurs un peu allemandes, ainsi qu’un récit assez fourni pour répondre à diverses nécessités. Il en résulte un instrument « Kern » valable d’abord par la qualité de ses timbres, mais aussi par l’étendue et la souplesse de ses possibilités. Le nombre de jeux passe de 33 à 49, le nombre des claviers de 3 à 4, la mécanique suspendue donne un toucher extrêmement agréable, le récit reste expressif, l’accouplement du positif sur le récit s’avère d’une indiscutable utilité, et l’on peut dire aussi, comme certains, que c’est un orgue de style alsacien…


IMPORTANT : je n'ai fait là que de compléter et d'améliorer la visite guidée de l'église proposée sur le site de la paroisse de Notre-Dame-des-Victoires. Pour en savoir plus sur l'église et découvrir les tableaux, vitraux, monuments et chapelles de l'édifice, je vous conseille vivement ceci : http://www.notredamedesvictoires.com/guide.htm


Photos (7) :

façade de la basilique (XVIIIème)

vue du coté droit de la nef
vue du coté gauche du choeur

autel de l'Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires
autel de Saint-Augustin

vue du choeur et des sept peintures de Carl Van Loo
vue vers l'entrée


Eglise Notre-Dame de Bonne-Nouvelle (XVIIè - XIXè) Bonne Nouvelle

A la base de l'enceinte de Charles V, transformée en bastion dès 1635, les parisiens avaient l'habitude de déverser leurs immondices et les débris des démolitions, les gravats... tout cela finit par former une butte où s'installèrent des moulins à vent, puis des maisons. Devenue Ville-Neuve-sur-Gravois, la ville nouvelle se dota d'une chapelle érigée en 1551 et dédiée à Notre-Dame de Bonne Nouvelle en souvenir de l'Annonciation. Celle-ci est détruite en 1591 par la Ligue lors du siège de Paris par Henri IV. En avril 1628, la reine Anne d'Autriche pose la première pierre d'une nouvelle église, orientée est-ouest et longeant la rue Beauregard, érigée en paroisse en 1673, devenue bien national en 1791, vendue en 1797 à trois paroissiens, puis rachetée par la ville de Paris en 1803. Suite aux outrages subis lors de la Révolution, elle menace ruine et la décision de la reconstruire est prise. Mis à part le clocher, elle fut démolie et remplacée par l'édifice actuel, édifié par Etienne-Hyppolite Godde. Désormais orientée du nord au sud, son clocher à bulbe et belvédère est situé à droite du chevet.

L'Église est de style néoclassique, bâtie selon un plan basilical, sans transept et déambulatoire, avec une nef centrale terminée par une abside en cul-de-four, flanquée de deux bas-côtés. La façade, très simple, comprend un péristyle, formant le porche, à quatre colonnes doriques, couronné d'un fronton triangulaire. Le clocher, seul vestige du second édifice du XVIIe siècle, a été harmonieusement intégré à la nouvelle construction et se trouve à l'angle du mur sud-est. La nef est séparée des bas-côtés par des colonnes doriques réunies par des arcs en plein cintre. Le vaisseau central est couvert d'une voûte en berceau. L'église est classée Monument Historique.

À Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, l'architecte fait appel à Auguste Hesse et Abel de Pujol pour réaliser les peintures originales qui ornent les murs. Ces œuvres monumentales, par leur richesse et leur exubérance, font véritablement partie de l’architecture et créent la surprise qui saisit dès l’entrée, contrastant avec l’austérité de l’apparence extérieure. Dans le choeur, nous pouvons admirer une peinture en grisaille de Alexandre Denis Abel de Pujol, illustrant le texte de l'Apocalypse de Jean relatif au trône de Dieu et aux vingt-quatre vieillards , La Vierge entourée de saints, de Lodovico Cardi, dit Il Cigoli, La Bienheureuse Isabelle de France, de Philippe de Champaigne et L'Annonciation, de Giovanni Lanfranco. Dans les bas-cotés, au sein des chapelles latérales, nous pouvons aussi voir Sainte Isabelle de France présentant à la Vierge le modèle de l'abbaye de Longchamp, de Philippe de Champaigne, L'Assomption, attribuée à Georges Lallemant, Saint Pierre d'Alcántara, du Frère Luc, Anne d'Autriche et Henriette de France, Saint François de Sales et Henriette d'Angleterre et ses trois enfants de Pierre Mignard, Sainte Geneviève distribuant des vivres durant le siège de Paris, de Victor Schnetz et Le Lavement des pieds, de Claude Vignon. Dans la chapelle de la Vierge, ajoutée en 1839 et qui exploite harmonieusement la nature irrégulière du terrain en s'étirant le long du bas-coté nord, se trouve un ensemble de dix peintures relatant deux épisodes de la vie de la Vierge, l'Annonciation et la Visitation, réalisées par Auguste Hesse. Enfin, deux sculptures intéressantes se trouvent dans l'église : un Saint Jérome en albâtre, du XVIIème et La Vierge à l'Enfant Jésus, en bois naturel, de l'Ecole Française au XVIIIème siècle.

Au cœur de l'église, un baptistère de forme octogonale a récemment été creusé dans le sol. Accessible par sept marches, un rappel aux sept péchés capitaux, il est destiné au baptême par immersion totale afin de renouer avec les tradition et pratique de l'Église primitive.

Photos (9) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

Extérieur (2) :

façade de l'église
coté est et clocher du XVIIè

Intérieur (7) :

nef et choeur depuis le baptistère
vue de la nef et du baptistère

bas-coté nord
bas-coté sud et chaire

Baptistère octogonal
vue vers l'entrée

Chapelle de la Vierge, bas-coté nord


Chapelle

Centre Saint-Paul, 12 rue Saint-Joseph Bourse ou Sentier

Le centre occupe depuis 2005, date à laquelle il a été créé par l'abbé de Tanouarn, ancien de la Fraternité St Pie X, plusieurs étages de l'immeuble. Centre culturel de rite tridentin, il a une librarie, des salles où sont organisées de nombreuses conférences et fait dans sa petite chapelle deux messes par jour et cinq le dimanche (horaires : http://www.cccsp.fr/vie-liturgique/)


Prieuré

Prieuré Notre-Dame des Victoires des Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre Bourse

La communauté religieuses des bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre est fondée par Adèle Garnier, en religion Mère Saint-Pierre, et le père Balme en 1898. Le prieuré est fondé en 1992 et les religieuses animent la vie paroissiale de Notre-Dame des Victoires. Le prieuré est situé dans les locaux paroissiaux au n°6, rue des Victoires, face à l'église. A coté, le n°8 est aussi propriété de la paroisse. Le plus important monastère de la congrégation à Paris se trouve cité du Sacré-Coeur, dans le XVIIIe.

Pour en savoir plus sur la congrégation et ses prieurés : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bénédictines_du_Sacré-Cœur_de_Montmartre



Ancien couvent

Ancien couvent des Augustins Déchaussés (XVIIè)

voir ici : Arrow Basilique jubilaire Notre-Dame des Victoires (ci-dessus)


Dernière édition par Admin le Lun 26 Juil - 17:20 (2010); édité 10 fois
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MessagePosté le: Sam 16 Aoû - 22:12 (2008)    Sujet du message: Publicité

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