Le site des clochers de la France Forum Index Le site des clochers de la France
Recensement des lieux de culte chrétiens dans chaque commune de France
 
 FAQFAQ   SearchSearch   MemberlistMemberlist   UsergroupsUsergroups   RegisterRegister 
 ProfileProfile   Log in to check your private messagesLog in to check your private messages   Log inLog in 

Cruas (07350)

 
Post new topic   Reply to topic    Le site des clochers de la France Forum Index -> Clochers de Rhone-Alpes -> Clochers de l'Ardèche
Previous topic :: Next topic  
Author Message
Admin
Administrateur

Offline

Joined: 20 Aug 2007
Posts: 1,611

PostPosted: Wed 8 Aug - 21:13 (2012)    Post subject: Cruas (07350) Reply with quote

Eglise

Abbatiale Sainte-Marie

La cité de Cruas et son abbatiale sont situées dans la vallée du Rhône sur la rive droite du fleuve à quelques encablures au Nord de Montélimar. La première communauté religieuse s’installe au début du IXe siècle au bord de la voie romaine dénommée « Antonin-le-Pieux » parallèle au Rhône pour y fonder le monastère de Cruas. Cet axe correspond aujourd’hui à la Route Nationale 86 qui traverse Cruas du Nord au Sud. Plusieurs édifices, civil et religieux, se sont succédés sur ce site à commencer par une villa gallo-romaine au IIIe siècle après J.C., un temple paléochrétien au Ve siècle, puis trois édifices religieux successifs à l’époque carolingienne. Cette fondation était à l'origine privée et dépendait des évêques de Viviers. L’édifice actuel a été commencé dans la seconde moitié du XIe siècle et a été consacré en 1095 par le pape Urbain II. Il est l’unique vestige d’un ensemble architectural constituant l’abbaye bénédictine de Cruas. La particularité de l'abbatiale de Cruas réside incontestablement dans sa tribune monastique, élément architectural rare puisque, dans toute l’architecture religieuse romane en France, deux exemplaires seulement subsistent, la tribune en pierre calcaire de Cruas et celle en marbre rose de Serrabonne (Pyrénées Orientales).

L’église abbatiale est de plan cruciforme avec un transept saillant. Elle comporte trois nefs (nef centrale et deux collatéraux) qui se développent sur cinq travées. Elle a été édifiée d’est en ouest, à partir du milieu du XIe siècle, en quatre campagnes jusqu’au milieu du XIIe. Le chevet est composé d’une abside et de deux absidioles semi-circulaires échelonnées s’ouvrant directement sur le transept. Elles sont ornées d’un décor classique mais néanmoins admirable de bandes lombardes – lésènes et arcs géminés – surmontées d’une frise en dents d’engrenages. Un lanternon cylindrique à deux étages, ajouré au niveau supérieur de quatre ouvertures jumelées, repose sur la croisée du transept. Les murs gouttereaux sont surmontés d'une corniche dont les modillons sont sculptés de têtes d'animaux et de personnages.

La travée occidentale ajoutée au XIIe est surmontée d’un clocher carré de taille imposante ajouré à l’étage supérieur de quatre baies géminées à colonnette centrale. Les ouvertures en plein cintre sont soulignées par un bandeau de billettes qui court sur les quatre faces du clocher. Dans les remplages gothiques de la fenêtre romane, la rosace, dominant le parvis, présente l’un des plus grands svastikas sacrés de France. De l'autre côté, un triskel est inscrit dans la rosace. Le clocher abrite, comme à Viviers, une chapelle haute dédiée à saint Michel. Cette chapelle, détruite pendant les guerres de religion, et qui devait être réservée aux personnages importants, fut reconstruite en 1987. Elle couvrait la travée occidentale et s'ouvrait largement sur la nef. Elle apparaît comme une survivance du massif occidental et des clochers porches carolingiens et ottoniens. Au XIIe siècle, la reconstruction affecta aussi une partie des travées antérieures, qui se virent pourvues de chapiteaux sculptés.

la rosace-svastika

L’abbatiale se compose d’une église basse, d’une église haute formée par le prolongement du chœur du sanctuaire par le truchement d’une tribune monastique et d’une crypte semi enterrée. L’élévation de la nef est à trois étages. Les hautes arcades qui séparent la nef des collatéraux sont surmontées d’un étage aveugle. Le niveau supérieur à claires-voies apporte un éclairage direct à la nef. A noter que les ouvertures sont situées du côté sud alors que le côté nord est fermé en raison du mistral. La nef est couronnée d’une voûte en plein cintre avec doubleaux, quant aux bas-côtés, ils sont couverts d’une voûte d’arêtes. Lors de la restauration des années 1979/80, l'architecte en chef des MH a fait ajouter les escaliers en verre et caillebottis pour recréer les circulations intérieures. Dans l’église haute, la croisée des transepts est surmontée d’une coupole sur trompes, sur laquelle vient se poser la tour lanterne. Les coquilles Saint-Jacques fut peinte en trompe-l’œil au XVIIIème siècle.

En entrant dans l'église, on trouve sous le niveau de la nef les substructions de la première église du VIe, et de part et d'autre les murs de la villa gallo-romaine du IIIe qui était la première construction sur le site. A droite en entrant se trouve le gisant défiguré - soit par les Protestants, soit par les révolutionnaires, voire par les deux - d'Adhémar de Poitiers-Valentinois (XIVe), classée en 1841. Presque au-dessus, se trouvent les vestiges d'une peinture murale médiévale représentant une procession. En s'avançant vers le choeur, on trouve dans l'église haute des chapiteaux sculptés, mais aussi une mosaïque de la fin du XIe siècle (dont vous trouverez ici une description détaillée http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/cruas__07_ardeche_/index.html )dans l'abside. Par ailleurs, l'autel du XIe a été reconstitué en verre à partir de la table et de quatre des cinq pieds.

Le bras nord du transept abrite une peinture murale du XIVème siècle, peinte sur la pierre sans enduit préalable. Elle représente un saint évêque, peut-être saint Victor bénissant, réalisé par des artistes dans la mouvance de l'atelier siennois de Simone Martini alors en Avignon. L’abbatiale a conservé des restes de fresques du XIVème, non restaurées mais stabilisées. Celle du mur nord représente la trinité, avec Dieu le père présentant le Christ devant lui, une colombe symbolisant l’esprit. A gauche, un ange thuriféraire, et à droite, saint Michel en armure du XVème, pesant les âmes… on devine la correspondance avec Thôt ou Anubis. Celle du mur sud présente deux moines agenouillés derrière un immense archer qui envoie des flèches en direction de saint Sébastien dont il ne reste que quelques traces.

La tribune de Cruas présente un intérêt majeur pour les amateurs d’art roman. C’est en effet l’unique exemple de tribune monastique qui nous est parvenue dans son intégralité à son emplacement originel et dans un état de conservation exceptionnel. Cet élément architectural a été édifié dans le troisième quart du XIIe siècle. Pour la préserver des sévères inondations à répétition du Crûle, les moines élevèrent tout autour de la structure des murs de protection. Ces crues successives finirent par avoir raison de la communauté monastique qui abandonna l’abbatiale pour s’installer dans le château des moines surplombant le bourg. En quatre siècles, l’apport massif d’alluvions avait surélevé le niveau de l’église basse de 3,30 mètres. Par conséquent, lors de l’entame des fouilles archéologiques de 1972, l’église avait un seul niveau. La tribune est dégagée de sa gangue de boue et de limons en 1983. Elle n’aura pas à subir d’interventions lourdes de restauration car un mur avait été érigé devant elle par les moines pour la protéger. Un léger toilettage (nettoyage à l’éponge) aura suffi à redonner à cette pièce rare tout son brillant.
La vocation de la tribune était d’une part, de prolonger le chœur de l’église haute réservée aux moines et d’autre part, de séparer le monde des clercs de celui des laïcs conformément aux exigences de la réforme grégorienne. L’assemblée des fidèles prenait place dans l’église basse. La tribune occupe les deux dernières travées orientales de la nef centrale et s’appuie contre le mur de la crypte. Un alignement de cinq élégantes colonnes monolithiques sépare l’espace en son milieu, en deux volumes parallèles de quatre travées chacun. Les 13 chapiteaux de la tribune sont ornés, deux autres ne le sont pas, ils supportaient peut-être une cloison mobile. Les ornements sont principalement des feuillages, hormis plusieurs chapiteaux dont le thème est animalier ou religieux (des oiseaux buvant dans un calice, des lions dos à dos se mordant la queue...). Les clefs de voûte sont elles aussi ouvragées, le plus souvent de divers motifs de rosaces. L'une d'elle est annulaire et laissait probablement passer une corde en son centre.

La crypte semi-souterraine de Cruas s’étend sous la totalité du transept. Sa vocation était de permettre aux fidèles et aux pèlerins de vénérer les reliques de St Torquat et de St Josserand. Située en léger contrebas de l’église basse, on y accède, aujourd’hui, par l’extrémité orientale des bas-côtés. Elle est divisée en deux vaisseaux et se termine dans sa partie la plus orientale par trois absides semi-circulaires dans lesquelles sont placées de sobres autels et une Pietà du XIIe. Les voûtes d’arêtes reposent sur des colonnes monolithiques et piles rectangulaires décorés de chapiteaux de forme cubique travaillés dans un style primitif. L'un d'eux, poli par les pélerins, reprèsente un orant aux bras levé, frustement sculpté, qu'il est coutume de toucher car il porte bonheur. On y trouve aussi, sur trois faces d'un même chapiteau, un coq, un âne et un loup, représentant l'Homme tiraillé entre l'aube (vie) et la mort, le Bien et le Mal.
Sources : Mairie de Cruas, Patrimoine Ardèche, http://lieuxsacres.canalblog.com

Type d'Edifice: Eglise
Nom de l'Edifice : Sainte-Marie
Siécle de l'édifice:
Forme des 2 clochers : clocher-porche à pavillon et lanterne circulaire à coupole
Position des 2 clochers : clocher-porche et à la croisée du transept
Clocher en péril : non

Photos (7) : (ce sont des photos personnelles, cliquez pour agrandir)

côté nord
chevet
lanterne
côté sud

façade
clocher
porche


PHOTOS de l'intérieur de l'église : http://lfdc07.canalblog.com/albums/cruas___abbatiale___interieur/index.html
PHOTOS de la tribune monastique, de ses chapiteaux et clefs de voûtes sculptées : http://lfdc07.canalblog.com/albums/cruas___abbatiale___tribune_monastique/i…
PHOTOS de la crypte : http://lfdc07.canalblog.com/albums/cruas___abbatiale___crypte/index.html



Chapelle

Chapelle Saint-Benoît, fortifiée, dite Château des Moines (XIIe-XIVe), dans le haut village.

Au-dessus du vllage, le château abbatial formait au Moyen Âge une puissante forteresse qui servit jusqu'au XVIIème siècle de refuge aux religieux pendant les périodes troubles. Véritable succursale de l'abbaye, il est construit autour d'une grande chapelle romane transformée au XIVème siècle en un formidable donjon par l'adjonction de tourelles d'angle, de bretèches et de mâchicoulis, couronnés de créneaux. Un bâtiment perpendiculaire, édifié au Sud de la chapelle et comportant deux étages de salles voûtées, servait de logement aux religieux.

La chapelle romane vandalisée à plusieurs reprises et laissée longtemps à l'abandon, est cependant un édifice remarquable, sensiblement contemporain de l'abbatiale. Sa longue nef unique de quatre travées, voûtée en berceau, avec doubleaux, pilastres et arcs de décharge latéraux, n'est éclairée que par deux fenêtres percées aux extrémités Est et Ouest. Intérieurement l'abside semi-circulaire est simplement décorée d'une arcature sur consoles, tandis qu'à l'extérieur on retrouve, bien que très mutilé, le décor de bandes lombardes. De hauts contreforts, dont on distingue les arrachements, épaulaient ses murs latéraux. A la fin du XIIème siècle elle fut flanquée au Sud d'un petit oratoire rectangulaire, voûté en berceau, dont l'abside demi-circulaire, garnie de deux contreforts-colonnes, sera plus tard englobée dans le grand corps de logis perpendiculaire construit au Midi. C'était sans doute la chapelle privée de l'abbé. Sur la façade Ouest, percée d'un portail roman mutilé et d'une petite baie, on distingue, sous la surélévation de la muraille, le pignon aux rampants peu inclinés de la construction romane.

Au XIVème siècle, ses murs furent surélevés et confortés aux angles par trois hautes tourelles pleines pourvues de bretèches, tandis que des arcs mâchicoulis en tiers-point étaient lancés entre les tourelles et de larges contreforts intermédiaires. Un chemin de ronde, avec archères et créneaux, couronnaient le tout. Ces sages précautions permirent aux religieux de soutenir plusieurs sièges mémorables pendant les guerres de Religion. En 1628 encore, ils résistèrent victorieusement, abbé en tête, aux troupes protestantes de Rohan. Le château et sa chapelle forte furent le siège de l'abbaye sans discontinuer de 1580 à 1628.


Type d'Edifice: Chapelle
Nom de l'Edifice : Saint-Benoît
Siécle de l'édifice: XIIe-XIVe
Forme du clocher : sans
Clocher en péril : non

Photo (1) : (c'est une photo personnelle, cliquez pour agrandir)

la chapelle fortifiée au-dessus du village






Patrimoine religieux disparu

Ancienne abbaye, détruite sous la triple action des crues, des Réformés et des révolutionnaires. Il en reste des ruines éparses retrouvées lors de fouilles.

Dès le XIIème siècle, les débordements du Crûle (Crula Vallis = Cruas) causèrent de graves soucis aux moines, ruinant les bâtiments abbatiaux tandis que des torrents de boue et de graviers envahirent régulièrement l'église. À la fin du XVIème siècle, les troubles de la guerre civile les incitèrent à se retirer en 1580 au château abbatial sur la colline : le cloître et les bâtiments conventuels sont ruinés, l'abbatiale saccagée.

À leur retour en 1628 dans le monastère dévasté, ils renoncèrent à déblayer en totalité les nefs qu'ils assainirent tant bien que mal en comblant par des apports de chaux et de décombres, si bien que dès la fin du XVIIIème siècle le sol est partout uniformisé au niveau de celui du sanctuaire. Il ne resta bientôt plus que six moines qui se fondent dans la population. En 1741 l'évêque de Viviers prit une ordonnance visant à la suppression du monastère.


Ancienne chapelle Saint-Michel (Xe). En 970, l'archevêque d'Arles vint consacrer une chapelle, sous l'invocation de Saint-Michel, que venait de faire construire une dame Gotolinde. Elle se trouvait à l'emplacement de l'actuelle abbatiale.


Back to top
Publicité






PostPosted: Wed 8 Aug - 21:13 (2012)    Post subject: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Back to top
Display posts from previous:   
Post new topic   Reply to topic    Le site des clochers de la France Forum Index -> Clochers de Rhone-Alpes -> Clochers de l'Ardèche All times are GMT + 1 Hour
Page 1 of 1

 
Jump to:  

Portal | Index | Create a forum | Free support forum | Free forums directory | Report a violation | Conditions générales d'utilisation
Orancia phpBB Theme by Kaelys
Powered by phpBB © 2001, 2003 phpBB Group